Las Escuelas de Matemática de América Latina y del Caribe

(Les écoles mathématiques de l’Amérique Latine et des Caraïbes)

Piste verte 28 juin 2012  - Ecrit par  Rafael Labarca Voir les commentaires

Cet article a été écrit en partenariat avec Le CIMPA

En partenariat avec le CIMPA, Images des maths a le plaisir de vous présenter cet article paru dans leur newsletter [1].

Nos dijeron cuando chicos ; jueguen a estudiar
los hombres son hermanos y juntos deben trabajar
oían los consejos ; los ojos en el profesor
había tanto sol sobre las cabezas y no fue tal verdad
porque esos juegos al final terminaron, para otros
con laureles y futuros y dejaron a mis amigos
pateando piedras
Únanse al baile de los que sobran
nadie nos va a echar de más ; nadie nos quiso ayudar de verdad
Hey conozco unos cuentos sobre el futuro
hey el tiempo en que los aprendí fue más seguro.

Ils nous disaient lorsque les enfants s’amusaient à étudier
que les hommes étaient tous frères et qu’ils devaient travailler main dans la main
Ils écoutent les conseils, les yeux rivés sur leur professeur
tant de soleil irradiait leurs têtes, mais tout n’était que mensonge
car ces jeux ont pris fin pour les autres
avec leurs lauriers et leurs avenirs, et ils ont abandonné mes amis
les laissant à leur passe-temps
Entrez dans la danse de ceux qui restent
personne ne nous rendra quoi que ce soit, personne n’a voulu nous aider en réalité
Hé, je connais des fables sur l’avenir
Hé, le temps où je les ai apprises était plus serein.

Ces paroles, extraites d’une chanson interprétée dans les années 1980 par le groupe chilien “Los Prisioneros”, sont le parfait reflet du quotidien de notre peuple en Amérique Latine.

Nos systèmes éducatifs, sociaux, productifs, émotionnels, de communication et spirituels favorisent toujours les mêmes privilégiés au détriment des autres, ceux qui restent, ceux qui en profitent le moins, c’est-à-dire le plus grand nombre.

Triste réalité de nos pays qui comptent des millions et des millions d’exclus.

Cependant, au début des années 1990, nous, divers mathématiciens venus d’Argentine, du Brésil, du Chili, de l’Uruguay et du Mexique, nous sommes réunis pour former en 1995, au sein de l’IMPA (Instituto Nacional de Matemática Pura e Aplicada, Rio de Janeiro, Brésil), l’UMALCA (Unión Matemática de América Latina y del Caribe). Cette union regroupe les sociétés nationales de ces pays ainsi que celles de Cuba, de Colombie, du Pérou et du Venezuela. En 2009, elles sont rejointes par des sociétés boliviennes, costariciennes, équatoriennes et paraguayennes.

La deuxième assemblée de cette organisation qui se tient en 1998 voit la création du Comité EMALCA (Comité de las Escuelas de Matemática de América Latina y del Caribe), fruit du travail de confrères, à savoir José Antonio de la Peña, Carlos di Prisco, Roberto Markarian, Jacob Palis, José Seade et Mario Wschebor [2], et dont le coordonnateur principal est Roberto Markarrian.

Son principal objectif est de contribuer au développement des mathématiques dans toutes les régions du continent, particulièrement en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Il s’agit de mettre les jeunes au contact avec des sujets pertinents d’intérêt actuel, de stimuler ceux qui se mettent en lumière et parmi eux, d’en inciter à continuer leurs études supérieures.

EMALCA : premier temps

Dans un premier temps, les EMALCA sont organisées en alternance au Mexique et au Venezuela, avec la participation d’étudiants régionaux. En 2004, les écoles EMALCA de Cuernavaca (Mexique), de Mérida (Venezuela), de Morelia (Mexique) puis de Mérida (Venezuela) se déroulent avec succès.

Un accord de collaboration avec le CIMPA (Centre International de Mathématiques Pures et Appliquées) a permis un appui soutenu de ce dernier aux EMALCA.

