Dialogue de sourds avec ma pharmacienne...

Le 5 mars 2009  - Ecrit par  Valerio Vassallo Voir les commentaires (4)

Il y a quelques jours je suis entré dans ma pharmacie habituelle
et... surprise ! La pharmacienne, propriétaire des lieux, que je connais
depuis dix ans, me demande ce qui se passe dans les universités françaises,
les raisons des mouvements de grève, le pourquoi du mécontentement des
enseignants-chercheurs, etc.
J’ai été surpris par son questionnement car d’habitude nous nous contentons
des « ça va ? » habituels et j’effectue mes achats trop rapidement pour amorcer un
semblant de débat. Il s’agit d’une pharmacie très fréquentée dans un quartier
très populaire de Lille.

Ce jour là, la pharmacie était exceptionnellement vide et le personnel
au complet comme d’habitude. Il y avait donc possibilité de communiquer sur
des tensions autres qu’artérielles, des rythmes autres que cardiaques...

Je suis un grand bavard, j’étais donc ravi de pouvoir enfin déployer ma
pédagogie sur le sujet mais...
Retour en arrière.

Depuis plusieurs années, je n’arrête pas de me dire et de répéter aux
collègues que, dès que l’occasion se présente, il est utile voire
indispensable d’expliquer aux gens le métier d’enseignant et de chercheur, en
insistant tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre. Ceci en fonction des questions
posées par l’éventuel interlocuteur ou l’éventuelle interlocutrice, qu’il ou
elle soit un voisin rencontré dans le quartier ou un ami lors d’une soirée.

Les lieux communs ayant souvent, comme chacun sait, force de loi, l’enseignant
est la plupart du temps réduit à un correcteur de copies et le chercheur à
un savant certes, mais peu utile pour la société, peu ou pas assez compétent,
compétitif, etc. De tels propos ayant été récemment formulés et amplifiés
(hélas ! encore hélas !) par les plus hautes autorités de l’état, je ne les
commenterai pas dans ce billet mais renvoie à la lettre de Wendelin Werner
publié dans le journal Le Monde du 18 février 2009. (voir la brève du 19 février et le billet de Wendelin Werner)

Je reviens un instant sur les lieux communs. Un jour, je prendrai le
temps de demander à un(e) psy - j’en connais pas mal dans mon entourage -
pourquoi il y a ce transfert enseignant-copies. Probablement - mais je
vérifierai cette hypothèse auprès des spécialistes de l’inconscient collectif -
un des cauchemars récurrents au sujet de l’école, et des mathématiques en
particulier, est celui des devoirs surveillés à savoir, la peur de la copie
vide, de la page blanche, pire, la crainte d’être jugé comme un cancre.

L’écrit est cette magnifique et dangereuse expérience qui vous expose, qui
révèle aux autres un peu de votre vie alors que vous êtes à l’abri des
regards, dans la solitude de votre chambre, de votre bureau ou peut-être
inconnu parmi les autres dans un parc. L’école marque à vie, les individus mais
aussi leurs proches, à travers, il faut bien le reconnaître, les jugements
parfois superficiels des enseignants.

L’écrivain Daniel Pennac dans son livre « Chagrin d’école » écrit en parlant de sa
maman : "Très tôt mon avenir lui parut si compromis qu’elle ne fut jamais tout
à fait assurée de mon présent. N’étant pas destiné à devenir, je ne lui
paraissais pas armé pour durer. J’étais son enfant précaire. Elle me savait
pourtant tiré d’affaire depuis ce mois de septembre 1969 où j’entrais dans ma
première classe en qualité de professeur. Mais pendant les décennies qui
suivirent (c’est-à-dire pendant la durée de ma vie adulte), son inquiétude
résista secrètement à toutes les « preuves de réussite » que lui apportaient mes
coups de téléphone, mes lettres, mes visites, la parution de mes livres, les
articles de journaux ou mes passages chez Pivot".

