Du côté des lettres : Autour du Congrès International des Mathématiciens de Bologne (1928).
Une lettre d’Ettore Bortolotti à Henri Fehr

Pista verde El 22 octubre 2020  - Escrito por  Livia Giacardi, Rossana Tazzioli Ver los comentarios

Dans cet article nous présentons une lettre d’Ettore Bortolotti (secrétaire de l’Union Mathématique Italienne) à Henri Fehr (Vice-Président de l’Union Mathématique Internationale) du 12 juin 1928. Cette lettre clarifie le contexte international de l’organisation du Congrès International des Mathématiciens qui a eu lieu à Bologne en septembre 1928.

Le contexte historique

L’Union Mathématique Italienne (Unione Matematica Italiana, UMI) est fondée en 1922 et Salvatore Pincherle (1853-1936) en est le premier président. La création de l’UMI se situe dans le contexte international de l’après-guerre lorsque les premières organisations scientifiques dites internationales ont vu le jour. Mais bien qu’appelées « internationales » elles sont en réalité caractérisées par une politique nettement anti-allemande – dite ostraciste – visant à exclure les anciens ennemis et leurs alliés. Le Conseil International des Recherches (International Research Council, IRC), fondé à Bruxelles en 1919, et l’Union Internationale des Mathématiciens (International Mathematical Union, IMU), créée à Strasbourg en 1920, promeuvent notamment ce type de politique. Parmi les mathématiciens très impliqués dans l’IMU et qui partagent l’ostracisme anti-allemand, on compte Émile Picard et Vito Volterra (présidents honoraires) et Gabriel Koenigs (secrétaire général).

JPEG - 20.6 KB
Ettore Bortolotti

L’Union Mathématique Italienne devra représenter l’Italie au sein de l’IMU et dans les colloques internationaux (International Congress of Mathematicians, ICM) [1]. Pincherle accepte le poste de président de l’UMI qui lui est proposé par l’Accademia dei Lincei - la plus prestigieuse académie italienne fondée en 1603 - présidée par Volterra, et choisit comme secrétaire Ettore Bortolotti, mathématicien ayant de l’intérêt pour l’histoire des mathématiques et son collègue à l’Université de Bologne.

Le congrès international suivant celui de Strasbourg a lieu à Toronto en 1924, et reste fidèle à la politique ostraciste envers les Allemands et ses alliés, qui ne sont pas invités à participer au colloque. Cependant, plusieurs mathématiciens, notamment américains, s’opposent au boycott et proposent une motion – soutenue aussi par l’Italie, la Suède, les Pays Bas, le Danemark, la Norvège et le Royaume Uni – qui demande à l’IRC d’abolir les restrictions sur la nationalité imposées dans ses statuts (Siegmund-Schultze, 2011). En 1926, suite au Traité de Locarno (1925), les Allemands sont invités à rejoindre l’IRC (Lehto, 1998, p. 40), mais ils refusent car, selon eux, ils doivent être « admis » à part entière et pas « invités » ; cette position intransigeante aura des conséquences significatives sur la politique scientifique internationale (Schroeder-Gudehus, 1986).

Par ailleurs, l’ICM de Toronto est un succès pour l’UMI et les mathématiques italiennes pour plusieurs raisons. Tout d’abord, quatorze délégués italiens participent au congrès et comme le remarque le président du comité organisateur de l’ICM, John C. Fields (1863-1932), dans une lettre à Bortolotti : “Yours is the most brilliant delegation from Europe” [2]. En second lieu, la valeur scientifique des mathématiques italiennes est attestée par le fait que deux conférences générales (sur six) et neuf communications brèves sont données par des Italiens, parmi lesquelles nous mentionnons celles de Pincherle et Francesco Severi (1879-1961), un des représentants les plus distingués de l’école italienne de géométrie algébrique de Rome. Finalement, le succès institutionnel est marqué par l’élection de Pincherle comme président de l’Union mathématique internationale. Il succède au belge Charles de la Vallée Poussin et c’est donc à lui qu’est confiée l’organisation du prochain ICM qui aura lieu à Bologne en septembre 1928. L’organisation de ce congrès est le sujet de la lettre présentée ici.

