Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

Piste verte 28 mars 2010  - Rédigé par  Magali Ribot Voir les commentaires (20)

Si je vous parle du mois de mai, vous pensez… Au muguet ? Au défilé ? Aux jours fériés ? Ou bien vous avez déjà eu affaire au recrutement universitaire et vous pensez (selon que vous étiez candidat au recrutement ou recruteur)… Aux déplacements ? Aux auditions ? Aux rapports ?

Les étapes du recrutement d’un maître de conférences

Quelles sont les étapes ? Il est difficile de donner un programme précis. D’abord, il y a les étapes préparatoires pendant les mois (et les années !) précédents : la soumission d’articles, la soutenance de thèse, la fameuse qualification du CNU
 [1], les exposés dans des congrès, les séminaires dans des labos pour se faire connaître et faire connaître ses travaux hors de son laboratoire d’origine.

Passons au vif du sujet : la publication de la majorité des postes [2] intervient par décret du Journal Officiel au début du mois de mars, vous sélectionnez les postes dont le profil [3] vous intéresse. Tiens, certains postes n’ont pas de profil, d’autres des profils très larges ; très bien, envoyons un dossier. Votre ami physicien vous regarde, étonné : pas de profil ? Oui, cela arrive souvent en mathématiques, contrairement à d’autres disciplines où à chaque poste publié est associé un profil de recherche très précis. Les postes sont donc très ouverts. La contrepartie est que les candidats sont très nombreux : il peut y en avoir jusqu’à 200 pour un même poste...

Votre dossier est intéressant ? Bravo, vous allez pouvoir passer les auditions. Il faut se déplacer dans chaque ville pour faire une présentation d’au mieux 30 minutes. Si vous êtes chanceux (ou brillant ?), ça s’apparente au Tour de France en 15 jours. Puis l’attente des classements sur chaque poste en consultant frénétiquement le site de l’Opération Postes.

Et qui va vous évaluer ? Un comité de sélection, composé pour moitié de maîtres de conférences et pour moitié de professeurs. A noter également qu’il contient une moitié de membres extérieurs à l’université de recrutement. Deux personnes écriront un rapport sur votre dossier ; c’est sur la base de ces rapports que seront choisis les auditionnés. Puis ce même comité écoutera avec attention votre audition et au regard des présentations et des dossiers de tous les candidats, établira le fameux classement final.

La transparence du recrutement

L’Opération Postes, qu’est-ce que c’est ? Une page internet créée en 1998 et gérée par quelques volontaires, où les informations sur les dates des commissions, les listes d’auditionnés, les listes de classés sont mises en ligne en temps réel. Cela semble être un outil très pratique, pourquoi est-ce réservé aux mathématiques et à l’informatique ? Pour qu’une telle initiative fonctionne réellement, il a fallu, à un moment donné, l’appui et la volonté de la communauté mathématique toute entière.

Mais, pourtant, on entend dire partout que les recrutements universitaires sont pipés. N’est-ce pas vrai ? A ma connaissance, non. Je vous ai déjà donné un argument ci-dessus : souvent en mathématiques, les profils sont larges et nombreux sont les candidats qui postulent. Et le candidat local n’a-t-il pas plus de chance que les autres ? Justement c’est le contraire, a priori il en a moins. Plus précisément, une règle officieuse, mais appliquée dans la plupart de nos labos, veut qu’un candidat ne puisse être recruté dans le laboratoire où il a fait sa thèse et que pour passer professeur, un maître de conférences doit également changer de laboratoire.

Que faire pour être recruté en mathématiques ?

Déjà, vous l’aurez compris, en règle générale, ne pas candidater dans son laboratoire d’origine. Et ensuite ? Faut-il faire ou non un post-doc ? Ça se discute… On recrute très jeune en mathématiques. Il est fréquent qu’un candidat soit recruté quelques mois après sa soutenance de thèse. Il ne faut donc pas s’autocensurer et candidater dès qu’on peut. Et la sécurité de l’emploi ainsi offerte donne le temps de mûrir sa direction de recherche. Mais un post-doc de deux ans permet aussi d’affirmer un dossier un peu léger. Et surtout, un post-doc à l’étranger permet d’ouvrir de nouveaux horizons. Soyons clairs, la charge d’enseignement d’un maître de conférences est un gros handicap pour se lancer dans des thématiques nouvelles les premières années. Y a-t-il des inconvénients à faire un post-doc alors ? Effectuer le programme décrit au premier paragraphe depuis l’étranger n’est jamais très facile et demande souvent de nombreux déplacements et une grande énergie…

En guise de conclusion…

Alors, est-ce que le recrutement d’un enseignant chercheur en mathématiques est un long parcours sans fin ? Je ne dirais pas cela. Je ne dirais pas non plus que c’est chose facile. Mais comparé aux pays voisins, le nombre régulier de postes mis au concours en mathématiques chaque année fait que tout bon candidat a des chances raisonnables de trouver un poste. Une preuve ? Le nombre de candidats étrangers se présentant aux concours français …

Notes

[1Je vous laisse lire cet article qui est entièrement consacré à la procédure de qualification.

