L’adversaire de Galois (II)

13 juin 2015  - Ecrit par  Olivier Courcelle Voir les commentaires (2)

Le duel qui oppose Évariste Galois à son adversaire présente cet aspect paradoxal que celui qui s’effondre accède à l’éternité alors que celui qui reste debout meurt beaucoup plus rapidement. Mais quand exactement ? Telle est la question à laquelle je me propose de répondre ici.

Nous savons déjà que tous les témoignages d’époque aujourd’hui connus concourent à désigner comme adversaire un artilleur de la garde nationale dont le patronyme s’écrivait alternativement Pecheux d’Herbinville, Pescheux d’Herbinville ou Lepecheux d’Herbinville. C’est ce qui avait fait l’objet d’un précédent billet.

Notre mission du jour consiste donc à savoir quand est mort cet homme qui, autant le révéler tout de suite, écrivait lui-même son nom « Pecheux d’Herbenville ».

Cette date de décès ne se trouve à ma connaissance dans aucune biographie de Galois. Diverses requêtes adressées à divers moteurs de recherche laissent penser que l’information n’est, au moment où j’écris, pas non plus indexée sur le web. À l’évidence, il nous faut quitter le cabinet pour, comme qui dirait, descendre sur le pré.

La présence de notre cible est attestée à Paris en 1832 par le duel qui l’a opposée à Galois. À défaut d’indications plus précises, supposons donc que Pecheux d’Herbenville soit mort dans la capitale et transportons-nous aux Archives de Paris, une institution dont la dénomination seule suffit à indiquer la fonction.

Il se trouve que les archives d’état civil antérieures à 1860 ont brûlé durant la Commune, ce qui présente son lot d’inconvénients, bien sûr, mais au moins un avantage : leur consultation est très rapide. Plus précisément, et en simplifiant un peu, ces archives, reconstituées vaille que vaille, se présentent aujourd’hui sous la forme de trois gigantesques fichiers, naissances, mariages et décès, s’interrogeant chacun via une unique immense liste de patronymes classés alphabétiquement.

Cette configuration exceptionnelle laisse donc espérer que notre mission s’exécute en trois coups de fusils à pompe : le premier tiré dans le fichier des décès, pour s’acquitter du job proprement dit, les deux autres dans les fichiers de naissances et de mariages, histoire de nettoyer le périmètre, comme on dit chez les humanistes.

Procédons à l’accomplissement de la phase initiale de notre plan et explosons le fichier des décès. Pecheux d’Herbenville se dégage-t-il des cendres ? Non. Soit, donc, il n’est pas mort à Paris, soit il est mort à Paris mais n’a pas été reconstitué, soit il est mort à Paris après 1859, option après tout parfaitement envisageable.

Après 1859, la situation se complique, ne serait-ce que parce que les archives d’état civil s’explorent arrondissement après arrondissement, à l’aide de tables ne couvrant qu’une période de temps limitée, qu’il faut de surcroît, ce que j’ai glissé sous le tapis jusque-là, consulter à plusieurs entrées : Dherbinville, Herbinville, Lepecheux, Lepescheux, Pecheux, Pescheux, etc. Bref, tel qui croirait partir la fleur au fusil risquerait de s’engluer dans une guerre de tranchées à l’issue d’autant plus incertaine que rien n’assure, je le répète, que notre homme soit mort à Paris.

En la circonstance, cependant, la méthode produirait un résultat. Mais quel résultat ? Supposons qu’un patient poilu ressorte avec un acte de décès entre les dents, déterré dans un registre du VIIIe arrondissement mettons, au nom d’un Pecheux d’Herbenville qui aurait eu une vingtaine d’années en 1832. Comment être sûr qu’il s’agisse de l’adversaire de Galois, et non d’un cousin du même âge, par exemple ?

En vérité je vous le dis, rien d’efficace ne se fait jamais sans un minimum d’intelligence, c’est-à-dire sans l’assistance d’un solide service de renseignements.

Alors que sait-on de Pecheux d’Herbenville ? Rien, en ce sens que les biographes de Galois ne semblent guère s’être intéressés à lui, sauf sur un point particulier de sa vie professionnelle, à propos duquel je reviendrai. Mais toutes les sources d’époque mentionnent que l’adversaire de Galois, indépendamment de l’affaire du duel, a fait l’objet d’un célèbre procès politique. De fait, ce procès pour complot contre l’état a largement été rapporté en son temps, d’où l’idée d’en parcourir les comptes rendus en notant sur une fiche les éléments biographiques qui s’y trouvent.

