Revue de presse avril 2018

Le 1er avril 2018  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (3)

Dans cette revue de presse, nous évoquons le physicien Stephen Hawking, les îlots de chaleur urbains, les rapports sur le bac et l’enseignement des maths auxquels nous consacrions une page spéciale le mois dernier, ainsi que les parutions comme chaque mois.

Recherche et applications

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Recherche
Comme chaque mois, nous vous proposons quelques échos succincts de la recherche en mathématiques, ou qui concerne les mathématiques.

On commence par une curiosité, du dire même des auteurs de cette découverte, qui parlent même d’une « pièce de musée » : le plus grand nombre premier connu et calculé à ce jour : 23 millions de chiffres (il s’écrit 4673331833592310999… suivi du reste de ses chiffres). On trouvera sur Fredzone le nom de l’équipe à la base de cette découverte dont le prochain objectif est de « trouver un nombre premier [...] avec plus de 100 millions de chiffres », et un lien vers l’expression exacte du nombre en question.

Dans un registre plus appliqué, et surtout plus personnel, et qui prend plus longtemps, on pourra s’intéresser à la séance inaugurale du séminaire Maths Pour Tous organisée à l’École Normale Supérieure de Paris. On découvre une vidéo de près de deux heures où Pierre-Louis Lions (professeur au collège de France) donne ses réponses aux questions suivantes : « Que fait le mathématicien ? Quel est son parcours ? Quelles sont les mathématiques qu’il étudie ? » On y découvrira un certain nombre d’exemples de mathématiques appliquées, et d’applications des mathématiques à des domaines divers et variés. On ne peut qu’inciter à s’intéresser aux autres vidéos de ce séminaire, consultables facilement sur savoirs.ens.fr.

Ce mois-ci, le physicien Stephen Hawking s’éteignait. Son travail comportait une forte part de géométrie. D’ailleurs, la relativité générale sans géométrie, ça ne s’exprime même pas. Pour lui rendre un petit hommage, nous évoquons ici les trous noirs. Un article paru dans Physical Revue Letter, dont la recension est faite dans Fredzone s’intéresse aux trous noirs supermassifs chargés. Sous certaines conditions, les auteurs montrent que « les lois de la physique [pourraient ne pas être] les mêmes pour tous les observateurs ». On trouvera un portrait du physicien sur The conversation, lequel pointe vers l’éloge funèbre que lui a consacré le mathématicien Roger Penrose. Le programme de l’hommage que lui rend l’Institut Henri Poincaré est disponible dans Sciences et Avenir.

Applications des mathématiques

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Après la crise de 2008, de nombreuses questions s’étaient posées sur le rôle des mathématiques financières dans son déclenchement et ses causes. Dans un article plutôt bien documenté, Slate revient sur cette idée. Après avoir rappelé que (quasi) personne n’avait prévu la crise, un état des lieux est fait, avec le constat (désolant) suivant : « Voilà où en est la finance, un monde totalement déconnecté des réalités empiriques et dépendant d’outils biaisés et imprécis. » Pour les économistes interrogés, les modèles mathématiques de la finance et de l’économie qui servent en partie à prévoir les futures évolutions ressemblent au « tachymètre des voitures ». Ce « compteur chargé de préciser la vitesse est totalement déréglé »...

Un entretien accordé par les fondateurs de la société We Are Ants à We Do Biz évoque une autre application. Cette entreprise, fondée par un mathématicien et un physicien propose ses services en recherche et développement, lorsque des compétences multidisciplinaires « comme les mathématiques pures, l’intelligence artificielle, le calcul haute performance ou l’internet des objets » sont nécessaires.

La carrière professionnelle ne passe pas forcément par la fondation d’une startup, mais peut aussi se passer au service du (contre) espionnage français. Dans Futura Sciences nous apprenons que depuis la Première Guerre mondiale, des mathématiciens ont travaillé pour la DGSE ou ses anciens avatars. Plus récemment, on peut citer le « concours Al Kindi (portant sur la cryptographie) organisé par Animath et patronné par la DGSE », mais aussi la nécessité pour la DGSE de recruter de spécialistes du big data.

Après le travail, le divertissement. On apprend dans Fredzone qu’un diplômé d’Harvard serait capable, à l’aide « d’un algorithme statistique,[...] de prédire correctement les vainqueurs des grandes catégories des Oscars. » Ses prédictions lui donnent une réussite de 75 % depuis sept ans. On espère juste que ses modèles soient moins soumis aux crises que nos modèles économiques.