[2Il existe également des postes publiés « au fil de l’eau » mais leur nombre est jusqu’à présent négligeable par rapport aux postes publiés en « session synchronisée ».

[3Le profil est l’intitulé du poste qui décrit de façon sommaire le domaine de compétence que doit avoir le candidat. Des exemples tirés des postes en mathématiques de l’an dernier : un profil large, « Mathématiques pures et appliquées » et deux profils précis « Mathématiques appliquées et applications au calcul de haute performance en mécanique des fluides » ou encore « Théorie de Lie et applications ».

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Pour citer cet article :

Magali Ribot — «Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques» — Images des Mathématiques, CNRS, 2010

Commentaire sur l'article

  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 29 mars 2010 à 10:06, par leonard

    Le recrutement local existe, parlons-en !

    Je fais partie d’une département de mathématiques dont le dernier recrutement local date d’une douzaine d’années. Depuis nous observons scrupuleusement la règle.

    Malheureusement ça n’est pas universellement vrai. On fait encore se déplacer des quatre coins de la France, voire de l’étranger, quatre ou cinq candidats pour une parodie d’audition : le poste est en fait gardé au chaud pour un candidat local. Souvent ce candidat local n’est pas auditionné à l’extérieur, et parfois il n’a aucune chance d’être recruté en dehors de son laboratoire.

    Rappelons que se rendre à une audition coûte de l’argent, mais aussi de l’énergie et du stress. Rappelons que si le recrutement local est déconseillé, c’est pour de bonnes raisons :

    — Il fausse le caractère objectif du recrutement.

    — Il met en avant d’autres valeurs que l’excellence scientifique.

    — Il entraîne de la consanguinité scientifique, ce qui est un frein à la créativité du chercheur.

    Et ça n’est pas parce que cette option est monnaie courante en science humaine, que cela excuse de quelque façon le comportement des sciences dures.

    Paul Broussous (Université de Poitiers)

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  • Le recrutement local existe, parlons-en !

    le 1er avril 2010 à 11:17, par Matamor

    J’ai été recruté localement en tant que maître de conférence dans une université de province il y a plus de 15 ans. Depuis une dizaine d’années le recrutement non local est devenu une règle en mathématiques, presque un dogme. Je m’interroge sur le sens de cette religion.

    A mon sens , le caractère objectif du recrutement est un leurre.
    Pourquoi imagine-t-on qu’il est possible objectivement de classer les candidats par niveau d’excellence ? La communauté mathématique est hantée par ce mythe, « le fort », « le pas fort », « le plus fort » en math. Et, comme les profils des postes sont flous, l’on se trouve à classer des gens ayant travaillé dans des sujets très différents qui plus est dans des conditions fort diverses selon les endroits et les partons.
    Par ailleurs, nous savons tous que les recrutements ont des enjeux de pouvoir et de rivalité entre équipes ou même entre personnes qui dépassent de loin les personnalités des candidats.
    Je ne vois pas en quoi le candidat local serait privilégié dans cette bataille par rapport à un candidat qui ne l’est pas et en quoi sa candidature fausserait le jeu.

    A supposer que l’excellence scientifique ait un sens et qu’elle se mesure objectivement permettant ainsi un classement, en quoi les candidatures locales poseraient problème ? Le candidat local ne sera pris que s’il est meilleur que les autres et cela serait justice.
    Bien-sûr, cette prétendue mesure de l’excellence scientifique n’est pas le seul critère de recrutement, d’ailleurs devrait-elle l’être ? La tâche du maître de conférence n’est pas seulement de faire de la recherche sans contact avec ses collègues. Il s’agit de choisir quelqu’un avec qui l’on peut-être amené à collaborer éventuellement pour la recherche et certainement pour l’enseignement et l’administration. Dans ce cas, on peut préférer choisir un candidat avec d’autres qualités. Ses futurs collègues connaissant le « local » qui a fait ses preuves dans l’enseignement et la recherche peuvent le percevoir comme un choix plus sûr. Cela sera vu comme injuste par le candidat débouté mais comme une bonne décision pour l’université recrutante.
    De plus, cette mesure de l’excellence se fait à un instant, dans la jeunesse des candidats on perd de vue les potentiels d’évolution. J’ai vu des recrutés localement (parfois pour des raisons de « regroupement familial ») faire une belle carrière en habilitant rapidement et qui furent en peu d’années recrutés, non localement en tant que professeur. D’autres, annoncés comme de brillants mathématiciens non locaux, ont une carrière plus modeste. Le contraire est vrai aussi.

    Enfin, la métaphore de la consanguinité me fait sourire. C’est négliger la notion de réseau.
    Si l’on est recruté en tant que maître de conférence c’est très souvent parce qu’on est défendu par des membres de son réseau de spécialité et celui d’influence de son patron. On rejoindra une équipe travaillant peu ou prou dans le même domaine avec des personnes connues. C’est aussi généralement plus productif à défaut d’être créatif.

