Revue de presse décembre 2017

Revue de presse décembre 2017

Le 1er décembre 2017  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Ce mois-ci, sont notamment évoqués dans cette revue de presse deux infinis, le coût de l’édition scientifique, la réalité augmentée, les réformes scolaires et la topologie appliquée aux formes exotiques de la matière.

Recherche et applications

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De l’infini à l’infini par Jiménez-Balaguer, 2011

Débutons par un article lumineux dans le Journal du CNRS qui explique la différence entre le hasard classique, dû au manque de connaissances des objets physiques considérés, et le hasard quantique, intrinsèque au principe d’incertitude sur la mesure des quantités dans le monde quantique. Alexia Aufèves annonce notamment la « deuxième révolution quantique » dans le monde des technologies de l’information.

Le journal Pour la science publie quant à lui un article très pédagogique expliquant comment deux chercheurs ont prouvé que deux sortes différentes d’infini sont en fait égales. L’article revient aussi sur l’histoire de ces infinis pluriels, sur l’hypothèse du continu, et explique comment la notion de complexité de la théorie des modèles a permis à Maryanthe Malliaris et Saharon Shelah de prouver leur résultat, qui leur a valu la médaille Hausdorff.

Question de perspective

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Passage piéton en 3D

Le premier passage piéton en 3D a été peint à Cysoing, selon france3-régions. Il s’agit bien sûr d’une illusion d’optique, qui semble faire ses preuves dans d’autres pays pour faire ralentir les voitures. À voir également une vidéo (en anglais) sur le site 3dvf qui illustre comment des calculs simples de trigonométrie permettent de filmer une dame dans un verre de martini, sans avoir un verre géant. C’est la perspective forcée, très utilisée au cinéma.

Pour les cyclistes cette fois-ci, la lettre de l’innovation du CNRS présente une alternative au casque, développée par le laboratoire strasbourgeois Icube. Il s’agit d’un bandeau léger et pliable. La modélisation « par éléments finis » de la réponse de la boîte crânienne aux chocs a permis de le mettre au point. Ce projet, soutenu par la fondation MAIF, vise à convaincre les nombreux réfractaires au casque.

La même lettre annonce la naissance du Tremplin Carnot Smiles, structure appelée à devenir un institut Carnot. Elle regroupe 14 laboratoires et un labex (laboratoire d’excellence) et vise à mettre en relation les industriels avec les laboratoires de mathématiques appliquées, dans des domaines aussi variés que la modélisation, la simulation numérique, la chimie, l’acoustique ou la biologie computationnelle.

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Justement, UP’magazine décrit les promesses de la science computationnelle, une branche des neurosciences qui cherche à comprendre les principes algorithmiques de l’activité neuronale, pour ensuite les utiliser en traitement de l’information. Le développement de cette discipline est permis par les progrès du calcul scientifique et par l’augmentation rapide des moyens de calcul, comme en témoigne l’équipe du CERL (Computational Electromagnetics Research Laboratory) à Brest, qui étudie les propriétés électromagnétiques du cerveau.

Le journal Le Temps publie un billet d’opinion de Jacques Neirynck, professeur honoraire d’économie à l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne). Son propos est de désacraliser le modèle mathématique, notamment dans la finance. Il revient sur l’histoire de la modélisation, depuis la mécanique de Newton et ses prédictions fiables, en passant par les équations de la météorologie, déterministes mais avec un comportement chaotique, pour aboutir aux modèles mathématiques financiers. Selon l’auteur, le modèle décrit des régularités temporelles, il ne révèle pas des lois de la nature intangibles. Il n’a en tous cas jamais été capable de prédire le comportement humain.

Vie de la recherche

Tous les mathématiciens connaissent la base de données arXiv. Le mathématicien Étienne Ghys rappelle sur le site du Monde qu’elle contient des articles faux. Il cite l’exemple d’une preuve (de plus) de la célèbre conjecture de Syracuse, ou 3x+1. Selon l’auteur, c’est la logique du publish or perish qui pousse à la publication non vérifiée.

Ce même journal revient sur l’édition scientifique et ses monopoles. L’appel de Jussieu pour une science ouverte, que les institutions peuvent signer ici, dénonce la mainmise de quelques éditeurs avec un coût toujours plus grand, au moment où les négociations de la France avec les éditeurs Springer et Elsevier commencent. L’article cite quelques alternatives, le « freemium » (lecture gratuite mais téléchargement payant des articles) ou bien le modèle inversé (payer en avance les frais de publications des articles).

Enseignement

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Les méthodes Montessori ou Singapore Math progressent du concret vers l’abstrait. Mais le problème est-il celui de la pédagogie ?

