1er janvier 2013

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Revue de presse décembre 2012

L’équipe Actualités

Les membres de l'équipe :

Foin de discours eschatologique, la deuxmilledouzeologie a pris du plomb dans l’aile.
Au menu de ce mois de décembre, une
grande richesse de thèmes, développés par quelques ambassadeurs scientifiques de renom, du grave, du sérieux et du futile. À table !

Rencontres

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Vue de Saint-Rémy de Provence par Vincent van Gogh

La prochaine fois que vous aurez la chance d’admirer la nuit étoilée de van Gogh, profitez-en pour découvrir le tout nouveau MoMath.
Ce premier musée national des mathématiques aux États-Unis vient en effet d’ouvrir ses portes à New York, non loin du célèbre MoMA. Projet ambitieux, puisqu’il s’agit d’en faire « un musée familial à la gloire des mathématiques » qui « compte bien s’inscrire dans la vie new-yorkaise grâce à divers concours et événements prévus tout au long de l’année », rapporte le site maxisciences.com (les lecteurs anglophones peuvent aussi consulter l’article plus complet du New York Times).
Au programme : « Jeux avec des fractales, vélos à roues carrées et des expériences de multiplication de sept mètres de haut… Le MoMath ne lésine pas sur les moyens pour transmettre son amour des mathématiques. » Et l’article de pointer que « si des expositions sont régulièrement présentées à ce sujet, il n’existe pas de musée consacré purement aux mathématiques en France. Il y en a pourtant de bien réels à Pise, Rome, Milan, Florence, Vienne, Bonn et Giessen. » En attendant notre propre musée national des mathématiques, nous souhaitons au MoMath bon vent et bienvenue !

Certes un peu moins glamour, mais dans le même esprit, l’Espace Mendès France de Poitiers a accueilli récemment plusieurs expositions mathématiques (nous vous en parlions ici).
La Nouvelle République en cite deux, délocalisées en novembre et décembre au collège Jeanne d’Arc :
les mathématiques dans la nature et les mathématiques au quotidien (du 10 au 14 décembre 2012), où l’on retrouve quelques thèmes récurrents comme la morphogenèse ou la phyllotaxie.

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Divine proportion

Nos fidèles lecteurs ne sont pas sans savoir que derrière la phyllotaxie se cachent la suite de Fibonacci et
le nombre d’or (1+racine de 5 sur 2). Et justement, sur France Inter
Étienne Ghys vous dit tout, ou presque, sur le nombre d’or... en 119 secondes et pas une de plus !
Pourquoi une telle contrainte de temps ? C’est le défi lancé depuis quelque temps à des intellectuels triés sur le volet par Anne-Cécile Perrin dans son émission La science infuse en 120 secondes : présenter une notion, comme le syndrome de Stockholm ou l’effet de serre, en moins de deux minutes. L’exercice de style, ô combien difficile, ravira les auditeurs curieux de science en tout genre.

Dans un style pour le moins différent, vous pourrez écouter Misha Gromov, géomètre célèbre couronné par le prestigieux prix Abel,
dans 3D, Le Journal, toujours sur France Inter,
pendant quelque 5066 secondes (84 minutes et 26 secondes) de « dialogue avec les génies ». Petite piqûre de rappel : à travers l’exposition Mathématiques, un dépaysement soudain, quelques illustres mathématiciens secondés par la fine fleur de l’art contemporain, vous invitaient l’an dernier à découvrir « la diversité de la pensée mathématique et l’importance de la création dans ce domaine ». L’une des œuvres emblématiques de cette exposition fut La Bibliothèque des Mystères, « fruit d’une collaboration étroite et inédite entre Misha Gromov et le réalisateur et artiste David Lynch, avec la complicité de la musicienne Patti Smith ».
Ayant convié plus de trente penseurs illustres tels qu’Archimède, René Descartes, Galilée, Isaac Newton, Charles Darwin, Henri Poincaré et Alan Turing, elle est à l’origine du recueil Introduction aux Mystères publié par Gromov chez Actes Sud. Ce livre lui donne l’occasion « d’enrichir cette anthologie subjective en créant des liens thématiques entre les œuvres et en y ajoutant des commentaires inédits ». Le long entretien qu’il a accordé à Stéphane Paoli vous offre une autre Introduction aux Mystères. Comme le souligne le journaliste, non sans malice, Gromov parle sa propre langue : déchiffrez-la et vous ne serez sûrement pas déçu !

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Une machine de Turing ?