    Je finirais par demander si ce dogme du non localisme n’est pas le pratique paravent d’une absence de politique de recrutement. Le recrutement est assez obscur et repose beaucoup sur les enjeux politiques bien plus locaux que les candidats.
    Voyez comme nous sommes objectifs et sérieux : nous ne recrutons pas de locaux !

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    • Le recrutement local existe, parlons-en !

      le 2 avril 2010 à 07:32, par Aurélien Djament

      Bonjour à tous,

      Il est évident que la notion de qualité scientifique d’un candidat prêtera toujours à controverse et ne possède aucune définition précise ; il est également juste que ce n’est pas le seul critère qui doit intervenir dans un recrutement, un très bon scientifique pouvant s’avérer un piètre enseignant. Néanmoins, il me semble injuste d’arguer de cette observation pour se satisfaire de procédures opaques ou menées ouvertement sur des critères parmi lesquels le dossier scientifique du candidat ne serait pas l’élément prépondérant.

      L’un des moins mauvais systèmes de recrutement (pour tous les types de poste, d’ailleurs) me semble celui par concours de la fonction publique ; il ne peut à mon sens s’acquitter au mieux de son objectif d’égalité républicaine entre les différents candidats que s’il est national (ce qui ne constitue évidemment pas une condition suffisante). En ce sens, la question du recrutement local dans les concours de l’enseignement supérieur est piégée : quelle que soit la politique à ce sujet, on ne peut pas évaluer objectivement de la même façon un candidat local et un candidat non local. La règle de ne pas recruter localement me paraît la moins mauvaise dans ce cadre, pour les raisons rappelées par différentes contributions, mais le principal problème en la matière réside avant tout dans l’attribution d’un poste dans une université, un laboratoire bien définis, avec souvent un profil plus précis. Les « postes à moustaches » sont particulièrement adaptés à ce type de procédure (même si fort heureusement, actuellement, en mathématique, cette pratique semble plutôt rare) : pour l’éviter, et éviter également toute discrimination, dans quelque sens que ce soit, entre candidats locaux et non locaux (il est évident que les problèmes familiaux, par exemple, causés par la règle de mobilité sont réels ; dans le contexte d’inégalité entre les sexes qui perdure, il s’avère particulièrement préjudiciable aux collègues femmes, notamment pour le passage de maître de conférences à professeur), la seule solution est un concours national, comme au CNRS (les profils qui existent de temps en temps pour certains postes constituent évidemment une entorse à ce principe : un concours national n’a de sens que si les affectations et thématiques sont ouvertes). Mais on prend hélas aujourd’hui la direction exactement inverse, avec la prétendue autonomie des universités, qui va probablement engendrer une recrudescence de clientélisme dans les recrutements...

      Bien cordialement,

      A.D.

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      • Le recrutement local existe, parlons-en !

        le 2 avril 2010 à 15:10, par Barbara Schapira

        Si on se contente de l’aspect « feministe » de la question, il ne faudrait pas avoir la naivete de penser qu’un concours national comme le CNRS est plus avantageux pour les femmes.
        Quel est le pourcentage de femmes DR ? Et celui de femmes CR ?

        J’ai dit tout ce que je pensais dans mon precedent message sur le non recrutement local PR, et ses inconvenients. Il faudrait apprendre a parler de promotion/progression de carriere des gens en poste, a ce sujet. (Le pb pour Mdc est different, on est bien d’accord)

        Bien cordialement

        Barbara

        PS
        D’autres sciences (« inhumaines ») ont pour usage de recruter localement, et ca ne nuit pas tant que ca a la qualite des recrutements, a ma connaissance. Mais l’effet collateral est bien sur l’ecoeurement des doctorants exterieurs face a ce qui est percu comme une magouille geante.

        Malgre tout, peut etre faut il s’autoriser parfois des assouplissements du dogme, en tout cas pour le passage PR, en considerant qu’on recrute/promeut aussi des etres vivants, et non pas des dossiers scientifiques...

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        • Le recrutement local existe, parlons-en !

          le 6 avril 2010 à 08:13, par Aurélien Djament

          Je n’ai pas les chiffres exacts sous la main, mais il me semble que la diminution de la proportion de femmes entre les CR et les DR est moins importante qu’entre maître de conférences et professeurs. Néanmoins, je crois également me souvenir que la proportion de femmes au CNRS, qui était assez élevée à sa création comparativement à la situation générale de l’emploi des femmes à l’époque, n’a pratiquement pas augmenté, contrairement à l’université. Spontanément, je dirais qu’il y a un certain nombre de phénomènes qui contrarient l’avantage relatif d’un concours national pour l’égalité des sexes au CNRS, le principal étant probablement que le CNRS fait trop souvent figure de « centre d’excellence » par rapport aux universités (alors que la différence entre les deux, pour les personnels (enseignants-)chercheurs, devrait simplement résider dans le fait que chercheur et enseignant-chercheur constituent deux métiers différents, même s’ils sont évidemment très liés), ce qui dans le contexte actuel défavorise hélas les femmes.

