20 novembre 2012

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Le spectacle vivant des mathématiciens

J’ai toujours aimé le spectacle vivant. Je dois des heures d’enchantement aux Comédiens Français, qui servent la langue comme personne. J’aime la langue française, j’aime aussi les mathématiques. Mais je n’imaginais pas que les mathématiques puissent à ce point se prêter, elles aussi, au spectacle vivant.

La journée organisée dans le cadre superbe du grand amphithéâtre de la Sorbonne pour commémorer le centenaire de la mort d’Henri Poincaré fut exemplaire à ce titre. Il n’y avait ni Président de la République, ni ministres, ni Marseillaise. Mais il y avait de merveilleux passeurs de mathématiques.

Le maître de cérémonie était là, permettant à son fan club, maintenant clairement constitué, d’admirer l’araignée et la lavallière du jour et ce mélange d’adolescent timide et de mathématicien affirmé qui fait tout son charme.

Tadashi Tokieda a joué les magiciens, avec un humour et une simplicité incroyables. Comme quoi il peut être passionnant de faire tourner comme des toupies des tubes en plastique tachés, de faire rouler des gobelets en plastique dans une gouttière en carton, de regarder tomber des cônes de papier, de faire tourner des billes de cèdre dans des bols à soupe ou de faire rouler sur une table des heptagones légèrement élimés. Et de voir que derrière tout cela se cachent des mathématiques, certaines simples, d’autres pas simples du tout. Les idées d’Henri Poincaré ont irrigué les mathématiques jusqu’à nos jours. Nous l’avons senti au cours de cette promenade magistralement guidée par Tadashi Tokieda, sa parfaite maîtrise de notre langue et sa curiosité dans tous les domaines,. L’universalité des mathématiques, matérialisée sous nos yeux.

Ensuite Etienne Ghys, aidé par Jules Verne, Méliès, Tintin et Jos Leys, nous a emmenés sur la Lune, pas moins. A peine retombés sur Terre et sortis de notre boulet de canon, nous avons vu les singuliers effets de la transformation du chat, et avons observé des trajectoires plus ou moins périodiques de boules se promenant dans des billards plus ou moins ronds. La littérature, le cinéma, la bande dessinée, la géométrie animée et le toujours fin regard sur le monde du conférencier ont fait de cette promenade un moment magique. Au mieux de son art, Etienne Ghys a su montrer comment les mathématiques glissent ainsi subtilement d’un problème à un autre qui lui permet d’avancer vers sa résolution. L’unité des mathématiques, matérialisée sous nos yeux.

Les clowns de l’Ile Logique, ont assuré l’intermède. Ils ont fait leur métier de clown. Difficile de passer entre nos deux grands.

Je me sens l’interprète des chanceux de tous âges qui ont assisté présents au spectacle de cet après-midi. Les malchanceux, eux, pourront très prochainement se consoler en allant voir les exposés retransmis sur le site de l’IHP. Mais le spectacle en boîte n’égalera jamais le spectacle vivant.

En notre nom à tous, je souhaite dire aux organisateurs et aux conférenciers un grand merci pour ces moments éblouissants.

Claudie

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Pour citer cet article : « Le spectacle vivant des mathématiciens »Images des Mathématiques, CNRS, 2012.

En ligne, URL : http://images.math.cnrs.fr/Le-spectacle-vivant-des.html

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