Mathématicien, c’est le top !

Le 7 août 2009  - Ecrit par  Louis Funar Voir les commentaires (2)

Dans un article récent de Wall Street
Journal « Doing the Math to Find
the Good Jobs » [1],
on peut trouver les résultats d’un sondage sur l’attractivité des
différents métiers
aux États-Unis. Et, pour la première fois, les statistiques s’accordent
à dire qu’aujourd’hui le meilleur métier serait
celui de « mathématicien(ne) ».
Il est suivi par « actuaire » [2] et « statisticien(ne) ».
La hiérachie établie
par CareerCast.com a pris en compte le cadre du travail,
les revenus, l’effort (physique)
demandé ainsi que le stress qu’il peut causer.

Dans un contexte social très animé (pour ne pas dire tendu)
depuis quelques semaines,
voici, enfin, une bonne nouvelle pour les matheux et, plus généralement,
pour les scientifiques. Car « faire des maths » est devenu
une profession respectable, enviée et qui
donne pleine satisfaction non seulement aux yeux des
mathématiciens mais aussi à ceux qui ne la pratiquent
pas (tous les jours, voire même pas du tout).
Ceci est d’autant plus valorisant
que le cliché vehiculé le plus souvent pour le mathématicien
était celui du personnage distrait et rêveur, vivant
en marge de la société à cause de ses préoccupations
purement abstraites. Désormais ça sera peut-être
chic d’être mathématicien...

Ce qui distingue les trois premières
positions dans ce classement n’est pas la satisfaction d’ordre intellectuel
que l’exercice du métier pourrait nous procurer mais le niveau des revenus.
Le salaire annuel médian d’un mathématicien
est d’environ 94160 $ selon cette étude, de
88146 $ pour un actuaire et respectivement de 72197 $ pour un statisticien.
Ces chiffres sont en corrélation avec les études menées dans les
universités américaines (voir par exemple [3]).
Mais il faut savoir qu’aux États-Unis
un nombre important de mathématiciens
(c’est-à-dire des personnes ayant suivi une formation universitaire en
mathématiques) sont attirés et employés
en dehors du milieu académique, dans la finance,
l’industrie, les assurances etc., contrairement à ce qui se passe
habituellement en Europe.
En effet, le mathématicien est défini (pour les propos
de cette étude) comme
celui ou celle qui applique des théories et des formules
mathématiques pour enseigner et/ou résoudre des
problèmes mathématiques, soit dans le processus éducatif soit
dans un cadre industriel, financier ou commercial.
Il va de soi que ceux qui créent et étudient les théories en questions
sans pour autant chercher des applications immédiates
trouveront leur place également parmi les premiers, bien qu’ils soient
moins nombreux.

Ce n’est pas la première fois que les matheux se retrouvent
bien classés. Le top des meilleurs emplois en 2007 donnait
gagnant le métier de « biologiste » devant celui d’« actuaire » et
d’« analyste financier » lequel devançait de quelques places
seulement celui de « mathématicien ».
Une apparition constante est l’« actuariat » qui loge aux premiers
rangs depuis que ce genre de statistiques existent.

La valeur d’un tel classement est bien sûr toute relative.
Tout ce que j’espère est que le soudain intérêt
suscité par ce métier n’est pas présage de malheur.
En 1999 « webmestre » figurait à la première place du top
devant « actuaire » et « informaticien » et ça se
passait peu avant que la grande bulle internet n’explose
et les valeurs « nouvelles technologies » ne s’effondrent en bourse.
Et qui peut prédire comment la bourse des réformes
concernant les enseignants-chercheurs va évoluer au cours des
prochaines années ?

Notes

[1L’article du Wall Street Journal

[2L’actuaire est un haut technicien de l’assurance. Il réalise des études économiques, financières et statistiques dans le but de mettre au point ou de modifier des contrats d’assurances.

[3Le document (PDF) « 2007 Annual Survey of the Mathematical Sciences » par Polly Phipps, James W. Maxwell, et Colleen Rose, disponible aussi sur le site de l’AMS ici

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Pour citer cet article :

Louis Funar — «Mathématicien, c’est le top !» — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

Commentaire sur l'article

  • Mathématicien, c’est le top !

    le 21 février 2009 à 06:43, par Jean-Marc Schlenker

    Merci Louis pour ce billet encourageant pour nos étudiants (et pour nous-même).

    Une précision quand même : tu écris à propos des débouchés des mathématiciens en-dehors du milieu académique qu’ils sont importants aux Etats-Unis, « contrairement à ce qui se passe habituellement en Europe ». Je crois qu’il serait plus correct d’écrire « contrairement à ce qui se passe habituellement en France ». Il me semble qu’il y a beaucoup de pays européens (Suisse, Allemagne, et même Grande-Bretagne) où il est tout à fait courant qu’un étudiant formé en maths au niveau M2 ou doctorat trouve un travail dans une banque, une assurance ou une autre entreprise. En France c’est plus rare.

    Répondre à ce message
  • Mathématicien, c’est le top !

    le 1er septembre 2010 à 00:08, par Ilies Zidane

    Je savais que c’était un beau métier, mais à ce point ! C’est clair que c’est encourageant. Ceci dit autre différence notable entre la France et les US est la grille des salaires.

    Répondre à ce message

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