          Il faudrait par ailleurs regarder de plus près les chiffres (je n’ai pas le temps de le faire maintenant), car les proportions des différentes disciplines varient assez notablement entre CNRS et universités, et les évolutions de féminisation des disciplines sont tout aussi diverses.

          Bien cordialement,

          A.D.

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  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 2 avril 2010 à 13:03, par Barbara Schapira

    Le non recrutement local est effectivement une specificite mathematique.

    Il comporte des avantages bien connus :

    * limiter les luttes de pouvoir entre vieux « mandarins » qui cherchent a caser leur protege-e.

    * permettre l’epanouissement du jeune maitre de conferences loin de l’influence et de l’autorite morale et scientifique du directeur de these

    * permettre le croisement des idees et cultures mathematiques

    * ameliorer en moyenne le niveau de recrutement.

    En revanche, les plus grands adeptes du non-recrutement local ne voient pas certains points noirs

    * le non-recrutement local est tres facile en Ile de France, on rigole en province des thesards de Paris 6 pris maitres de conf a Paris 11, puis profs a Paris 7.

    * En province, le non recrutement local bride les carrieres de nombreux collegues, par choix familial. Par exemple, un maitre de conf a Brest est a plus de 2H30 de route de l’universite la plus proche...

    * Le non recrutement local au niveau mdc a les avantages decrits plus hauts. Le non recrutement local systematique des PR pose des problemes de recrutement a certaines universites. Quand on est recrute prof, c’est pour bien plus longtemps que MdC. On choisit donc sa ville avec soin. Autrement dit, certaines regions isolees et/ou moins attractives que d’autres peuvent parfois peiner a trouver de bons candidats Profs, la ou le Mdc local a peut etre le meilleur dossier.

    * Le non recrutement local au niveau Prof penalise particulierement les femmes, souvent dotees d’un conjoint dont la carriere plus rapide les immobilise a un endroit donne.

    * Le non recrutement local au niveau PR pourrait etre pondere par un critere du style : on auditionne (classe, recrute eventuellement) les locaux dont le dossier scientifique est au moins comparable a celui des exterieurs.

    * Il ne faudrait pas perdre de vue que le « recrutement PR » est egalement une promotion dans la carriere de collegues HdR qui le meritent. Le facteur humain potentiellement destructeur pour certain-e-s collegues du non recrutement local est a prendre en compte, si on veut faire une gestion humaine du personnel !

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 2 avril 2010 à 16:25, par Olivier Garet

      Je suis tout à fait d’accord avec Barbara (que je salue au passage). J’ajouterais que selon moi, les problèmes liés au non-recrutement local systématique au niveau prof ne sont plus un risque, mais déjà une réalité : on voit beaucoup de maîtres de conférences qui seraient tout à fait capables de passer de passer une habilitation, mais qui lèvent un peu le pied parce qu’à quoi bon.
      C’est renforcé par le fait qu’en mathématiques, les profs sont recrutés plutôt jeunes, ce qui tend à créer assez tôt une dichotomie entre ceux qui, mobiles, passeront profs jeunes, et ceux, qui non mobiles (pour toutes sortes de raisons que Barbara a très bien décrites), ont le sentiment qu’ils risquent de rester maîtres de conférences toute leur vie.
      Malgré tout le mal que je pense de la LRU en général, il y a tout de même un point positif, c’est que la présence de nombreux extérieurs devrait permettre un jugement plus impartial et décomplexé sur les candidats locaux.

      Un autre point à considérer : depuis la LRU, des objectifs chiffrés en terme de recrutement exogène doivent faire partie de la négociation du plan quadriennal. Comme les mathématiciens contribuent très largement à remplir cet objectif, il serait logique qu’ils en tirent un bénéfice, en particulier dans la répartition des promotions à la hors-classe des maîtres de conférences : puisque les autres disciplines font le choix d’utiliser des postes de professeur pour la promotion interne des MCFs méritants, elles ont moins de besoins en chapeaux de maîtres de conférences hors-classe.

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  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 3 avril 2010 à 23:33, par Damien Calaque

    « L’un des moins mauvais systèmes de recrutement (pour tous les types de poste, d’ailleurs) me semble celui par concours de la fonction publique »

    Il me semble que le concours de recrutement des MC et PR est tout sauf... un concours. Dans la mesure où il y a un concours par poste (ce qui revient de facto à faire un recrutement « standard » : CV+entretient) , on peut difficilement comparer cela au concours du CNRS, ou à tout autre concours de la fonction publique.

    Damien

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 6 avril 2010 à 08:20, par Aurélien Djament

      Il me semble que le concours de recrutement des MC et PR est tout sauf... un concours.

      Très juste observation : le cadre national est de loin le plus adapté à celui d’un recrutement par concours conforme aux principes d’égalité républicaine. Les autres structures territoriales plus petites y sont moins favorables, mais quand on descend jusqu’à l’établissement lui-même avec un « concours » pour un poste, on se demande ce qui reste réellement du concours hormis le nom. C’est d’ailleurs bien pour cela que le gouvernement n’a pas eu besoin de modifier si profondément l’architecture du recrutement des enseignants-chercheurs pour mettre en place la privatisation progressive de fait des universités (avec un président d’université disposant de plus en plus de pouvoirs patronaux, on peut garder un « concours » MC tel quel, cela s’apparentera de plus en plus à une embauche dans le secteur privé), tandis qu’il cherche à tarir au plus vite les recrutements statutaires dans les organismes de recherche.