Présentation de la lettre

Les premières pages des deux versions de la lettre de Bortolotti

Pincherle, à la fois président de l’Union mathématique internationale et de l’Union mathématique italienne, au moment d’organiser en 1928 à Bologne le Congrès des Mathématiciens, décide, avec l’aide du secrétaire de l’UMI Bortolotti, de convoquer un congrès sans restriction, en ligne avec la motion de Toronto [3]. Les lettres d’invitation sont envoyées à partir de janvier 1927 [4] aux mathématiciens de tous les pays et signées par le Recteur de l’Université de Bologne, sans mentionner explicitement l’IMU parmi les organisateurs. Un escamotage qui devait permettre aux mathématiciens de bonne volonté de participer à l’ICM de Bologne.

Bien que plusieurs mathématiciens français et allemands, comme Élie Cartan, David Hilbert et Richard Courant, apprécient cet effort d’ouverture dans l’organisation de l’ICM de Bologne, de fortes oppositions sont exprimées dès 1926 [5]. En particulier, Picard et le secrétaire de l’IMU, Koenigs, s’attachent au fait que les Allemands ont refusé leur intégration au sein de l’IRC – et donc de l’IMU – malgré l’ « invitation » à rejoindre l’organisation. Ils ne devraient donc pas participer au Congrès de Bologne. En plus les lettres d’invitation sont « illégales », comme Koenigs le fait remarquer à Pincherle, car elles sont signées par le Recteur de l’Université de Bologne et non par le Président de l’IMU [6]. Koenigs reprend l’avis de Picard selon lequel « dans les conditions où ces convocations ont été faites, on ne peut plus dire que le Congrès de Bologne est un Congrès relevant de l’Union International Mathématique. » Comme le montre la lettre présentée ici, Koenigs devient de plus en plus hostile aux organisateurs de l’ICM jusqu’à s’opposer fermement au congrès à partir de mai 1928.

Du côté allemand, le secrétaire de la société mathématique allemande (DMV), Ludwig Bieberbach, critique les organisateurs de ne pas maintenir le congrès suffisamment indépendant de l’IMU et le néerlandais Luitzen J.E. Brouwer partage ces critiques. La question de la participation au Congrès de Bologne est discutée lors de la réunion du DMV tenue à Bad Kissingen en septembre 1927 où il est décidé de ne pas influencer les membres et de laisser chacun libre de son choix . Bieberbach n’assistera pas au Congrès.

JPEG - 85.5 KB
Henri Fehr

L’auteur de la lettre que nous présentons ici est le secrétaire de l’UMI Ettore Bortolotti (1866-1947), professeur de géométrie à l’Université de Bologne, connu spécialement pour ses études sur l’histoire de l’école algébrique bolognaise à la Renaissance. Le destinataire est l’un des vice-présidents de l’IMU, Henri Fehr (1870-1954), professeur à l’Université de Genève, un des fondateurs de la revue L’Enseignement mathématique, et secrétaire général de la Commission Internationale de l’Enseignement Mathématique depuis sa fondation. Les deux mathématiciens se connaissaient depuis longtemps, et précisément depuis la fin du XIXe siècle comme en témoignent 4 lettres d’Ettore Bortolotti à Fehr conservées au Fonds Henri Fehr à Génève [7]. Fehr a maintenu une position non-ostraciste dans L’Enseignement mathématique, pendant la guerre comme dans l’après-guerre, fait remarquable pour une revue en langue française coéditée avec la France (Gispert, 2020).

Fehr avait accepté les décisions prises pendant les réunions des organisations scientifiques internationales à Paris (1918) et à Bruxelles (1919) qui ont conduit à la création de l’IRC. Pendant ces réunions il avait été décidé la dissolution de toutes les organisations dont des membres appartenaient aux pays des ex-Empires centraux. En adhérant à cette décision, la Commission Internationale de l’Enseignement Mathématique avait été dissoute (Schubring, 2008). Les sous-commissions nationales pouvaient cependant poursuivre leurs travaux et les envoyer à L’Enseignement Mathématique pour la publication. Fehr, en tant que secrétaire général de la Commission Internationale de l’Enseignement Mathématique, en Avril 1921 présentait un rapport sur les activités de la Commission de 1908 à 1920 avec une liste des publications du Comité central et de toutes les sous-commissions nationales, y compris celles allemandes [8].