Qu’est-ce qu’un algorithme ? Voilà une question fascinante sur laquelle France Inter (décidément !) a décidé de vous faire plancher.
Heureusement, quelques mathématiciens comme Church ou Turing ont bien balisé le terrain et vous pourrez également compter sur le talent de
Bernard Chazelle pour vous épauler.
Ce professeur à l’université de Princeton est le nouveau titulaire d’une chaire annuelle d’Informatique et sciences numériques au Collège de France.
Déjà invité en novembre dans l’émission Place de la toile sur France Culture,
il est cette fois-ci en tête à tête avec Mathieu Vidard dans La tête au carré, et raconte les machines de Turing, la thèse de Church-Turing, la complexité algorithmique, la théorie des jeux,
avec à la fois un goût prononcé et une grande aisance pour les métaphores pédagogiques. Les algorithmes deviennent ainsi des « recettes de cuisine », certains systèmes complexes des « romans de Dostoievski » et les machines de Turing de simples « trains qui se déplacent sur une voie ferrée » (mais qui ont tout de même « le droit de modifier la voie au long du parcours » !).
Ajoutons que, le 20 décembre, Bernard Chazelle a donné un cours au Collège de France intitulé Les algorithmes naturels et les sciences, réécoutable ici. En parlant d’algorithme, signalons aussi une lecture de Xavier de la Porte sur France Culture, à lire
dans internetACTU.net :
« Quand un résultat provient d’un ordinateur sur la base de statistiques, cela doit être objectif, non ? Pas de biais possible, à la différence de notre jugement, nous Homo Sapiens défectueux. » Et bien détrompez-vous : « Toute une nouvelle catégorie de bruits bizarres résonne dans le monde de l’actualité à cause de l’algorithme de Google, […] pas parce que l’algorithme en lui-même est mauvais, mais parce que le service n’a pas assez considéré ses répercussions humaines. » À méditer.

De son côté, Sylvia Serfaty, récente récipiendaire du prix Henri Poincaré, est invitée aux côtés de quelques éminents collègues d’autres disciplines (comme Marina Cavazzana-Calvo, prix Irène Joliot-Curie de la « Femme Scientifique de l’année » 2012), par
Jean-Pierre Elkabbach pour un débat feutré sur Public Sénat.
Malgré le cadre quelque peu académique de la bibliothèque Medicis,
c’est avec chaleur que ces chercheurs évoquent tour à tour la place des femmes dans la recherche, la complémentarité entre recherche appliquée et recherche fondamentale, les particularités du système français, l’importance de l’échec dans la recherche, et bien d’autres thèmes encore.

Postérité

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Maurice Audin

À l’occasion de la visite de François Hollande en Algérie, la presse reparle de l’affaire Maurice Audin (voir ce récent billet, faisant suite à celui-ci). Selon le Figaro, notre président souhaite « se rendre sur la place Maurice-Audin, en hommage à la mémoire du jeune homme qui s’était engagé en faveur de l’indépendance algérienne ». Le journaliste Noureddine Khelassi de La Tribune, explique qu’il doit même résoudre une « équation à une seule inconnue », à savoir « dire, au-delà de l’hommage qu’il doit rendre à Maurice Audin, à Alger, la vérité sur l’assassinat par les parachutistes français de ce professeur algérien de mathématiques ». Rappelons que Maurice Audin était à 25 ans assistant délégué à l’université d’Alger, membre du
Parti Communiste Algérien, militant de la cause anticolonialiste et père de 3
enfants, lorsqu’il fût arrêté le 11 juin 1957 par des parachutistes français puis
disparût 10 jours plus tard après avoir été torturé. Sa veuve, Josette Audin,
interviewée dans dna-algérie, espère que François Hollande sera fidèle à sa
« volonté de faire avancer cette affaire », et qu’il reconnaîtra « les exécutions
sommaires commises, sur mon mari, et sur un très grand nombre d’Algériens qui ont
lutté pour l’indépendance de l’Algérie ». L’historienne Raphaëlle Branche, maître de
conférences à l’université Paris-I et écrivain n’est « pas très optimiste » dans Le Monde quant à
la possibilité de retrouver les archives concernant cette affaire, la seule attente
envisageable selon elle étant « des excuses sur la torture, érigée en système pour
gagner la guerre et non simple bavure ». Comme le relate La Recherche, le 2
décembre 1957, une « soutenance in absentia de la thèse de Maurice Audin eut lieu à la Sorbonne, sur “les équations linéaires dans un espace vectoriel”, sous la présidence de Laurent Schwartz ». Ce fut « un acte solennel de résistance des élites scientifiques et intellectuelles, une “révolte de l’université” », alors qu’aujourd’hui certains des tortionnaires du jeune mathématicien ne sont pas inquiétés par la justice. Par ailleurs, le magazine rappelle que sa fille, Michèle
Audin, mathématicienne et historienne de la philosophie (et billetiste sur ce site), avait rendu publique en 2009 sa lettre de refus de la Légion d’honneur.
Elle y remerciait le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, de « l’intérêt montré à [s]a contribution à la
recherche fondamentale en mathématiques et à la popularisation de cette
discipline », et expliquait que la requête de sa mère visant « à faire la vérité sur
la disparition de [s]on père » étant restée sans réponse, « cette distinction décernée par [lui] est incompatible avec cette non-réponse de [sa] part ». Depuis, le président Hollande a répondu à Josette Audin, de « façon circonstanciée » selon l’Humanité, mais « sans préciser s’il va lever le secret-défense sur tous les documents relatifs à l’affaire Audin ». Affaire à suivre donc.