EMALCA : deuxième temps

Compte tenu du succès des missions menées dans le cadre de ce programme, l’UMALCA décide en 2004 d’en élargir la portée géographique pour en faire un mécanisme de développement des mathématiques plus efficace sur tout le continent. Ainsi, à partir de 2004, des EMALCAS sont programmées dans d’autres pays de la région affichant un développement moindre dans cette matière ou se trouvant dans une situation particulière à cet égard. Des étudiants locaux et de pays voisins, voire plus éloignés dans des cas relativement rares, prennent part à ces événements. Ces EMALCA s’adressent aux étudiants en fin d’étude ou en début de maîtrise et se décomposent en deux étapes fondamentales :

  • Cours (deux minimum) d’au moins deux semaines dispensés par nos experts dans leurs domaines respectifs.
  • Rapports des enseignants et du responsable sur les élèves et sur leur éventuelle orientation en cas de poursuite d’études.

EMALCAS de cette deuxième étape

Lors de cette deuxième étape, diverses EMALCAS sont organisées : Costa Rica (2005), Mexique et Paraguay (2006), Bolivie, Colombie et Venezuela (2006), Mexique, Nicaragua et Paraguay (2007), Pérou et Venezuela (2008) et Brésil, Cuba, Guatemala, Mexique et Paraguay (2009).

EMALCA : troisième temps

En 2010, le Comité décide de lancer une nouvelle étape (la troisième), avec comme objectif essentiel de promouvoir le développement des mathématiques dans les régions où cette matière y est relativement moins développée. Cette étape suppose :

  • une mobilisation renforcée des éventuels coordinateurs de centres régionaux qui sont convaincus de pouvoir bénéficier des EMALCA,
  • la localisation principalement des écoles dans les régions relativement moins développées,
  • le développement de sujets peu abordés dans ces écoles,
  • la promotion de la recherche de talents dans ces écoles, avec 50 % des élèves issus de l’établissement organisateur (obligatoirement scolarisés dans les filières mathématiques) et les 50 % restants originaires du pays organisateur ou d’un pays voisin raisonnablement proche.

EMALCAS de cette troisième étape

Cette étape voit la tenue des EMALCAS suivantes :

  • En 2010 : Dourados (Brésil), La Paz (Bolivie), Quito (Équateur), Tabasco (Mexique), Arequipa (Pérou) et Mérida (Venezuela) ;
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Groupe de l’école de Dourados, Brésil (2010)
  • En 2011 : Salta (Argentine), Potosí (Bolivie), Salvador (San Salvador), Pachuca (Mexique), Asunción (Paraguay), Trujillo (Pérou) et Mérida (Venezuela).

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Affiche de l’école de Salta, Argentine (2011)

Le Comité a accepté la réalisation en 2012 de six Écoles EMALCA en Argentine, en Bolivie, au Costa Rica, au Mexique, au Pérou et au Venezuela, et a accordé son soutien à une école plus développée au Chili.

Les écoles EMALCA et le CIMPA recherchent tous deux la même chose : arriver dans les régions moins développées afin de soutenir leur développement par des mathématiques de qualité et dénicher, dans ce cadre peu développé, les talents qui constitueront les moteurs du développement des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Autrement dit, changer la donne en faveur des autres…

Post-scriptum :

La rédaction d’Images des maths remercie pour leur relecture attentive, les relecteurs dont le pseudonyme est le suivant : Anne-Laure Dalibard, toufou et Damien Gayet.

La rédaction remercie également Rosane Ushirobira pour avoir assuré l’interface avec les relecteurs et pour les adaptations apportées.

Article édité par Fabrice Planchon

Notes

[1Ce texte a été traduit de l’espagnol. Il a été édité par Rosane Ushirobira, responsable de la communication du CIMPA.

[2Mario Wschebor (1939 - 2011) a été président du CIMPA de 2005 à 2009.

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Pour citer cet article :

Rafael Labarca — «Las Escuelas de Matemática de América Latina y del Caribe» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Crédits image :

Image à la une - L’affiche de l’école de Salta, Argentine (2011) provient du site de l’EMALCA.
Groupe de l’école de Dourados, Brésil (2010) - site de l’EMALCA

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