8 mars, journée de la femme

Le 9 mars 2012  - Ecrit par  Christine Huyghe Voir les commentaires (5)

8 mars : journée de la femme

Dès 7h, France Inter célèbre l’appel « 8 mars, 8 femmes »
de huit femmes arabes pour la dignité et l’égalité. A 13h20, France Inter mentionne que
les universitaires strasbourgeois manifestent en nombre pour
protester contre les expulsions répétées d’étudiants étrangers. A 13h30 histoire de la femme
égyptienne (où l’on rappelle qui est
Hypathie). A 16h30 France Musique diffuse des œuvres de compositrices, dont Clara
Schumann (en expliquant qu’on devrait les diffuser plus souvent). Et pendant ce
temps, le site Images Des Mathématiques célèbre en une Evariste Galois.

Femmes, hommes et mathématiques

Par hasard, la veille, mon fils, lycéen, dans une classe « Marie Curie », orientée vers
les sciences, du lycée
éponyme de Strasbourg, m’avait expliqué que dans sa classe les filles ne représentaient
qu’un tiers des effectifs [1]. Un comble quand on sait que Marie Curie la seule
personne ayant obtenu un prix Nobel dans deux disciplines scientifiques distinctes.

Les préjugés ont décidément la vie dure.

Alors qu’on se le dise, une fois encore : Femmes et mathématiques ou Hommes et mathématiques, c’est la même
chose. Il s’agit de la même volonté, de se poser des questions,
de comprendre un problème, de se
tromper, de réfléchir, avant d’avancer, et de trouver une solution, ou d’autres questions,
bref, de faire des maths. D’une façon générale,
il n’y a pas de raison que les filles soient moins présentes dans les filières
scientifiques que les garçons. C’est pourquoi les associations
femmes et maths,
femmes et sciences, femmes ingénieurs ont interpelé les candidats à l’élection
présidentielle avec cet appel, qui donne quelques pistes pour susciter des vocations scientifiques chez les jeunes filles.

Lisa Simpson

Lisa Simpson (de la série « Les Simpsons ») pourrait être une parfaite ambassadrice de
« Femmes et maths ». Elle est très intelligente, passionnée de mathématiques, est
l’écolo de la famille, tout en se revendiquant d’un boudhisme végétarien largement comique. N’empêche, Lisa est une tête et aime les maths, au point que,
dans l’épisode « Échec et maths pour les filles »,
elle abandonne l’univers feutré de l’école de filles nouvellement créée
et se déguise en garçon pour pouvoir continuer à faire des mathématiques à la rude école des garçons
 [2].

La série abonde en références mathématiques [3], que l’on doit à l’un
des scénaristes David X. Cohen, qui est diplômé d’informatique théorique.

Comme Lisa, depuis 20 ans qu’elle a été créée, ne
grandit pas, elle ne deviendra pas l’Evariste Galois de son temps. Son côté futé est
cependant jubilatoire et je suis convaincue que
Lisa fait beaucoup pour la cause des femmes et des sciences en général. Merci Lisa !

Post-scriptum :

Je remercie ma fille Claire pour ses encouragements pour rédiger ce texte.

Notes

[1Je n’ai cependant pas les chiffres exacts me permettant
de vérifier ce point.

[2description tirée de Lisa sur wikipedia

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Pour citer cet article :

Christine Huyghe — «8 mars, journée de la femme» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Commentaire sur l'article

  • 8 mars, journée de la femme

    le 9 mars 2012 à 10:52, par le_cheveulu

    Merci pour ce billet !!!!

    On rajoutera aussi l’émission sur France Inter « la tête au carré » qui présente un rapport commandé par la cité des sciences sur le sexisme dans la vulgarisation scientifique.

    Tous ces liens sont utiles. J’aurais aimé les avoir hier avec un argumentaire quand j’ai tenté de faire prendre conscience à mes étudiant(e)s de la domination masculine dans les sciences à la fin de mon cours d’algèbre. Je me suis contenté d’arguments sociologiques et de quelques chiffres : sur les près de 800 Nobels, seuls 44 sont des femmes, pour les médaille Fields : 0 femmes.

    Les réactions ont été les suivantes : les jeunes femmes n’ont pas bronché, pas de prise de parole ni pendant mon intervention, ni après le cours. Les jeunes hommes ont commencé à pouffer, dénigrer ce combat d’arrière garde dont on leur rebat les oreilles, ont pris la parole et l’ont accaparé et ont développé des arguments basés sur la génétique et très conservateurs en terme d’« ordre social normal ». J’ai cassé tout ça avec mes maigres connaissances en sociologie. Comme j’aurais aimé avoir un argumentaire plus solide d’Images des Mathématiques le jour J, sans que je sois obligé de farfouiller dans les archives et faire une synthèse que je n’ai pas le temps de faire...