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Mariages stables ?

C’est le 10 décembre 2012, à l’occasion des 116 ans de la disparition d’Alfred
Nobel, que les prestigieux prix du même nom ont été remis, mettant à l’honneur les mathématiques via la théorie des jeux
(oui oui, on sait, il n’y a pas de prix Nobel en math !). L’événement est relevé par
le journal La Tribune et sur le blog
eljjdx. À l’instar d’Hurwicz, Maskin et Myerson en 2007 ou
d’Harsanyi, Selten et John Nash en 1994, l’économiste Alvin Roth et le mathématicien Lloyd Shapley sont récompensés pour leur utilisation « du théorème des mariages stables dans des problèmes où l’on doit accorder l’offre et la demande ».
C’est dans un article paru en 1962 que Gale et Shapley avaient posé de
manière algorithmique les bases d’un théorème que l’on pourrait qualifier de pragmatico-sentimental : il permet en effet de résoudre le problème des mariages de
sorte que l’on ne puisse « pas créer de couple illégitime qui rendrait à la fois les
deux membres plus heureux qu’ils ne le sont déjà ». Roth s’est quant à lui
aperçu que lorsque l’on utilise l’algorithme de Gale-Shapley,
il faut utiliser d’autres critères que la stabilité. Ses travaux
s’inscrivent dans un champ de l’économie en plein essor appelé « market
design ». Mais n’oublions pas, que nous soyons mariés ou non : comme l’assure La Tribune,
« les mathématiques sont utiles car elles permettent de clarifier
les hypothèses réductrices de la fable, et aident à en tirer des conclusions ».

C’est peut-être dans cette « interview exclusive » par siliconwadi de Daniel Shechtman, évoquée par ailleurs sur le site obamaths,
que le plus bel hommage aux maths est rendu : « Oui, les mathématiques décrivent
l’Univers », s’exclame le récipiendaire du prix Nobel de chimie 2011, ainsi récompensé pour sa « découverte en 1984 des
quasi-cristaux » (voir par exemple ce billet). Il en avait soutenu l’existence contre vents et marées, l’Union Internationale de Cristallographie ayant douté pendant une bonne douzaine d’années avant d’accepter ses résultats, pour finalement modifier la définition d’un cristal. « Et c’était réglé », conclut-il simplement. À la question de l’existence propre des mathématiques, il répond : « Les mathématiques sont un langage. […] on peut faire beaucoup de choses avec. […] Oui, ça permet de décrire des phénomènes naturels. » Même si nous ne comprenons pas tout : « Il y a encore beaucoup à faire en sciences pour les générations futures. » Avis aux amateurs !

Tout un art

Comme on l’a vu plus haut, les mathématiques entretiennent avec l’art des relations parfois
inattendues. Libération
publie ce mois-ci, à l’occasion du Forum des Savoirs à Nancy, un
entretien avec le mathématicien Jean-Pierre Bourguignon sur les liens
entre sciences et art. Il déclare notamment que « les mathématiques ne permettent pas de donner une définition de l’art » mais qu’elles jouent
un rôle dans certains domaines de la création artistique, notamment
dans « le cas de la musique, où un certain nombre de musiciens contemporains exploitent des propriétés mathématiques pour stimuler leur créativité ». Il poursuit en remarquant que l’art traite parfois
aussi des mathématiciens, et que le cinéma les décrit souvent « comme des êtres étranges, qui écrivent à la craie ou à la peinture sur des vitres » [1]. Le site
nonfiction.fr
nous présente l’artiste Bernar Venet (dont nous avions parlé en juin 2011) et sa relation complexe aux
mathématiques (voir le portrait disponible
ici). On apprend ainsi que sa « sculpture a toujours entretenu un rapport étroit avec les mathématiques » et que certaines des ses œuvres sont liées à des « mathématiques plus récentes, telles que la théorie du chaos, des catastrophes ou la science de la complexité ».