Lors du congrès de Bologne, Fehr rédige un deuxième rapport sur le travail accompli par la Commission depuis sa création, et souligne que « pour la première fois, depuis la Conférence internationale qui a eu lieu à Paris en avril 1914, la Commission internationale de l’enseignement mathématique se trouve en présence d’un Congrès auquel ont pu de nouveau être conviés les savants de tous les pays où se cultivent les sciences mathématiques » (Actes ICM, 1928, I p. 106-107). Suite à cette communication, il a été décidé de soumettre au Congrès l’ordre du jour suivant pour approbation : « Le Congrès international des mathématiciens […] prie le Comité central de compléter la Commission de manière que toutes les nations participant au Congrès y soient représentées et de s’assurer de la coopération de leur gouvernement » (Actes ICM, 1928, I p. 113).

Dans sa lettre Bortolotti souligne l’ostracisme de Koenigs, secrétaire général de l’IMU, face au comité d’organisation du congrès, notamment Pincherle et Bortolotti lui-même. En particulier, Koenigs n’a jamais rédigé le procès-verbal de l’assemblée de l’IMU qui a eu lieu à Toronto en 1924, n’a pas communiqué à l’IRC l’élection de Pincherle au président de l’IMU, n’a jamais envoyé à Pincherle les statuts de l’IMU malgré son insistance, et ne répond aux lettres qu’après des mois.
Pincherle est donc obligé de gérer les pressions françaises et les critiques allemandes, en cherchant à négocier et à trouver des compromis entre les deux parties afin d’éviter le boycott de l’ICM de Bologne. Finalement le congrès de Bologne est un succès tant du point de vue scientifique, avec la présence de mathématiciens de premier plan de l ‘époque, que du point de vue de l’organisation : 836 mathématiciens participent au congrès en provenance de 36 pays, et environ 80 sont des Allemands.
L’Assemblée générale de l’IMU a lieu à Bologne à la fin du Congrès, de manière officieuse parce que Koenigs refuse de la convoquer. Bien que le travail de Pincherle est reconnu et approuvé à l’unanimité par l’Assemblée, il décide de démissionner de son poste de président de l’IMU, car ses activités liées à l’organisation de l’ICM n’ont pas été conformes aux statuts de la société (Actes ICM, 1928, I p. 83).

Deux versions, en français, du brouillon de la lettre de Bortolotti à Koenigs sont conservées dans les Archives de l’Union Mathématique Italienne à Bologne : dans sa deuxième version de la lettre, plus modérée que la première version par rapport à l’attitude de Koenigs, Bortolotti a très probablement intégré les suggestions de Pincherle.
Dans la transcription nous avons indiqué les parties qui ne sont pas présentes dans la première version de la lettre entre crochets, et les différences les plus significatives entre les deux versions dans les notes.

La Lettre

Ettore Bortolotti à Henri Fehr, Bologne, 12 juin 1928

A M. H. Fehr Vice-Président de l’Union Inter. Math,

Mon cher ami, [9]

