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La science telle qu’elle se fait (9/11 et 11/11) et Alexandre Grothendieck (14/11) à la radio

Le 6 novembre 2015

Dans Les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture, Adèle Van Reeth consacre quatre émissions à « la science telle qu’elle se fait ». Deux d’entre elles concernent les mathématiques, plus particulièrement la première.

  • Lundi 9 novembre à 10 h : « Les mathématiques décrivent-elles le réel ? » avec Jean-Pierre Cléro, professeur de philosophie émérite à l’Université de Rouen, qui enseigne régulièrement à Sciences-Po Paris (ses publications sur Cairn).
    Résumé : « La force exercée par le corps $B$ sur le corps $A$ est vectoriellement donnée par : [F_A/B=F_B/A=G\fracM_AM_Bd^2.]Mais que signifie cette loi, découverte par Newton ? Ou plutôt : que fait-elle ? Explique-t-elle le phénomène de gravitation ? En donne-t-elle les causes ? Ou le décrit-elle seulement ?
    Formulé autrement : les mathématiques décrivent-elles le réel ? »
  • Mercredi 11 novembre à 10 h : « La modélisation à l’épreuve de la pratique », avec Jean-Philippe Bouchaud, physicien, professeur à l’École polytechnique, président de la société Capital Fund Management (CFM) et Patrick Lemaire, directeur de recherche au CNRS, embryologiste moléculaire à Montpellier, et initiateur du collectif « Sciences en marche ».


Dans l’émission
Une vie, une œuvre de Perrine Kervran, le numéro du 14 novembre sera consacré à Alexandre Grothendieck, un an après son décès le 13 novembre 2014.

Alexandre Grothendieck ou le silence du génie

Chercheur de génie et écologiste radical, l’un des plus grands mathématiciens du XXe siècle qui finit sa vie en ermite dans un petit village en Ariège, a laissé 60 000 manuscrits à découvrir !

Considéré comme l’un des plus grands mathématiciens du XXe siècle, Alexandre Grothendieck a systématiquement arpenté les chemins de l’absolu. De ses questionnements initiaux sur la topologie et la mesure du monde (qu’est-ce qu’un mètre au-delà de la convention ?), il a été l’homme de la démesure toute sa vie, et ceux qui ont croisé sa trajectoire en gardent un souvenir puissant. Des mathématiques il a voulu tout refonder, réinventant la géométrie algébrique ce qui lui valut la médaille Fields en 1966, qu’il n’ira pas chercher à Moscou où son père anarchiste avait été condamné par le Tsar puis par Lénine. Des sciences il s’est demandé quelle était leur véritable utilité, autre que d’alimenter de leur puissance technologique les guerres et les industries destructrices. De la sexualité il a voulu aller au bout de son désir, de la méditation et de la spiritualité il a développé ses propres modèles, comme il l’explique dans Récoltes et semailles ou dans La clef des songes, évoquant également une enfance très dure. De retour du Viêtnam, il sera l’un des fondateurs du mouvement d’écologie radicale « Survivre et vivre » en 1970. Alexandre Grothendieck n’était pas seulement à la recherche d’« Un pays dont on ne connaîtrait que le nom » — ce pays est celui des motifs, théorie très conjecturale que Grothendieck considérait comme une sorte d’aboutissement des théories cohomologiques qu’il avait déjà développées — comme le raconte le mathématicien Pierre Cartier qui a côtoyé son génie au sein du groupe Bourbaki. Il a aussi été le mathématicien qui ne savait pas calculer, au sens de stratégie politique, avec des questionnements perpétuels d’une pureté d’enfant parfois, dans une naïveté brute et une générosité surprenante que certains ont voulu confondre avec le bord de la folie. Après une vie de rencontres multiples, celui qui était devenu un véritable mythe a vécu reclus dans un petit village tenu secret pendant les 23 dernières années de sa vie, dans une frugalité au plus près de la nature, entier dans son rapport au monde, laissant derrière lui des dizaines de milliers de pages de recherches mathématiques et d’écrits personnels qu’il reste à déchiffrer.

Avec

  • Jean Malgoire, mathématicien, élève d’Alexandre Grothendieck.
  • Jean-Paul Malrieu, physicien qui a participé à « Survivre et Vivre ».
  • Leïla Schneps et Pierre Lochak, mathématiciens.
  • Pierre Cartier, mathématicien à l’Institut des Hautes Etudes Scientifiques.
  • Christian Escriva, spécialiste de plantes médicinales.
  • André Joyal, mathématicien de l’Université du Québec.

Le site de l’émission.

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