Notre homme se nomme donc, à diverses variations orthographiques déjà mentionnées près, Pecheux d’Herbenville ; il est orphelin à onze ans d’un père « volontaire du Rhin » ; il a suivi de dix à dix-neuf ans au collège des « études ordinaires » auxquelles « il a joint celles de mathématiques » ; il a été reçu à Saint Cyr, célèbre école militaire, mais s’est réorienté vers le droit et la pratique des affaires sous le conseil de son tuteur ; c’est un « combattant de juillet », soit un héros de la révolution de 1830, qui a été blessé le 29 juillet lors de prise du Louvre ; et c’est un militant républicain, accusé avec d’autres de complot contre l’état. Lors de l’ouverture de son procès, en avril 1831, il est domicilié au 12 rue Culture Sainte-Catherine à Paris ; il a 22 ans ; il est licencié en droit et artilleur de la deuxième batterie de la garde nationale. Accessoirement, il est très coquet, encourt la peine de mort et sera acquitté [1].

À des fins de bonne complétion de fiche, j’ajoute que l’une des sources évoquées plus haut, Alexandre Dumas pour la nommer, précise que Pecheux d’Herbenville a tenu avec Séchan, un célèbre décorateur de théâtre, la barricade de Ménilmontant, lors de l’insurrection qui a secoué Paris et tué Gavroche, les 5 et 6 juin 1832, quelques jours après la mort de Galois [2].

En dépit de toutes ses qualités, le document ainsi construit manque d’un élément d’identification très utile pour limiter le risque d’une erreur tragique sur la personne : le prénom.

Parmi les pistes qui s’offrent à l’humaniste consciencieux pour combler cette lacune, celle du héros de la révolution de 1830 paraît d’abord la plus prometteuse : il se trouve qu’au printemps 1831, le gouvernement de Louis-Philippe a décoré d’une « Croix de juillet » les valeureux combattants par l’action desquels il avait accédé au pouvoir – quand bien même certains d’entre eux eussent milité pour un changement de régime plus radical. La liste des récipiendaires a été diffusée par voie de presse. Reportons-nous donc à l’édition du Journal des débats des 2-3 mai 1831 : le nom de Pecheux d’Herbenville s’y lit bien, mais sans prénom encore...

En vérité je vous le dis, rien de pertinent ne s’accomplit jamais sans un bon fusil à lunette manié par un opérateur correctement positionné. Il faut ici viser, je n’ose écrire le cœur de l’état, mais très précisément les Archives nationales, série F (Versements des ministères et des administrations qui en dépendent), sous-série 1d (Ministère de l’Intérieur : administration générale / Candidatures, affaires particulières, récompenses honorifiques), subdivision III (Récompenses honorifiques), carton 39 (Décorations de Juillet. 1831-1833). Le prénom tombe alors :

Commission des récompenses nationales
Noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale
6e arrond[issemen]t
M. Guinard commissaire
[…]
Pecheux d’Herbinville, François Etienne, [né le] 5 avril 1809, [à Paris, Seine], licencié en droit, rue Culture Sainte Catherine, 12 [3].

La date de naissance tombe du même coup, ce qui nous rappelle au bon souvenir de notre deuxième coup de fusil à pompe, tiré dans le fichier reconstitué des naissances antérieures à 1860. Il se révèle que Pecheux d’Herbenville est un enfant de l’amour, comme on disait jadis, légitimé par le mariage subséquent de ses parents :