tu sauras certainement la grande nouvelle: M. Koenigs, Secrétaire de l’U. I. M. [10], a écrit à son Président: M. Pincherle, une lettre, (qu’il a en même temps communiqué à M. Picard [11] et à M. Demoulin [12]), dans laquelle il signifie sa haute désapprobation pour la conduite du président dans la préparation du Congrès [13], et, en particulier, pour avoir laissé que les invitations aux Académies et aux Sociétés scientifiques, soient signées par le Recteur de l‘Université de Bologne, président du Comité d’Organisation du Congrès. Ces invitations qui n’ont pas été soumises au contrôle (de qui ???) sont proclamées illégales et nulles !!
Malheureusement tout le monde a déjà répondu, et de la façon la plus aimable, car les délégués ont été nommés et ils viendront à Bologne, nonobstant l’interdit de M. Koenigs !!
Celui-ci aurait voulu que les associations et les Académies allemandes, et les allemands eux-mêmes, fussent exclus du Congrès, [en invoquant les articles d’un fameux statut, qu’on ne nous a jamais fait connaître.]
Dans une lettre à M. Picard, qui (s’il le faudra) pourra même être publiée, M. Pincherle va expliquer les raisons d’ordre supérieur qui ont inspiré notre conduite dans la préparation du Congrès, et il en rendra compte à l’assemblée des Délégués [14] qui l’a élu ; mais je vais te montrer [15] qu’il nous aurait été impossible d’en faire autrement de ce que nous avons fait, même si nous avions été d’avis contraire.
Tu te souviendras que dans l’assemblée des délégués tenue à Toronto le 15 Aout 1924, M. Pincherle a été nommé président avec le mandat de procurer auprès du Conseil International de Recherches la suppression des articles s‘opposant à l’admission des allemands ; or écoute ceci :
1°. Le Secrétaire général M. Koenigs, n’a jamais voulu faire (nonobstant les sollicitations du président) le procès-verbal de cette assemblée.
2°. Il n’a non plus communiqué d’une façon officielle, au Conseil Int. d. R. la nomination de M. Pincherle à président de l’U. I. M., en sorte que cette nomination n’a pas été reconnue par le Conseil, et M. Pincherle. n’a pas été admis [16] dans ce Conseil, et sa place est toujours tenue par le président sorti de Charge.
3°. Le président de l’U.I.M., M. Pincherle, n’a jamais pu obtenir communication des Statuts et des Réglements de l’U. I. M. qui lui sont parfaitement inconnus.
4° ni, non plus de la liste des Comités nationaux de l’U. I. M., des présidents et des secrétaires de ces Comités.
5° la correspondance du président avec son sécrétaire général n‘a pas pu avoir lieu d’une façon conclusive, car les réponses du sécrétaire aux lettres du président viennent toujours avec quelque [sic] [17] mois de retard !!
Tu vois d‘ici la situation d’un président qui doit préparer un Congrès international dans des conditions difficiles, et ne connait pas les statuts de l’Institution qui a proclamé le Congrès, ne peut communiquer directement avec les Comités Nationaux, ni avec le Conseil International, et qui ne peut compter sur la collaboration du sécrétaire général !!
[Il a fait ce qu’on fait toujours dans ce cas, il a nommé un Comité d’Organisation formé de personnes capables et estimées du pays, il s’est entouré de collaborateurs de confiance, et s’est uniformisé à ce qu’on a fait dans les autres congrès, tout en ayant toujours en vue le mandat que lui avait confié l’assemblée qui l’a nommé.
M. Koenigs a toujours été tenu au courant de ce qu’on faisait et qu’on allait faire.]
J’ai donné un coup-d’oeil sur la correspondance qui est passée par mes mains (près de 1000 Pièces déjà) comme secrétaire du Congrès et je trouve tout-à-fait surprenante sa dernière lettre [18]
Voilà quelque trait caractéristique :
1° Juillet 1926 - Lettre de M. De la Vallée Poussin [19] à M. Pincherle :
« ... l‘article s‘opposant à l‘admission des allemands a été supprimé ... ces mesures ont été votées a l’unanimité » (°)
Octobre 1927 - Circulaire du Comité Organisateur dans laquelle ont dit, dès premières lignes, que … « sont invités, sans exception, toutes les personnes qui cultivent les sciences mathématiques »
10 Octobre 1926 - Lettre de M. Pincherle à M. Koenigs –
« Je ne sais si mes dernières lettres qui remontent déjà à quelques mois, vous sont bien arrivées, ni si vous avez reçu un paquet de circulaires préventives relatives au Congrès, et que je vous ai fait adresser. En tout cas je me permets de vous résumer l ‘état du travail préliminaire pour le Congrès … »
[(suit une très détaillée exposition, en particulier on dit que)]
« l’organisation est confiée à un comité présidé par le Recteur de l’Université de Bologne [20]… »
« ... plusieurs savants des plus éminents du monde entier, ont été priés d’accepter de faire au congrès quelque conférence ... »
« les principales Universités, Académies ... seront priées de désigner un délégué au Congrès... »
28 Janvier 1928 - Lettre de M. Koenigs à M. Pincherle –
« Je suis bien en retard dans ma correspondance avec vous ... Je suis assuré que le Congrès de Bologne sera des plus brillants, les mathématiciens italiens qui vous entourent et vous secondent, apportent à sa préparation un zèle et une compétence des plus efficaces et dont le résultat sera très sûrement magnifique ... »
Février 1928 - Rapport de M. Pincherle au Direttorio del Consiglio Nazionale Italiano di Ricerche [21] :
« Il Rettore Magnifico della Università di Bologna è stato chiamato alla presidenza del Comitato Ordinatore e si è deciso di estendere gli inviti agli scienziati di tutti i paesi senza distinzione di nazionalità o scuola ... »
2 Marzo. 1928 - Lettre du Président du Direttorio du Consiglio Nazionale di Ricerche
« il direttorio nulla ha da obbiettare alle direttive di Cot. On. Commissione, che meritano il consenso più completo ... »
22 Avril 1928 – Lettre de M. Pincherle à M. Koenigs – Il le prie de vouloir bien inviter les Comités Nationaux des U.M. à nommer des délégués au Congrès.
[Avril 1928 – Projet de circulaire d’invitation aux Comités Nationaux evoyé par M. Koenigs à M. Pincherle.
27 Avril 1928 – Lettre de M. Pincherle à M. Koenigs qui approuve le projet.
29 Mai 1928 – Lettre de M. Koenigs à M. Pincherle : « il m’est impossible de convoquer nos adhérents au congrès que l’Université de Bologne aura organisé dans cette ville sous la présidence de son Recteur »]
Qu’en penses-tu?
J‘ajouterai seulement ceci : Le Congrès de Bologne n’a pas eu un sou de subvention ni du Conseil International des Recherches, ni de l’Union Internationale Math., ni, de la façon la plus absolue, d’aucune institution ni d‘aucune personne qui ne soient italiennes [sic]; le Congrès de Bologne se fait uniquement avec l’argent que nous ont donné le gouvernement italien et les institutions scientifiques et techniques italiennes, et notre gouvernement nous laisse pleine liberté de conduite, et veut seulement qu’on rende honneur à la science et aux savants. Pour cette raison personne ne peut nous donner des ordres et tous nos efforts sont dirigés à ce but : de faire un congrès de pure science, qui soit véritablement international, suivant les directives de l’assemblée de Toronto. Et l‘interdiction de M. Koenigs ne pourra pas empêcher que le résultat ne soit (comme il disait) « très sûrement magnifique » !!
Je te prie, mon cher ami de vouloir bien agréer mes salutations les plus cordiales [22].