Toujours au cinéma, les films des studios Marvel font un carton au box-office. Afin de rendre ces films plus réalistes, loin de la science des bookmakers, l’académie des sciences américaine a mis en place un programme, Science & Entertainment Exchange, qui met en contact scientifiques et cinéastes. Le Monde nous apprend que « depuis sa création en 2008, [ce programme] a réalisé plus de 1 900 consultations, dont un grand nombre pour les studios Marvel ».

Côté sport, intéressons-nous maintenant à l’utilisation des statistiques dans le sport professionnel, pour la plus grande joie de ses aficionados. On apprend sur le site de la RTBF que des clubs de football professionnel engagent des mathématiciens, en particulier des spécialistes de la « théorie des réseaux », pour déterminer qui sont les éléments importants dans une équipe. Parmi les nombreux exemples, donnés dans cet article, figure le cas de « Vincenzo Verardi qui a travaillé pour 2 clubs de rugby français et avec un golfeur du Top 10 mondial. En modélisant les défauts de ce dernier, il a changé son jeu. »

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Travail, loisirs... c’est ensuite l’heure d’aller se coucher. Mais quel habitant d’une grande ville n’a jamais souffert de la chaleur lors d’une nuit d’été ? Un communiqué de presse du CNRS fait écho à une recherche qui s’intéresse aux îlots de chaleurs urbains, et leurs liens avec la géométrie de la ville. Les chercheurs ont mis en évidence que « plus une ville est organisée, comme la plupart des villes nord-américaines avec des rues très droites et perpendiculaires, plus elle piège la chaleur ».

Autre désagrément estival : le bourdonnement des moustiques dans nos oreilles. Futura Sciences fait un panorama du modèle d’infection SIR, pour expliquer pourquoi et comment le paludisme a pu être éradiqué en France. L’article rappelle en effet que cette maladie « était autrefois endémique dans les régions humides comme la Sologne, le marais Poitevin et même autour de Port-Royal des Champs ».

Enseignement

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Un dessin d’Elis Tamula

L’engouement suscité le mois dernier dans les médias par la cascade de réformes spectaculaires lancées simultanément dans l’Éducation nationale est certes un peu retombé, mais dans le milieu éducatif, les débats se poursuivent, parfois très vivement.

Jean-Michel Blanquer a été encensé dans la grande presse, souvent par des commentateurs dont la compétence dans le domaine de l’éducation ne saute pas aux yeux. Éditoriaux et tribunes chantent les louanges de notre ministre, et en profitent pour vouer aux gémonies celle qui l’a précédé, Najat Vallaud-Belkacem, accusée de tous les maux et en particulier du pire d’entre eux : le « pédagogisme ». En témoignent les sites du Figaro, de RTL ou de Sud-Ouest. L’écrivaine et enseignante Cécile Ladjali est en extase sur France-Inter. Si Le Point fait état de « quelques syndicats inquiets [qui] râlent », il s’empresse d’ajouter que ceux-là « maugréent dans le désert » et que « sur l’école, Blanquer a fait l’impensable : il a créé du consensus » .

Mais si consensus il y a, ce n’est sûrement pas au sein de la communauté éducative, où les critiques continuent, voire s’amplifient. Ainsi, les scientifiques, presque unanimes (ce qui est très rare), pointent la contradiction flagrante entre les recommandations du rapport Villani-Torossian sur l’enseignement des mathématiques et le projet de réorganisation du lycée consécutif au rapport Mathiot, dont le moins qu’on puisse dire est que la lumière qu’il met sur la formation scientifique n’est pas aveuglante. On n’avait pas souvenir que les associations de spécialistes et les sociétés savantes des disciplines scientifiques aient parlé jusqu’ici d’une seule et même voix. C’est pourtant ce qu’elles viennent de faire dans une lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale, publiée comme tribune libre dans le Monde et disponible par exemple sur le site de l’APMEP (Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public). Elles soumettent à Jean-Michel Blanquer « des propositions d’ajustements cruciaux pour mieux répondre aux besoins de formation scientifique de notre pays ». On notera que la Société Informatique de France (SIF), signataire de cette lettre ouverte, s’était félicitée en février de l’« avancée » que représente à ses yeux la réforme du bac et du lycée pour « la science informatique et le numérique ».
De son côté, l’UDPPC (Union des Professeurs de Physique et Chimie) a lancé une pétition qui demande que la réforme du bac ne sacrifie pas les sciences. Cinq autres associations ont apporté leur soutien à cette pétition qui a recueilli plus de 7000 signatures en moins d’une semaine.

