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Postérité, devenir, oubli : l’œuvre du numérique (Paris, 13/6)

Le 6 juin 2013

Quelle est la postérité des œuvres et des données numériques ? Une manifestation produite par l’Ircam—Centre Pompidou (Institut de recherche et coordination acoustique/musique) s’intéresse à cette question du 12 au 14 juin :

Le Digital Dark Age désigne une situation future où les données électroniques seront illisibles car stockées sur des supports caducs dans des formats oubliés.

Cette problématique touche tous les domaines du savoir et de l’art, de l’archivage et de la création. Elle s’étend à mesure que la mémoire de l’humanité est convertie en bits. Quelles stratégies face à « l’oubli numérique » ? Quelle pérennité pour les œuvres conçues avec une technologie bientôt révolue ? Montage et archivage, vintage et remake, interprétation et réinterprétation authentique signalent l’inventivité artistique en prise directe avec la fuite du temps technologique. Rencontres, débats et « répliques » art-science sur l’œuvre au temps du numérique : une confrontation entre Faust et Janus.

La conférence à deux voix du 13 juin à 16 h 30 concerne particulièrement les sciences et les mathématiques :

Des archives ouvertes pour la science
Christine Bertaud

Description détaillée

Le Centre pour la communication scientifique directe, qui est une unité de
service du CNRS, a créé en 2001 l’archive ouverte HAL (Hyper Articles en
Ligne). Fondée sur le modèle d’ArXiv, elle recueille des dépôts émanant des
scientifiques de l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur et
de la recherche, représentant toutes les disciplines scientifiques. En avril 2013
a été renouvelé, dans le cadre de la Très grande infrastructure recherche –
bibliothèque scientifique numérique, le protocole d’accord signé en 2006 entre
les universités et de nombreux organismes afin que HAL devienne une
plateforme commune à forte visibilité internationale. Cette politique
d’ouverture a induit des évolutions du système et des procédures le régissant.
Une meilleure prise de conscience des possibilités créées par le numérique et
l’open-access permet aussi de concevoir de nouveaux modèles entre la voie
verte et la voie dorée notamment celui des épijournaux proposé par la
plateforme Episciences.org.

Christine Berthaud est ingénieur de recherche au CNRS. Elle a été responsable
du service d’ingénierie documentaire de l’Institut des Sciences de l’Homme de
1998 à 2011. Depuis 2003, elle mène ses activités dans le domaine de l’open
access notamment en tant que coresponsable de HAL-SHS et des dépôts du
domaine des Sciences humaines et sociales dans l’archive ouverte HAL. Elle a
assuré la coordination du comité scientifique et technique mis en place dans le
cadre du protocole inter-établissements pour une archive nationale (2006-
2008). Depuis avril 2011, elle dirige le Centre pour la communication
scientifique directe du CNRS, unité principalement dédiée aux archives
ouvertes. Elle pilote le 4e segment dédié aux archives ouvertes de la BSN et
elle représente le CNRS dans le groupe de travail « Open access » de la
European Science Foundation.

La bibliothèque numérique des mathématiques
Thierry Bouche

Description détaillée

Les mathématiciens dépendent de façon critique de l’accès aux textes
scientifiques sur des durées anormalement longues par rapport aux disciplines
plus expérimentales. Ils se sont donc organisés pour disposer d’un système de
publication durable, adossé à un réseau mondial de bibliothèques de
références. La traduction de cette organisation dans le paradigme numérique
pose un certain nombre de questions auxquelles la cellule Mathdoc a apporté
quelques réponses à travers des services comme CEDRAM (plateforme de
publication numérique en LaTeX et XML/PDF), NUMDAM (bibliothèque
numérique en accès libre dont les fonds sont constitués par numérisation ou
acquisition directe de la production des éditeurs). Tandis que ces modèles se
développent à l’international en vue d’une couverture plus large, de nouvelles
modalités de publication voient le jour qui mettent en question la validation et
la reproductibilité des résultats (associant à de traditionnelles démonstrations
rédigées des données, des algorithmes ou du code informatique), faisant
apparaître de nouveaux défis pour la conservation, la duplication, et la
pérennité des résultats ainsi publiés.

Thierry Bouche est mathématicien à l’université Grenoble-I et directeur de la
cellule Mathdoc qui fournit un ensemble de services à la communauté
enseignement supérieur et recherche en mathématiques, notamment à travers
des projets de bibliothèques numériques et d’édition électronique (NUMDAM,
CEDRAM...). Il est membre du comité sur l’information et la communication
électroniques de l’union mathématique internationale, du comité de pilotage
des « Conferences on Intelligent Computer Mathematics ». Il a assuré la
coordination scientifique du projet EuDML, bibliothèque numérique
européenne.

En pratique : ces conférences se déroulent à l’Ircam, salle Igor-Stravinsky, 1, place Igor-Stravinsky, 75004 Paris.

Présentation de la conférence dans l’émission Science publique sur France Culture :

Risquons-nous de perdre notre mémoire numérique ?

En savoir plus: le site de l'Ircam

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