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Vraiment ? Licence artistique !

L’architecture est un autre lieu de rencontre entre l’art
et la science. Le blog ABC
Maths

rend hommage en images à l’architecte brésilien Oscar Niemeyer, décédé le 5 décembre dernier, avec une citation qui commence par ces
mots : « Ce n’est pas l’angle droit qui m’attire, ni la ligne droite, dure, inflexible, créée par l’homme ».

Plus vite

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Maman, les petits bateaux

Certains amateurs de course au large, selon le site Le
Figaro
, sont en désaccord avec la méthode de calcul du classement du Vendée Globe, qui se fait par comparaison avec un « parcours théorique [...] balisé par un certain nombre de points de passages obligatoires ».
Elle avantagerait injustement certains concurrents. La faute, semble-t-il, aux icebergs et surtout à « l’anticyclone de Sainte-Hélène », dont « il était impossible de connaitre l’emplacement [...] au moment de la définition du parcours théorique, le 10 septembre ».

Les nouveaux super-ordinateurs achetés par la France dans le cadre du GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif) seraient-ils à même de remédier au problème ? Libération précise qu’ils ont été « baptisés Turing et Ada » en l’honneur d’Alan Turing et d’Ada Lovelace, considérés comme le père et la mère de l’informatique : nous vous avons maintes fois parlé du premier ; quant à la seconde, nous vous la montrions ici,
et Google lui a rendu hommage par un doodle (repéré par BFMTV) le 10 décembre, jour anniversaire de sa naissance. D’« une puissance cumulée de plus d’un pétaflops » (soit un million de milliards d’opérations à virgule flottante par seconde), ces machines sont conçues pour du « calcul fondamental » et devraient conduire à de multiples avancées : « Prédictions météorologiques à sept jours, naissance de l’univers, découverte de nouveaux médicaments, nouvelles sources d’énergie, nouveaux matériaux et nanotechnologies, décodage du génome humain... »
On apprend en outre d’Alain Fuchs, président du CNRS, que Turing (l’ordinateur, pas le mathématicien !) « présente un des meilleurs ratio puissance/consommation actuels ». Les stars du moment, Turing et Ada s’invitent même au journal du matin de France Inter. La journaliste Sophie Bécherel y interroge notamment la directrice du GENCI, qui souligne que parmi les applications potentielles figure en bonne place l’« exploitation des données du web ».

La croissance très rapide de la quantité d’informations produites par l’humanité,
« la déferlante des octets » en une du journal du CNRS,
est le sujet d’un autre article vertigineux de Libération : « chaque minute, environ 350 000 tweets, 15 millions de SMS et 200 millions de mails sont envoyés au niveau mondial ». L’enjeu est d’extraire des informations nouvelles et pertinentes de cette avalanche de données. Certaines révélations laissent rêveur : en croisant « les données GPS de 16 000 taxis avec les relevés météo », une étude a montré « pourquoi il faut se battre pour trouver un taxi quand il pleut » à Singapour. Les États-Unis investissent eux aussi massivement dans le domaine, et « inaugureront en septembre 2013 le plus grand centre de traitement de données au monde », qui « aura pour mission d’intercepter, de déchiffrer et de stocker la totalité des communications mondiales ! » Le rêve pourrait bien virer au cauchemar : quid « de la sécurité et de la confidentialité des informations » ?

Époque

Rude mois de décembre pour les questions d’éducation dans le domaine des mathématiques !
Commençons par l’éternel problème du sexisme, qui se glisse jusque dans les manuels scolaires. Terrafemina a mené l’enquête pour nous dans 29 manuels de mathématiques. Bilan : les personnages sexués se répartissent en 2676 hommes et 672 femmes, dont 1057 célébrités masculines contre seulement 35 femmes célèbres, et les gérants des énoncés ne sont des gérantes que lorsqu’elles gèrent des parfumeries.

