Actualités

Norbert Wiener est mort il y a cinquante ans

Le 18 mars 2014

Norbert Wiener, né le 26 novembre 1894 à Columbia (Missouri) et mort le 18 mars 1964 à Stockholm, est un mathématicien américain. Spécialiste de mathématiques appliquées, il est surtout connu comme le père fondateur de la cybernétique, la « science des systèmes auto-régulés » dont il invente le nom.

Son père suit des études de médecine à Varsovie, puis d’ingénieur à Berlin avant d’émigrer aux États-Unis où il pratique plusieurs métiers, enseigne les langues dans diverses écoles et devient professeur de langues slaves à l’université du Missouri, où naît Norbert Wiener, puis à Harvard. Il éduque son fils à la maison en lui imposant un travail énorme, ce qui pourrait avoir causé myopie et troubles maniaco-dépressifs dont il souffrira toute sa vie. Il soutient sa thèse (PhD) en logique à 18 ans à Harvard puis part pour l’Europe : il étudie à Cambridge avec Bertrand Russell et Godfrey Harold Hardy qui l’influence fortement, et à Göttingen avec Edmund Landau et David Hilbert. De retour aux États-Unis, il enseigne la philosophie à Harvard en 1915, travaille pour la General Electric Company puis sur la balistique, ce qui ravive ses intérêts mathématiques. Osgood lui signale un poste d’assistant au MIT.

Ses premiers travaux sur le mouvement brownien au MIT lui procurent un fil rouge pour toutes ses recherches, le conduisant à mêler probabilités et analyse harmonique, et, bien plus tard, à « fonder la cybernétique, qui est essentiellement une approche statistique de la théorie de la communication » à partir de 1948. Entre-temps, il effectue de nombreux voyages en Europe où il collabore entre autres avec l’analyste Maurice Fréchet, le probabiliste Paul Lévy, le physicien Max Born puis, dans les années 20, Hans Hahn, Emil Artin et Kurt Gödel. Il contribue à la théorie du potentiel et démontre des théorème taubériens qui lui valent le prix de l’American Mathematical Society.

Ses intérêts mathématiques sont donc remarquablement larges et variés. Mais ses contributions les plus marquantes concernent la cybernétique. Cette nouvelle discipline a fait sortir du cercle des mathématiques des notions comme la rétroaction (feedback), l’information, le contrôle, la stabilité, la prédiction, le filtrage, etc., ce qui a eu des implications en ingénierie, informatique, biologie, psychologie, la philosophie et même dans l’organisation de la société.

Hans Freudenthal écrit de Wiener : « Dans son apparence et son comportement, Norbert Wiener était une figure baroque, petit, rond et myope, combinant ces caractéristiques et bien d’autres à un degré extrême. Sa conversation était un curieux mélange d’affectation et de brutalité. Il ne savait guère écouter. Sa propre apologie était mutine, convaincante et jamais agressive. Il parlait de nombreuses langues mais n’était facile à comprendre dans aucune. La mauvaise qualité de ses conférences était célèbre. »


Ajout (21/1/2015) : La marche des sciences sur France culture consacre son émission du 15 mai 2014 à « La double vie de Norbert Wiener : le père de la cybernétique ».

En savoir plus: une biographie de Wiener (en anglais)

Partager cette actualité

La tribune des mathématiciens

Suivre IDM