Revue de presse avril 2015

1er avril 2015  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (5)

Face à la répétition des actes de terreur, nos premières pensées vont aux victimes et aux tunisiens, à leurs mathématiques. Une effervescence de manifestations a eu lieu le mois dernier, là-bas et ici : π-day, semaine des mathématiques, forum mathématiques vivantes, pour n’en citer que quelques unes. Quelle meilleure réponse donner à l’antienne de la crise de l’enseignement ?

Mathématiques en Tunisie

La Société Mathématique de Tunisie tenait son congrès annuel dans la paisible station balnéaire de Sousse lorsque la triste nouvelle de l’attaque du musée du Bardo est tombée. Rappelons que le pays du Printemps arabe est aussi une terre fertile pour les mathématiques : en témoignent ce mois-ci une école de recherche CIMPA dédiée au mathématicien Abbas Bahri, le prix Khwarizmi attribué notamment à Habib Ammari pour ses recherches en imagerie mathématique, la tenue de compétitions mathématiques à Mahdia ou encore un article du site Investir en Tunisie sur le « boom des MOOC ». 

Mathématiques en action

L’imbrication profonde entre les mathématiques et leurs applications JPEG est une évidence de plus en plus partagée, comme en témoigne par exemple la superbe brochure Zoom sur les métiers des mathématiques et de l’informatique réalisée en partenariat par les sociétés savantes de mathématiques et d’informatique SMF, SMAI, SFdS, SIF, l’association Femmes&Mathématiques et l’ONISEP. Espérons que cette brochure inspirera de nombreux-ses jeunes lycéen-ne-s à se tourner vers les études de mathématiques et d’informatique. On pourra aussi découvrir le métier de bio-statisticienne sur jactiv.ouest-France.

Les conférences grand public des mathématicien-ne-s professionnel-le-s tentent de plus en plus fréquemment de répondre aux mêmes questions : « Les maths, pour quoi faire ? », « les maths, à quoi ça sert ? »
Récemment invités par l’université de Genève, trois lauréats de la médaille Fields, Vaughan Jones, Stanislas Smirnov et Martin Hairer, vous expliquaient à quoi servent les mathématiques. On peut encore écouter Martin Hairer à ce sujet, invité pour l’occasion par l’émission CQFD de la chaine suisse RTS.
Mentionnons aussi les très nombreux-ses mathématicien-nes multipliant les conférences, comme l’illustre le site Paris Normandie à propos d’une conférence grand public du mathématicien et informaticien Damien Jamet.

On l’a déjà évoqué dans ces colonnes, les mathématiques se mettent de plus en plus souvent au service de la médecine. Ce mois-ci, le site corsenetinfos.fr relate une conférence de deux scientifiques marseillais à Bastia, le mathématicien Dominique Barbolosi et l’oncologue Fabrice Barlesi, qui travaillent ensemble depuis des années pour mettre en équations puis améliorer le dosage des traitements aux malades de cancers.

Les médias ont aussi retenu le tour du monde de Solar Impulse. Le site www.capital.fr nous apprend que l’épopée de l’avion solaire repose entre autres sur les modélisations des aléas météorologiques développées par la société Altran. Celles-ci nécessitent le traitement d’une quantité phénoménale de données météorologiques.JPEG

Enjeu de taille aujourd’hui, ce fameux Big Data, la quantité toujours plus phénoménale de données produites et utilisées dans tous les domaines, pose de nombreuses questions. L’émission Du grain à moudre du 10 mars dernier sur France Culture aborde ce sujet sous l’angle du journalisme. Les journalistes arriveront-ils à donner sens à cette quantité immense de données sans s’y perdre et nous perdre avec ?

Les champs d’application de la simulation numérique s’agrandissent, comme nous l’apprend le site industrie-techno.com Ainsi, on ne simulait jusqu’à récemment que les produits et leur comportement, mais pas les processus de fabrication. Ces simulations semblent en effet difficiles à mettre en œuvre, un processus de fabrication typique mettant en jeu des phénomènes physiques très variés (thermiques, mécaniques, ... ) et souvent fortement non linéaires (transition de phase).
Cependant, des simulations efficaces apparaissent, particulièrement dans le domaine des forges, permettant de réduire les coûts de fabrication, la consommation d’énergie et de matériaux, et également d’améliorer les process de fabrication, pour fabriquer des objets plus complexes.