Expliquer, écrire, développer des arguments autour de son propre travail
permet de prendre du recul, de peaufiner ses arguments et enfin d’arriver à le
présenter au public en en faisant le plus fa-sci-nants des métiers. Pourquoi
nous, enseignants-chercheurs, nous interdisons-nous cette démarche ? Je
fréquente occasionnellement les artistes du monde du théâtre. Ils
m’impressionnent toujours lorsqu’ils parlent de leur travail. En les écoutant
déclamer les frissons provoqués par tel ou tel rôle, l’émotion provoquée par
la présence d’un public massif venu les admirer, j’en arrive à me poser des
questions sur le véritable intérêt de mon propre métier, tant ils magnifient
le leur. C’est d’autant plus difficile pour moi lorsque par exemple je tente
d’improviser quelques mots sur mon dernier sujet de recherche : le "schéma de
Hilbert des quadruplets de points d’une quadrique de l’espace projectif
complexe". Je me dis alors qu’une prise de parole sur un tel sujet ne peut pas
s’improviser. Elle doit être longuement préparée et le sujet présenté de façon
profonde et légère à la fois. C’est cette philosophie que les gens sont le
mieux à même de comprendre. En effet, il faut des années d’études avant de
pouvoir définir correctement des mots comme schéma de Hilbert. La description
du long chemin, fait de joies et de souffrances, qui vous permet aujourd’hui
d’aborder professionnellement un tel sujet d’étude aidera vos amis à
comprendre que vous êtes bien un être humain comme eux et non un
extraterrestre.
Je me dis même qu’il faut arrêter d’être simpliste et expéditif mais qu’il
faut prendre le temps d’entrer dans certains détails et expliquer pourquoi
nous sommes rémunérés pour exercer une activité passionnante. Je ne vous
cacherai pas que je commence aussi à avoir, par les temps qui courent, une
certaine crainte à dire que je m’amuse en travaillant car ceci peut prêter
à confusion. Surtout lorsqu’il s’agit de dire que vous travaillez dans des
espaces qui dépassent la dimension trois et qui sont au moins
de dimension six ! A quoi bon tout ça ? A quoi bon dépasser la dimension
trois ? Voilà une question qui peut surgir lors d’une soirée entre amis et à
laquelle on ne peut pas répondre sans y avoir longuement réfléchi
auparavant. Il y a maintenant d’excellents films sur le sujet (n’est-ce pas
Monsieur Ghys ! [1]), mais on ne pourra pas toujours éviter la question ou
invoquer un prétexte comme la complexité du sujet, faute de quoi vos amis
partiront avec une idée suspecte de l’utilité de votre activité.

Ces derniers mois je n’ai pas vraiment eu d’occasions de discuter de mon
propre travail. En effet, peu de monde dans mon voisinage s’est interrogé sur
mes activités de manifestant ! A une seule occasion, mes voisins
aide-soignants, intrigués par des tracts affichés aux fenêtres de ma maison,
ont cherché à comprendre les revendications des enseignants-chercheurs. Ayant
une bonne opinion de moi, la conversation n’a pas dépassé les cinq
minutes. Dommage ! Ceci dit, ce premier contact m’a permis de cueillir,
au cas où j’en aurais eu besoin, les premières impressions du grand public au
sujet de notre métier. Mes voisins, par ailleurs très charmants, ont à
nouveau repris à leur compte l’idée déjà citée que les professeurs sont des
personnes muni(e)s d’une très grande patience car ils (elles) passent beaucoup de
temps à corriger des copies ! Las des non-dits et un peu exaspéré, j’ai
profité d’une fête donnée à la maison pour expliquer à mes invités non
seulement le métier d’enseignant-chercheur mais aussi le déroulement de nos
carrières : comment se font les évaluations qui vont déterminer les évolutions
de carrière et donc nos salaires. « J’ai donné des chiffres », comme on entend
souvent dire. Par exemple, le salaire d’un maître de conférences, c’est-à-dire
d’un Bac+8 (au plus tôt), est au début de sa carrière de l’ordre de 1 600
euros net par mois et celui en fin carrière de l’ordre de 3 000 euros net par
mois s’il a le malheur de ne pas passer hors classe !

Mais au fait, en quoi consiste notre travail ? Quelle est la mission pour
laquelle est embauché un jeune docteur (répétons : au moins un Bac + 8) sur
un poste d’enseignant-chercheur ? Allons-y et tenez-vous bien :

"Les enseignants-chercheurs participent à l’élaboration et assurent la
transmission des connaissances au titre de la formation initiale et
continue. Ils assurent la direction, le conseil et l’ordi ande patience car ils (elltudeints. et.en qliison pvec ues miieux crofessionnell. ceoopratuin pvec ues ntre rise spublicues mu perives tormation ies mattre et à

Lls aot étgalment pour aission de dérelopperent de na recherche mpplicuée ,pédagogiquesou telchnolgiquesoins ique le va&orssation res ul pliison pvec ues rande aorgnifems de rcherche ct àcontomcues mcncornis definir par l&aloi,n῰ J82-610du 195 jullet m1982d’ocdi at
crofranmation iour la scherche cFances regherche

Lls aarticipent à l&adiffiuion desl& ct enchnque.hIls assurent le coa écoé at leaconseirv at
c’ensrchcsenent des mollectifns qonfiges dux ftailicsenents et epevent dtre
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Lls acncribunnt utse n d& la compuniuto suientifique.et teul ue le
enterrn le e l&adransmission des connaissances aetà la foimation Ils
mcncribunnt àtgalment pu plofras desaa scherche< es maisions de deoopratuin pnterrn le

