La réforme du statut des enseignants-chercheurs

Le 3 décembre 2008  - Ecrit par  Xavier Caruso Voir les commentaires (2)

Je ne pense pas que je m’essaierai souvent à parler de politique, mais j’aimerais commencer ma contribution par une exception en tâchant de rapporter brièvement quelques idées qui ont été discutées à une assemblée générale de mon laboratoire à laquelle j’ai participé avant-hier (lundi 1er décembre). Cela m’a semblé intéressant de m’exprimer sur ce sujet car il illustre assez bien, je pense, le malaise et l’inquiétude qui envahit de plus en plus le monde de la recherche.

Le principal ordre du jour de notre AG concernait le projet de loi qui circule actuellement et qui a pour objectif la réforme des statuts du métier d’enseignant-chercheur. Avant tout, il semble nécessaire de faire un petit rappel sur la situation actuelle : un enseignant-chercheur d’aujourd’hui est supposé enseigner pendant la moitié de son temps de travail (ce qui, en pratique, se traduit par une charge d’enseignement de 192 heures par an [1]) et consacrer l’autre moitié à faire de la recherche. L’actuel projet de loi vise à moduler cette répartition en fonction des personnes et donc, en un sens, à la rendre plus souple. Précisément, l’idée serait d’accorder des décharges d’enseignement aux excellents chercheurs leur laissant ainsi plus de liberté pour s’épanouir dans leurs travaux de recherche, et, à l’inverse augmenter la charge d’enseignement des chercheurs moins brillants. À vrai dire, je ne tiens pas vraiment à discuter de l’idée en elle-même qui paraîtra certainement évidente pour certains et inadmissible pour d’autres [2], mais j’aimerais plutôt me concentrer sur certaines craintes qui ont été évoquées avant-hier et qui sont plutôt liées à la rédaction du projet de loi ou à la mise en place effective de celui-ci.

Premièrement, il est assez surprenant de constater que le projet de loi donne un plancher pour le nombre moyen d’heures à effectuer par enseignants-chercheurs (à savoir 192 heures comme auparavant), mais aucun plafond (sauf peut-être — mais cela n’est, je crois, pas dit explicitement — celui de 384 heures correspondant à la totalité du
temps de travail) ! Autrement dit, si la loi est acceptée, rien n’interdira aux universités d’imposer à ses enseignants-chercheurs de travailler en moyenne 200 heures, 250 heures, 300 heures... ou encore plus. Au niveau purement local, une université donnée n’aurait en fait pas grand intérêt à agir ainsi : se fermer les portes de la recherche la conduirait certainement à une mauvaise évaluation, et par suite à un financement réduit au plan quadriennal suivant. Toutefois, en raisonnant à un niveau plus global (en l’occurrence national), on n’obtient hélas pas les mêmes conclusions. En effet, il semble assez clair d’une part que la tendance actuelle soit à la diminution des effectifs de la fonction publique. Même en faisant confiance au gouvernement lorsqu’il affirme vouloir s’investir pleinement dans le recherche scientifique, il est difficile de croire à une augmentation nette de nombre d’enseignants-chercheurs : les projets en vogue semblent en effet plutôt prévoir une diminution de ce nombre de postes au profit d’un recrutement plus massif de jeunes chercheurs (à qui, donc, il faudra donner de bons atouts au niveau de la recherche, et par voie de conséquence relativement peu d’enseignement) sur des contrats à durée déterminée. Par contre, les divers projets en terme d’enseignement supérieur (la « réaffection » des études scientifiques qui se traduit notamment par le plan licence, la masteurisation) amènent à croire que la volonté actuelle est à l’augmentation du nombre d’étudiants. Les universités seront alors mises au pied du mur, et n’auront d’autre choix que de faire enseigner plus leur personnel permanent si elles souhaitent assurer tous leurs cours... et la future loi (si elle est acceptée) le permettra ! L’inquiétude est donc de voir se transformer le métier d’enseignant-chercheur en celui de simple enseignant, et de voir en parallèle la recherche confiée uniquement à de jeunes contractuels (typiquement lors de stages post-doctoraux) sur des projets à court terme. Le nombre de chercheurs confirmés serait alors réduit dans des proportions inquiétantes, ce qui pose, selon nous, d’importants problèmes, ne serait-ce que pour la mise en place d’une politique scientifique au sein d’un laboratoire, ou d’une université : les jeunes, de leur côté, n’ont en général pas le recul nécessaire pour cela, tandis que si les séniors ne participent plus vraiment directement à la recherche, ils ne pourront plus influer ce dynamisme. De façon très liée et plus concrète, on peut souligner que ces derniers, plus éloignés des dernières découvertes, éprouveront sans aucun doute plus de difficultés à dénicher de bons sujets de thèse, et par là-même à former au mieux les jeunes chercheurs de demain.