Evénements

Le mois dernier a été prolifique en animations mathématiques, notamment en raison de la quatrième édition de la semaine des Mathématiques qui a eu lieu du 14 au 22 mars, présentée par Roger Mansuy, président du comité de culture mathématique de l’IHP dans l’émission La Tête au Carré sur France Inter.

π day

Samedi 14 mars 2015, 9 h 26 et 53 secondes = π ...au format américain et avec un précision de 9 décimales. Cela n’a pas échappé au collège de Lys-lez-Lannoy, rapporte La Voix du Nord. « Le jour de Pi est d’ailleurs devenu une journée officielle aux États-Unis » indique France Culture. En France, il fut fêté de façon formidable à Marseille au MuCEM sous l’impulsion de E. Delnieppe, A. Iezzi & J. Cohen« , Pi est partout » selon Le Temps. Alors, « profitez-en ! La prochaine fois, c’est dans 100 ans... », indique Le Coyote.

Paris, Lyon, Marseille …

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A l’Académie des sciences ...

Le forum mathématiques vivantes, de l’école au monde s’est déroulé le premier jour du printemps avec un faisceau d’événements variés, ouverts à tout public, à Paris, Lyon et Marseille et s’est poursuivi le dimanche avec une journée de formation pour les enseignants (voir l’annonce sur ce site). Marseille a commencé son programme un jour avant tout le monde avec une journée mathématiques vivantes et égalité des chances avant de poursuivre sous l’ombrière de Norman Foster, au Vieux-Port, à l’amphithéâtre de l’Alcazar et au CIRM. Paris a choisi le « Cent Quatre » avec avec un voyage mathématique au fil de l’eau, un Mathatlon, la BNF et l’IHP. A Lyon le public a pu découvrir la richesse des mathématiques dans le cadre prestigieux de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts à Saint Jean. La maison des mathématiques et de l’informatique de Lyon avait également concocté un mini-rallye dans les rues du vieux Lyon avec des parcours verts, bleus, rouges ou noirs selon l’âge et le degré de difficulté. Les amateurs de jeux logiques, sudokus et jeux de grilles n’étaient pas oubliés : les épreuves se sont déroulées tout au long de l’après-midi dans les locaux de l’UMPA. Les problèmes proposés par la FFJM ont fait l’objet (après les épreuves !) de commentaires détaillés par le club de mathématiques de Lyon. Un programme qui a séduit un large public. « Dommage que ce ne soit pas plus souvent, j’aimerais bien recommencer » disait une petite fille … Un joli bouquet final pour une semaine des mathématiques qui a vu de multiples initiatives se dérouler dans toute la France.

Et aussi…

A Decazeville (en Aveyron), un salon mathématique a remporté un franc succès fin février. La dépêche y a consacré deux articles ici et .

Ce mois-ci ont également eu lieu les phases régionales du tournoi français des jeunes mathématiciennes et mathématiciens TFJM²
et les congrès de MATh.en.JEANS

France Bleu et La dépêche parlent de la 11e édition des ateliers « Jeux mathématiques » de l’IRES [1] de Toulouse qui s’est tenue du 9 au 20 Mars. Paris-Normandie parle du salon des sciences et techniques « Maths Attack ! » qui s’est tenu à Gonfreville-l’Orcher (en Normandie) : du 13 au 29 mars .

Le populaire évoque l’enquête mathématique menée par des collégiens à Saint-Junien (en Haute-Vienne) dans le but de retrouver un voleur de bijoux fictif.
Le 17 Mars dernier, le Rallye mathématique du Centre a eu un grand succès dans le Cher (voir Le berry).

Maisons des mathématiques et Expositions

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Exposition universelle de 1889

La RTBF informe de l’ouverture de la petite maison des mathématiques de Mons (en Belgique) et annonce l’ouverture de sa grande sœur (14 fois plus grande) à Quaregnon. Le concept a ravi les premiers visiteurs.

Reuters
et France Info parlent du projet de candidature de la France à l’Exposition universelle de 2025. Cédric Villani, porte-parole de ce projet « ExpoFrance 2025 », s’exprime sur France Inter et sur Europe1. Libération en évoque les conséquences sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques.

Enfin, CNRS Le Journal publie des photos extraites du livre « la Maison des mathématiques » paru aux Editions du Cherche-midi. Les photos ont été exposées à Paris à la mairie du 5e arrondissement du 14 au 22 mars.

