Quelques vies plus ou moins brèves de Jacques Roubaud

Piste verte 8 octobre 2009  - Ecrit par  Nicolas Bergeron Voir les commentaires (2)

Jacques Roubaud nous parle de poésie, de mathématiques, de littérature, de la vie...

Au cours d’une longue promenade dans le Marais, à Paris, autour du square des Grands-Édredons et de l’église Sainte-Gudule, par les rues des Citoyens et Vieille-des-Archives, sur les lieux de son roman la Belle Hortense, Jacques Roubaud nous a parlé de poésie, de mathématiques, de littérature, de la vie, quoi...

Ce portrait décrit, par touches, quelques aspects de Jacques Roubaud et de ce qu’il nous a dit. On trouvera, en note, des extraits de ses textes... et on pourra même y entendre sa voix.

Vie brève de Jacques Roubaud

JPEG - 144 ko

1. Jacques Roubaud (J.R.) est né le 5 décembre 1932 à Caluire-et-Cuire.

2. Filiation I. Sa mère, Suzanne Molino est une des premières femmes entrées à l’École Normale Supérieure, en 1927. Elle enseigne l’anglais.

3. Filiation II. Son père est lui aussi enseignant.

5. Comme l’ami de la famille - le philosophe Georges Canguilhem - il est condisciple de Sartre et Aron à l’École normale. Lucien Roubaud et Georges Canguilhem sont pourtant séparés de Sartre et Aron par leurs origines populaires et provinciales. J.R. présente volontiers son père comme « provençal ».

6. Gardons Canguilhem en tête, Canguilhem, le résistant mais aussi le « défenseur d’une tradition d’histoire des sciences et d’épistémologie qui, au temps du triomphe de l’existentialisme, représentait le refuge hérétique du sérieux et de la rigueur » [1].

9. J.R. dénombre, J.R. écrit de la poésie. Dès 1944 (il a douze ans), il reçoit un prix (décerné par Louis Aragon).

11. J.R. quitte la classe d’hypokhâgne (classe préparatoire littéraire) à la suite d’un commentaire d’un poème de Nerval.

Ce poème, il était à moi. Personne n’avait rien à en dire. Il était à moi parce que Nerval l’avait écrit pour moi.

14. Un refus de l’analyse universitaire qu’il théorisera plus tard en impossibilité de la
paraphrase.

La poésie dit ce qu’elle dit en le disant.

C’est une double rupture avec la « famille » (universitaire) et Aragon (la poésie « engagée »).

18. Après l’hypokhâgne, J.R. est élève d’une classe de mathématiques spéciales.

Mon titre de gloire est d’avoir été ancien futur élève de l’École Normale
Supérieure section des lettres et ancien futur élève de l’École Normale
Supérieure section des Sciences... enfin, je n’ai pas passé de concours.

23. Études de mathématiques à Paris. C’est-à-dire à l’Institut Henri Poincaré [2].

26. Rencontre avec Pierre Lusson [3]. Les cours de Choquet et Schwartz, puis ceux de Chevalley l’impressionnent particulièrement.

29. Publie un premier recueil de poésie, dont le titre est $\in$ (ce qu’il est d’usage de prononcer « signe d’appartenance ») et passe une thèse de mathématiques.

30. Entre à l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), fondé en 1960 par Le Lionnais et Queneau [4].

33. Maîtres.

Mon père n’a jamais été « disciple » de personne. Voilà encore un caractère
héréditairement transmis.

J.R. n’est pas un disciple mais a cherché et s’est choisi une multiplicité de figures magistrales :

Queneau [...], Raimbaut d’Orange, et Cavalcanti, et Mallarmé, mais Gertrude
Stein
 ; et Trollope, et Kamo no Chomei. Voilà (et la liste n’est pas exhaustive) pour la poésie, et la littérature. J’ai eu des maîtres en mathématiques (Claude Chevalley, Jean-Paul Benzécri), et ailleurs [...]