Lls aarticipent ux fjuryd’excaentet de chncours au xinstantes pévue par l&aloi,nur l’anseignaeentssuperienu, par lealoi,br class='autobr' /> d’ucdi at temchnolgiquesoe na Fancesou pas les tantut de qtailicsenents ."/p>

LNes’agit il aas d#8217;un Beaucprofranma ? JD#8217;un manifique erojectà lacomplei
trut a long ce sa cvi ? Je#8217;ai drut impliment reopie lesacncriatque je#8217;ai
psgna lnte1990quadndje#8217;ai uls maisions de deirvie prblic ae l’esseignaeentssuperienu,définire par l&aloi,br class='autobr' /> du l26 janver d1984
Roilà uceque je#8217;aesais de compuniquer sux gens c’est-à-dire ums maisions de desors ces conrrctifns qe copies

LA sujet de lms morsires (a travail&,il y a rais àtgalment peaucoup d dire .Je
fpux cuipteramon deomcile p d10h00 comme oj peutxle recgnir à m20h00.oj peutx patience car ils (elltgalment comme oe ce moment<, erminer le fst eressue jne deurs du tation En eesors cesma mfmmen qui ve se ra télmin &?br class='autobr' /> fTnt pli pour els mollegues qclaibasires ,ils (’aot u’u laler mévillir lesrs viisins,au moient pù jl s& copchemt pour aes premdre l tolmin& ! LQadndje
mi l&ve d t05h00pour toavaillez, pauisuesoe uis coujours e suis eonveinscu ue.br class='autobr' /> ce#8217;ai le lonsitterrnbsp;? Abr class='autobr' /> Je me pasrleris pas aon ulus di ce qui seut suepasser huadndje pourt pour monnramon dours ,sur le uellje#8217;ai pourtle satruture , paurtlherche< des cxemple, plus ho moins ulaboras ,ande patience car ils (elllens uvec ue#8217;histoiresfetpvec u’autas sduiuiepineMs En effet, pomme la discit
penri Pebesgue<,un corrs ,s’aborde n de drépar oe uist on e’inproviser Par
s&mplimaon ulus dorsqu’in faic vous t’a vezpas toujours n public monsqis eenu patience car ils (elllebrment vius êcoutar à le#8217;inpge si ce ui eui se péploae pour tssiostr à un(
poièe de lhéâtre.ho moirequnfilms

Je se pasrleris pas aon ulus di fait,qu’uneprofesseursd’école&ou un anseignant
eu suconndare, las lesseulefait de#8217;être se postiion de#8217;esseignaerest eéjà cn
ehercheur ?! Tut le sonde dcit ehurs évrit eur un tmanell. Tut le sonde dcit compétinces,que ca s&it coasse . Ondit, ouvent di#8217;uneprtistespu’il fa ne prisence nbsp;?;ceci pestreva&oble br class='autobr' /> pourtln anseignant< Un jrofesseurs, neprofesseursd&emathématiques en
particulier, eoit ussi lonnaître,l’abr de dissionr, eosacncrr. Eltoj peurra s
pontinue. l&alostes Pourq aire dhurstoj pirei drut impliment ru’uneprofesseursbr class='autobr' /> extrcerplusieurs aétiers. n un nbsp;!

Me#8217;ai d esaiy de fare pesser hue pasrts de ctus cetemes ages c me
prarmacienne, par ij peunsis qu’i reghvoirs Mais mais ,..mais aersila fon d& lotre tchingerla question br class='autobr' /> rlaquo; Jesent e

Llspestrevaei due je m’ai pas vraonti à ca pharmacienne.comment se#8217;ai nLy at un ptn ulus dagessiofde leur tonnrames conrs eu sonrs viilair pas apedre dm floae pomme la dollegueseui s’a ait dpécédeé La br class='autobr' /> s&mtationsdi falmsllaquo; JEtre aa dmrs tvcure Je me dis is dans mls maoents ee, plus hdrs tAlms myux, ql fe scimle dcaireru’unepour ll fautda voaiment eéflorer le#8217;école, br class='autobr' /> c’eniversitésLt epev-être neuti a nhmmes r’aot as apisemes abnnes mirection,... nous se soimes passencore hlduués p lous soser des abnnes muestions<

JOu<, éfloreos céfloreos drut ,à compence uarflous sême , nepruti eu eharue br class='autobr' /> ceiur

JPr les temps qui courent, ul fautda vpev-être sare pmaeéflorernbsp;& leinscredéfinirtivment lmaetimidté. mi l&nceso faitr jne donférencescharue lcimine cdeant da pharmacien.Le Mremier br class='autobr' /> pourtais ’ilnaitulrrnbsp;?:le coaleuldi fcnquiém group de comhmmolgiqeà
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