Ton vieil ami
Ettore Bortolotti

(°) Je sais bien que les allemands ne se sont pas encore sont inscrits à l’Union I.M., mais ce n’est pas une raison suffisante pour les exclure du Congrès. Même au Congrès de Toronto plusieurs des délégués (même de la délégation italienne !!) invités directement par le comité canadien, n’étaient pas de l’Union, et les Russes ont participé au Congrès, quoique la Russie ne fut pas entre les pays adhérents au Conseil I. d. R. [23].

Bibliographie

Actes ICM 1928, Atti del Congresso Internazionale dei Matematici, Bologna 1928, vol. I, Zanichelli, Bologna 1929.

A. Capristo, «French mathematicians at the Bologna Congress (1928). Between participation and boycott», in Images of Italian mathematics in France from Risorgimento to Fascism, F. Brechenmacher, G. Jouve, M. Mazliak, R. Tazzioli (eds), Springer, 2016, p. 289-309.

L. Giacardi, R. Tazzioli, «The UMI Archives – Debates in the Italian mathematical community, 1922-1938», EMS Newsletter, 113 (2019) : 37-44.

L. Giacardi, R. Tazzioli, «The Unione Matematica Italiana and its Bollettino, 1922-1928. National and International Facets», in Mathematical Communities in the Reconstruction after the Great War (1918-1928), L. Mazliak, R. Tazzioli (eds), Springer, à paraître en 2020.

H. Gispert, «L’Enseignement mathématique and its internationalist ambitions in the turmoil of WWI and the 1920s», in Mathematical Communities in the Reconstruction after the Great War (1918-1928), L. Mazliak, R. Tazzioli (eds), Springer, à paraître en 2020.

F. Greenway, Science International. A history of the International Council of Scientific Unions. Oxford University Press, Oxford, 1996.

O. Lehto, Mathematics Without Borders. A History of the International Mathematical Union. Springer, New York, 1998.

B. Schroeder-Gudehus, «Pas de Locarno pour la science. La coopération scientifique internationale et la politique étrangère des États pendant l’entre-deux-guerres». Relations internationales, 46 (1986) : 173-194.

G. Schubring, «The origin and the early history of ICMI». International Journal for the History of Mathematics Education, 3 (2) (2008) : 3-33.

R. Siegmund-Schultze, «Opposition to the boycott of German mathematics in the early 1920’s. Letters by Edmund Landau (1877–1938) and Edwin Bidwell Wilson (1879–1964)». Revue d’Histoire des Mathématiques, 17 (2011) : 139-165.

Post-scriptum :

Les auteures et la rédaction d’Images des Mathématiques remercient le relecteur Diego pour sa relecture attentive et ses remarques constructives.

