1er janvier 2011

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Revue de presse décembre 2010

L’équipe Actualités

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Vingt-deuxième pour la culture mathématique ! Les résultats pour la France de l’étude PISA ont été largement commentés dans la presse en ligne. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la tonalité générale est très éloignée de l’euphorie qui avait suivi le succès des médailles Fields françaises. On découvrira dans cette revue de presse les analyses des différents acteurs, leurs inquiétudes et leurs espoirs mais également d’autres sujets comme le nouveau supercalculateur du Commissariat à l’énergie atomique, les preuves sans transfert de connaissance et un top 10 des maths autour du monde. Bonne lecture et ... bonne année !

Mathématiques : notes très moyennes pour l’école française

La dernière revue de presse signalait la pétition La France a besoin de scientifiques, relevant le manque d’engouement des jeunes français pour les carrières scientifiques et s’inquiétant des conséquences de la réforme en cours du lycée. Le 30 novembre, La Tribune rapporte que l’Académie des sciences a rapidement pris le relais de cette protestation « afin que les sciences soient, d’une manière ou d’une autre, mieux prises en compte, y compris dans les filières littéraires ». Sur le même sujet, le blog nousvousils expose le point de vue du président de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP), Eric Barbazo. « La filière S n’est plus une filière scientifique » observe-t-il car « en première S, les mathématiques, la physique et la SVT représentent moins de 50% des heures de cours » ; il préconise de « permettre à tous les élèves intéressés d’aller le plus loin possible, tout en maintenant un enseignement de maths pour tous ».

La question scolaire ressurgit une semaine plus tard avec la publication, le 7 décembre, des résultats de la quatrième enquête PISA de l’OCDE, analysant et comparant les systèmes scolaires de 65 pays. Titrant sur les « Mauvaises notes pour l’école française », La Dépêche retient que « la France occupe une place très moyenne en matière d’éducation », avec une « carence notable en mathématiques » et un « carton rouge [...] sur le nombre d’enfants en très grande difficulté ». « L’école française exsangue de moyens et de profs, ballotée de réformes en changements de cap et dégradée par le bas peut-elle relever le défi ? » se demande le journal, avant de conclure que « la France n’est pas loin d’avoir tout le gros œuvre à refaire ».

Sans réfuter ce constat, La Tribune appelle à un peu de prudence dans l’interprétation de résultats qui comparent « des systèmes éducatifs sans commune mesure », et relève que « si la France recule, c’est aussi parce que nombre de pays ont progressé, après avoir mis en œuvre des réformes à la suite de mauvais résultats Pisa », tels l’Allemagne, la Pologne ou le Portugal. Le Point va jusqu’à estimer que « la France évite la catastrophe » car, « aujourd’hui que le monument [l’école française] se lézarde, se savoir toujours aussi moyen est presque une bonne nouvelle. Au ministère, on ne cache pas avoir ressenti un “petit soulagement” ! ». L’hebdomadaire observe quand même que le bilan « n’est pas très glorieux. En mathématiques, tout d’abord. En 2003, la France était dans le peloton de tête au-dessus de la moyenne OCDE ; en 2009, patatras, nous voilà moyen là aussi ! »

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Chapeaux universitaires

Il y a toutefois un constat qui fait consensus : les inégalités entre élèves s’accroissent. « Le système français, l’un des plus inégalitaires, fonctionne bien pour les meilleurs mais oublie les plus faibles. À l’inverse, un pays comme le Danemark, également jugé “moyen” en terme de performance scolaire a certes une élite plus faible mais peu d’élèves en échec scolaire » explique Le Figaro, qui relève l’importance du milieu social. De fait, comme l’observe Sciences et Avenir, « l’impact du milieu socio-économique sur les résultats des élèves est de plus en plus fort en France, bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Les disparités sociales expliquent 14% des différences de résultats chez les élèves des pays de l’OCDE en moyenne, mais en France ce pourcentage est de 17% ».

Dès la publication de ces résultats, le ministre de l’Education nationale a annoncé un « plan sciences » à l’école visant « à faire en sorte que les élèves soient davantage inspirés par les sciences et aient plus de possibilités de s’engager dans ces filières », rapporte La Croix. S’il y a là un écho favorable à la pétition évoquée précédemment, la conclusion du journal 20minutes promet de faire débat : « la France doit mettre les bouchées doubles concernant les dispositifs de soutien déjà existants, tels que l’aide personnalisée en primaire et l’accompagnement personnalisé au collège. Quitte à réduire un peu les programmes scolaires et les heures de cours classiques. »

Après le flop, le pétaflop

Le 21 décembre, La Croix explore les entrailles du Tera 100, le nouveau supercalculateur du Commissariat à l’énergie atomique, et fait le point sur le calcul intensif en France et dans le monde. Construit par le groupe français Bull et dévolu à la simulation des armes nucléaires, il s’agit du premier supercalculateur européen à atteindre le niveau pétaflopique — c’est-à-dire plus d’un million de milliard d’opérations par seconde —, ce qui lui vaut de pointer à la sixième place du Top 500, le classement international des machines les plus performantes (la première place est détenue par la Chine).

