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Émile Borel est mort il y a soixante ans

Le 3 février 2016

Émile Borel, né le 17 janvier 1871 à Saint-Affrique (Aveyron) et mort le 3 février 1956 à Paris, est un mathématicien français.

Fils d’un artisan et pasteur protestant et de la fille déshéritée d’un riche marchand de laine, il est éduqué à la maison avant d’aller habiter chez sa sœur aînée à Montauban. Il se révèle un élève exceptionnel, part grâce à une bourse à Paris, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le Grand, après quoi il intègre l’École normale supérieure plutôt que l’École polytechnique. Il soutient sa thèse en 1893 sous la direction de Gaston Darboux et prend un poste de maître de conférences à Lille la même année. Il y publie 22 articles très intéressants en trois ans avant de prendre un poste à l’École normale supérieure. Sa carrière explose : il produit des mathématiques de premier plan et reçoit prix et honneurs. En 1909, une chaire est créée pour lui à la Sorbonne et il devient peu après directeur adjoint de l’ENS.

Pendant la Première Guerre mondiale, Borel se porte volontaire pour aller au front et commande une batterie d’artillerie. Mais Paul Painlevé le charge d’un département des recherches et inventions puis le nomme secrétaire général de la présidence du Conseil. En 1917, il retourne au front. Son engagement lui vaut la Croix de guerre en 1918. L’époque est douloureuse pour le père et le professeur — il a perdu son fils adoptif à la guerre, qui a décimé la jeune génération de mathématiciens — et marque un tournant dans sa carrière et ses intérêts scientifiques.

En 1921, Borel entre à l’Académie des sciences et succède à Joseph Boussinesq à la chaire de Probabilités et physique mathématique. Il crée en 1922 l’Institut de statistique de l’université de Paris (ISUP). En 1928, avec le soutien financier des Rockefeller et des Rothschild, il crée le centre mathématique qu’il nomme Institut Henri-Poincaré (où se trouve maintenant le Centre Émile Borel) qu’il dirige pendant trente ans. En 1936, il participe à la création de ce qui deviendra le CNRS.

Borel mène également une importante carrière politique : il prend une part active dans la réforme de 1902, intègre le gouvernement pendant la guerre, est élu député de l’Aveyron de 1924 à 1936, devient brièvement ministre de la Marine en 1925. Outre les responsabilités déjà vues, il préside l’Académie des sciences en 1934, est élu membre du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur à partir de 1945, membre du Bureau des longitudes en 1946, président du comité des sciences de l’UNESCO en 1948.

Son œuvre mathématique est de premier plan. Avec René Baire et Henri-Léon Lebesgue, il est un des pionniers de la théorie de la mesure et de son application à la théorie des probabilités. Son nom reste attaché à la tribu borélienne, on lui doit le paradoxe du singe savant et un traité sur la théorie mathématique du bridge. Mais ses œuvres complètes sont divisées en non moins de onze parties : arithmétique, séries numériques, théorie des ensembles, théorie de la mesure, raréfaction d’un ensemble de mesure nulle, fonctions réelles de variables réelles, fonctions complexes de variables complexes, équations différentielles, géométrie, probabilités, physique mathématique !

Lire aussi : La graphologie scientifique.

En savoir plus : une biographie de Borel (en)

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