Extrait du registre des Actes de naissance de l’an 1809.
Du sept avril mil huit cent neuf, onze heure du matin, acte de naissance de Etienne François, du sexe masculin, né le cinq dudit à cinq heures du matin rue du petit Musc n° 4, division de l’Arsenal, fils de François Pierre Pascal Pecheux dit Herbenville, commis voyageur, âgé de trente-deux ans, né à Amiens, département de la Somme, et de Antoinette Françoise Mallet, sans état, âgé de vingt trois ans, né à Marquéglise près Compiègne, département de l’Oise, domiciliée susdite demeure non mariée ;
Premier témoin Jacques Joseph Maire, épicier en gros, âgé de trente-six ans, demeurant à Paris rue St Landry n° 8 division de la Cité ;
Second témoin S[ieu]r Gilles Enguehard, loueur de carrosses, âgé de quarante-six ans, demeurant à Paris, rue d’Aval, n° 14, division de Popincourt ;
Sur la déclaration dudit s[ieur] Pecheux dit Herbenville pere de l’enfant ; constaté par moi, maire du neuvième arrondissement de Paris ; et après lecture ont signé Pecheux dit Herbenville, Maire, Enguehard avec Denise, adjoint.
Suit la teneur de de la mention etant en marge de l’acte de naissance dont copie ci-dessus.
Par l’acte de mariage de Pierre François Pecheux et de Antoinette Françoise Mallet susnommés en la mairie du neuvième arrondissement de Paris le quatorze novembre mil huit cent onze, les époux ont reconnu et légitimé un enfant du sexe masculin, né à Paris le cinq avril mil huit cent neuf, inscrit le sept du même mois en la mairie dudit neuvième arrondissement sous les noms d’Etienne François fils de s[ieur] François Pierre Pascal Pescheux dit Herbenville (au lieu de Pierre François Pecheux) et d’Antoinette Françoise Mallet.
Paris ce quatorze novembre mil huit cent onze. Signé Denise adjoint, pour copie faite ce jourd’huy neuf novembre mil huit cent vingt [4].

Fidèle à notre stratégie initiale, nous nous dirigeons ensuite vers le fichier des mariages et l’explosons. Mais tandis que retombent alentours les vestiges de toutes ces amours mortes nous vient soudain à l’esprit qu’en filant ainsi la métaphore jusqu’à son terme naturel, c’est-à-dire le linceul, nous risquons de passer pour un fort vilain bonhomme.

En vérité je vous le dis, seul grand est le poète qui se rebelle contre sa muse même.

Pour opérer, non pas un rétropédalage à proprement parler, mais plutôt un de ces retournements de veste que les spécialistes qualifient de « twist à la Möbius », engouffrons-nous dans la première porte tournante venue, troquons nos noirs attributs d’agent de la mort contre la blanche blouse de l’obstétricien, et repartons benoîtement exercer notre art auprès de deux jeunes mariés.

Enfin, jeunes... Enfin, mariés...

L’état civil parisien reconstitué ne recense qu’un mariage de notre Pecheux d’Herbenville, en date du 1er juin 1859, avec une certaine Lucie Marie Dorothée Pépin, née à Pointe à Pitre en Guadeloupe, le 10 juillet 1814 [5]. Pour l’avoir vu naître, nous savons que l’heureux époux vient tout juste de fêter ses cinquante ans, ce qui n’est plus si jeune. Il se trouve en outre que le dossier ne se résume pas au seul acte de mariage, comme c’est généralement le cas, mais à toute une série de pièces, ce qui témoigne ici d’une complexité survenue à un stade du parcours matrimonial.

En l’occurrence, les futurs mariés ont signé un premier contrat de mariage devant notaires le 18 octobre 1856. Mais, « leur mariage [n’ayant] point pu s’effectuer [...] pour des causes qu’il est inutile de rappeler ici », ils l’augmentent d’un avenant deux ans et demi plus tard, le 14 mai 1859, mentionnant au passage l’existence d’un enfant naturel, déjà reconnu « il y a environ quatorze ans », qui sera légitimé par le présent mariage [6].

L’état civil parisien reconstitué recense en réalité deux enfants du couple : Étienne Lucien Auguste, né le 8 avril 1839, c’est-à-dire vingt ans auparavant, encore vivant à la date du mariage, et Marie Mathilde Pauline, née le 15 juillet 1843, dont la trace se perd ensuite, peut-être parce qu’elle est morte en bas âge [7].

