Le concours lycéen franco-chinois « Compter avec l’autre »

El 9 octubre 2019  - Escrito por  Antoine Martin Ver los comentarios

Mathématiques françaises et chinoises: complémentarité ?

La France fut en 1964 le premier pays d’Europe à renouer des relations diplomatiques avec la Chine. C’est au titre du 50ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques qu’avait été créé le concours « Compter avec l’autre » en 2014. Dans les sections internationales « chinois » des lycées français, une éducation bilingue est proposée, et la matière enseignée en chinois est presque toujours les maths.

Figure 1 - Cérémonie de lancement en France du concours « Compter avec l’autre » 2019 en présence de Mme Élisabeth CHANIAUD (Doyenne des Inspecteurs de l’Académie de Paris), M. YANG Jin (Ministre Conseiller pour l’Éducation de l’Ambassade de Chine en France), Mme Bernadette THOMAS (Chargée d’études à la DREIC – MENJ), et de M. Fabrice ROUILLIER (Président d’Animath).

Figure 2 - Cérémonie de lancement 2019 en Chine en présence de M. Jinsong ZHANG (éditeur en chef du bureau des mathématiques pour le secondaire de China People’s Education Press), M. Xavier BRESSAUD (Attaché de coopération scientifique et technique), M. Jian ZHU (Proviseur du lycée n°35 de Pékin), Mme Xuesong SHEN (Secrétaire générale adjointe de CEAIE), M. Jean-Yves COQUELIN (Conseiller adjoint de coopération et d’action culturelle, Directeur adjoint de l’Institut français de Chine), M. Lei ZHAO (Directeur Europe du Ministère de l’éducation nationale) et de M. Wenchuan LIU (Vice-directeur des relations internationales de la Commission éducative de Pékin).

Le concours franco-chinois de mathématiques s’adresse à des classes entières de lycéens de seconde. Il est porté en France par Animath, et en Chine par la China Education Association for International Exchange (CEAIE). L’épreuve est rédigée par une équipe franco-chinoise. Le premier défi est d’établir une base de connaissances commune pour les élèves de seconde de France et de Chine. Dans chaque pays, plusieurs milliers d’élèves de classe de seconde composent sur ces sujets, chacun dans sa langue. Dans chaque pays, les meilleurs élèves (environ un par académie) ont eu en 2014 et 2017 l’occasion de visiter l’autre pays.

Figure 3 - Conception de l’énoncé en 2019.

Pour plus d’informations, voici quelques liens vers ce concours : Informations sur le concours.
Les accès directs aux sujets traités pour les deux années 2017 et 2019 :
Edition 2017 : Sujets 2017 ; Edition 2019 :Sujet 2019 ; Corrigé 2019

Résultats d’une étude comparative

Jinsong Zhang – 张劲松 – et Antoine Martin ont réalisé en 2019 une
étude comparant les enseignements mathématiques à partir des résultats du concours franco-chinois de mathématiques « Compter avec l’autre ».
Si les quatre thèmes directeurs (géométrie, algèbre, combinatoire, arithmétique) sont une constante des trois éditions, le format de l’épreuve a beaucoup évolué au fil de la coopération. Après des débuts très académiques sur un format proche des Olympiades internationales, le sujet est devenu plus ludique pour offrir aux participants une expérience des mathématiques suscitant leur intérêt.

En pratique l’épreuve se compose d’une partie de questions à choix multiples complétée par une partie à réponses rédigées. Dans notre étude comparative, seuls les résultats au questionnaire à choix multiples sont pris en compte.

L’analyse des résultats montre que les élèves chinois réussissent l’exercice de géométrie beaucoup mieux que les élèves français. Arithmétique et algèbre profitent légèrement plus aux élèves chinois. La combinatoire, la moins réussie par les élèves chinois, compte les meilleurs résultats français.

Figure 4 - Réussite par pays et par exercice.

Le constat est partagé : les jeunes chinois ont plus de facilité en ce qui concerne l’application technique d’outils mathématiques qu’ils connaissent et lorsqu’ils peuvent facilement identifier le procédé à utiliser. Les élèves français font eux preuve de plus de capacité pour l’initiative et la recherche empirique de solutions, recherche encouragée par l’énoncé.

Ces conclusions trouvent leurs sources dans les formes d’enseignement adoptées dans les lycées des deux pays. En Chine, la préparation de l’examen, et surtout du baccalauréat chinois (高考, gaokao), qui est aussi le concours d’entrée pour les universités, est de loin la priorité de l’enseignement. Il est donc entièrement consacré à la maîtrise et à l’application rapide des outils au programme. En France, notamment avec les activités de découverte des notions, les élèves sont, plus qu’en Chine, amenés à comprendre l’utilité, les tenants et aboutissements des notions et donc à prendre plus de recul sur leur utilisation. Du moins bien sûr avec les lycées ou enseignants les plus motivés qui sont ceux participant à ce concours.

La seconde différence essentielle réside dans la culture du résultat. Si en France il est tout à fait concevable que suite à une erreur de calcul un élève obtienne une part importante des points avec un résultat faux en ayant utilisé les bons outils, en Chine, il est tout à fait normal d’obtenir tous les points en mentionnant le résultat sans explication ou démonstration lorsqu’elle n’est pas explicitement demandée. La comparaison visuelle des copies en est un révélateur saisissant : les lycéens français utilisent pour répondre aux questions une copie vierge qu’ils noircissent autant qu’ils le souhaitent. Dans les lycées chinois, sous chaque question est disposé un cadre vide de taille déterminée où l’élève doit inscrire sa réponse.

Ce sont ces mêmes différences que l’on retrouve quelques années plus tard dans les pratiques des mathématiciens. La forte habileté technique chinoise se traduit dans les réussites industrielles. La force de la démonstration rédigée fonde l’excellence de la recherche fondamentale.

Plutôt que d’une hiérarchie dans les enseignements mathématique des deux pays, on peut parler d’une complémentarité. Une coopération pédagogique équilibrée peut enrichir chacun des enseignements des forces de l’autre. Dans les mois à venir, Animath et CEAIE vont installer des actions communes afin de mieux identifier des modes de coopération efficaces pour améliorer l’enseignement des mathématiques dans les deux pays. L’objectif est d’installer un stage commun où professeurs français et chinois pourraient enseigner aux élèves des deux pays et enrichir leurs pratiques.

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Para citar este artículo:

Antoine Martin — «Le concours lycéen franco-chinois « Compter avec l’autre »» — Images des Mathématiques, CNRS, 2019

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