Revue de presse décembre 2011

1er janvier 2012  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (1)

Après les ripailles de fin d’année, plongez vous dans un bac rafraîchissant rempli d’histoires d’espionnage, de gros sous, de carte et de territoire, de courses de vitesse, d’évolution, de mousses, de pliages et toutes sortes d’art. Cette première revue de presse de l’année vous propose non seulement de lire mais aussi d’écouter la radio et de regarder un film où l’on parle de recherche en mathématiques. En prime, elle vous (re)mettra peut-être quelques refrains dans la tête…

Intelligence

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Quartier général du MI6

Drôle d’offre d’emploi qu’a répérée le blog du coyote. Les « Government Communications Headquarters » (GCHQ), l’une des « Intelligence agencies » (services de renseignements) britanniques, cherchent des pirates informatiques, ou « hackers ». L’originalité réside dans la méthode de recrutement utilisée : les GCHQ ont publié un cryptogramme sur internet et proposé un entretien d’embauche à toute personne le décodant. Comme nous l’explique l’article (en anglais) du Guardian, cette procédure vise à attirer les hackers autodidactes, les agences de renseignements ayant plus l’habitude de recruter les étudiants issus des universités prestigieuses.
Mais attention, quiconque aurait utilisé des méthodes illégales pour déchiffrer le code serait exclu du concours : les services secrets cherchent des « pirates éthiques ». Trouveront-ils un nouveau génie dans la lignée d’Alan Turing, « Britain’s greatest code breaker » selon un documentaire de
Channel 4 ?

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Rue Sophie Germain à Paris

Quittons Londres et ses pirates pour rejoindre Paris, la « capitale mondiale des mathématiques », comme l’affirme Valeurs actuelles. Si l’article s’intitule « La France, terre de mathématiques », les « quelques très bons centres de recherche provinciaux » sont vite oubliés pour louer cette « excellence française qui repose presque exclusivement sur Paris ou la région parisienne ». Sont mises en avant pour expliquer ce phénomène les « machine(s) à succès » que sont depuis leur création les « institutions d’excellence », au premier rang desquelles l’École normale supérieure et l’École polytechnique, mais aussi un « facteur plus humain », la « saine émulation » qui règne entre les différents établissements de recherche et d’enseignement supérieur.

En province, un jeune « matheux qui ne se prend pas la tête » est mis à l’honneur dans 20 minutes. Olivier Debray, lycéen grenoblois, « figure parmi les sept lauréats académiques des Olympiades de mathématiques 2011 ».

Qu’en est-il du niveau général des élèves du secondaire ? On l’a vu en France, la publication des résultats des élèves aux tests de type PISA (programme international pour le suivi des acquis des élèves mené par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)) donne lieu dans tous les pays à de vives réactions, enthousiastes ou pessimistes. Les résultats des élèves suisses canton par canton sont commentés dans la presse régionale (RTN par exemple), qui compare les prouesses des jeunes neuchâtelois ou des jeunes genevois. Ces derniers ont d’ailleurs des « résultats catastrophiques en mathématiques », selon un billet pour le moins critique d’André Duval sur son blog de la Tribune de Genève.

De l’autre côté de l’Atlantique, après l’inquiétude du mois dernier, le ton de la presse canadienne est beaucoup plus optimiste : les élèves canadiens sont « forts en maths ». En effet, de nombreux media, Radio Canada, ou CNW par exemple, rendent compte des conclusions du dernier rapport du Conseil des ministres de l’Éducation qui porte sur l’évaluation pancanadienne en mathématiques, en sciences et en lecture : « neuf élèves canadiens sur dix répondent aux attentes en mathématiques ».

Si l’on en croit une équipe de chercheurs en psychologie de l’Université de Padoue, dont le travail est mentionné par le site Inclassables, on pourrait se passer de tous ces tests pour ce qui concerne l’intelligence mathématique (par opposition à l’intelligence générale ou non mathématique) : un test sur la capacité à estimer correctement le temps (durée d’un son dans l’étude menée) suffirait à prédire l’intelligence mathématique.