La place des sciences dans l’enseignement secondaire a tenu une large place dans les communications et les débats lors de la journée consacrée par la CFEM (Commission Française pour l’Enseignement des Mathématiques) à « L’enseignement des mathématiques, de l’informatique et de la physique dans la transition lycée-université ».

Pour ce qui a trait plus spécialement aux mathématiques, les organisations concernées ont publié un communiqué qu’on peut lire sur le site de Femmes et Mathématiques. On y invoque le rapport Villani-Torossian pour réclamer notamment « une formation continue des équipes enseignantes » qui apporte « les éléments nécessaires à la déconstruction des stéréotypes sociaux et des stéréotypes de sexe ».

Un blog du site Mediapart avait par ailleurs rassemblé un certain nombre de réactions d’enseignants, d’associations ou de sociétés savantes contre la place insuffisante faite aux mathématiques dans le projet de réforme du lycée.

Le site Agoravox a rassemblé quelques vidéos mettant en scène Cédric Villani, en particulier celle la longue séquence qui lui a été consacrée au cours de l’émission « On n’est pas couché » sur France 2 le 24 mars.

Même en visite au salon de l’agriculture, Villani a dit un mot de son rapport sur l’enseignement des maths, comme l’indique le site d’information Fréquence ESJ, bouquet associatif de webradios.

Décidément très médiatique, Villani était invité dans le magazine quotidien d’Arte 28’ le 28 mars pour parler du rapport sur l’intelligence artificielle qu’il allait remettre le lendemain. Interrogé également sur l’enseignement des mathématiques, il a dit que s’il fallait retenir une seule des 21 mesures qu’il avait proposées, ce serait certainement celle qui concerne la formation, initiale et continue, des enseignants. Il a souligné le fait que, dans les pays les mieux placés par les évaluations internationales, le nombre d’heures de formation des enseignants est au moins cinq fois plus grand qu’en France.

Après avoir fait des déclarations remarquées sur l’inutilité des mathématiques dans la vie courante (voir notre revue de presse de mars), Luc Ferry est revenu à la charge sur le site du Figaro. Le philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale s’appuie sur cette pensée dont on appréciera la profondeur : dans nos conversations quotidiennes, nous évoquons « mille choses » comme « la politique, [...] l’argent, les vacances, le temps qu’il fait, [...] mais les identités remarquables ou les cas d’égalité des triangles, très peu. »

Le site vousnousils apporte heureusement une note optimiste dans ce tableau plutôt sombre. Cinq professeurs de mathématiques de lycée ou de collège, exerçant dans diverses régions, y disent leur passion pour le métier et leur amour pour « cette matière qui effraye », passion et amour que les difficultés qu’ils affrontent n’ont pas entamés.

À propos de la réforme du bac, le site EducPros se demande si elle ne va pas avoir pour conséquence « une orientation trop précoce des élèves ».
Sur le plan pratique, Studyrama récapitule les changements à venir, à commencer par ceux qui prendront effet dès la prochaine rentrée.

Les déclarations officielles sur la priorité absolue à donner à l’enseignement ne résistent guère à l’épreuve de la réalité. Le Parisien fait ainsi état d’une mobilisation des enseignants à Creil pour protester contre la suppression de 20 postes ESAP (Emploi spécifique d’accompagnement pédagogique) dans le département de l’Oise. Destinés aux écoles des réseaux d’éducation prioritaire, ces emplois permettaient à des professeurs spécialisés de venir épauler l’enseignant titulaire pour la maîtrise de la langue, les mathématiques ou les sciences. En bénéficiaient surtout les élèves les plus fragiles, notamment les allophones.

L’autre grande réforme qui a fait (et fait encore) couler beaucoup d’encre, c’est la nouvelle procédure d’admission dans l’enseignement post-baccalauréat. La mobilisation contre ce que beaucoup voient comme une sélection à l’entrée de l’université s’amplifie, conduisant à des incidents dans de nombreuses universités. Le plus grave d’entre eux a eu lieu à la faculté de droit de Montpellier et a été largement médiatisé : par exemple sur les sites du Parisien, de
l’Étudiant, de
France 3 Occitanie ou de
L’Humanité.
Plusieurs sites font état de tensions accrues, notamment à Bordeaux, Lille, Nancy, Montpellier et Toulouse : L’Étudiant, Le Monde, France Info. Europe 1 évoque « le risque d’un embrasement dans les universités bloquées ». Le JdD publie une carte de l’extension du mouvement étudiant. Enfin, le Huffington Post donne la parole à Georges Haddad, président de l’université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, qui critique sévèrement la procédure parcoursup. Le centre universitaire Tolbiac, qui dépend précisément de Paris 1, est bloqué par les étudiants, comme le rapportent BFMTV ou Les Inrocks.