Entre ces naissances et ce mariage, l’accoucheur se souvient avoir opéré deux autres fois pour le compte de Pecheux d’Herbenville, lors de la mise au monde de Lucien Étienne, au Pré-Saint-Gervais le 7 novembre 1845, et de Léon Alexandre, à Paris le 9 janvier 1849 [8]. Son domaine d’intervention se nommait alors Marie Joséphine Jenny Deschamps, qui se révèle être une première épouse. Quoique ce mariage n’ait pas été reconstitué par les services d’état civil, un complément d’enquête montre qu’il a été célébré le 27 juillet 1845 en la mairie du septième arrondissement de Paris, que cette première femme est décédée le 8 mai 1855, à l’âge de trente ans et trois mois, dans une maison de santé sise à Passy, et que les deux enfants du couple ont alors été confiés à la branche maternelle de la famille [9].

Pecheux d’Herbenville s’est dont marié une première fois avec la mère de ses derniers enfants, puis une seconde fois avec la mère de ses premiers.

Paul Dupuy, l’un des premiers biographes de Galois, avait remarqué qu’un certain Pecheux d’Herbenville avait été nommé en 1848 « conservateur au château de Fontainebleau » et l’assimilait sans plus de cérémonie au Pecheux d’Herbenville adversaire de Galois [10].

Il se trouve plus précisément que ce « conservateur » a d’abord été brièvement administrateur du château (ou palais) de Compiègne, du 4 mai au 25 août 1848, avant de devenir administrateur puis régisseur du château de Fontainebleau, jusqu’à la mi-avril 1850 [11]. Les archives conservées au sein de ces institutions sont minces ; celles qui les concernent aux Archives nationales renferment une importante correspondance de l’administrateur/régisseur à son ministère de tutelle, mais sauf erreur, sans aucune mention de prénom. Je ne forme pourtant guère de doutes sur la validité de l’hypothèse implicite de Dupuy, ne serait-ce que parce que Pecheux d’Herbenville prend son poste à l’avènement de la (Deuxième) République, et que le ministre des Travaux publics est alors Trélat, l’un des autres accusés du procès de complot contre l’état en 1831 [12].

Pecheux d’Herbenville publie alors deux ou trois petit ouvrages, un Essai sur l’appropriation générale et d’utilité publique du palais de Fontainebleau et de ses dépendances (Fontainebleau, [1849]), réédité sous une forme légèrement augmentée en un Fontainebleau et les charmantes promenades aux sites et rochers qui l’environnent (Fontainebleau, 1850), ainsi que des Notes sur la création d’établissements de colonisation en Algérie (Fontainebleau, 1849). Dans ce dernier opus, il se présente comme « ancien secrétaire de l’ingénieur, chef de service des ponts-et-chaussées d’Afrique », fonction dont j’ignore tout.

Auparavant, en 1835, je trouve à Paris un « Lepescheux d’Herbinville », que je soupçonne être notre homme, copiant des manuscrits pour le compte de Berbrugger, un célèbre chartiste au destin bientôt algérien, lequel indique à un correspondant anglais que son transcripteur « ne pourra plus faire de copies, attendu qu’il part pour un voyage d’assez long cours » [13].

Plus incertain encore, il se peut que l’administrateur/régisseur se soit temporairement réfugié, comme d’autres républicains, à Bruxelles au début du Second empire. En1853, rapportant un spectacle donné chez Alexandre Dumas, qui séjourne lui-même en ville, dans une salle décorée par Séchan, déjà rencontré quelque part, un journaliste mentionne la présence d’un « Pescheux, cumulant avec le rôle de M. Amelin, les fonctions de régisseur, qu’il est habitué à remplir avec tant de bon goût au théâtre des Galeries Saint-Hubert » [14].

Pour en revenir à des informations fermes, Pecheux d’Herbenville se déclare « propriétaire », en 1845, sur l’acte de naissance déjà cité de son enfant né au Pré-Saint-Gervais. De fait, il possède alors un bien immobilier sur cette commune, acquis en 1843, dans lequel vit sa belle-famille, dont il revendra une partie en 1847 [15]. Il en possédera d’autres, et vendra surtout régulièrement, à partir de 1859, des terrains appartenant à sa seconde femme, au Pecq, une petite commune des bords de Seine, à proximité de Paris, réputée pour le château de Monte-Cristo, dont on devine le premier propriétaire [16].

Sur les actes de vente ou divers autres documents officiels, Pecheux d’Herbenville se déclare aussi conducteur principal de travaux, ingénieur, ingénieur civil, ou, ce qui mérite d’être relevé, je crois, géomètre.