Evolution

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Pigeon à queue barrée
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Gorille

L’étude de l’intelligence mathématique est aussi en vogue chez les éthologues. France Soir indique qu’« une étude menée par des scientifiques de l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande a montré que les pigeons disposaient de la même capacité à compter que les primates ». Sciences et avenir explique : « Faire la différence entre des quantités —un groupe de deux ou un groupe de quatre objets— c’est à la portée de beaucoup d’espèces animales, primates mais aussi éléphants, abeilles ou oiseaux. Il a ainsi déjà été montré que les pigeons sont capables de dénombrer. Mais quand il s’agit d’utiliser une règle mathématique abstraite, la liste des bons élèves est tout de suite plus courte. Des chercheurs démontrent désormais que les pigeons en sont capables, égalant les singes. » Les auteurs observent leurs résultats sous la perspective de l’évolution des espèces : « il s’agit probablement d’un cas d’évolution convergente (les mêmes besoins ont conduit les oiseaux et les primates à développer les mêmes capacités) plutôt que de l’héritage d’un très lointain ancêtre commun, » poursuit « Sciences et avenir ». Pour conclure avec Slate.fr, cette étude, publiée dans la prestigieuse revue Science, constitue « une incroyable révolution dans notre compréhension de l’évolution et des capacités animales ».

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Spirales sur un tournesol
On compte 34 spirales dans un sens, 21 dans l’autre —deux nombres de Fibonacci.

Un blog de Mediapart relate de son côté « un colloque “Biologie Physique Mathématiques” [qui] s’est tenu à Nice ». Il s’agissait de voir comment la physique peut modéliser l’émergence de structures mathématiques dans la croissance et l’évolution des êtres vivants alors qu’elles ne sont « NULLE PART, gravée[s] dans le génome ». Il s’agit typiquement de « spirales contra-rotatives » et de la suite de Fibonacci qu’on retrouve dans les pommes de pin ou les fleurs de tournesol. Ce n’est pas un débat anodin : « parler des plantes n’est pas très polémique [...]. Mais dites que la forme de la tête est fixée par des lois physiques indépendantes des biotopes et tout à coup, vous êtes créationniste ». La conclusion est emphatique : « que [les] lecteurs [de ce blog] comprennent bien : il se passe des choses scientifiquement sensationnelles. Surtout vous, les jeunes, dans cette ambiance morose de société fatiguée à qui on annonce tous les jours son effondrement. Réveil ! Il se passe en science des événements extraordinaires, dûs pour une large part au gigantisme des moyens informatiques [...], et à la diffusion de connaissances pointues en physique des milieux visco-élastiques. »

Sur le même thème, un blog de La tribune de Genève annonce une « attaque neutraliste sur Genève », en fait une conférence sur la théorie neutraliste de l’évolution : il s’agit, en utilisant des modèles mathématiques, de déterminer la part de l’évolution qu’on doit attribuer à la sélection par rapport à de simples fluctuations aléatoires sans contraintes —les partisans de la théorie neutraliste penchent pour le deuxième type d’explication.

Voyage voyage

Du Nord au sud de la France, les actions de diffusion de la culture mathématique ne manquent pas. La voix du Nord nous invite à un « intéressant « voyage au pays des mathématiques » », qu’on pouvait faire à la Cité des géométries de Jeumont, avec « Les déchiffreurs ». La voix du Nord décrit aussi l’enthousiasme engendré par le forum départemental de mathématiques à Villeneuve d’Ascq, organisé par l’association Ludimaths : « Il n’y a rien de plus amusant qu’un dimanche après-midi à faire des maths. » Les participants « ont réalisé un amusant pliage, que les enfants appellent cocotte. Mais voilà, ils ont en réalité étudié un objet mathématique appelé « ruban de Moebius » pour réaliser un « hexaflexagone ». Et sans le savoir ! »

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Flexagone avant collage

C’est à Paris que vous trouverez dans les mathématiques, « un dépaysement soudain » : le magazine « Connaissance des arts » a récemment publié deux articles sur cette exposition à la fondation Cartier. Dans le premier (18 novembre) cela partait mal ! « Je hais les mathématiques », hurle l’auteur. Mais j’aime l’exposition, ouf ! Après avoir vu comment « une équation peut [...] correspondre à une image, belle et compréhensible de surcroît, » même si « cette pensée abstraite [lui] « hérisse toujours le poil », le journaliste trouve les mathématiques « plus familières par leur
proximité avec les arts plastiques et avec une certaine forme de sublime. » Le deuxième compte rendu est une invitation à ce « voyage au cœur de la pensée mathématique ». On s’en fait une idée grâce à cette vidéo proposée par la Fondation Cartier, elle-même relevée par le blog du Coyote, ou encore en écoutant l’émission de France Culture qui s’interroge sur les relations entre art et sciences, partant du constat que les « mathématiques constituent l’univers le plus mystérieux et le moins accessible aux non-initiés ».
Tiens, art et mathématiques, cela ne vous rappelle pas ce billet ?