En dehors de ces gros dossiers d’actualité, voici les informations qui, en France ou ailleurs, ont retenu ce mois-ci notre attention.

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Informatique débranchée

Yahya Ould Hamidoune, mathématicien mauritanien travaillant au CNRS à Paris, spécialiste de combinatoire, est décédé brutalement en mars 2011. Un prix de mathématiques portant son nom a été créé afin de perpétuer sa mémoire. Il est destiné à encourager les meilleurs élèves et étudiants en mathématiques et en informatique. La septième édition était annoncée en janvier par initiatives news. Un autre site d’information mauritanien, chezvlane.com vient de publier le palmarès.

Sorbonne Université, issue de la fusion des universités Pierre et Marie Curie (Paris 6) et Paris Sorbonne (Paris 4), propose à partir de la prochaine rentrée une double licence Mathématiques et Biologie, qui accueillera une vingtaine d’étudiant.e.s, sélectionné.e.s sur dossier. Le profil recherché est celui d’élèves « en terminale S avec un bon niveau et un intérêt pour l’environnement de la recherche scientifique ». Ouest-France explique que les enseignements se dérouleront à la station biologique de Roscoff (Finistère) pour les deux premières années et dans une université étrangère pour la troisième et parle d’une « formation unique en France », visant à « répondre aux défis de la recherche et de l’innovation ».

À Sekyedumase, dans la région d’Ashanti, au centre du Ghana, il n’y a pas de matériel informatique à l’école primaire, mais il y a un enseignant en technologies de l’information et de la communication, Owura Kwadwo, qui fait des cours de bureautique... au tableau noir. Sa reconstitution à la craie d’une fenêtre du logiciel Microsoft Word, véritable œuvre d’art, visible notamment sur les sites du Huffington Post, de El Pais et des Observateurs de France 24, a évidemment fait un tabac sur internet. Mais le concert de louanges, le grand nombre de « J’aime » et les dons de matériel qui ont afflué vers son école ne suffiront pas à mettre fin aux inégalités insupportables dont témoigne cette histoire.

À l’occasion d’une récente exposition sur le métier d’architecte au dix-septième siècle, le site Chroniques d’architecture s’interroge sur l’obsolescence du dessin à la main et des compétences en géométrie, alors que les outils numériques sont désormais incontournables.

Terminons par une information qui montre que la réalité est peut-être en train de rejoindre la (science) fiction. Il y a des gens qui pensent que la seule fonction de l’école est de « préparer au marché du travail de demain ». Et qui le disent haut et fort. Ainsi, Économiesuisse, organisation patronale, réclame une refonte complète du système éducatif suisse, en vue de « l’adapter à la révolution numérique ». Le mot d’ordre est « compétitivité », les élèves seraient regroupés en fonction de leurs performances et non de leur âge, les mathématiques et l’allemand seraient enseignés par ordinateur. L’auteur de la tribune libre du site agoravox consacrée à ce sujet évoque « la dystopie orwellienne “1984” » et intitule son article « L’école de demain dans le meilleur des mondes ».

Parutions

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Le logo de l’IMU

Le prochain congrès international des mathématiciens se déroulera à Rio au début de ce mois d’août. Organisés depuis 1920 par l’Union mathématique internationale (connue sous son acronyme anglais IMU, International Mathematical Union) ces congrès sont incontestablement l’un des moments parmi les plus forts pour tous les mathématiciens. Certes c’est l’occasion de décerner, entre autres, la prestigieuse médaille Fields. Mais pas seulement !

En avril, Roger Mansuy apporte dans sa chronique mathématique de La Recherche, sous le titre bien plus que des médailles !, un éclairage sur les enjeux scientifiques de cette manifestation à bien des égards originale et unique.