En 1846, il se lance dans l’exploitation d’un nouveau procédé de production d’huile de houille dédié à l’éclairage public. Hélas, ladite exploitation « loin de présenter les avantages qu’on avait lieu d’en attendre, n’offre que des chances tout à fait contraires ». Sa société est dissoute l’année suivante [17].

Entre 1843 et 1847, il est domicilié tantôt au Pré-Saint-Gervais, au 12 rue Platrière, l’adresse du bien immobilier déjà évoqué, tantôt à Paris, au 19 rue Neuve de la Fidélité. En 1855, je le localise à Paris au 13 rue Neuve Ménilmontant, puis au 23 rue du Faubourg Saint Denis de 1856 à 1863, au 27 rue Neuve Coquenart entre 1864 et 1865, au 138 rue Saint-Lazare en 1867, enfin au Pecq, route ou rue du Pavé Neuf de 1869 à sa mort [18].

Pecheux d’Herbenville ne meurt pas au Pecq, cependant. Après son décès, sa seconde épouse, du fait de la complexité matrimoniale déjà signalée, aura bien du mal à faire reconnaître la validité de son mariage. Par chance pour nous, le dossier qu’elle produit à cette fin, celui qui a aussi servi à la reconstitution de l’état civil parisien, mentionne la date (et le lieu) objet de notre quête.

En vérité je vous le dis, la lumière est comme qui dirait au bout du tunnel :

Du vingt-trois mars mil huit cent soixante et onze à une heure du soir, acte de décès du François Etienne Pécheux-Herbenville, géomètre, âgé de soixante et un ans et onze mois, veuf en première noces de Deschamps (prénoms inconnus), et marié en secondes noces à Lucie Dorothée Pépin, sans profession, âgée de soixante ans, environ ; fils de père et mère décédés (noms ignorés des déclarants) ; ledit défunt né à Paris, demeurant au Pecq (Seine et Oise), rue du Pavé Neuf, n° [4 ou 11 ?], et décédé à Paris, rue St Lazare n° 115, hier à deux heures et demie du soir. Constaté par nous, officier de l’état civil du huitième arrondissement de Paris, sur la déclaration de François Adrien Talboutier, serrurier, âgé de quarante huit ans, demeurant rue de Provence, n° 78, et de Etienne Lucien Auguste Pécheux-Herbenville, artiste dramatique, âgé de trente et un ans, demeurant rue St Lazare, n° 115, fils du défunt, lesquels ont signé avec nous, après lecture faite Adrien Talboutier. L Pecheux-Herbenville [19].

JPEG - 104.8 ko
Acte de décès de l’adversaire de Galois (Archives de Paris)

In fine, l’adversaire de Galois s’identifie donc ainsi : Étienne-François Pecheux d’Herbenville (Paris, 5 avril 1809 – Paris, 23 mars 1871).

Post-scriptum :

Merci à Norbert Verdier qui a aimablement relu tous mes billets sur Galois, ainsi qu’à Philippe Chaplain qui l’a rejoint sur celui-ci.

Notes

[1Procès des dix-neuf citoyens, Paris, 1831, p. 7, 204-211 ; Gazette des tribunaux, 7 avril 1831.

[2Dumas (Alexandre), Mes mémoires, 10 vol., Calmann-Lévy, 1863-1884, vol. 10, pp. 4-22 ; Séchan (Charles-Polycarpe), Souvenirs d’un homme de théâtre, 1831-1855, Paris, 1883, pp. 16-17.

[3Archives nationales, F 1d III, 39, Noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, 6e arrondissement.

[4Archives de Paris, État civil reconstitué, Naissances, 5 avril 1809.

[5Archives de Paris, État civil reconstitué, Mariages, 1er juin 1859. (Certaines pièces du dossier indiquent aussi le 15 juillet 1810 comme date de naissance de l’épouse.)

[6Archives nationales, Minutier central, CXXII, 2066, 18 octobre 1856.

[7Archives de Paris, État civil reconstitué, Naissances, 8 avril 1839 et 15 juillet 1843.