Parutions

Le Journal of the British Society for the History of Mathematics va bientôt publier un article (en anglais) d’Yvette Kosmann-Schwarzbach sur la place des mathématiciennes françaises du milieu du 20-ième siècle (voir arXiv). Cet article raconte notamment les carrières de cinq mathématiciennes de renommée internationale qui ont effectué leur doctorat en France : Yvonne Choquet-Bruhat, Marie-Louise Dubreil-Jacotin, Jacqueline Ferrand, Paulette Libermann et Marie-Hélène Schwartz.

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Marie-Louise Dubreil-Jacotin
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Jacqueline Ferrand
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Paulette Libermann
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Yvonne Choquet-Bruhat
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Marie-Hélène Schwartz

Cédric Villani et Edmond Baudoin étaient aux rencontres BD à Bastia (voir Corse Net Infos et bodi.info), pour leur bande dessinée « Rêveurs lunaires-Quatre génies qui ont changé l’histoire » dont la parution chez Gallimard/Grasset est prévue le 2 avril. Cette bande dessinée raconte les inventions, et les conséquences de ces inventions, de quatre physiciens mathématiciens : Werner Heisenberg, Alan Turing, Leo Szilard et Hugh Dowding durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans son rendez-vous mensuel avec « Pour la Science », Jean-Paul Delahaye nous invite en avril à une découverte « De l’art avec les fractales ». Avec l’évolution continue de l’outil informatique, on assiste à une explosion des créations artistiques toutes plus saisissantes les unes que les autres. Vous en avez d’ailleurs déjà admiré quelques exemples sur ce site avec des articles comme Mandelbulb ou Mandelbox. Pour l’auteur il y a plusieurs manières d’appréhender les mathématiques et « le travail fait autour des fractales, et en particulier des fractales 3D, est un travail scientifique. On explore des objets mathématiques et on en crée. » L’article est agréablement illustré avec des images dues principalement à Jérémie Brunet, l’un des principaux artistes fractalistes.

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Mandelbulb

Hommages/honneurs

Annoncé notamment dans Pour la Science, le prestigieux prix Abel a été remis cette année à deux grandes figures, les mathématiciens John Forbes Nash Jr. et Louis Nirenberg pour « leur contribution importante et fondamentale à la théorie des équations aux dérivées partielles non linéaires et leurs applications en analyse géométrique ». Le journal de Montréal rappelle que cette « récompense a été créée par le gouvernement norvégien avec l’objectif de combler l’absence de prix Nobel de mathématiques ».

Alexandre Grothendieck [2] est toujours présent dans l’actualité.
Le site Agora Vox reparle du « mathématicien génial », qui était aussi « le fondateur de l’écologie radicale » et « le créateur de « survivre et vivre » mouvement qui a initié l’écologie politique ».
Le Point mentionne « le testament secret du génie des maths », en référence aux milliers de notes non publiées qui attendraient dans des cartons. Signalons enfin une conférence, « Mathematics of the 21st century : the vision of Alexander Grothendieck », du 15 au 19 Juin prochain à l’Université de Montpellier, annoncée par la Société Mathématique de France.

Madmoizelle nous propose aussi un intrigant portrait de Sophie Germain, « une mathématicienne d’exception » « au génie méconnu ».

A l’occasion de ses 80 ans, Michèle Audin et Antoine Chambert-Loir évoquent Nicolas Bourbaki sur RFI, « le mathématicien qui n’existait pas », reprend Michel Broué dans Les Echos. Ici aussi sur notre site.

Le CNRS a récompensé plusieurs chercheurs pour leurs travaux, « Fanny Kassel du Laboratoire Paul Painlevé (…) lauréate de la médaille de bronze 2015 », « Vincent Lafforgue, du Laboratoire de Mathématiques, Analyse, Probabilités, Modélisation d’Orléans, lauréat de la médaille d’argent 2015 » ou encore « Oleg Lisovyi », « spécialisé dans l’étude des équations différentielles non-linéaires de Painlevé », celui-ci a également reçu la médaille de bronze, comme annoncé dans La Nouvelle République.

La Nouvelle République dresse un court portrait de celui qui a lancé le concours Kangourou, André Deledicq.

Les jeunes prodiges sont aussi sous les feux de la rampe : Maximilian, jeune suisse de 11 ans étudiant déjà à l’Université de Zurich et invité d’Europe 1, Esther, fillette britannique de 10 ans admise en licence de mathématiques, comme le relèvent Le Figaro et le Daily Mail et le jeune Mauricien Omar Auleear qui « s’est classé premier dans le monde en mathématiques », rien que ça, selon Star press.