35. Modeste et drôle, de sa voix douce (que l’on peut entendre, mêlée aux bruits de la ville, en cliquant ci-dessous), « il ne se prononce [sur un poète] que quand il peut en dire du bien » (dit Pierre Lusson).

39. Sa drôlerie peut néanmoins être féroce :

Dans l’état actuel des choses, il serait sans doute préférable que le paragrammatisme abandonne ses références imprudentes et non fondées à
la démarche et aux résultats des différentes disciplines scientifiques (linguistique, mathématiques et psychanalyse tout particulièrement) et s’engage résolument dans la voie qui lui est naturelle : celle de l’incantation
magique [5].

Ou « refuge hérétique du sérieux et de la rigueur » face à la revue littéraire Tel Quel...

41. Les choix des figures magistrales seront donc autant de contre-choix.

50. De Queneau contre le surréalisme :

Il n’y a jamais de formes poétiques épuisées, il n’y a que des versions
épuisées de formes.

jusqu’à

Chevalley le bourbakiste contre Bourbaki même.

51. Surtout, J.R. est l’auteur :

  • d’autres poèmes, Quelque chose noir, la Forme d’une ville change plus vite hélas que les cœurs des humains [6],
  • d’un « projet » autobiographique, le Grand incendie de Londres, avec ses branches, la Boucle, Poésie :, Mathématique :,
  • de romans la Belle Hortense, l’Enlèvement d’Hortense, l’Exil d’Hortense, Éros mélancolique (avec Anne Garréta),
  • de récits, comme Parc sauvage,
  • d’un manuel de go, Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du go en collaboration avec Pierre Lusson et Georges Perec,
  • d’essais sur la poésie, la Vieillesse d’Alexandre, la Fleur inverse,...

citons encore, des vies brèves, dans l’Abominable tisonnier de John McTaggart Ellis McTaggart...

53. Parce que c’est le plus roubaldien des nombres de Queneau... [7]

J.R. en poésie

Une des sources de la poésie de J.R. est une forme, le sonnet, des formes, telles celles qu’il a évoquées avec nous : sextine/quenine, éodermdrome, pharoïne, S+7 (tous ces mots sont expliqués ci-dessous).

Cette fascination pour la forme se retrouve dans son étude de la poésie des troubadours, la Fleur inverse.

Pour produire dans la forme essentielle — la canzo (la chanson d’amour) —
il fallait que ça soit original dans le sens où un des éléments qui la constitue devait être original (la mélodie, la disposition des rimes ou la disposition des mètres). Si on se bornait à reproduire la totalité des aspects d’une telle forme, on était un voleur !

Ceci impose, de manière draconienne, un renouvellement assez constant, donc il y a une complexification — dans l’histoire de la poésie des troubadours — qui part d’une forme très très simple et qui devient extrêmement complexe.

L’exemple d’Arnaut Daniel est une de ces voies-là. C’est-à-dire que, dans la canzo la plus ordinaire, tous les vers riment à l’intérieur de la strophe, on peut avoir l’idée d’introduire une variation qui fait que l’un des vers n’aura pas de répondant dans la strophe mais aura son répondant dans la strophe
qui suit, à un endroit... le même ou différent... puis on peut en faire 2 ou 3...

L’un des aspect de la sextine [8] est qu’aucun des mots de la strophe ne rime avec aucun autre — ils sont tous estramps, ils sont tous non rimants — il y a des tas de directions de ce genre... on n’a pas conservé tout ce qui a été produit, on n’a conservé que ce qui a été noté. Quand même 2500 textes, et ça représente — rien que pour les dispositions des rimes — plus de 800 formes différentes. Alors que Hugo fonctionne avec 3 ou 4. La poésie française du dix-neuvième a une variation strophique extraordinairement pauvre !

J.R. utilise notamment la quenine et les nombres de Queneau dans son roman La belle Hortense, mais de nombreuses autres « contraintes » d’origine mathématique, combinatoire, sont à l’œuvre dans ses textes.