La presse a rarement autant parlé de l’enseignement des mathématiques ! Médias en ligne, grande presse écrite nationale et régionale, émissions de grande écoute à la radio et à la télévision : il ne se passe pas de jour sans que le grand public soit interpellé à propos de notre discipline.
Ainsi, France-Inter lui consacrait son émission Le téléphone sonne du 23 novembre et avait invité Cédric Villani et Martin Andler à répondre aux questions des auditeurs et des journalistes.
Il n’a fallu attendre que quelques petites minutes pour que vienne sur le tapis l’inévitable « méthode de Singapour » dont la presse nous rebat les oreilles depuis la rentrée. Fort heureusement, nos deux collègues ont remis cette question à sa juste place : celle d’un simple effet de mode. Sans aller jusqu’à dire cela explicitement, ils ont opportunément insisté tous les deux sur le fait que, bien plus que telle ou telle méthode pédagogique, ce qui compte avant tout, c’est la formation des enseignants. Député de la majorité, Cédric Villani ne pouvait pas critiquer ouvertement la politique menée par un gouvernement qu’il soutient, mais c’est bien ce message qui était en filigrane de son intervention. À noter aussi la tribune de Sylvia Ullmo dans Le Monde, qui souligne le manque d’enseignants.
Que la presse fasse ses choux gras de cette méthode de Singapour, cela saute encore aux yeux ce mois-ci. LCI s’extasie sur cette « pédagogie venue tout droit du numéro un du classement PISA (Program for International Student Assessment) des meilleurs élèves du monde » qu’elle a vue à l’œuvre dans une école de Nice et suggère une idée avant-gardiste : « Le travail en équipe serait plus bénéfique que le « par cœur » ». Le Point, lui, continue d’enfoncer le clou : pas moins de 10 articles et un numéro spécial sur le sujet depuis début octobre !

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Une vision en 1900 de l’école en 2000...

On trouve heureusement des propos plus nuancés. digischool et Courrier International évoquent d’autres aspects du système éducatif singapourien, qui devraient tempérer l’enthousiasme général : compétition généralisée dès le plus jeune âge, examen de fin d’études primaires à 12 ans, sélection sévère tout au long du parcours d’études, recours massif à des cours de soutien (évidemment privés) en plus des heures de classe (cela concernerait 60% des élèves du secondaire, 80% de ceux du primaire et même 40% des tout petits, en préscolaire). Mais curieusement, les élèves bénéficiant de ce soutien extrascolaire seraient moins performants que les autres ! Courrier International cite la journaliste Amanda Wise qui, dans un article (en anglais) de The Conversation, donne des éléments utiles pour analyser plus finement les raisons des bonnes performances de Singapour dans les classements internationaux comme PISA et suggère que l’importation de cette méthode ne conviendrait pas forcément à d’autres pays. Ce qui devrait aussi faire réfléchir ses thuriféraires, c’est que déclare le chercheur singapourien Pak Tee, dans un article (en anglais) sur le site cmrubinworld.com, cité par digischool : « Apprendre des autres systèmes éducatifs mondiaux nous aide à repenser le nôtre ». Notons également qu’il plaide pour un « processus d’apprentissage plus joyeux » !
Et si, mieux que la méthode de Singapour, l’idéal serait de disposer d’une méthode pédagogique qui permette de se passer d’enseignant ? Dès que vous en aurez mis au point une, empressez-vous de la communiquer aux professeurs du lycée Delamare-Deboutteville de Forges-les-Eaux (Seine-Maritime), où France Info, France Bleu Normandie et actu.fr ont constaté une grève (victorieuse) des élèves. Mettez en copie le recteur de l’académie de Toulouse, dont La Dépêche évoque les problèmes que lui pose l’absence d’enseignants de math dans deux collèges de Haute-Garonne : René Cassin à Saint-Orens et Raymond Badiou à Toulouse, quartier de La Reynerie. Pensez aussi au principal du collège Saint-Exupéry de Saint-Jean-de-Braye (Loiret), qui a un problème que La République du Centre n’hésite pas à qualifier de « national » !
Mais au fond, notre boutade sur la pédagogie sans enseignant en est-elle vraiment une ? Le remplacement des êtres humains (surtout quand ce sont des fonctionnaires... ) par des outils numériques connectés fait sûrement rêver certains ! Il est incontestable que le numérique prend de plus en plus de place dans le système éducatif. Le site Top Santé, s’appuyant sur une étude venue de Russie, nous explique que « l’apprentissage des mathématiques est plus efficace lorsque les élèves ont recours à la tablette numérique ». De son côté, École Branchée est allé à la rencontre d’une « enseignante dynamique » qui « ne perçoit aucune limite à l’innovation et l’intégration des technologies dans ses cours ». Sur le même thème, notons que pour le futur musée des mathématiques de Paris, M. Villani compte s’appuyer sur le casque Hololens de Microsoft pour expliquer des concepts scientifiques abstraits au grand public. Ce recours à la « réalité augmentée » est expliqué par Sophie Bécherel dans une chronique de France Inter ainsi que sur le site 01.net.

