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Yves Meyer reçoit le prix Abel

Le 21 mars 2017

L’Académie norvégienne des sciences et des lettres a remis le prix Abel 2017 à Yves Meyer, notamment pour ses contributions déterminantes dans le développement de la théorie des ondelettes.

Au contraire de la médaille Fields qui récompense des mathématiciens de moins de quarante ans, le prix Abel honore l’œuvre d’une carrière.

Traduction libre du communiqué de presse :

Yves Meyer reçoit le prix Abel

L’Académie norvégienne des sciences et lettres a décidé d’attribuer le prix Abel 2017 à Yves Meyer, de l’École normale supérieure Paris-Saclay, « pour son rôle essentiel dans le développement de la théorie mathématique des ondelettes ».

Yves Meyer a été le leader visionnaire dans le développement moderne de cette théorie, à l’intersection des mathématiques, des technologies de l’information et du calcul scientifique.

L’analyse des ondelettes a été appliquée à une large variété de domaines aussi divers que l’analyse harmonique appliquée et computationnelle, la compression de données, la réduction de bruit, l’imagerie médicale, l’archivage, le cinéma numérique, la déconvolution des images du téléscope spatial Hubble et LIGO, le projet qui a récemment détecté les ondes gravitationnelles créées par la collision de deux trous noirs.

Le Président de l’Académie norvégienne des sciences et lettres, Ole M. Sejersted, a annoncé le lauréat du prix Abel 2017 à l’Académie à Oslo aujourd’hui, le 21 mars.

Yves Meyer recevra le prix Abel des mains de Sa Majesté le Roi Harald V pendant une cérémonie de remise du prix à Oslo le 23 mai.

Le prix Abel honore des contributions d’une extraordinaire profondeur et influence aux sciences mathématiques, il a été décerné chaque année depuis 2003. Il comporte une récompense de 6 millions de couronnes norvégiennes (environ 675.000 € ou $715.000).

Un nomade intellectuel

Après avoir apporté d’importantes contributions au domaine de la théorie des nombres tôt dans sa carrière, l’énergie sans bornes de Meyer et sa curiosité l’ont conduit à travailler sur des méthodes pour casser des objets mathématiques complexes en composantes plus simples semblables à des vagues – un sujet appelé analyse harmonique. Cela l’a alors incité à aider à construire une théorie pour analyser des signaux compliqués, avec des ramifications importantes pour les technologies des ordinateurs et de l’information. Il a ensuite à nouveau déplacé ses centres d’intérêt pour attaquer des problèmes fondamentaux en mathématiques des fluides. « Pendant ma vie professionnelle, j’ai essayé de façon obsessionnelle de traverser les frontières », explique-t-il.

Le travail de Meyer a une pertinence qui s’étend depuis les zones théoriques des mathématiques jusqu’au développement d’outils pratiques en informatique et en science de l’information. En tant que tel, c’est un parfait exemple de l’affirmation que travailler en mathématiques pures se révèle souvent avoir des application au monde réel importantes et utiles.

Yves Meyer a inspiré une génération de mathématiciens qui ont continué à apporter des contributions par eux-mêmes. Son collaborateur sur la théorie des ondelettes, Stéphane Mallat, l’appelle un « visionnaire » dont le travail ne peut pas être décrit par les étiquettes de mathématiques pures ou appliquées, ni d’informatique, mais doit être simplement appelé « stupéfiant ».

Biographie

Yves Meyer, né français le 19 juillet 1939, grandit à Tunis. Il intègre la prestigieuse École normale supérieure de la rue d’Ulm à Paris en 1957 en terminant premier du concours d’entrée. Après ses études, Meyer fait son service militaire comme professeur dans une école militaire. Il soutient sa thèse de doctorat en 1966 à l’université de Strasbourg.

Il devient professeur de mathématiques d’abord à l’université de Paris-sud, selon son nom actuel (1966-1980), puis à l’École polytechnique (1980-1986) et à l’université Paris-Dauphine (1986-1995). Il emménage à l’École normale supérieure de Cachan (récemment rebaptisée ENS Paris-Saclay) en 1995, où il travaille au Centre de mathématiques et de leurs applications (CMLA) jusqu’à prendre formellement sa retraite en 2008. Mais il est toujours membre associé du centre de recherche.

Récompenses et reconnaissance

Yves Meyer est membre de l’Académie des sciences depuis 1993. En 1994, il est élu membre étranger honoraire de l’Académie américaine des arts et sciences (American Academy of Arts and Sciences) et devient associé étranger à l’Académie nationale des sciences des États-Unis (US National Academy of Sciences) en 2014.

Yves Meyer devient fellow de la Société américaine de mathématiques (AMS) en 2012. Il a été conférencier invité au Congrès international des mathématiciens en 1970 à Nice, en 1983 à Varsovie et en 1990 à Kyoto. Il a été conférencier invité au Congrès international de physique mathématique en 1988 à Swansea.

Parmi les prix qu’il a reçus figurent le prix Salem en 1970 et le prix Gauss en 2010, ce dernier étant attribué conjointement par l’Union mathématiques internationale (IMU) et la Société mathématique allemande pour les avancées mathématiques qui ont un impact en dehors du domaine.

Le prix Abel

Le prix Abel est décerné par l’Académie norvégienne des sciences et lettres. Le choix du lauréat est fondé sur la recommandation du comité Abel, qui est composé de cinq mathématiciens internationalement reconnus. Les membres du comité actuel sont John Rognes (président), Marta Sanz-Solé, Luigi Ambrosio, Marie-France Vignéras and Ben J. Green.

Le prix Abel et les événéments associés sont financés par le gouvernement norvégien.

Pour plus d’informations sur le lauréat, sur ses accomplissements et sur le prix Abel, veuillez consulter le site du prix Abel.

Dans la presse

En savoir plus : le site du prix Abel

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