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  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 6 avril 2010 à 10:31, par Barbara Schapira

    Voici le lien donne par M Schatzman dans un commentaire de son article sur le plafond de verre, pour les statistiques chiffrees
    http://www.femmes-et-maths.fr/documents/Broze2juin07.pdf

    A priori, je suis tout a fait favorable au recrutement national par concours. Mais un bemol cependant.
    Il y a des villes/regions/universites/postes -beaucoup- moins attractifs que d’autres en moyenne.
    Dans un recrutement national, si le « moins bon » de la liste est affecte dans une region qui lui deplait au plus haut point, il va y aller a reculons, et partir des que possible. (Exemple des CR2 du CNRS, obliges d’aller passer quelques annees en provine, qui reviennent a Paris des que possible)
    Ca empeche alors labo et universite de travailler sur le long terme, et de developper des projets scientifiques entre collegues, entre labos, ou avec les etablissements scolaires ou l’industrie locale.

    Alors qu’un recrutement sur un poste local permet de recruter des gens qui vont rester et s’investir sur place.

    Un exemple caricatural : mes collegues de lettres et sciences humaines n’imaginent pas travailler ailleurs qu’a Paris. Ils ne viennent que pour leurs cours, en coup de vent. Les activites de recherche ne sont developpees qu’a Paris, rien en Picardie.

    Je crains bien qu’un recrutement national sur concours permette en sciences ’dures’ de recruter en moyenne des gens peut etre un chouia meilleurs, mais qui n’auront que faire de la fac et du labo et souhaiteront peut etre partir plus vite.

    (Dans certains coins de Picardie, le recrutement national sur concours des profs du secondaire fait que les jeunes profs se succedent a vitesse acceleree, sans jamais souhaiter s’investir sur place. C’est certes mieux que la profession medicale liberale, dont nous manquons cruellement...)

    Bon, cela etant, je reste par principe tres attachee au recrutement national par concours, mais dans le cas de mon labo, je suis perplexe : je ne suis pas sure que ca donnerait d’aussi bons resultats.

    Le recrutement national sur concours est la meilleure solution pour donner un poste a tous les « meilleurs » matheux, le recrutement par poste dans chaque universite me parait plus adapte pour developper des universites dynamiques, de bon niveau, dans toutes les regions francaises.

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  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 6 avril 2010 à 15:33, par Yvan Velenik

    Je pense que le problème du recrutement « local » d’un MCF ne se poserait plus de manière aussi prononcée si l’on obligeait (comme c’est le cas dans un grand nombre d’autres disciplines et dans tous les autres pays) les jeunes docteurs à effectuer un postdoc d’une ou deux années minimum dans un autre laboratoire, de préférence à l’étranger. J’ai toujours trouvé plutôt étrange l’idée de donner un poste permanent à un individu qui n’a pas encore eu, en général, l’occasion de démontrer ses capacités de chercheur indépendant...

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 7 avril 2010 à 07:49, par Aurélien Djament

      S’il s’agit d’imposer (comme cela est déjà de fait le cas dans certaines disciplines) quelques années de précarité supplémentaires, je ne suis pas d’accord pour obliger à faire un post-doc. Les (enseignants-)chercheurs commencent déjà suffisamment tard leurs carrières comme titulaires, avec tout ce que cela comporte comme lourds inconvénients sur le salaire indirect (même si le salaire direct est parfois élevé pour un post-doc) et comme incertitudes qui pèsent lourd notamment sur le plan familial (les femmes qui veulent avoir un poste dans la recherche pourront-elles avoir des enfants dans des conditions professionnelles satisfaisantes avant 40 ans ?). Le fait que les post-doc s’avèrent de plus en plus souvent nécessaires avant d’obtenir un poste fixe, qui s’inscrit dans la précarisation croissante de l’enseignement supérieur et de la recherche (cf. la récente enquête, très éloquente) et la pénurie imposée de postes permanents, ne me paraît même pas profitable d’un point de vue scientifique : il incite nombre de candidats potentiels excellents à s’auto-éliminer du système pour des raisons non scientifiques ; il empêche pendant de nombreuses années de s’investir dans des projets de long terme ou potentiellement risqués, il nourrit la course à la bibliométrie. Je ne suis même pas sûr que ce système de post-doc imposé garantisse que les candidats aient fait leurs preuves comme chercheurs indépendants. De plus, je ne crois pas que cette question touche un problème d’actualité : compte-tenu de la pénurie ambiante, le dilemme consiste plutôt, souvent, à sélectionner arbitrairement parmi les dossiers de très bons candidats...

