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Mark Kac est né il y a cent ans

Le 3 août 2014

Mark Kac est né en août 1914 à Kremenets (Empire russe, actuellement Pologne) et mort le 26 octobre 1984 en Californie. Il est un spécialiste de la théorie des probabilités. Sa date de naissance officielle est le 3 août mais, vu que c’était le calendrier julien qui était utilisé à sa naissance en Russie, Kac affirme être né le 16 août 1914. Ses talents mathématiques sont remarqués tôt malgré ses difficultés à apprendre les tables de multiplication et le scepticisme de son père, qui lui offre cinq zlotys pour avoir retrouvé les formules de Cardan. Il étudie à Lvov où il soutient sa thèse en 1937 sous la direction de Hugo Steinhaus. Désireux de quitter la Pologne, il obtient une bourse à l’Université John Hopkins (Maryland) où le déclenchement de la guerre le bloque, ce qui lui « sauve littéralement la vie » et lui permet, après avoir eu une offre d’emploi à l’Université Cornell (New York), d’y passer « vingt-deux années très heureuses ». Il devient professeur à l’Université Rockefeller (New York) en 1961, y reste vingt ans et termine sa carrière à l’Université de Californie du Sud (USC).

Voici, sous sa plume [1], ce qu’il préfère de son œuvre mathématique :

J’ai toujours été intéressé par les problèmes plutôt que par les théories. Rétrospectivement, ce dont je suis le plus heureux, et cela a été fait en collaboration avec Erdős [...] était l’introduction de méthodes probabilistes en théorie des nombres (en). Pour dire les choses poétiquement, les nombres jouent à un jeu de hasard. Et aussi une partie de mon travail en physique mathématique. Les choses m’amusent. Peut-on entendre la forme d’un tambour ? J’ai aussi une part de journaliste en moi, voyez-vous : j’aime les bonnes manchettes, et pourquoi pas ? Et je suis heureux du genre de choses que j’ai faites en essayant de comprendre un peu plus profondément la théorie des transitions de phases. Je suis fasciné, aussi, par les problèmes mathématiques, et en particulier [...] par le rôle de la dimension : pourquoi est-ce que certaines choses se passent « à partir de la dimension trois » et d’autres non ? J’ai toujours senti que c’est là que l’interface — pardon pour l’expression — entre la nature et les mathématiques est la plus profonde. Savoir pourquoi certaines choses que l’on observe dans la nature ne peuvent se produire que dans une certaine dimension. Tout ce qui peut aider à comprendre cette énigme est significatif, je suis heureux d’avoir fait, dans une modeste mesure, quelque chose là-dessus.

Notes

[1Traduction libre.

En savoir plus : une biographie de Mark Kac (en anglais)

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