Un second point crucial est l’évaluation des chercheurs qui devra régir la fameuse nouvelle modulation des enseignements. Aujourd’hui, l’évaluation des chercheurs existe déjà, mais est faite de façon très basique : il s’agit essentiellement de déterminer si le chercheur en question est plutôt excellent, bon, moyen, médiocre ou mauvais (avec peut-être un peu plus de dégradés), appréciations qui par la suite sont prises en compte lors des discussions au sujet des avancements de carrière. En tout cas, il n’est pas question de noter les chercheurs, ni encore moins de les classer. (On constate d’ailleurs à chaque recrutement que c’est à la fois périlleux et ridicule d’établir un tel classement, tant les domaines de recherche varient d’une personne à une autre.) Mais s’il s’agit de distribuer des heures d’enseignement, il va bien falloir chiffrer quelque chose pour décider que telle ou telle personne sera à 150 heures et telle autre à 250. Hormis le fait (que j’ai déjà mentionné) que l’exercice n’aura que peu de sens, il risque de demander un temps et un effort considérable ! Mais qui devra faire cet effort ? Le projet de loi le délègue au CNU... c’est-à-dire en gros aux enseignants-chercheurs eux-mêmes ! Ainsi, afin que le système fonctionne, les enseignants-chercheurs devront consacrer une nouvelle partie de leur temps (que l’on pense importante) à évaluer leurs pairs. Et bien sûr, il est évident que ce temps ne sera pas pris sur leur temps d’enseignement (puisqu’il s’agit d’évaluer des chercheurs) ; autrement dit, c’est encore du temps perdu pour la recherche elle-même. Ainsi, en résumé, si le but initial du projet était de stimuler la recherche en donnant la possibilité aux meilleurs de travailler plus, il est à craindre que sa mise en place ne conduise à une situation complètement opposée où la recherche va s’asphyxier peu à peu par la complexité de l’évaluation et des procédures administratives.

Bien d’autres points ont été discutés à l’assemblée générale d’avant-hier, mais selon moi, les deux meilleurs arguments qui ont été avancés sont ceux que je viens de mentionner. En fait, nous allions nous en tenir à ces considérations théoriques et résignées, quand plusieurs de mes collègues ont proposé de mener une action visible pour manifester notre opposition. L’AG a alors connu un second souffle et, après encore un certain nombre de discussions plus ou moins houleuses, il a été décidé, je cite, la rétention des copies d’examen et le refus de se réunir en jury tant que le projet de décret ne serait pas retiré. J’ai choisi de parler de cette conclusion car elle me semble intéressante pour plusieurs raisons : tout d’abord, elle ne pénalise pas vraiment les étudiants (contrairement à d’autres actions qui avaient été proposées) qui ont toujours la possibilité de passer leurs examens, et verront leurs copies corrigées (et probablement même leurs notes rendues dans la confidentialité), mais aussi elle bloque complètement le procédé administratif et empèche en particulier l’université de délivrer les diplômes (ce qui est essentiellement ce que l’État attend d’elle). Évidemment, si le bras de fer se prolonge trop longtemps, il est possible que les étudiants n’aient toujours pas leur diplôme avant la fin de l’année scolaire, mais on espère que la situation se dénouera avant d’elle-même. Ainsi, en étant un poil optimiste, l’action qui a été proposée ressemble à une grève sans pour autant qu’il y ait arrêt de travail. Bien sûr, si nous sommes les seuls à nous engager dans cette voie, nous resterons invisibles et tout cela n’aura servi à rien... mais je pense que si nous dépassons une certaine masse critique, nous aurons probablement réussi à acquérir un certain poids face au gouvernement.