Enfin, une collection exposée à Washington et décrite par L’Orient le jour, évoque la fascination de Man Ray, « le pape américain du surréalisme », pour des modèles géométriques appartenant à l’IHP [3] qu’il fit dialoguer avec les oeuvres de Shakespeare.

Enseignement

La presse du mois dernier s’est intéressée à l’enseignement des mathématiques à travers deux sujets récurrents : la parité et la baisse du niveau.

Le site Vousnousils rappelle que « dans les universités françaises, 53% des chercheurs en littérature sont des femmes, contre à peine 15% en mathématiques. Dans les écoles d’ingénieurs, les élèves sont à 73% des garçons. » Plus subtil [4] : « les évaluations et les pratiques pédagogiques sont elles aussi différentes ». Les recherches du sociologue Pierre Merle montrent qu’en mathématiques, « les professeurs se montreront plus indulgents avec les filles, mais beaucoup plus stricts avec les garçons ». Du coup, les élèves « intériorisent » ces attentes et « les filles attribuent leur échec en maths à un manque de capacités, les garçons à un manque de travail ». France-Soir enfonce le clou : « les jeunes hommes seraient ainsi plus susceptibles de décrocher de leur scolarité et les filles auraient moins tendance à aller vers des études scientifiques », tout en faisant remarquer que « les filles se montrent plus ambitieuses que les garçons en l’égard de leur future carrière ». Cependant, « les garçons semblent mieux préparés à la vie professionnelle grâce à des stages ou des visites en entreprise plus fréquents ».

La petite nouveauté du moment dans ce discours c’est l’insistance sur l’anxiété. Savoirs et connaissances revient sur l’analyse de l’enquête PISA [5]. Si sans surprise, « une plus grande anxiété vis-à-vis des mathématiques est associée à de moins bons résultats dans cette matière », « ce sont les filles qui se montrent les plus anxieuses face aux mathématiques ».

Le sexe n’est d’ailleurs pas tout dans la vie (mathématique) : les journaux reprennent le refrain de la désaffection des filières scientifiques. Ainsi, la Libre Belgique observe que « le désengouement pour les filières d’études scientifiques est une réalité depuis des années en Belgique francophone ». Interrogé par Le Républicain Lorrain, Michel Ruiba, professeur à Metz, veut prendre le contre-pied d’une perception qui veut que « les maths [soient] l’image d’une matière stricte qui mène soit à l’échec, soit à la voie royale. » La clef du succès est l’enthousiasme des enseignants pour « aider les élèves [...] dans le désarroi.[…] Quand un élève est à sec, on lui explique, on ne le laisse pas en rade. Il faut éviter la feuille blanche. » Le Progrès revient lui aussi sur la question classique de l’échec des élèves. Pour le neurologue J.Prado, il n’y a pas de bosse des maths, mais une « intuition des quantités numériques ». Des expériences ont montré que les bébés portent vite leur attention sur les nuages de points dont les quantités changent. Et les adultes repèrent plus ou moins bien ces écarts. Chez certains, cette acuité est réduite. « Environ 5 % des personnes souffrent de dyscalculie. Elles butent devant des opérations très simples en dépit d’une intelligence tout à fait normale. Or, on remarque chez elles une région du cortex pariétal sous activée ».

Cortex pariétal ou pas, la baisse du niveau amorcée il y a environ deux mille ans se poursuit inexorablement. Les Echos entrent en résonance avec un récent rapport officiel mentionnant que « près de 2 collégiens sur 3 n’ont pas eu la moyenne en maths au brevet ». Le journal rappelle que pour le Ministère, les résultats mitigés des élèves français en maths aux enquêtes nationales et internationales nécessitaient « un sursaut ». Il n’y a pas qu’en France que pointe ce type d’inquiétudes. Le Soleil de Dakar (Sénégal) souligne que « malgré la volonté politique du gouvernement et les nombreuses initiatives développées sur le terrain, l’implication des collectivités locales et des communautés dans la gestion de l’école reste timide ». Comme le plus souvent dans les questions éducatives, le nombre est le facteur déterminant : un inspecteur pointe notamment les grandes difficultés provenant des 70 classes « multigrades, c’est-à-dire une classe avec deux ou trois cours gérés par un seul enseignant ».