Dans le récit récent Parc sauvage, c’est un éodermdrome qui est utilisé. Cette contrainte a été proposée par un mathématicien, spécialiste de théorie des graphes et membre de l’OuLiPo, Claude Berge.

vous essayez de construire une phrase qui passe par tous les côtés et toutes les diagonales une fois et une seule [9].

Cette utilisation de la contrainte révèle toute l’attention que J.R. porte à la genèse de sa propre poétique.

[Le poète n’est pas] caisse de résonance des voix célestes, martiennes, ou autres.

Le défi du poète face à la contrainte est alors — comme J.R. le dit
lui-même à propos du S+7 [10]). — de

rendre significatif quelque chose d’aussi peu significatif que ça.

Et J.R. de citer en exemple le poème — à base de S+7 itérés — composé par
François Caradec à la mort de Jean Queval, et intitulé Souvenir de Jean Queval.

Citons quant à nous, parmi les textes qui rendent très significatives les contraintes utilisées : Quelque chose noir, la Forme d’une ville change plus vite hélas que les cœurs des humains ou encore Parc sauvage.

J.R. oulipien

La rencontre avec l’Ouvroir de Littérature Potentielle (OuLiPo, déjà mentionné plusieurs fois ci-dessus) est surtout la rencontre avec ses deux fondateurs Raymond Queneau et Francois Le Lionnais (dont Images des mathématiques a déjà publié un portrait, auquel nous renvoyons).

J’ai d’ailleurs, pendant des années, gardé une réserve profonde (et une incompréhension partielle, qui en est la conséquence) à l’égard des buts et des stratégies oulipiennes, craignant pour mon indépendance poétique, que j’ai
toujours voulue absolue.

L’OuLiPo permet à J.R. de transformer en choix positif deux refus.
C’est d’abord le choix de Queneau contre le surréalisme d’Aragon et Breton. Mais c’est aussi le choix de François Le Lionnais contre Aragon (encore) et
la poésie engagée de la résistance. Ce choix est facilité par la personnalité
du président fondateur :

François Le Lionnais était quelqu’un qui avait été dans la résistance, qui avait été déporté au camp de Dora et qui, en revenant, avait écrit un texte qui m’a beaucoup impressionné qui s’appelle la Peinture à Dora. Pour survivre, il essaie avec ses camarades, de décrire des tableaux... il reconstituait les tableaux du Louvre...

Il y a l’attrait d’une certaine manière de concevoir la composition poétique et littéraire en général, mais ce n’était pas indépendant de la personnalité des fondateurs en particulier, aussi bien dans mon cas que dans le cas de Perec, le fait que FLL était celui qui avait écrit la Peinture à Dora, un des trois textes que nous lisions à l’époque, le texte de Primo Levi et le livre de Robert Antelme... [11]

Mais évidemment il y aussi « l’attrait de la combinatoire ». J.R. aime les commandes et le plaisir qu’il y attache n’est sans doute pas étranger à celui de créer une nouvelle contrainte.

En voici quelques exemples très différents.

  • la pharoïne, un genre de sextine, explicité dans un article de ce site, pour lesquelles, outre la contrainte due à la permutation des mots-rimes, il s’agissait d’utiliser les mots d’un artiste (Jean-Paul Marcheschi) pour « illustrer » ses œuvres.
  • les joséphines,

Il y a une histoire qui est racontée au moment de la première révolte juive contre les Romains. Ils ont résisté pendant très longtemps. Eh puis,
finalement ils ont été battus, ils restaient très peu nombreux avec les chefs réfugiés dans une espèce de grotte. Et ils ont décidé qu’ils ne voulaient pas tomber vivants aux mains des Romains. Ils s’interdisaient, pour des raisons religieuses, de se suicider.
On ne sait pas comment ils ont fait mais il y a eu un survivant qui ensuite
a réussi à persuader le général romain de ne pas l’emmener comme esclave
à Rome, est devenu assez ami avec lui et a écrit un livre assez fondamental.
C’était l’historien Flavius Josèphe, il raconte tout ça. Alors il dit que c’est la providence qui l’a sauvé...