Notes

[1Si l’on ne fait pas partie du monde de l’Université, on peut penser que cela est ridiculement faible, mais on se rend compte en fait en le pratiquant que ce n’est pas du tout le cas et que cela correspond effectivement peu ou prou à la moitié du temps de travail. Le fait est que le nombre de 192 heures correspond aux heures de présence devant les étudiants, heures auxquelles il faut ajouter la préparation des cours (qui, pour des enseignements avancés, demande souvent un investissement considérable qu’il est traditionnellement nécessaire, au moins en mathématiques, de renouveler régulièrement car les enseignants-chercheurs sont incités au fil des années à intervenir dans différents domaines) qui s’accompagne souvent de la rédaction d’un polycopié, la préparation et la correction des devoirs et des examens, une certaine disponibilité pour répondre aux questions des étudiants, et souvent un certain nombre de responsabilités scientifiques et/ou administratives plus ou moins contraignantes (qui, il est vrai, peuvent parfois être compensées par des décharges d’enseignement).

[2Je n’ai personnellement pas vraiment d’opinion bien définie sur la question, mais j’aimerais faire remarquer, à ce sujet, que bon nombre d’enseignants-chercheurs sont très consciencieux et souffrent de ne plus être productifs en terme de recherche. Certains de ces gens pourraient trouver intéressant de se décharger officiellement de la pression de la recherche en choisissant de se consacrer pleinement à leur enseignement.

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Pour citer cet article :

Xavier Caruso — «La réforme du statut des enseignants-chercheurs» — Images des Mathématiques, CNRS, 2008

Commentaire sur l'article

  • La réforme du statut des enseignants-chercheurs

    le 9 février 2009 à 23:16, par Umberto

    Bonjour,

    Puisqu’un débat se construit avec des avis contraires, je viens donner le mien, celui d’étudiant.

    Je souhaite tout d’abord réagir à certains points :

    • Je cite :« il faut ajouter la préparation des cours (qui, pour des enseignements avancés, demande souvent un investissement considérable ».
      De mon point de vue, qui je puis l’assurer est partagé par mes camarades, cette dite préparation des cours est, en général, loin de paraître demander tant d’efforts. Nous ne nous étonnons même plus de lire des francs dans les polys ou de voir des sujets d’examens ressortir presque identiques à ceux d’années précédentes, sans parler de ceux écrits par d’autres que le prof d’amphi (livre, autres profs etc.) et ne pas changer des années durant.
    • Je cite à nouveau : « Si l’on ne fait pas partie du monde de l’Université, on peut penser que cela est ridiculement faible ». Je fais partie du monde de l’université et pourtant cela me paraît en effet ridiculement faible. Je me propose donc de faire un calcul simple : prenons le temps de travail de base d’un enseignant-chercheur : 384 heures. Ajoutons-y le temps de correction de copie que j’évalue à 10h dans des filières scientifiques où les contrôles continus sont nombreux (à raison de 2-3 minutes par copie selon les dires de certains de mes chargés de TD) nous arrivons à 394 heures, arrondis à 400h pour la préparation des sujets/polys.

    A l’aune des 35 heures cela fait environ 11 semaines et demie de travail par an soit moins de trois mois.

    Sauf que l’on peut considérer les enseignants-chercheurs comme les cadres de l’université. Auquel cas à l’aune d’une 50aine d’heures de travail d’heures par semaine nous arrivons à 2 mois de travail par an.
    Je ne vous ferai alors pas le calcul du salaire horaire pour ne pas écœurer ceux qui travaillent dans le privé qui passeraient par là.

    En définitive et pour maintenant donner mon avis, j’espère que cette réforme améliorera la qualité de l’enseignement à l’université en poussant les enseignants à travailler d’avantage.

    Comment l’université pourrait-elle préparer au monde professionnel quand ses modèles sont à mille lieues de son rythme ?

    Ne vous y trompez : pas j’apprécie mon université, ou tout au moins ce que j’y apprends, mais je suis parfois découragé devant la différence de travail fourni entre les étudiants et les professeurs, et la nonchalance avec laquelle les copies sont corrigées (en 2-3 minutes) après des mois d’efforts de notre part.

    Sans parler de votre initiative qui ne « nuit pas trop aux étudiants ». Quid de ceux qui ont besoin d’envoyer des dossiers pour accéder à des filières sélectives (en mars dans mon cas) ?

    Voilà j’espère que mon commentaire enrichira le débat.

    Bien à vous.

    Répondre à ce message
  • La réforme du statut des enseignants-chercheurs

    le 10 février 2009 à 08:56, par Xavier Caruso

    Bonjour,

    Bien que le but de mon message n’était pas vraiment de débattre de la durée de 192h (mais plutôt de pointer le fait que le décret risque de les faire rapidement passer à 384h, ce qui ne devrait pas améliorer la qualité de la recherche, contrairement à ce qui est affiché), je veux bien essayer de répondre à ce commentaire.