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Le Tera 100

Cet ordinateur au superlatif est installé à Bruyères-le-Châtel (Essonne), dans le centre de calcul scientifique du CEA ; il devrait être prochainement rejoint par CURIE, un second supercalculateur pétaflopique destiné, lui, aux applications civiles. En tout, ce site abrite « près de 500 ingénieurs et chercheurs, des physiciens, des mathématiciens et des informaticiens qui modélisent les phénomènes physiques, les traduisent en équations de plus en plus compliquées, ou bien encore écrivent les codes de calcul. »

Dans son commentaire, La Croix constate que « les besoins en calculs ne cessent d’augmenter, tant dans la recherche fondamentale (calcul des structures et propriétés de composés chimiques, séquençage du génome humain, observations astronomiques) qu’appliquée (résistance des matériaux, simulation de vol, aide à la conception et à la décision). » Cependant, « l’augmentation des puissances de calcul dépend pour partie seulement du matériel. La vitesse de calcul dépend aussi des méthodes utilisées — les algorithmes. Autrement dit, la réussite d’une politique de développement dans un domaine comme celui des supercalculateurs n’est pas qu’une question industrielle. Elle dépend également de l’investissement universitaire consenti notamment dans la recherche mathématique. »

Parutions

Persuader de son savoir sans le transmettre : Dans la rubrique logique et calcul de son numéro de janvier la revue Pour la Science s’intéresse à l’informatique, plus particulièrement à un aspect de la démonstration mathématique en abordant différentes variantes de la notion de preuve interactive : « En concevant la démonstration comme une discussion entre deux personnes et non plus comme un cours magistral, les preuves sans transfert de connaissance accomplissent de petits miracles ». L’article incite à réfléchir en s’amusant à l’idée de démonstration et aux rôles qu’y jouent le calcul et le hasard. Quatre encarts accompagnent le texte. Le « démon de Quisquater et Guillou » illustre ce qu’est une preuve interactive sans transfert de connaissance. L’identification des graphes présente quant à lui un protocole interactif de preuve sans transfert de connaissance. La 3-coloriabilité (un graphe G est-il coloriable avec trois couleurs sans que deux nœuds reliés portent la même couleur ?) donne un exemple de protocole plus puissant. Quelques classes de complexité sont indiquées dans le dernier encart.

Pourquoi les plasmas sont stables : Dans un travail remontant aux années 40 le physicien soviétique Lev Landau en avait entrevu la raison : une homogénéisation rapide des charges électriques qualifiée depuis d’amortissement Landau. Dans sa rubrique Mathématiques le magazine La Recherche donne la parole à Clément Mouhot qui vient de cosigner un article avec Cédric Villani dans lequel ils démontrent que « l’amortissement Landau est bien là ».

Sciences et Vie Junior

Dans un numéro hors-série le magazine Sciences et Vie Junior consacre un dossier aux mathématiques. On y parle des fractales et de leur beauté, mais aussi de nombres premiers, de Grigory Perelman, de formes modulaires, d’algorithmes, de modélisation, de hasard et même du programme de Langlands ! Tout ceci en une dizaine de pages agréables à lire et illustrées avec humour : pour les adolescents... et leurs parents bien sûr.

Le top 10 des maths autour du monde

Le théorème de M. ou Mme. X n’est pas toujours dû à M. ou Mme. X et, même en cas de paternité ou de maternité avérés, l’auteur ne reconnaîtrait pas toujours son œuvre sous sa formulation contemporaine. La même question se pose pour d’autres résultats ou problèmes, qui font référence à un lieu géographique ou à un animal, voire à une spécialité cuisinère ; le blog Choux romanesco, Vache qui rit et intégrales curvilignes en propose en inventaire, sous la forme de trois Top 10 : maths autour du monde, maths animalières et maths culinaires.

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Œil Oudjat

Parmi les exemples : les fractions égyptiennes, représentées ici sur un œil d’Horus protecteur... Bon tour du monde des mathématiques !

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Pour citer cet article : L’équipe Actualités, « Revue de presse décembre 2010 »Images des Mathématiques, CNRS, 2011.

En ligne, URL : http://images.math.cnrs.fr/Revue-de-presse-decembre-2010.html

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