    J’ignore si ce que j’ai fait a eu un impact. J’espère...

    J’ajouterai ceci à tous les enseignant(e)s qui se sentent concerné(e)s. Lorsque vous commencez un cours d’algèbre, avant de parler de Galois, parler d’Emy Noether et de son combat pour se faire reconnaître en tant que mathématicienne et pas comme simple porteuse de jupons.

    Merci encore.

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    • 8 mars, journée de la femme

      le 11 mars 2012 à 21:25, par Barbara Schapira

      Bonsoir

      Je prefererais qu’on ne parle pas des femmes le 8 mars, mais qu’elles soient representees aussi bien que les hommes dans les medias, le reste de l’annee.

      Cela etant dit, si on veut convaincre les etudiantes d’etre ambitieuses, une simple reference a Emmy Noether ou autres grandes mathematiciennes ne suffit pas. Ne serait-ce que par les maths qu’on enseigne sont pour l’essentiel d’une epoque ou a part S Kovalevskaya, E Noether, S Germain, A Lovelace, on a du mal a trouver des noms.

      Les filles ont du mal a etre ambitieuses, pour plein de raisons : absence de modeles dans les familles, dans les labos, pression de la societe pour en faire des nunuches frivoles, et/ou femmes au foyer plutot que des cadres de professions intellectuelles.
      Ce qui pousse les etudiantes meme les plus serieuses et les plus douees a esperer au mieux etre instits.

      Il y a peut etre meme des facons d’enseigner qui privilegient les garcons plutot que les filles, mais c’est difficile a etudier.

      Pour que les filles se sentent le droit d’etre ambitieuses, il faut, individuellement ou dans un PETIT groupe avec que des filles, leur dire qu’elles peuvent passer le capes plutot que le cape, l’agreg plutot que le capes, faire un master recherche plutot qu’enseignement, faire une these qui ne les empechera pas de choisir plus tard la securite du boulot de prof si elles preferent, etc.

      Par ailleurs, il faut aussi dire aux garcons que dans nos ecoles, on a besoin d’hommes instits, parce que casser les stereotypes, c’est evidemment a double sens !

      Et pourquoi pas une reunion sur les stereotypes de genre, chaque annee, pour les etudiant-e-s ?

      Bref, j’approuve grandement la citation d’Emmy Noether, mais je crois qu’il faut beaucoup plus d’interventionnisme.

      Bonne soiree

      Barbara

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      • 8 mars, journée de la femme

        le 16 mars 2012 à 17:39, par le_cheveulu

        « je crois qu’il faut beaucoup plus d’interventionnisme. »

        Je vais essayer de faire ça dans mes classes et faire passer le message à des collègues. Je souhaite pointer du doigt une chose importante. Les étudiants en sciences « dures » ne disposent pas comme pour les sciences humaines d’enseignements où ils peuvent questionner leur positionnement social. Il y a bien les langues étrangères, mais comment verbaliser dans une autre langue ce dont on a à peine conscience... De l’autre côté les enseignants en sciences ne disposent ni du temps en classe, ni du temps chez eux pour préparer des argumentaires efficaces sur ce problème. Il nous faut par conséquent un petit paquet d’argumentaires simples que nous pourrions nous approprier sans y passer des heures et les transmettre. La journée des femmes est une excellente occasion pour faire connaître ces choses qui j’en suis sûr existent quelque part.

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  • 8 mars, journée de la femme

    le 10 mars 2012 à 21:01, par Christine Huyghe

    Merci pour ces précisions. Les enseignants ont en effet leur rôle à jouer. A noter que France 2 dans le JT du 10 mars,
    consacre un reportage à ce problème (effectué au lycée du Parc et à l’ENS de Lyon). Concernant l’argumentaire possible, on peut mentionner une étude de Pascal Huguet et Isabelle Régner, Mathématiques : Les femmes et les hommes tous égaux qui conclut que le handicap des filles serait dû à des raisons « psychosociales » et non, bien entendu, d’ordre physique.

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    • 8 mars, journée de la femme

      le 11 mars 2012 à 11:06, par le_cheveulu

      Cette étude est une excellent démonstration ! Je l’archive. Je dévie un peu, mais il serait aussi intéressant de l’étendre aux différentes classes sociales pour expliquer par exemple le constat fait dans « Le Monde » il y a quelques semaines du caractère discriminant des mathématiques.

      Répondre à ce message

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