En fait, « il s’agit de profiter de cette occasion pour développer davantage certains points de politique scientifique » nous explique Roger Mansuy. Il nous parle surtout des motivations de la candidature de Paris pour l’organisation du congrès de 2022. L’autre ville candidate est Saint-Pétersbourg mais il semble que beaucoup moins d’éléments circulent. Le comité ne tranchera qu’en juillet. En attendant Roger Mansuy nous encourage à soutenir les efforts de notre communauté qui espère bien plus que des médailles.

« En 1951, Kurt Gödel énonça que soit l’esprit humain n’est pas une machine, soit il existe des énoncés qui lui sont indécidables à jamais, soit les deux à la fois. Le débat ouvert sur cette question est toujours d’actualité » ... Dans le numéro d’avril du mensuel Pour la Science, Jean-Paul Delahaye pose la question : Les indécidables absolus existent-ils ? et entraine le lecteur dans une promenade passionnante à la frontière de la philosophie et des mathématiques. Comme d’habitude, le texte est accompagnésd’encarts qui éclairent les principaux points clés abordés (l’hypothèse du continu, l’esprit humain algorithmique, l’hypothèse de cohérence, l’approche du multivers). Comme le dit l’auteur en conclusion « on a le plaisir de découvrir qu’au moins pour ce qui concerne sa partie relative aux mathématiques, la philosophie, grâce à Gödel et à ses successeurs, est une discipline en progrès où les énigmes, aussi profondes soient-elles, sont susceptibles d’être résolues... même si cela prend beaucoup de temps ».

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Grothendieck

En mai dernier sur ce site nous nous étions fait l’écho de la mise en ligne en libre accès de quelque 18000 pages des archives mathématiques d’Alexandre Grothendieck de 1949 à 1991. Ce mois-ci le mensuel Sciences et Vie leur consacre un « dossier mathématique » : Grothendieck Les archives fantasmatiques du mathématicien de génie. Gautier Depambourg a interviewé plusieurs mathématiciens. Quel genre de travaux, quelles idées recèlent les milliers de pages manuscrites que nous a laissées celui qui a traversé comme un météore les mathématiques contemporaines ? En un an, qu’a-t-on appris de ces papiers, où en est-on ? Certains ne se font pas trop d’illusions et pensent qu’au-delà d’un incontestable intérêt historique l’essentiel sur le plan mathématique a déjà été diffusé et exploité. D’autres espèrent tomber sur une « pépite » ...

En librairie le denier ouvrage de Nicolas Bouleau, « Le mensonge de la finance, Les mathématiques, le signal-prix et la planète », est sorti le mois dernier aux Editions de l’Atelier. Comme nous l’explique Stéphane Foucart dans sa chronique du Monde « les marchés ont perdu toute faculté à délivrer la moindre information sur l’état du monde réel – sur la raréfaction ou la disponibilité d’une ressource naturelle par exemple. Ils sont non seulement devenus myopes mais aussi, comme le dit joliment Nicolas Bouleau, « fumigènes ». Ils brouillent et occultent la réalité. »

Pour terminer signalons, toujours dans Le Monde, sous la plume de David Larousserie, l’interview du mathématicien Étienne Ghys parrain de la collection Génies des mathématiques : J’aime bien les maths quand elles sont partagées. Une affirmation que nous sommes nombreux à partager !

Article édité par L’équipe Actualités

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse avril 2018» — Images des Mathématiques, CNRS, 2018

Crédits image :

Image à la une - A Kong Kong. Lepetitjournal.com
img_18348 - Wikimedia
Un dessin d’Elis Tamula - Avec nos remerciements.
Informatique débranchée - Photo Owura Kwadwo Hottish. France 24
Le logo de l’IMU - Wikipédia
Grothendieck - Images des mathématiques

Commentaire sur l'article

  • Revue de presse avril 2018

    le 2 avril à 09:41, par Herbert

    Une petite typo serait à corriger : « Maths Pour Tous organisée à l’École Normale Supérieure de Paris »

    Bien cordialement.

    Répondre à ce message
  • Revue de presse avril 2018

    le 2 avril à 11:48, par Maï Huong Pham-Sauvageot

    Merci pour votre message et votre intérêt pour Images des Maths.
    Nous avons corrigé la typo.
    Cordialement,
    Secrétariat de rédaction
    Carole Gaboriau et Maï Sauvageot

    Répondre à ce message
  • Revue de presse avril 2018

    le 2 avril à 12:22, par B !gre

    Une petite précision (de peu d’importance) : la double licence mathématiques - biologie de Sorbonne Université existe déjà depuis plusieurs années, organisée par l’UPMC avant la fusion.

    Répondre à ce message

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