[8Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Registre double des actes de naissances pour l’année 1845, 1E 061/7, 9 novembre 1845 ; Archives de Paris, État civil reconstitué, Naissances, 9 janvier 1849. Le site de généalogie geneanet, consulté au 12 juin 2015 pour les enfants d’Étienne Pecheux d’Herbenville, oublie Marie Mathilde Pauline, recense à tort Charles Théodore (né en réalité d’une certaine Joséphine Désirée Pecheux et de père non dénommé) et attribue par erreur Étienne Lucien Auguste au premier mariage.

[9Archives nationales, Minutier central III, 1546, 26 juillet 1845 (contrat de mariage) ; Archives de Paris, État civil reconstitué, Décès, 8 mai 1855 (acte de décès) ; Archives de Paris, D8U1 136, 27 juin 1855 (conseil de famille) ; Archives départementales de Yvelines, 3E36 365, 13 février 1859 (contient un résumé de la situation).

[10Dupuy (Paul), « La vie d’Évariste Galois », Annales scientifiques de l’École normale supérieure, 3e série, tome 13 (1896), pp. 197-266 (ici p. 247).

[11Merci à Sandrine Grignon-Dumoulin et Patricia Da Costa, officiant respectivement aux archives des châteaux de Compiègne et de Fontainebleau, ainsi qu’à Philippe Chaplain, auteur du « Bicentenaire de la naissance d’Évariste Galois à Bourg-la-Reine » (en ligne, 2011), pour ces informations.

[12Archives nationales, F21 1376 et 2955 (Compiègne), F21 1473 et 1474 (Fontainebleau).

[13The National Archive (Angleterre), PRO 30/10/28, 16 juin 1835.

[14L’Indépendance belge, cité dans La Presse, 2 septembre 1853, p. 2.

[15Archives nationales, Minutier central, III, 1557, 5 août 1847.

[16Archives départementales des Yvelines, 3E36 365, 13 février 1859 ; 3E36 368, 23 novembre 1859 (volumineux dossier comprenant des actes de vente s’échelonnant jusqu’en 1879), 7 décembre 1859, 21 décembre 1859.

[17Archives nationales, Minutier central, III, 1550, 27 mars 1846.

[18Sur la foi des documents listés dans les notes précédentes. Je n’ai pas tenu compte des informations mentionnées sur les actes de naissance de ses enfants nés à Paris car la reconstitution mélange parfois les époques : le 8 avril 1839, Pecheux d’Herbenville serait ainsi un homme de lettres, domicilié au 23 rue du Faubourg St Denis à Paris, déjà marié à Lucie Pépin sa seconde épouse, autant de détails manifestement faux à cette date. À toutes fins utiles, je signale néanmoins que le deuxième de ces actes de naissance, en date du 15 juillet 1843, ne précise pas l’emploi du père, porte pour mère Lucie Marie Dorothée Pépin et 21 rue Godot pour adresse, et que le troisième, en date du 9 janvier 1849, le désigne comme « employé », porte pour mère Marie Joséphine Jenny Deschamps, sa [première] épouse, et pour adresse le 2 rue de la Marche – par ailleurs adresse des parents de la jeune fille à son mariage en 1845.

[19Archives de Paris, Registre des décès, huitième arrondissement, 23 mars 1871, p. 12.

Partager cet article

Pour citer cet article :

Olivier Courcelle — «L’adversaire de Galois (II)» — Images des Mathématiques, CNRS, 2015

Commentaire sur l'article

  • L’adversaire de Galois (II)

    le 15 juin 2015 à 18:04, par a7b11c13d17

    Bravo. Belle enquête. Quand est-il de la coquette, Stéphanie Poterin-Dumotel ? supposé principale raison du duel.

    Bonne journée

    Répondre à ce message
    • L’adversaire de Galois (II)

      le 16 juin 2015 à 16:27, par Olivier Courcelle

      Merci !

      Stéphanie-Félicité Poterin du Motel est née le 11 mai 1812 et morte le 25 janvier 1893, selon l’inscription portée sur sa tombe, retrouvée au cimetière Montparnasse par Norber Verdier. Elle s’est mariée avec Oscar-Théodore Barrieu à Paris le 11 janvier 1840, selon Carlos Infantozzi, auteur de l’hypothèse à laquelle vous faites allusion.

      Bonne journée.

      Répondre à ce message

Laisser un commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Dossiers

Cet article fait partie du dossier «Autour de Galois» voir le dossier

Suivre IDM