Au 17e siecle un mathématicien français — qui a une certaine importance
dans l’histoire des mathématiques parce que c’est en lisant sa traduction
du Diophante que Fermat a mis dans la marge l’hypothèse de son fameux théorème. Il s’appelait Bachet de Méziriac, c’est un
personnage assez extraordinaire, qui était mathématicien, qui était poète et... il avait un château à Bourg-en-Bresse, il était assez riche et il écrivait des
tragédies qu’il faisait représenter dans son château et la scène représentait
ce qu’on voyait par la fenêtre et il faisait jouer aux acteurs leurs propres histoires d’amour. C’était un inventeur...

Et ce Bachet de Méziriac a écrit un petit livre — toujours disponible — qui s’appelle : Problèmes plaisans et délectables qui se font par les nombres. Et pour un des exemples il choisit cette histoire-là pour expliquer comment selon lui Flavius Josèphe — qui était le chef des insurgés — a réussi à survivre :
ils se sont mis tous en rond et chacun a sorti son épée et a été chargé
de tuer son voisin. Quand on a fait tout le tour il y en a un certain nombre
qui ont disparu puis on recommence. Et finalement il n’en reste qu’un. Si on
calcule bien on peut être le dernier. C’est ce qu’il aurait fait.

Il se trouve que cette permutation-là est une de ces permutations qui sont particulièrement importantes dans les jeux de cartes. J’en ai fait la joséphine.
Elle est intéressante car au lieu de faire tourner les choses, on fait disparaître.
On part d’une strophe ordinaire qui est comme tous les personnages, dans la deuxieme strophe on en a viré un puis ainsi de suite...
Et finalement il n’en reste plus qu’un. Voilà c’est la joséphine descendante
mais on peut faire le contraire c’est la joséphine ascendante [12].

On obtient ainsi toute une famille de formes
poétiques déduites de la combinatoire et essentiellement de la théorie des permutations.

Ce qui nous amène aux mathématiques.

J.R. en mathématicien

J.R. compte, dénombre, arrange. Il pense nombre et vit en nombres et, comme pour Kronecker, l’algèbre — à qui le milieu mathématique « n’a jamais pardonné [...] de n’avoir pas été inventée par les Grecs » — est pour lui « la fille chérie de l’arithmétique ». Le livre d’Artin Algèbre géométrique lui est une révélation :

J’ai été heureux lorsque j’ai lu le petit livre d’Artin Algèbre géométrique, où je pouvais démontrer tous les théorèmes les plus fameux de la géométrie élémentaire avec seulement de l’algèbre.

Mauvaise foi d’un incorrigible algébriste : le livre d’Artin est justement une manière de voir surgir les structures algébriques modernes de la géométrie élémentaire.

À la question du lien entre art et mathématiques J.R. répond sans appel « aucun ! » :

La mathématique est une activité autonome et la littérature est tout à fait différente. La seule chose est qu’on peut probablement se servir de nombres pour la composition. En particulier, la composition poétique a toujours utilisé les nombres. En général, ces nombres ont été choisis avant
que celui qui les utilise ne s’en serve. Par exemple Victor Hugo n’a pas inventé
l’alexandrin.

J.R., mathématicien ?

Pas mathématicien. Piéton des mathématiques. Je m’étais mis à faire des maths pour des raisons utilitaires (rien à voir avec la poésie) : manger, et avoir du temps libre.

Je suis parti vers la mathématique, d’abord par un refus de l’analyse universitaire de la poésie quand j’étais en hypokhâgne...

J.R., adepte de Bourbaki (une question naturelle, pour les lecteurs de Mathématique :) ?