On pourra se consoler avec un sondage sur l’école rapporté par le site Vousnousils. Les mathématiques étaient « la matière fétiche de 25 % des sondés » quand ils étaient scolarisés, en deuxième position derrière l’Histoire-Géographie. Il y a aussi le récit, sur le site de l’Avenir d’une expérience menée à Huy dans la province de Liège pour associer des apprentissages numériques à l’expérimentation sonore et musicale.

Autre initiative rapportée par le Figaro : au Royaume-Uni, pour faire naître des vocations de professeurs de mathématiques, David Cameron compte diminuer les frais de scolarité de près de quinze mille livres pour les meilleurs étudiants en maths. « En retour, les étudiants bénéficiaires devront s’engager à enseigner les mathématiques ou la physique pendant trois ans ». Quand aux États-Unis, selon la chronique « Regard franco-américain sur l’éducation » de Sandrine et Maxime Crener rapportée par le site Web TimeMedias, l’apprentissage des mathématiques « est aujourd’hui une des grandes préoccupations des politiques d’éducation car il aurait des effets importants sur tout le reste du parcours académique des jeunes ». Les deux chroniqueurs mentionnent « l’incroyable succès de la Russian School of Mathematics, qui propose à Boston et ailleurs, des cours de maths intensifs pour les enfants depuis la primaire jusqu’au bac, et les aide ainsi à accéder aux meilleures universités du pays » ; l’article ne donne malheureusement pas d’informations sur son coût. De conclure en tout cas que « l’insistance du système éducatif français sur les mathématiques n’est peut-être pas une mauvaise chose, il faut juste donner à tous les moyens de réussir ».

Cet objectif sera certainement atteint grâce au discours volontariste et performatif du ministère qui annonce que « le collège de 2016 devra mieux enseigner les savoirs fondamentaux, former à d’autres compétences et avoir un fonctionnement quotidien assoupli pour s’adapter à la diversité des besoins des élèves ». Au (re)commencement sera le verbe et la ministre souhaite, avec beaucoup d’originalité, « partir de ce qui marche déjà sur le terrain, libérer les capacités d’initiatives des enseignants et leur traduire cette confiance et ce soutien dans une nouvelle organisation plus responsabilisante et collective ». Le Point ne manque pas d’ironiser sur « le collège enchanté de Najat » et sur la « langue de bois et [les] vieilles ficelles [de] la ministre ». L’hebdomadaire s’inquiète d’un « verbiage pédagogiste inquiétant » prétendant rendre « l’enseignement des mathématiques plus attractif » : « le problème, c’est que les collégiens s’ennuient [et donc] qu’il faut les distraire »… Mieux vaut en rire.

Divertissements

Qui seront les récipiendaires des oscars ? Voilà une question que se sont posés quelques impatients dans slate et francetvinfo. « Les Oscars sont le point d’orgue d’une multitude de cérémonies de récompenses ». C’est ainsi qu’en utilisant des centaines de données exploitables, certains ont été en mesure de donner des prédictions - qui se sont avérées justes - quant aux différents oscars.

Parmi les lauréats, on note la présence de Graham Moore dans un film adapté de la vie d’Alan Turing, comme le mentionne Le Monde. Alan Turing est un mathématicien qui a participé aux fondations de l’informatique. « Pendant la Seconde Guerre mondiale, Turing dirige une équipe anglaise qui réussit à décoder les messages secrets de l’armée allemande ».

Parlons maintenant football. Dans Le Monde, Julien Guyon, un mathématicien développe des idées qui permettraient de rendre les tirages de la ligue des champions plus équitables. Pour cela, il faudrait tenir compte des poids des différents championnats nationaux ainsi que des résultats dans chacun de ces championnats.

Les Simpson reviennent. Le boson de Higgs a-t-il été découvert en premier par Homer ? Comme le notent Virgin radio, 20 minutes et Le Monde, dans un épisode, Homer écrit une équation qui prédit la masse du boson de Higgs. Cette équation a en fait été fournie par David Schiminovich, un astronome de l’université de Columbia à l’un des scénaristes : David X. Cohen.

Plus simple et pourtant pas si simple : le nouveau jeu à la mode aux États-Unis. Il s’agit du hectoc. D’après lesEchos.fr, celui-ci pourrait « ringardiser » le sudoku. C’est Yusnier Viera un professeur de mathématiques cubain de 32 ans qui a créé ce jeu. Il s’agit de faire des opérations à partir de six nombres pour obtenir cent. RTL et lesoir.be consacrent chacun un article à ce puzzle numérique.