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L’art d’enseigner les mathématiques

Par ailleurs, notons une charge frontale contre la didactique et ses « délires » sur Agoravox. Dany-Jack Mercier transcrit dans son article les propos « d’un collègue qui enseigne en BTS et en école d’ingénieurs » et « préfère conserver l’anonymat pour des raisons qu[’il] comprend aisément ». L’enseignant en question
s’en prend à la mise en pratique dans les programmes du lycée du concept de « transition didactique »
(entre « savoir savant » et « savoir enseigné », introduit dans les années 1980 par Yves Chevallard) et déplore le fait que,
partant d’« objectifs consensuels sur lesquels on ne peut qu’adhérer, comme par exemple « aider à la réussite des élèves », « lutter contre les abandons en cours de route » ou « adapter les enseignements à chaque caractère » »,
« on noie sciemment 40 % des élèves qui n’avaient jusque-là aucun problème avec l’enseignement scientifique dispensé en filière S, ni avec les prémisses d’abstraction que l’on considérait comme accessibles à cet âge depuis tant d’années ».
Les exemples qu’il cite sont éloquents. On savourera notamment la définition suivante : « La translation qui transforme A en B transforme C en D de telle sorte que [AC] et [BD] aient mêmes milieux. » Pour lui [2], le mal est profond et la conclusion alarmante :
« la vacuité des programmes est tellement immense que le nombre d’étudiants en science n’est pas prêt d’augmenter. »

Tout cela aura-t-il un impact moindre sur les bébés à naître cet hiver que sur ceux de l’été ?
Selon une étude de l’organisme britannique Every Child a Chance Trust
mentionnée par le Daily mail et relayée par
le coyote, les enfants nés entre mai et août auraient plus de mal à compter. Mais ouf, le même organisme propose un programme, Every Child Counts, pour faire progresser ces enfants. Dès lors qu’ils sauront bien compter ils pourront envisager d’aller
au « clone britannique de l’école russe » décrit dans La Voix de la Russie. L’école spécialisée dans l’enseignement des mathématiques se veut en effet un clone de l’université Lomonossov de Moscou, elle ouvrira ses portes en 2014 dans le prestigieux King’s college à Londres.

Parutions

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Dans les entrailles du tore plat

Les 10 plus belles découvertes de l’année : Sous le titre « Le tore plat carré
visualisé grâce à l’informatique » le numéro de Janvier 2013 de La Recherche classe en cinquième position les résultats de l’équipe Hévéa dans sa rétrospective des 10 plus belles découvertes de 2012 dans les grands domaines scientifiques. C’est une version adaptée de l’article publié sur Images des mathématiques par Vincent Borrelli : Gnash, un tore plat !. De nombreuses revues ont déjà consacré des papiers à cette découverte, illustrés par de spectaculaires images que nous vous laissons le plaisir de (re)découvrir ici ou .

Un théorème de théorie des groupes vérifié par ordinateur : Dans le même numéro, l’actualité mathématique est consacrée à une interview de Georges Gonthier et à la vérification du théorème de Feit-Thompson dont Images des Mathématiques s’est fait l’écho en octobre.

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La grenouille galactique

L’homme, meilleur joueur que la machine : Si l’ordinateur semble progresser inexorablement dans de nombreuses tâches, « de nouvelles méthodes d’utilisation et de coordination de l’intelligence humaine produisent des résultats étonnants, et même des renversements inespérés » nous explique Jean-Paul Delahaye dans sa rubrique Logique et calcul. En mobilisant et en coordonnant un grand nombre d’individus, l’intelligence humaine peut « battre » l’ordinateur dans des situations bien précises.
L’auteur nous présente quelques exemples comme le programme Foldit, un jeu en ligne qui a permis de reconstituer en deux semaines la structure d’une enzyme jouant un rôle dans la propagation d’une variante du virus du sida chez le singe, ou Galaxy Zoo qui a permis lui de « débusquer » un étrange objet céleste, surnommé « Hanny’s Voorwerp », dans les données d’Hubble. Mais l’auteur nous rappelle que « confier une tâche à un très grand nombre de personnes ne produit pas nécessairement des résultats meilleurs que ceux qu’on tire d’un individu isolé et compétent ». Et que la « sagesse des masses » a conduit à l’avènement des pires dictateurs.

Pour finir

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L’art de la treegonometry

Trop tard pour cette année, mais pensez y pour votre prochain Noël : voici la « treegonometry », ou comment optimiser la décoration de votre sapin ! Repérées par maxisciences (et
le coyote), les formules magiques ont été établies, sur commande d’une enseigne de grands magasins, par deux étudiants de l’université de Sheffield.

Notes

[1comme John Nash dans Un homme d’exception.

[2et pas seulement lui, on pourra par exemple relire ce courrier de notre lectrice Karen.

Affiliation de l'auteur

Commentaires sur l'article

Pour citer cet article : L’équipe Actualités, « Revue de presse décembre 2012 »Images des Mathématiques, CNRS, 2013.

En ligne, URL : http://images.math.cnrs.fr/Revue-de-presse-decembre-2012-1443.html

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