Bourbaki apparaissait comme une révolution dans l’ordre de la mathématique.

Bourbaki donnait l’idée qu’un mathématicien ordinaire pouvait
comprendre la mathématique. C’etait une idée intéressante...

Et puis il y a aussi le style de Bourbaki.

Bourbaki, ils écrivent comme Bossuet. C’est du français du dix-septième avec
beaucoup d’ampleur ; ça me plaisait beaucoup.

Mais comprendre les mathématiques, avoir une idée de l’ensemble
du champ mathématique, prend du temps, empiète sur la poésie.
Il est temps de se trouver un sujet de recherche.

Au moment où j’ai compris que pour avoir plus de temps
il fallait que je cesse de résoudre les exercices de Bourbaki
je me suis tourné vers quelqu’un que j’admirais beaucoup, Chevalley.

Chevalley qui me faisait penser à ce poème d’Henri Michaux
qui dit qu’il aperçoit une
locomotive qui avance sur la mer et elle avance poussée par la foi... c’est absolument ça : il était persuadé du caractère productif de la rigueur.

J.R. en piéton

JPEG - 188.7 ko

J.R. aime marcher (et compter et composer, de préférence des sonnets, en marchant).

Mais J.R. - il nous l’a dit - se voit aussi en « piéton des mathématiques ».

Ce style piéton est une forme de « refuge du sérieux et de la rigueur ».

Lui m’a expliqué ça ; ça a peut-être duré une demi-heure. Moi j’aime pas,
j’ai tendance a être plus piéton que ça, d’autant plus qu’au fond ça pourrait ne pas marcher !

Sans invoquer directement un rapport entre art et mathématiques, c’est certainement dans certaines habitudes de pensée et une exigence en matière de théorie (ne serait-ce que de « revenir aux définitions ») qu’il faut chercher le lien entre le J.R. poète et le J.R. mathématicien.

C’est bien en piéton que J.R. parcourt la vie, au cours de longues marches, à Paris [13], à New York [14], en se désaltérant (respectivement) de diabolo-menthe et de root-beer.

Lecteur [15], joueur de go, théoricien du rythme [16], anglomane, J.R. a bien d’autres vies...

Post-scriptum :

Ce portrait a été écrit à la suite d’une rencontre de l’auteur (accompagné d’Emmanuel Ferrand et de Michèle Audin), avec Jacques Roubaud, le 5 juin 2009, sous l’œil bienveillant et professionnel
du photographe Martin Argyroglo, à qui toutes
les photos présentées dans cet article et son portfolio sont dues.

La « photographie sonore » est due à Emmanuel Ferrand.

Outre l’auteur de l’article, il convient donc de citer ces
auteurs, Martin Argyroglo et Emmanuel Ferrand, en utilisant les matériaux
iconographiques ou sonores de cet article.

JPEG - 240.6 ko
JPEG - 229.8 ko
JPEG - 242.9 ko
JPEG - 205.7 ko
JPEG - 372.7 ko
JPEG - 177.5 ko
JPEG - 498 ko
JPEG - 595 ko

Notes

[1Bourdieu dans « Esquisse pour une auto-analyse ».

[2Il était impossible que la description que fait J.R. de l’amphithéâtre Hermite de cet institut pendant l’année 1954—55 ne figurât pas sur ce site, la voici donc, c’est le début du récit Mathématique :.

PDF - 1.1 Mo

[3Pierre Lusson est notamment l’auteur d’une théorie du rythme, dont on trouvera des éléments ici.

[4L’OuLiPo, est un groupe d’écrivains et de mathématiciens qui cherchent et utilisent des contraintes (mathématiques ou non) pour créer des textes littéraires. Outre les fondateurs et J.R., l’oulipien le plus connu est Georges Perec.

[5Pierre Lusson et Jacques Roubaud « Sur la Sémiologie des paragrammes de Julia Kristeva ». Il n’est bien sûr pas nécessaire de comprendre le mot paragrammatique pour apprécier !