Plus qu’un jeu, les mathématiques peuvent également servir de réveil. Iphonote présente ainsi l’application ArithmeticAlarm. Celle-ci sonne jusqu’à ce que l’on ait résolu un calcul. « Il n’y a rien de tel pour remettre ses neurones en place en début de journée »

Et un peu d’amour pour finir…

L’innumérisme a des conséquences inattendues. En effet, l’Express et euronews relatent une mésaventure arrivée à un jeune homme. Les parents de sa future femme l’ont mis à l’épreuve sur ce calcul : 15+6. Le futur marié n’ayant su répondre, le mariage a été purement et simplement annulé !

La relation amoureuse a été courte. Comment faire pour qu’elle soit plus longue ? C’est la question que s’est posée MSN dans une étude sur plus de deux mille personnes. Atlantico consacre un article à cette étude et donne en particulier la formule mathématique qui donne la durée d’une relation amoureuse. Mieux, il y est expliqué comment faire pour que celle-ci dure éternellement...

Notes

[1Institut de Recherche pour l’Enseignement des Sciences

[2voir notre revue de presse de décembre dernier

[3Institut Henri Poincaré

[4voir aussi la revue de presse du mois dernier

[5étude de l’OCDE mesurant les performances des systèmes éducatifs nationaux

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse avril 2015» — Images des Mathématiques, CNRS, 2015

Crédits image :

A l’Académie des sciences ... - Maison des mathématiques et de l’informatique de Lyon. R.G.
Mandelbulb - Wikimedia, http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mandelbulb072a.JPG

Commentaire sur l'article

  • Revue de presse avril 2015

    le 2 avril 2015 à 09:06, par Christian Robert

    « avec un précision de 9 décimales » : il y a eu un (très bref !) instant ce 14 mars où l’ensemble des décimales de π a correspondu au temps calendaire...

    Répondre à ce message
    • Revue de presse avril 2015

      le 8 avril 2015 à 11:33, par L’équipe Actualités

      mesuré en quelle unité ?

      Répondre à ce message
      • Revue de presse avril 2015

        le 12 avril 2015 à 10:06, par Arnaud Lionnet

        J’aurais tendance à dire que c’est vrai en n’importe quelle unité en dessous de la seconde (seconde incluse).

        De la seconde à la minute, à l’heure, et aux unités plus grosses (jours, mois, …) les conversions sont irrégulières. Mais en dessous de la seconde, tout devient bien : 1 seconde = 10 decisecondes = 100 centisecondes = 1000 millisecondes, et ainsi de suite avec des microsecondes, nanosecondes, etc. Bref, on vit alors en base 10. Du coup on peut se dire que c’est vrai en secondes.

        D’ailleurs le 10 n’est pas important je crois. Toute base constante ferait l’affaire si elle a plus de 10 chiffres (pour être sûr que toutes les décimales de Pi, donc tous les 10 chiffres usuels puissent apparaître).
        Et on pourrait sûrement considérer aussi des bases non constantes (d’une position à l’autre), et ce même si la suite des bases contient parfois un nombre plus petit que 9. Il suffit de développer Pi dans la même base (on n’aura alors plus affaire à ses décimales cependant).

        En fait quelque soit la façon dont on mesure le temps, si le temps est continu, il sera « passé par Pi » ce jour-là.

        Répondre à ce message
        • Revue de presse avril 2015

          le 12 avril 2015 à 10:50, par ROUX

          « en fait quelque soit la façon dont on mesure le temps, si le temps est continu, il sera « passé par Pi » ce jour-là »

          Le temps est continu jusqu’au temps de Planck, qui vaut à peu près un dixième de millionième de milliardième de milliardième de milliardième de milliardième de seconde.

          le temps est, pour nous physicien(ne)s, bel et bien passé par le Samedi 14 mars 2015, 9 h 26 et 53,5897932384 6264338327 9502884197 1693993751 058s  ;-).

          Temps de Planck : longueur mesurable la plus petite (longueur de Planck) divisée par la vitesse la plus grande (célérité de la lumière dans le vide).

          Répondre à ce message
  • Revue de presse avril 2015

    le 12 avril 2015 à 10:54, par ROUX

    Peut-on recommencer le 31 avril (4) de l’année 15 de ce siècle à 9 h 26 min et 53,5897932384 6264338327 9502884197 1693993751 058 s ?

     ;-) ?

    Répondre à ce message

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