Ma visite à la Fondation Cartier

10 novembre 2011 Voir les commentaires

Lors d’un court séjour à Paris, je suis passé par le boulevard Raspail où se situe la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Un mur vitré protège autant qu’il montre quelques grands arbres ainsi qu’un bâtiment aux façades transparentes également. C’est ce lieu qui accueille depuis le 21 octobre et jusqu’au 18 mars 2012 l’exposition « Mathématiques, un dépaysement soudain ».

Deux salles principales au rez-de-chaussée, trois lieux au sous-sol. On m’invite à visionner tout d’abord des paroles de mathématiciens. Une grande salle du sous-sol, des sièges épars, une salle pleine de gens de tous âges écoutant, parfois assis par terre, ces paroles filmées par Raymond Depardon. Plus que ce qui est dit, et qui est pourtant fort intéressant, c’est l’ambiance du lieu qui m’attire. A la fois feutrée et enthousiaste, en même temps organisée et informelle, riche.

A proximité, un espace quasi vide et au centre une surface de révolution à courbure négative constante. Un jeune homme explique aux visiteurs de façon très simple ce que signifie cette expression, précise les limites de la représentation, encourage à poser des questions.

En retournant vers l’escalier qui mène au rez-de-chaussée, un écran, pas très grand, et une main. Une main, filmée de près écrit des mathématiques à la craie sur un tableau. Dans le même temps, on a le commentaire de ce qui se construit devant nous. Ma première impression : une grande frustration. J’ai envie que la caméra recule, englobe tout l’espace, montre celui qui écrit, qu’il y ait du mouvement. Puis on se laisse prendre par ce parti-pris. On suit les traits tracés, on tente de comprendre l’écriture mathématique, ce qui est raconté. Il s’agit de Cédric Villani montrant ses résultats sur une conjecture : la conjecture de Cercignani. Une conjecture dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce moment. J’ai finalement du mal à m’éloigner de cette main qui d’une certaine manière produit de l’or mathématique ! « La main est l’organe privilégié du mathématicien, ce qui lui permet d’écrire, ce qui lui permet de penser » a dit Cédric Villani dans une interview sur une radio.

De retour au rez-de-chaussée, je n’ai pas su m’intégrer dans la bibliothèque des mystères. Je suis resté à côté de cette présentation pour finalement trouver un enchantement dans la « curiosité artificielle et langage ». A proximité d’une salle proposant pavages de Penrose et spirale d’Ulam, un petit lieu circulaire accueille les ergo-robots. De petits robots échangent entre eux et avec le visiteur montrant parfois de la déception parfois de la joie. C’est tout à fait étonnant !

Dans cette exposition, les mathématiques ont vraiment été pour moi un ravissement immédiat, un plaisir constant, une découverte permanente, un dépaysement soudain et finalement rare !

Yannick

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Pour citer cet article :

— «Ma visite à la Fondation Cartier» — Images des Mathématiques, CNRS, 2011

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