    Déjà, je suis moi-même chargé de recherche, ce qui signifie que je ne suis pas supposé faire de l’enseignement, mais seulement de la recherche. Je ne pourrai donc sans doute pas donner un témoignage aussi précis que ne le feraient mes collègues enseignants, mais je vais quand même essayer de donner mon point de vue. D’abord, lorsque je passe devant le bureau de mes collègues, je n’ai pas l’impression qu’ils ne travaillent que l’équivalent de 3 mois par an... mais évidemment, je n’ai pas mené une étude très précise à ce sujet. Toutefois, j’ai déjà entendu certains d’entre eux (en général, les plus jeunes d’entre eux) expliquer que la charge d’enseignement de 192h leur prenait tellement de temps qu’il ne leur en restait pas suffisamment pour se plonger de façon sérieuse de leur recherche. On pourrait répondre que c’est parce qu’ils ne travaillent de toute façon que trois mois par an, mais il faut savoir que ces gens sont en général très motivés par la recherche (d’une part parce que ça les passionne, et d’autre part mais sans doute à une moindre mesure, parce que leur carrière en dépend), et que s’il leur restait 10 mois de libre dans l’année, c’est certain qu’ils occuperaient une (grosse) partie de ce temps à en faire !

    Maintenant, et de façon peut-être un peu plus convaincante, j’aimerais évoquer mon expérience personnelle (assez maigre en matière d’enseignement, mais bon). Donc, il est arrivé plusieurs fois que j’encadre des leçons pour la préparation à l’oral de l’agrégation. D’un point de vue extérieur, il s’agit d’une séance d’1h30 avec les élèves, dans laquelle les élèves présentent la leçon du jour et où je ne sers en gros qu’à repérer les erreurs, faire des commentaires sur leur travail, et éventuellement exposer d’autres idées qui n’ont pas été discutées. Alors, évidemment, il paraît que cela me demande 1h30 de travail, qui n’a pas besoin d’une grande préparation et qui n’est pas non plus vraiment fatiguant puisque ce sont les étudiants qui présentent la leçon. Mais derrière cela — et il s’agit là de quelque chose dont les étudiants peuvent avoir conscience mais pas les technocrates dont le travail est de comparer les chiffres — j’ai souvent reçu en préalable, par deux fois, les élèves dans mon bureau (des séances dont la durée varie entre 1h et 2h) pour préparer la leçon. On passe déjà de 1h30 à 3h30 minimum. Mais par ailleurs, si je reçois les élèves, il faut mieux avoir préparé quelque chose à leur dire : a priori, c’est eux qui ont commencé à préparer, mais s’ils me disent qu’ils n’ont rien trouvé de très intéressant, il faut bien que je leur propose quelque chose ; et quand même ils auraient fait un bon travail préliminaire, il faut bien que j’ai moi aussi étudié le problème pour pouvoir faire des remarques pertinentes. Bref, encore un temps de préparation de l’entretien. Ici, c’est bien sûr plus difficile à chiffrer. Souvent d’ailleurs, ce n’est pas un travail qui se fait en continu : je sais disons un mois à l’avance que j’aurais telle leçon à faire, et il me vient des idées de temps à temps (souvent d’ailleurs alors que je réfléchissais à un problème différent) que je note, puis que j’essaie d’étoffer, de voir si c’est accessible pour l’élève (ou si on peut le rendre), j’essaie de trouver une référence précise et claire (j’avoue que je ne suis pas très bon pour ça, mais bon), ou ce que je fais plus souvent, je tape un petit document sur la question. Bref, je compterais facilement encore 3h de travail pour cela, surtout si je tape des documents. Bon, en fait, c’est sans doute beaucoup beaucoup plus, mais admettons. Bon, après il y a aussi la préparation d’exercices à poser en fin de séance, et sans doute d’autres choses que j’oublie sur le moment, mais disons que ça rentre encore dans les 3h. Au final, on se retrouve au bas mot avec 6h30, mais disons 6h, ce qui fait 4 fois plus que le temps compté ! Bon après, tout ça dépend peut-être de l’expérience que l’on a avec la préparation à l’agreg, mais bon je pense que dans tous les cas 6h est une limite inférieure.