[6« Dialogue » avec le Raymond Queneau de Courir les rues.

[7Les nombres de Queneau sont des nombres entiers définis (par Queneau) pour être les longueurs des strophes de poèmes du genre sextine. Nous renvoyons à cet article pour plus de précision. Les vingt premiers nombres de Queneau sont ceux que nous avons utilisés pour numéroter les items de cette vie brève. J.R. fait une utilisation sans modération de ces nombres (et en particulier du nombre 53) dans ses œuvres.

[8La forme sextine du poète provençal Arnaut Daniel, dont J.R. parle ici, et ses généralisations (quenines, en référence à Raymond Queneau), font l’objet d’un article sur ce site.

[9
On dessine par exemple un pentagone régulier (en rouge sur la figure) et toutes ses diagonales (en vert). À chaque sommet, on attribue une lettre (ou un mot). L’exemple de la figure est celui que l’on trouve sur le site ouèbe de l’OuLiPo. C’est aussi et surtout un des exemples explicités dans Parc sauvage : en 1942, des enfants communiquent par messages secrets et dessins ; dans son journal l’une d’eux, livre, bien après la disparition de son auteur, son dernier message :

Surtout, sors.

Le mot « éodermdrome » lui-même est fabriqué avec la même figure et les lettres DROME (l’ordre dans lequel il faut placer ces cinq lettres au sommet du pentagone est laissé aux lecteurs).

[10Le S+7 est une sorte de défi ; il consiste
à remplacer, dans un texte, toutes les noms (substantifs) par le septième nom le suivant dans un dictionnaire fixé (par exemple, « Images des mathématiques » devient « Imamats des matinées » (Dictionnaire utilisé : Petit Robert, édition 1993).

[11Si c’est un homme, de Primo Levi, L’Espèce humaine, de Robert Antelme, témoignages et réflexions sur le monde concentrationnaire. Le petit livre la Peinture à Dora, de François Le Lionnais, est disponible aux éditions L’échoppe.

[12On trouvera des exemples de joséphines ascendantes et descendantes ici.

[13Ici un des 20 sonnets (un par arrondissement de Paris) de la Forme d’une ville change plus vite hélas que le cœur des humains.

PDF - 269.3 ko

[14Ici, J.R. nous confesse son amour pour la root-beer, à New York, après pancakes (et marche à pied, bien sûr), dans un extrait de la Dissolution.

PDF - 668.4 ko

[15Le chapitre de la Belle Hortense consacré à la Bibliothèque Nationale a été longtemps affiché dans cette bibliothèque. Nous vous proposons ici le § 53 de Poésie :.

PDF - 1.2 Mo

[16Ici deux pages de la Boucle, aspects d’une théorie du rythme à deux dimensions.

PDF - 1.6 Mo

Partager cet article

Pour citer cet article :

Nicolas Bergeron — «Quelques vies plus ou moins brèves de Jacques Roubaud» — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

Commentaire sur l'article

  • Quelques vies plus ou moins brèves de Jacques Roubaud

    le 8 octobre 2009 à 18:28, par Etienne

    Merci pour ce document que j’apprécie énormément. Je n’ai bien sûr point encore eu le temps de le (dé)lire en sa totalité mais je ne manquerai pas d’y revenir souvent pour m’y délecter les méninges !
    Les photos du grand Jacques Roubaud sont en tout cas superbes !
    Merci pour ce site que je viens de découvrir par une amie d’une amie oulipienne ! Hip Hip Hip Oulipo(p)Hourra !

    Répondre à ce message
    • Quelques vies plus ou moins brèves de Jacques Roubaud

      le 8 octobre 2009 à 18:29, par Etienne

      J’ai oublié de signé ...

      Etienne - Heureux -

      Répondre à ce message

Laisser un commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Dossiers

Cet article fait partie du dossier «Mathématiques et littérature» voir le dossier

Suivre IDM