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      • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

        le 7 avril 2010 à 15:19, par Yvan Velenik

        il incite nombre de candidats potentiels excellents à s’auto-éliminer du système pour des raisons non scientifiques

        C’est exact. De ce point de vue, la France, avec ses très nombreux postes permanents, est plutôt exemplaire. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre d’étrangers qui viennent s’y installer, faute de postes dans leur pays d’origine. Je suis également plutôt d’accord avec les autres objections, et il semblerait peu raisonnable d’imposer de nouvelles contraintes en maintenant les conditions actuelles. Par contre, couplées avec une amélioration du statut des enseignants-chercheurs (meilleur salaire et diminution des charges de cours, en particulier), je pense que ce serait une bonne chose, sans nécessairement aller jusqu’au mode de fonctionnement en vigueur dans les autres pays qui force la plupart des jeunes chercheurs à choisir entre quitter la recherche, ou à s’expatrier (en France, par exemple) pour toute leur carrière... Je connais quelques exemples d’enseignants-chercheurs ayant fait leurs études et leur thèse dans un labo pour y être ensuite recrutés comme MCF. Ça n’est pas sain, et d’ailleurs fonctionne souvent assez mal.

        compte-tenu de la pénurie ambiante, le dilemme consiste plutôt, souvent, à sélectionner arbitrairement parmi les dossiers de très bons candidats

        Il ne faut tout de même pas exagérer. Si l’on prend comme exemple le domaine que je connais le mieux, la théorie des probabilités, un rapide coup d’oeil sur « opération postes » montre qu’il y a plus de 20 postes de MCF avec profil mentionnant cette thématique. Soit certainement plus que le nombre de « très bons candidats »... Je reconnais toutefois que la situation dans d’autres domaines des mathématiques est moins favorable.

        En outre, il n’est en général pas si facile de déterminer sur la base de la thèse seule si un mathématicien est « très bon » ou pas. La qualité de la thèse en dit souvent au moins autant sur la qualité de l’encadrement du directeur de thèse que sur celle de son étudiant. En ajoutant quelques années de recherche après la thèse, l’évaluation est tout de même plus aisée. Recruter un MCF qui se révèle ne pas être à la hauteur n’est pas une chose anodine, au moins pour les petites structures, étant donné que cette personne va occuper son poste pendant plusieurs décennies...

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  • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

    le 18 avril 2010 à 11:51, par Rémi Peyre

    Cher Yvan, cher Aurélien,

    Étant concerné à brève échéance par votre débat, j’en ai lu les arguments avec intérêt. Il me semble clair que les problèmes évoqués aussi bien l’un comme par l’autre sont pertinents.

    En particulier, si certaines personnes apprécient de voir du pays dans leur jeunesse, d’autres (comme moi) tiennent aussi à pouvoir prendre leur marques et construire un réseau social solide : à 30 ans, déménager un an sur deux et se retrouver chaque fois dans une ville où on ne connaît personne (à part son conjoint s’il a pu nous suivre) ne me paraît pas sain du point de vue humain. Je pense en outre que cette instabilité, via les répercussions psychiques néagtives qu’elle peut avoir, est potentiellement préjudiciable à la production scientifique.

    Pour autant, j’approuve entièrement Yvan quand il dit qu’on n’a pas le recul nécessaire en sortie de thèse pour jauger les compétences véritable d’un candidat.

    Je propose donc de faire rebondir le sujet sur un point de vue politique, en exposant mon point de vue de vieux schnok libéral : pourquoi faut-il absolument que le poste de MCF soit « garanti à vie » ? Les universités ne pourraient-elles pas envisager de « licencier » un chercheur qui a déçu leurs espérances ? Si un tel système est certes susceptible d’ajouter un stress au travail des chercheurs (stress très relatif, à mon avis, dans la mesure où ce genre de décision n’arriverait pas sans crier gare, attendu qu’elle serait prise par les collègues côtoyés au quotidien), il me semble en revanche répondre à la fois au problème d’Aurélien et à celui d’Yvan.

    Je suis conscient du caractère trollesque de mon message, mais le sujet de la permanence des postes ne me semble pas pouvoir être occulté, surtout quand on considère la proportion inquiétante, dans les universités, de MCF « inactifs » en termes de recherche.

    Amicalement.

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 19 avril 2010 à 10:17, par Yvan Velenik

      Je ne suis pas certain qu’avoir un poste non-permanent soit bon pour la recherche (on serait trop tenter de travailler sur des choses « faciles » dont on est sur qu’elles conduiront à une publication). Par contre, on ne devrait pas considérer comme enseignant-chercheur quelqu’un qui ne fait pas de recherche. L’évaluation des labos tous les 4 ans permettrait de donner une définition « quantitative » de « chercheur » (p.ex., et au minimum, quelqu’un ayant publié au moins un article pendant cette période dans un « bon » journal). Une personne non-reconnue comme « chercheur » serait alors considérée comme « enseignante » et verrait sa charge d’enseignement doublée. Cela permettrait en outre de diminuer la charge des chercheurs actifs, ainsi que des jeunes...

      Je connais quelques « enseignants-chercheurs » qui ne font pas de recherche, ont la même charge d’enseignement que les autres, et en plus se débrouillent pour concentrer leurs cours sur 2 jours, afin d’avoir 5 jours de week-end par semaine !!!