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Tablette scolaire mathématique
Provenance : Nippur [Mésopotamie, actuel Irak], environ 1800 ans avant notre ère, musée archéologique d’Istanbul. (DR)

Les conférences mathématiques organisées dans les collèges et les lycées ont rarement l’honneur des gazettes. Le bien public rapporte celle qu’a donnée Christine Proust au collège d’Is-sur-Tille (Côte d’Or) à propos des mathématiques babyloniennes, dont elle est
spécialiste. Cela clôture un travail important mené dans ce collège sur le sujet depuis le début de l’année, relaté dans cet autre article.

Plus au sud, « La dépêche du Midi » nous rapporte régulièrement ce qui se passe chez Fermat, à Beaumont de Lomagne. Ce mois-ci, les nouvelles sont bonnes : l’espace Fermat, ce « projet d’importance pour promouvoir la culture scientifique », « est en bonne voie », après avoir reçu le parrainage de Cédric Villani, « l’intérêt » du ministère de l’Éducation nationale, le
label « Maisons des Illustres » du ministère de la culture et le soutien de diverses institutions.

Même en habitant loin de toutes ces manifestations, même si on n’a pas pu assister à une étape du « Tour de France des déchiffreurs », on a pu faire un voyage en mathématiques grâce à la « formule Villani ». « France Info lancera lundi 19 décembre une émission animée par Cédric Villani, un éminent
mathématicien, » annonçait Le Figaro.
« Cédric Villani nous apprend que tout découle des mathématiques » selon TéléObs. Dans ce rendez-vous quotidien du 19 au 30 décembre, le « virtuose des mathématiques » aborde « la météorologie, l’économie, les transports, les ordinateurs... » selon Le zapping du
PAF
(voir aussi ce billet). En avant-goût, on a pu écouter un hommage au génie de Grigory Perelman, avec l’annonce de « la création d’une bourse qui sera attribuée à de jeunes postdoctorants », financée par « le montant du prix refusé par Perelman »,
que « l’Institut Mathématiques Clay a décidé de donner à l’Institut Henri Poincaré (IHP) dirigé par Cédric Villani ».

Money

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« Far East Finance Centre » à Hong Kong

En marge de ses chroniques à la radio, Cédric Villani publie également
une tribune dans le Monde à propos de la robustesse des modèles économiques vis-à-vis de l’inconnu ou de l’imprévisible. Il nous y
explique que le mathématicien français Rama Cont étudie le risque
systémique, en particulier « le risque d’une catastrophe touchant tout le
système financier », et qu’il « [voit] dans ces catastrophes des questions
passionnantes à analyser et comprendre ». Un principe à retenir : « Il en
va en finance comme dans la société : ce qui est bon pour l’individu
n’est pas forcément bon pour le groupe ».

En parallèle, La Tribune consacre tout un dossier aux techniques de
l’analyse quantitative permettant d’investir sur les marchés en
maîtrisant les risques. Qu’est-ce que l’analyse quantitative ? « À
l’opposé de la gestion de convictions basée sur une approche dite
“qualitative”, la gestion quantitative repose sur des modèles
mathématiques et présente l’avantage de ne pas être affectée par la
subjectivité humaine ». Une approche qui a ses adeptes et ses
détracteurs : « Les partisans de la gestion quantitative soulignent le
fait qu’elle n’est pas soumise aux biais comportementaux d’un être
humain comme en gestion classique. Ses adversaires l’accusent
d’amplifier les mouvements de marché et d’être responsable de certains
épisodes exceptionnels sur les cours de bourse ». Peu de mathématiques au final
dans cet article, on reste sur sa faim ...

« Mathématiques et finances : un couple à repenser ? » C’est le titre d’un
courrier des lecteurs d’Alternatives Paloises qui commence par cette
entame accrocheuse : « En physique, lorsqu’une expérience contredit une
hypothèse, on change l’hypothèse. Pas dans le monde de la finance ». A
méditer ...

