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Von Neumann, moyennes et démesure (23/3 et Paris, 25/3)

Le 19 mars 2015

Dans le cycle de conférences « Un texte, un mathématicien » organisé par la SMF à la Bibliothèque nationale de France en partenariat avec France Culture et Animath, venez nombreux pour assister à l’exposé donné par...

Damien Gaboriau (ENS de Lyon)
Von Neumann, moyennes et démesure

25 mars 2015 à 18 h 30
BnF
(site F.-Mitterrand, Grand auditorium, Hall Est, Quai François-Mauriac, Paris 13)

Résumé : Les extra-terrestres font-ils des mathématiques ?

On prétend qu’Albert Einstein, qui était son collègue à Princeton, considérait John von Neumann comme un extra-terrestre et nous verrons qu’il n’avait pas tort.

Pourtant, John von Neumann est un homme et une figure emblématique du XXe siècle. Né à Budapest sous le nom de Neumann János Lajos, il parcourra l’Europe avant de partir pour les USA où il participera au projet Manhattan, et il parcourra les sciences, de la chimie à l’économie et la théorie des jeux, en passant par les mathématiques et la physique. Cet incroyable génie a apporté des contributions fondamentales en mécanique quantique. Il est, avec Alan Turing, le père des ordinateurs modernes.

Il s’est attaqué à de nombreux problèmes concrets, en combinant une approche pragmatique et profondément rigoureusement théorique. Ses découvertes mathématiques sont multiples et exceptionnelles. Les domaines des mathématiques où il a excellé sont innombrables.

Le texte que nous allons évoquer date de 1929 (il a alors vingt-six ans) et s’intéresse au problème de la mesure. Que peut-on mesurer ? Le paradoxe de Banach-Tarski (1924), qui repose sur des idées de Hausdorff (1914), prétend qu’il est théoriquement possible de décomposer une orange en un certain nombre de morceaux qu’on pourra recombiner pour former deux oranges de même taille (et même poids !) que celle de départ. On sait que la construction analogue n’est pas possible en dimension 2.

J. von Neumann va expliquer que la raison profonde se dissimule dans le groupe des déplacements autorisés pour la recombinaison et son caractère « moyennable » ou non.

La notion qu’il a dégagée va se répandre dans divers domaines des mathématiques et continue à être très étudiée de nos jours.

Cette conférence sera l’occasion de rencontrer des situations paradoxales, des groupes libres, des arbres, quelques pommes de terre et même une table
de ping-pong.

Textes :

  • J. von Neumann. Zur allgemeinen theorie des maßes. Fund. Math., 13:73–116, 1929.

L’orateur : Damien Gaboriau est directeur de recherches au CNRS à l’École normale supérieure de Lyon dont il a dirigé le laboratoire de mathématiques de 2005 à 2009. Il est professeur chargé de cours à l’École polytechnique. Ancien élève de l’ENS de Cachan, il a soutenu sa thèse à l’université Paul Sabatier de Toulouse en 1993. Il a travaillé sur la théorie géométrique et mesurée des groupes, les actions sur les arbres et les immeubles, la théorie ergodique, les algèbres de von Neumann et la percolation sur les graphes. Il est lauréat du prix Sand et Triossi de l’Académie des sciences en 2003, Fellow of the American Mathematical Society et a été invité au congrès international des mathématiciens à Hyderabad en 2010.


Addendum : Damien Gaboriau passera à l’émission Continent sciences de Stéphane Deligeorges, lundi 23 mars à 14 h sur le même thème.

Addendum à l’addendum : L’émission a été annulé à cause de la grève à Radio France mais la vidéo de la conférence est disponible.

En savoir plus : le site de la SMF

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