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 21 avril 2010 à 21:52, par Barbara Schapira

      Je ne sais pas quelle est la proportion de gens inactifs chez vous.

      Quelques remarques que votre message m’evoque :

      1° Le nombre d’inactifs depend de ce qu’on appelle « actif ». Autrefois, il suffisait d’une publi par periode de 10 ans glissante, maintenant, il faut 2 publis tous les 4 ans. Sont donc actifs ceux qui cosignent les articles des copains, inactifs, de nombreux anciens, responsables de prepas capes/agreg/departements d’enseignements, doyens, etc, qui vont au seminaire, participent aux groupes de travail, discutent avec les jeunes, etc.

      2° Les inactifs (dans tout sens raisonnable du terme) que je connais, sont souvent vieux ou femmes. Les jeunes de ma generation ont ete recrutes dans une telle concurrence qu’il y a une pression certaine pour etre a la hauteur du poste de MCF. Les anciens ont ete recrutes sans meme obligation de these parfois, avec postes d’assistants convertis en mdc. Les femmes qui n’arrivent pas a redemarrer apres un ou plusieurs conges maternites et la charge de l’essentiel des taches domestiques meritent d’etre aidees plutot que licenciees.

      3° Si on ne m’offre qu’un CDD de Mdc, meme avec de « bonnes » chances d’etre maintenue en poste, si je suis sage, gentille avec mon chef, tolerante envers les collegues desagreables et machos, ... Je pars dans le prive en CDI, payee le double, sans etat d’ame !
      Bas salaires, conditions de travail deplorables, et en plus CDD ? Faut pas pousser...

      3 bis) Le statut de fonctionnaire (et la garantie de l’emploi) permet une liberte et une independance vis a vis des petits chefs qui sont a la base de la conception francaise de service public.

      4° Dans mon labo actuel, sur une grosse trentaine de Mdc, de vrais inactifs, il y en a probablement disons trois.
      Autrement dit 10%. Qui par ailleurs font leur enseignement correctement.
      Si on impose des menaces de licenciement, on va penaliser les 90% restants, stresser tout le monde, multiplier les publications de caniveau, tout cela pour 10% de gens, proches de la retraite, qui ont decroche de la recherche.
      Quel est l’interet ?

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    • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

      le 23 avril 2010 à 10:45, par Aurélien Djament

      Bonjour à tous,

      Je ne répondrai pas en détail sur les raisons qui me font défendre le statut de la fonction publique, à la fois par manque de temps et parce que ce n’est pas le lieu (de surcroît d’autres réponses au message de Rémi Peyre donnent des éléments), mais sur la question de ce supposé problème des inactifs en recherche, que soulèvent de façon récurrente les thuriféraires de la précarisation générale de l’enseignement supérieur et de la recherche.

      Quel que soit le travail pour lequel on est payé, il n’est pas normal qu’on l’accomplisse pas, sauf situation particulière reconnue comme congé maladie, maternité etc. (mais il faut déjà noter que ce n’est guère pris en compte, d’une manière générale, dans les critères bibliométriques, ce qui constitue l’un des facteurs aggravants à la discrimination envers les femmes dans la recherche), et cela expose à des sanctions, c’est évident. C’est le cas dans tous les métiers et aussi dans la fonction publique. La sécurité de l’emploi des fonctionnaires titulaires, qui n’a d’ailleurs rien d’absolu (même sans évoquer la dangereuse loi de mobilité), ne signifie nullement l’absence possible d’une large gamme de sanctions, qui n’ont rien d’anodin. Même sans sanction explicite, un maître de conférences qui ne fait vraiment pas de recherche du tout a très peu de chances de passer professeur, ou même d’accéder à la hors-classe, ce qui fait qu’il termine en terme de salaire en-dessous d’un agrégé du secondaire qui atteint ladite hors-classe. Ce premier point laisse déjà sceptique sur l’existence d’une forte proportion de maîtres de conférences ne faisant, sciemment, plus de recherche (certain en font peu, ou sont en difficulté en matière de recherche, mais cela peut avoir de nombreuses autres raisons, à commencer par des services d’enseignement et des tâches administratives trop lourds), surtout dans une discipline comme la nôtre où un grand nombre de collègues sont agrégés : quelqu’un qui ne veut pas faire de recherche (ou pas beaucoup) a tout intérêt en terme de carrière à devenir enseignant dans le secondaire.

