Décarboner la recherche ?

Le 27 novembre 2009  - Ecrit par  Jacques Istas Voir les commentaires (3)

Le sommet de Copenhague va se tenir bientôt, et l’on ne parle que de CO2, de gaz à effet de serre, de réchauffement climatique. Et je me suis demandé si les matheux, dans leurs activités professionnelles, faisaient partie des bons ou des mauvais élèves du bilan carbone. En observant le fonctionnement quotidien de mon labo, j’ai listé les occasions où nous prenons ou faisons prendre l’avion :

  • séminaires et colloquiums,
  • jurys de thèse [1],
  • comités de sélection [2],
  • universitaires étrangers en visite de courte durée,
  • participations régulières à des colloques et congrès lointains.

Alors, à 184 kg de CO2 les mille km d’avion (voir ici un éco-comparateur), je nous trouve, nous, matheux, fiers de nos crayons, papiers et ordinateurs, bien pollueurs. Combien un théorème vaut-il de tonnes de CO2 ?

Que faire ? Réduire le nombre de congrès ? Leur taille ? Faire les soutenances de thèses et de comités de sélection [3] par visioconférence ? Demander aux organisateurs de congrès de compenser en plantant un arbre par congressiste ?

No sé ...

Notes

[1avec souvent présence de membres étrangers

[2en jargon universitaire, le comité de sélection est le comité de recrutement. Il y en a un par poste, il se réunit deux fois, et comporte plus de membres extérieurs que de locaux.

[3C’est légal.

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Pour citer cet article :

Jacques Istas — «Décarboner la recherche ?» — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

Commentaire sur l'article

  • Décarboner la recherche ?

    le 27 novembre 2009 à 10:50, par pi.erdeux

    Je ne savais pas que les mathématiciens prenaient tellement l’avion. Consomment-ils beaucoup de viande ?

    Répondre à ce message
  • Décarboner la recherche ?

    le 30 novembre 2009 à 16:12, par jacques lafontaine

    a) les règlements imbéciles des comités de sélection ne sont pas de notre fait

    b) je constate, dans mon université tous cas, que les mathématiciens utilisent beaucoup plus le vélo comme moyen de transport que les autres scientifiques

    il est vrai que cette façon modeste de lutter contre l’effet de serre n’est pas toujours bien vue des écolos patentés

    Répondre à ce message
  • Un vélo ? Fi donc !

    le 1er décembre 2009 à 12:27, par Michelle Schatzman

    Moi, mon cher, je ne voyage qu’en voiture avec chauffeur(se), mon chauffeur a un uniforme, et il (ou elle) conduit un véhicule immense, avec bien plus que quatre roues. Deux roues ? quelle misère !

    Mon vaste carrosse peut être formé de plusieurs voitures, il se déplace parfois sur des profilés métalliques posés sur le sol, mais ce ne sont là que détails ancillaires, qui ne sauraient concerner les personnes de qualité comme moi. L’un des délices de ce genre de carrosse, outre la modicité de la dépense, est je peux inviter d’autres personnes de qualité dans ces vastes voitures, y rencontrer maints membres de la meilleure société, et le cas échéant y tenir salon. Si l’humeur me prend, je peux aussi y lire les gazettes et même un traité savant.

    Est-ce que mon mode de transport décarbone les mathématiques, je ne saurais dire, mais il est sûr que l’entretien, l’achat et surtout l’entreposage d’un carosse personnel me coûteraient fort cher, mon hôtel étant au milieu de la ville et dépourvu de communs ou d’une cour suffisante.

    Foin de tous ces soucis, qui m’empêcheraient de consacrer tout le temps nécessaire à mes mathématiques bien-aimées et me soustrairaient aux douceurs du commerce de ma famille et de mes amis. N’est-ce pas là une vie aimable et laissant toute place aux choses de l’esprit et de l’affection ?

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