Article édité par Sébastien Gauthier

Notas

[1Sur l’International Research Council voir (Greenway, 1996) ; sur l’International Mathematical Union voir (Lehto, 1998).

[2Archivio Scientifico dell’Unione Matematica Italiana (AS-UMI), J. C. Fields à E. Bortolotti, Londres, 2 juillet 1924.

[3Sur ce sujet voir les articles (Giacardi, Tazzioli, 2019) et (Giacardi, Tazzioli, 2020).

[4Voir Bollettino della Unione Matematica Italiana, VII (1928): 222-223.

[5Cette situation est décrite dans l’article (Capristo, 2016).

[6AS UMI, G. Koenigs à S. Pincherle, Paris 29 mai 1928. On lit dans la lettre : « Ce manquement grave rend illégales toutes ces convocations. ».

[7Voir Fonds Henri Fehr, 1829-1970, Bibliothèque de Genève: Ms. fr.8178/8: Bortolotti, Ettore 4 lettres à Henri Fehr 1893-1902.

[8Sur ce sujet voir L’Enseignement Mathématique, 21, 1920-1921, p. 305-337 et l’article (Gispert, 2020).

[9Dans la première version de la lettre il y a l’annotation manuscrite: « Fehr Demoulin ».

[10Union Internationale des Mathématiciens, IMU en anglais.

[11Émile Picard (1856-1941) mathématicien français et president de l’International Research Council (IRC).

[12Alphonse Demoulin (1869-1947), mathématicien belge et trésorier de l’International Mathematical Union (IMU).

[13Dans la première version de la lettre on lit: « sa haute désapprobation pour la façon dont à été conduite la préparation du Congrès.»

[14Dans la première version de la lettre il y avait la phrase suivante: « (non pas à son sécrétaire qui lui écrit des lettres désagréables!!) ».

[15La phrase suivante, présente dans la première version de la lettre, a été supprimée : « justement à cause de M. Koenigs ».

[16Dans la première version de la lettre, au lieu de la phrase « n’a pas été admis» il y avait « a été exclu ».

[17Dans la première version de la lettre, au lieu du mot « quelque» il y avait « plusieurs».

[18Dans la première version de la lettre on lit: « je trouve tout-à-fait surprenante la protestation de M. Koenings.»

[19Charles-Jean De la Vallée Poussin (1866-1962), mathématicien belge, est président honoraire de L’IMU.

[20Giuseppe Albini (1863-1933), philologue, est sénateur du Royaume d’Italie et Recteur de l’Université de Bologne.

[21Guglielmo Marconi (1874-1937), physicien italien et futur Prix Nobel, est le président du Conseil National des Recherches (Consiglio Nazionale delle Ricerche, CNR) auquel Pincherle a envoyé son Rapport. En traduction française: “Le Recteur magnifique de l’Université de Bologne a été appelé à rejoindre la présidence du Comité organisateur et on a décidé d’inviter les scientifiques de tous les pays sans distinction de nationalité ou d’école...”
Le 2 mars 1928 – Lettre du Président du Bureau du Conseil National des Recherches :
“Le Bureau n’a rien à objecter aux directives de l’honorable Commission qui méritent la plus complète approbation...”

[22La phrase suivante a été supprimée dans la nouvelle version de la lettre :
« Et je compte bien que vous ne manquerez pas, et que j’aurai enfin le plaisir de vous serrer la main et de faire votre connaissance personnelle».

[23Cette note apparaît dans la première version de la lettre sous forme réduite, avec des ajouts à la main, fidèlement ajoutés dans la nouvelle version.

Comparte este artículo

Para citar este artículo:

Livia Giacardi, Rossana Tazzioli — «Du côté des lettres : Autour du Congrès International des Mathématiciens de Bologne (1928).
Une lettre d’Ettore Bortolotti à Henri Fehr» — Images des Mathématiques, CNRS, 2020

Comentario sobre el artículo

Dejar un comentario

Foro sólo para inscritos

Para participar en este foro, debe registrarte previamente. Gracias por indicar a continuación el identificador personal que se le ha suministrado. Si no está inscrito/a, debe inscribirse.

Conexióninscribirse¿contraseña olvidada?

Registros

Este artículo es parte del registro «Du côté des lettres» consulte el registro
La traducción del sitio del francés al castellano se realiza gracias al apoyo de diversas instituciones de matemáticas de América Latina.