      Maintenant, je suis quand même surpris que l’obsession de vouloir engager des mesures coercitives contre les fonctionnaires qui ne font pas leur travail, dont je doute que la proportion soit élevée tant en général que dans la recherche (elle n’est évidemment jamais nulle, mais cela vaut aussi dans le secteur privé sans sécurité de l’emploi), ne s’applique essentiellement qu’à la recherche. Que dire d’un enseignant-chercheur qui ne ferait pas d’enseignement ? On me répondra sans doute que ne pas venir devant les étudiants est beaucoup plus visible et expose de façon beaucoup plus immédiate à de graves ennuis que quelque chose de beaucoup moins quantifiable comme la recherche, mais cela oublie que le temps de présence devant les étudiants n’est qu’une part minoritaire du travail d’enseignement. Préparer à la va-vite les cours, s’arranger pour que les feuilles de TD retombent le plus souvent sur d’autres collègues quand on travaille en groupe, corriger négligemment les examens... tout cela est certes possible même sans se voir trop manifestement. Nos « libéraux » les plus acharnés répondront certainement par la demande de licenciement. Sans revenir à ce débat général, une question simple : pourquoi se focaliser malgré tout sur ceux qui ne font pas de recherche plutôt que ceux qui ne font pas réellement leur service d’enseignement ? La contradiction est d’autant plus flagrante qu’une proposition les plus populaires parmi les « libéraux » est d’imposer plus d’enseignement à ceux qui ne feraient plus de recherche. Si cela ne signifie pas qu’ils considèrent l’enseignement comme tout-à-fait subalterne vis-à-vis de la recherche, cela ne peut que vouloir dire qu’ils considèrent que les non-chercheurs ou les mauvais chercheurs sont automatiquement les enseignants les plus sérieux ou les meilleurs. J’avoue que je ne comprends pas très bien ce point de vue, en tout cas si on le défend il faut être cohérent et exiger la séparation absolue de l’enseignement et de la recherche.

      Ou alors, on peut penser qu’il ne s’agit pas de sanctionner les enseignants-chercheurs qui ne feraient pas assez de recherche, mais (même si ce n’est pas volontaire) de favoriser la compétition la plus délétère, le clientélisme (notamment pour les co-signatures de complaisance des publications) ainsi que la main-mise directe du pouvoir et du patronat (grâce aux contrats) sur la recherche, en décrétant sur des critères aussi filandreux que la bibliométrie que tel ou tel chercheur n’est pas assez productif. Sans parler des conséquences désastreuses pour la qualité des publications, déjà évoquées par Barbara Schapira.

      Bien cordialement,

      Aurélien Djament.

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      • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

        le 23 avril 2010 à 16:58, par Yvan Velenik

        quelqu’un qui ne veut pas faire de recherche (ou pas beaucoup) a tout intérêt en terme de carrière à devenir enseignant dans le secondaire

        Peut-être, sauf s’il trouve tentant d’être relativement bien payé (en tout cas mieux que la plus grande partie de la population) tout en ne travaillant que 2 jours par semaine et 8 mois par année... (Et oui, cela existe même en mathématiques !)

        Si cela ne signifie pas qu’ils considèrent l’enseignement comme tout-à-fait subalterne vis-à-vis de la recherche[...]

        La charge d’enseignement d’un jeune MCF est disproportionnée. Si celui-ci n’est pas parvenu à atteindre une véritable autonomie sur le plan scientifique à la fin de sa thèse, il va lui être difficile d’y parvenir dans ces conditions. Augmenter les charges d’enseignement (ou administratives) des collègues peu ou pas actifs en recherche permettrait de soulager les jeunes. Je ne comprends pas pourquoi on se fait traiter de libéral à chaque fois qu’on avance un argument de ce type : après tout, il n’est pas normal d’être payé à temps plein pour ne faire du travail qu’à mi-temps. Il est vrai que parfois les chercheurs ne faisant pas de recherche sont en plus de mauvais enseignants. Mais dans ce dernier cas de figure (mauvais enseignant et mauvais chercheur), il n’est point besoin d’être libéral pour considérer qu’une telle personne devrait être renvoyée !

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        • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

          le 28 avril 2010 à 09:42, par Barbara Schapira

          Dans un monde theorique, je n’ai rien contre l’idee que certains enseignent plus, d’autres moins.

          En realite, quand on essaie d’imaginer des criteres concrets de mise en place d’un tel systeme, on invente des machineries qui vont favoriser clientelisme, cosignatures de complaisance, stress, publications bas de gamme, etc.

          Et puis, un service a 192h, accompagne de delegations maintenues chaque annee en grand nombre, et accessibles a tous les collegues de tous les labos (pas le cas chez nous), independemment de la volonte des universites, ca donne un systeme honorable, ou certains enseignent plus, et d’autres moins. Ce n’est pas exactement cela qu’on veut ?

          Une fois encore, le point essentiel est de ne pas inventer des regles coercitives contre toute la communaute scientifique pour fliquer des abus minoritaires ou ultra minoritaires.

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          • Le recrutement des maîtres de conférences en mathématiques

            le 29 avril 2010 à 17:15, par Yvan Velenik

            Ce n’est pas faux. Néanmoins, de cette façon, les non-chercheurs continuent à être payés à temps plein pour un mi-temps (et encore !). Et s’ils sont minoritaires (en maths !), ils ne sont malheureusement pas « ultra-minoritaires ». Il est vrai qu’en France, vous avez l’habitude d’être particulièrement tolérants envers les profiteurs du système (et là, ça n’est pas limité à l’université !). C’est vraiment dommage, car cela donne des arguments aux démagogues qui vous dirigent...

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