Discovery

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Galaxie du sculpteur

Cité des hommes transmettait le 20 l’image du jour de la NASA, une très belle galaxie spirale dans la constellation du Sculpteur. Le lien avec les mathématiques ? la découverte de cette constellation en 1783 par l’astronome et mathématicienne Caroline Herschel.

Mais aujourd’hui, y a-t-il encore des choses à découvrir en mathématiques ? A cette question les spécialistes ont tous, très certainement, leurs réponses ; en décembre la presse aussi, qui met en relief l’interaction des mathématiques avec les mondes physiques, chimiques et... informatiques.

« Prenez une carte du monde. Posez-la sur le gazon de Central Park à New York, contre les rochers de l’Everest ou sur la table de votre cuisine : il y aura toujours un point de la carte qui sera superposé exactement au lieu qu’il représente dans la réalité. » nous disent le site Actualités de l’EPFL et le Blog du coyote. « Une évidence ? Pas pour les mathématiciens : un théorème plus complexe, dit du « point fixe », leur résistait depuis 1963. [...] Aujourd’hui, la démonstration tient en quelques pages ». Serait-ce Michel Houellebecq, l’auteur de La carte et le territoire, qui aurait inspiré les chercheurs ? Cette découverte est en tout cas une « ironie du sort », affirme l’article pour conclure, « quand on sait que Barry Edward Johnson, qui a formulé ce théorème, a progressé vers sa démonstration sans jamais parvenir au but jusqu’à sa mort en 2002. »

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« Water Cube » des JO de Pékin 2008

Images 3D et concrètes, décrites par Futura sciences dans un article sur les mousses optimales, ou comment le physicien Ruggero Gabbrielli et l’informaticien Kenneth Brakke viennent de réaliser la mousse à structure optimale découverte en 1994 par les mathématiciens Denis Weaire et Robert Phelan. Cette mousse est la solution du problème posé par Lord Kelvin au XIXe siècle : « quelle
devrait être la forme des bulles remplissant uniformément l’espace [...] minimisant la surface totale des bulles pour un volume donné » ? Lord Kelvin avait conjecturé une solution optimale « bien connue des chimistes. On la trouve chez les
clathrates ». Jusqu’ici on n’avait pas rencontré la structure de Weaire et Phelan dans la nature. Ceux-ci l’avaient en effet mise à jour, avec l’aide de Brakke, dans une approche mathématique assistée par ordinateur (la page d’Edouard Oudet par exemple vous en dira plus sur ce thème, voir aussi cet article sur ce site).

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Couverture de « Lion hunting & other mathematical pursuits »

En parlant d’ordinateur, ou plus exactement d’algorithmes, le site de veille scientifique de l’ambassade de France en Israël présente
une prépublication sur les algorithmes capables de se battre les uns contre les autres, en alléchant le lecteur avec cette petite histoire : « Deux touristes se promènent dans la savane Africaine et ils entendent un lion rugir un petit peu plus loin. Immédiatement, l’un des deux ouvre son sac et sort ses chaussures de course. “Mais tu es fou,” lui dit son ami, “tu ne pourras jamais courir plus vite que le lion !”. Le deuxième répond alors : “Pas grave, il suffit que je coure plus vite que toi !” ».
Trève de plaisanterie, Laurent Boue poursuit :
« un groupe de mathématiciens israéliens vient de faire des progrès importants dans la compréhension des propriétés des algorithmes, non pas “optimaux” mais plutôt “compétitifs”, » dans des situations où « il n’est pas toujours avantageux de trouver une solution “parfaite”, mais simplement de mettre en place une stratégie supérieure à celle proposée par la compétition ». Il y est question d’équilibre de Nash et d’une
« théorie probabilistique permettant de prouver l’existence ou non de stratégies compétitives capables de “battre” la stratégie optimale ».

Si les mathématiques nourrissent l’informatique, elles peuvent en retour s’appuyer sur l’informatique dans le processus même de démonstration. InfoDSI, « le magazine en ligne des professionnels de l’informatique », dans un compte rendu de l’article du site Interstices, place « l’ordinateur au cœur de la découverte mathématique » et illustre le rôle qu’il a pu jouer dans la preuve du théorème des quatre couleurs ou l’étude de l’attracteur de Lorenz.

