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Laurent Schwartz est né il y a cent ans

Le 5 mars 2015

Laurent Schwartz, né le 5 mars 1915 à Paris et mort le 4 juillet 2002 à Paris, est un mathématicien français.

Spécialiste d’analyse, il reçoit la médaille Fields en 1950 pour avoir inventé la théorie des distributions, un cadre flexible et puissant qui étend la notion de fonction et se révèle très adapté pour étudier la transformation de Fourier et capital pour les équations aux dérivées partielles. Il apporte d’autres contributions à la géométrie des espaces de Banach et en probabilités. « Si l’on tente de trouver une “signature” à l’œuvre mathématique de Laurent Schwartz en analyse, on ne peut manquer d’évoquer Bourbaki, le groupe multicéphale auquel il a appartenu jusqu’à la retraite obligatoire à 50 ans. En effet sa façon de mettre en œuvre les résultats abstraits et généraux de l’analyse fonctionnelle, cette gigantesque opération de géométrisation des objets traditionnels de l’analyse, pour étudier les équations aux dérivées partielles est dans la plus pure tradition bourbakiste, à savoir travailler au niveau de généralité le plus grand pour que les propriétés fondamentales apparaissent et permettent une résolution simple du problème qu’on se pose » (J.-P. Bourguignon).

Homme engagé — ce dont témoigne le titre de son autobiographie, Un mathématicien aux prises avec le siècle (1997), ou ce témoignage d’Alain Guichardet — il est un fervent militant de la décolonisation, notamment de l’Algérie et du Viêt Nam, et des droits de l’homme. En 1957, il est un des fondateurs du comité « Maurice Audin » et membres du jury de sa thèse soutenue in abstentia. En 1976, il participe à la création du Comité des mathématiciens qui œuvre pour la défense de mathématiciens emprisonnés pour des raisons politiques et obtient entre autres la libération de Leonid Pliouchtch de l’hôpital psychiatrique où il était enfermé depuis 1974.

Pédagogue hors pair, « normalien amoureux de l’École polytechnique », il a un rôle décisif dans la création en 1965 du laboratoire de mathématiques de l’École polytechnique, qui porte aujourd’hui son nom, et participe à la mise en place du département d’enseignement au même moment. L’École polytechnique rendra hommage à Laurent Schwartz à travers un colloque spécialisé, une exposition à venir au printemps et une journée plus historique en novembre (annonces à venir).

Lauréat de la médaille Fields comme cela a été signalé, il est élu à l’Académie des sciences en 1975 après avoir été correspondant depuis 1973. Dans le privé, il est l’époux de la mathématicienne Marie-Hélène Lévy-Schwartz et a toute sa vie une grande passion pour l’entomologie, en particulier les papillons — sa collection personnelle en compte quelque 20.000.

Hommage à Laurent Schwatrz sur le site des Annales des Mines. Les espaces de Schwartz et l’espace de Schwartz son nommés en son honneur.

En savoir plus : une biographie de Laurent Schwartz (en anglais)

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