    Alors, vous pouvez penser que je suis particulièrement consciencieux ou que la préparation à l’oral de l’agrégation est une chose différente des cours que l’on vous dispense, mais de mon côté, je crois que ce serait très exagéré de dire qu’il n’y a rien à voir entre moi et mes collègues, ou entre la préparation à l’agrégation et un autre cours magistral. Bon, je ne peux plus vraiment l’étayer par mon expérience personnelle, mais faisons une expérience de pensée comme le disait Einstein : imaginez que l’on vous demande d’enseigner la résolution des équations algébriques de degré 2 sur les nombres complexes (avec Delta et tous ses amis). Je ne connais pas votre niveau mais j’imagine que c’est quelque chose dont vous avez déjà entendu parler, sans pour autant maîtriser toutes les subtilités (que se passe-t-il si le discriminant est un nombre complexe ? que signifie alors sa racine carrée ? etc.) Il vous faut dire que c’est essentiellement ce qui arrive à un enseignant-chercheur qui vient d’avoir un poste : on lui demande d’enseigner une matière qu’il connaît déjà certainement, mais sur laquelle de toute façon il n’a jamais vraiment travaillé plus que sur le reste, qu’il a donc un peu oublié depuis qu’il l’a apprise, mais qui devrait être capable de se remémorer avec un certain effort. Bref, vous avez un cours à préparer. Que faire ? Eh bien, on commence par se rappeler un peu la thématique, on va fouiller à la bibliothèque pour savoir ce que les gens ont déjà fait à ce sujet, après un peu de chance, on trouve un poly du cours (mais pas forcément), on lit, on essaie de former un tout cohérent dans sa tête, on imagine un plan, on fait un premier brouillon, on se dit qu’il faudrait ajouter des exercices à tels ou tels endroits, on essaie de faire le plan avec les séances de cours (ce qui n’est pas forcément possible, mais bon), si on est motivé, on tape un poly, mais si on a déjà trouvé un document intéressant (et que l’on ne pense pas être capable de faire mieux), on se contente de s’appuyer dessus... bref, on prépare son cours ! Et même si, au final, on reprend un truc déjà tout fait avec des exercices en francs, cela a demandé beaucoup de préparation car il a fallu s’approprier le cours. Alors, c’est sans doute plus facile pour les cours de première ou deuxième année, mais c’est quand même un travail loin d’être négligeable qui demande beaucoup plus de temps (comme c’était le cas avec mon expérience de l’agreg) que les quelques heures pendant lesquelles le professeur sera en face des élèves. Alors, je pense que l’on peut faire au moins deux remarques à ce sujet :

    • tout le monde ne travaille peut-être pas aussi consciencieusement que ce que je viens de décrire ; c’est sans doute un peu vrai (même si je pense toujours que la plupart des enseignants-chercheurs font ça bien), mais il y a quand même un écart gigantesque entre croire que 1h de cours correspond à 1h+eps de travail et croire ce que je viens de dire
    • après quelques années à avoir donné le même cours, on peut se dire que le travail de préparation devient négligeable ; c’est certes vrai, mais comme je le disais dans mon message, au moins en mathématiques à Rennes, on incite les enseignants-chercheurs à tourner sur les différents cours (ils ne font rarement le même cours plus de trois années à la suite). Pourquoi ? Pas par pur masochisme, mais parce que l’on pense que ça permet aux gens de s’investir pleinement dans plus de domaines, et donc de mieux comprendre la cohérence des mathématiques en général. (Pour ma part, je rejoins tout à fait cette idée : chaque fois que je me suis intéressé à un nouveau sujet, j’ai eu l’impression de bien mieux comprendre plein d’autres choses !) Je ne sais pas si cela fonctionne pareil dans toutes les universités, mais c’est en tout cas le cas pour toutes celles par lesquelles je suis passé (ENS Paris, Paris 13, Rennes 1)

    Bon, j’aurais encore d’autres choses à dire, notamment sur la correction des copies ou sur le fait que vous ne prenez pas en compte dans votre calcul le temps de surveillance des examens (certes qui n’est pas très grand, mais qui je pense dépasse déjà les 10h que vous comptez en sus des 384h), mais il va falloir que j’y aille. J’aimerais terminer quand même en stipulant que je pense toujours que la rétention ne pénalise pas trop les étudiants (évidemment, certains se sentent pénalisés car ils aimeraient savoir plus tôt, etc), et que, en tout cas dans toutes nos AG, il était clair que l’on rendrait les notes pour les étudiants qui en ont vraiment besoin pour une inscription ou pour trouver du travail (par exemple, on délivre les thèses). Je pense que vous pouvez discuter de votre situation avec vos professeurs...

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