Informatique, mathématiques toujours, quasi-cristaux encore, dans cette découverte d’un « nouveau quasi cristal, un matériau dont la structure n’est pas périodique » relatée dans Sciences et avenirs. Ce sont « des chercheurs de l’université du Michigan » qui l’ont mis à jour, « grâce à des simulations numériques ». Et de nouveau dans le domaine des interactions mathématiques-informatique, ce sont Les Échos qui font un bref compte rendu de « cinq ans de recherche commune pour Microsoft et l’Inria », sur « les mathématiques et leur application à la sécurité informatique à travers le développement de nouveaux outils de vérification » ; « un dictionnaire dynamique des fonctions mathématiques » ou encore « comment les dernières évolutions en calcul parallèle peuvent permettre d’exploiter les immenses volumes de données générées par l’imagerie du cerveau ». Sous un titre quelque peu provocateur, « Les maths au service des entreprises », le Dauphiné libéré déplore quant à lui le peu d’intérêt que portent les entreprises à « nos mathématiciens » « que le monde entier nous envie », à l’occasion du lancement de l’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société (AMIES), Unité Mixte de Service du CNRS.

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Avis de recherche
Emmanuel Creusé, Thierry Goudon et Caterina Calgaro dans leur propre rôle.

Alors, y a-t-il encore des choses à découvrir en mathématiques ? INRIA lance pour les sceptiques un Avis de recherche, « un docu-fiction qui présente le cheminement du travail de recherche scientifique ; de la définition d’une problématique jusqu’à la publication d’un article scientifique. Ce documentaire produit par le service multimédia d’Inria a été réalisé en étroite collaboration avec les scientifiques de l’équipe de recherche Simpaf (Simulation et modèles pour les particules et les fluides) ».

Motivés !

« Pirate éthique » ou pas, Alan Turing n’en fut pas moins persécuté par les autorités britanniques en raison de son homosexualité et termina sa vie prématurément, dans des circonstances dramatiques. A l’approche du centenaire de sa naissance, il est plutôt à l’honneur dans la presse (voir ici et ) mais n’a toujours pas été réhabilité. Le Monde Informatique nous informe qu’une pétition en ligne à été lancée pour inciter le gouvernement britannique à annuler, à titre posthume, les condamnations dont il fut l’objet. La pétition a recueilli pour l’instant près de 20000 signatures, mais attention : seuls les citoyens ou résidents britanniques ont le droit de signer !

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Une autre cause militante liée aux mathématiques, plus précisément aux statistiques, est défendue dans un éditorial du Monde intitulé « Des statistiques d’État à géométrie variable ». Il s’agit d’inciter l’État français à plus de transparence sur les statistiques qu’il publie. Ce concept nommé « open data », d’inspiration anglo-saxonne, signifie en pratique « la mise à disposition de données publiques peu ou pas accessibles jusqu’à présent » pour permettre « une meilleure compréhension
des politiques publiques par les citoyens. Une sorte de bienfaisante transparence démocratique, en quelque sorte ». Il s’agit de faire en sorte que le nouveau site national, data.gouv.fr, ne biaise pas les données en ne conservant que celles qui sont favorables au gouvernement.

Read it in Books

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Reconstruction de la « bombe » de Turing au musée de Bletchley Park

La révolution des mathématiques.
Le numéro hors série « Les dossiers de La Recherche » de décembre 2011 aborde la « révolution des mathématiques » sous l’angle de l’impact de l’arrivée des ordinateurs sur le développement des mathématiques. Il propose au lecteur de faire le point « sur la profonde transformation des mathématiques provoquée par ses échanges avec l’informatique ». Articulé en trois parties (fondamentaux, savoirs et références), ce dossier privilégie le filtre de l’histoire de la pascaline à l’ordinateur quantique, de la « lente émergence des algorithmes » à la cryptographie, des premiers ordinateurs jusqu’à Internet. Pour ceux qui seraient rebutés par le sujet, le numéro se termine par un second dossier, moins épais, sur les perspectives de la voiture électrique et le remplacement de l’essence par la batterie …

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Disque hyperbolique
Il peut être pavé d’une infinité de façons différentes par des triangles.

La géométrie des horizons. Pour la Science ouvre la rubrique « mathématiques » dans son premier numéro 2012 avec une excursion passionnante dans le monde de la géométrie et de l’infini. Françoise Dal’Bo-Milonet nous y explique que « bien après l’invention de la perspective en peinture, les mathématiciens ont conçu des méthodes pour conférer un bord à un espace géométrique infini ».

L’autoréplication maîtrisée ? Dans les années quarante, John von Neumann avait retenu le modèle des automates cellulaires pour démontrer la possibilité d’un robot autoréplicateur. Dans la rubrique « logique et calcul » de « Pour la science », l’auteur détaille les travaux qui suivirent pour perfectionner et simplifier le travail théorique extraordinairement complexe développé initialement et conclut que « dans un univers très simplifié d’automates cellulaires, on assiste à des dynamiques ressemblant assez fidèlement dans leurs principes logiques à celles qu’on voit dans le monde vivant ».

Léonard et la formule de l’arbre. Leonardo avait noté dans ses carnets que « toutes les branches d’un arbre à chaque étape de sa hauteur une fois mis ensemble sont égaux dans l’épaisseur du tronc ». Benoît Mandelbrot s’était intéressé à cette règle empirique. En prenant en compte la résistance de l’arbre au vent, un jeune physicien a validé récemment l’intuition de Léonard de Vinci (comme l’avait déjà relevé
Futura Sciences le mois dernier).

The End

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Echangeur routier vu par Peter Andrew

Gent Side a repéré les photos de Peter Andrew. Quoi de plus géométrique que ces photos d’échangeurs routiers ?

Eh bien, peut-être les œuvres de l’artiste émiratie Ebtisam Abdulaziz, diplômée en mathématiques et sciences. Interrogée par l’Art Media Agency, elle « pense que l’art et les mathématiques ont un lien à de nombreux niveaux », admire l’artiste américain minimaliste et conceptuel Sol LeWitt, et affirme que son propre art « est en quelque sorte unique, en particulier l’art systématique directement influencé par les mathématiques. »

La science peut-elle prédire un « tube » ? Déniché par Sur la toile et relayé par le blog du coyote, le site scoreahit.com a pour but d’évaluer le potentiel qu’a une chanson de devenir un hit : par des moyens d’intelligence artificielle, on regarde « tout ce qui compose la musique : tempo, durée, « signature », niveau sonore, etc. On regarde aussi la simplicité harmonique et le « bruit ». On en a sorti une « équation de “tube” potentiel ». Une chanson donnée est classée « hit » ou « non hit » selon une note. »

Post-scriptum :

Merci à Collapse under the Empire, Cat Power, Desireless, Pink Floyd, Daft Punk, Zebda, Echo and the Bunnymen et The Doors dont les tubes nous ont fourni les titres des rubriques.

La photo de une est issue du site SnowCrystals.com.

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse décembre 2011» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Crédits image :

Image à la une - Le flocon de neige du logo fait partie d’une galerie exposée par Kenneth G. Libbrecht sur le site SnowCrystals.com.
Tablette scolaire mathématique - Christine Proust — Droits réservés
Rue Sophie Germain à Paris - Wikimedia commons / Wu
Quartier général du MI6 - Wikimedia commons / Paul Buckingham
« Water Cube » des JO de Pékin 2008 - S. Benzoni
Spirales sur un tournesol - Wikimedia Commons / Esdras Calderan from Santos, SP, Brazil
Reconstruction de la « bombe » de Turing au musée de Bletchley Park - Wikimedia commons / Tom Yates
« Far East Finance Centre » à Hong Kong - Wikimedia commons / Ian Muttoo
Couverture de « Lion hunting & other mathematical pursuits » - Mathematical American Association
Flexagone avant collage - flickr / chrstphre
img_7285 - Source : data.gouv.fr - Licence Creative Commons
Galaxie du sculpteur - Angus Lau, anguskmlau « chez » gmail « point » com
Gorille - Wikimedia commons / Raul654
Pigeon à queue barrée - Wikimedia commons
Disque hyperbolique - Jos Leys

Commentaire sur l'article

  • Olympiades ?

    le 1er janvier 2012 à 17:47, par levangileselonsaintmatheux

    Bonjour et meilleurs voeux à tous.
    La passion que j’éprouve depuis longtemps pour les sciences, ne doit pas faire oublier la langue française à laquelle je suis très attaché (petit-fils d’institutrice oblige) ! Une olympiade ne désigne que la période de quatre ans (deux ans maintenant) séparant les jeux olympiques, et en aucun cas les jeux olympiques eux-mêmes !L’académie française l’a affirmé en 1964 !
    Et ce mot ne concerne que les jeux olympiques ; pas les compétitions de maths ou de physique, par exemple ; il s’agit donc là d’un barbarisme.

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