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Les difficultés d’apprentissage que rencontrent nos élèves ont des causes multiples et les tentatives de remédiation sont aussi très variées. France Inter, se référant à une étude PISA sur le travail collaboratif, pointe l’insuffisance de l’entraînement au travail en groupe. Plus spécifique à notre discipline est la méconnaissance des métiers des mathématiques, dont parle Béatrice Laurent-Bonneau, directrice du département de mathématiques de l’INSA (Institut Nationl des Sciences Appliquées) de Toulouse, dans un entretien au Monde. Pour ce qui est des remèdes, on évoquera pêle-mêle : des initiatives associatives comme « coup de pouce », dont nous parlions le mois dernier, et que La Voix du Nord a vu à l’œuvre dans la commune de Caudry (Nord) ; la forte mobilisation de tout le personnel d’un établissement dans des zones particulièrement « difficiles », comme au lycée Louise Michel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) où s’est rendu L’Étudiant ; les innombrables (et pas forcément fiables !) sites web promettant apprentissage et révision des cours de maths « sans stress », comme mathématique-web.fr (que nous n’avons pas testé) ; il y a enfin le nouveau dispositif des devoirs faits au collège qui a convaincu Le Républicain Lorrain, mais pas tous les syndicats, comme l’a remarqué La Dépêche.
C’était annoncé (voir notre dernière revue de presse), il y aura un nouveau brevet des collèges dès 2018. L’annonce officielle vient d’être faite. On trouvera des précisions notamment sur les sites du Point, d’Europe 1 ou du Monde. Et pour le bac, Europe 1 annonce déjà les grandes lignes de sa réforme.
Après le bac, l’université. « Que faire après une Licence de mathématiques ? » se demande studyrama. Mais encore faut-il l’avoir cette licence !
Et pour l’Académie des sciences, selon Ouest-France, comme pour les profs de prépa, selon L’Étudiant, le niveau actuel de la série S ne laisse rien augurer de bon dans ce domaine ! Villani fait le même constat dans Le Monde : « nos performances moyennes en mathématiques sont médiocres » et « le big data a attiré une partie des professeurs de mathématiques potentiels ». D’autres ne semblent pas partager cette inquiétude, et dénoncent « la suprématie », voire « la tyrannie » des mathématiques, comme dans cette tribune du site agoravox. El Pais va plus loin et nous explique (en espagnol) que 80% de ce qu’on apprend en cours de mathématiques ne sert à rien !
En tous cas, la réforme annoncée de l’accès aux études supérieures, devant prendre effet dans l’urgence dès janvier, suscite de nombreuses interrogations.
On trouvera les grandes lignes de ce « Parcoursup » présenté par le gouvernement dans Le Monde et L’Étudiant. Le projet est mal accueilli par les principaux syndicats d’enseignants : le SNES pour le secondaire et le SNESup pour le supérieur, ainsi que par une quinzaine d’organisations de jeunesse, dont l’UNEF, qui publie leur communiqué dénonçant l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’université. EducPros.fr fait état de l’inquiétude que suscite le projet au sein des grandes écoles et des classes préparatoires. Le Parisien a pour sa part donné la parole à un de ceux qu’il appelle « les naufragés » du système APB. Enfin, le site d’information Les Jours pointe l’écart entre le discours officiel et ce qui lui paraît devoir être la réalité qu’auront à affronter les futurs bacheliers.

Alors qu’à la fin septembre, environ 3000 bacheliers n’avaient trouvé aucune affectation dans l’enseignement supérieur et que le nombre de demandeurs va augmenter en 2018, on se demande toujours où l’on va trouver les places manquantes. Les questions sont nombreuses, sur les « attendus » et la fin du tirage au sort, la mise en œuvre des cours de remise à niveau à l’université, le recrutement d’un deuxième professeur principal par classe de terminale, la non-hiérarchisation des vœux et la désorganisation qu’elle pourrait induire. Et puis, qu’adviendra-t-il des candidats qui ne se seront vu proposer aucune solution satisfaisante ?

Honneurs

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Francis Allotey

Le Journal du Cameroun annonçait la mort de Francis Kofi Ampenyin Allotey, à 85 ans. Véritable pape des mathématiques ghanéennes et grande figure scientifique du Continent Noir, il avait cumulé les honneurs : « président de l’Académie des arts et des sciences du Ghana (GAAS) et membre de plusieurs organisations scientifiques internationales dont l’Institut international de physique théorique et appliquée ».
C’est à Maurice Nivat, disparu en septembre dernier, qu’Epoch times rend hommage. « Un des pères fondateurs de l’informatique en France », il « a passé le reste de sa vie à essayer de faire comprendre aux politiques que l’avenir de la Nation passait par l’apprentissage de la science informatique dès le lycée », à travers notamment de nombreuses pétitions. Le site de l’Université Paris Diderot rappelle qu’il avait participé à la fondation du « premier grand laboratoire d’informatique fondamentale créé en France ».
La Gazette des Mathématiciens propose des évocations de deux grandes figures récemment disparues. Hervé Queffélec raconte Jean-Pierre Kahane, mathématicien protéiforme ayant travaillé à l’interface entre analyse et probabilités et s’étant également investi de façon considérable dans la vie de la communauté mathématique française (voir aussi ici). Anton Zorich dresse un portrait de Maryam Mirzakhani qui est - faut-il le rappeler - médaillée Fields 2014 (et la seule femme à avoir jamais eu cet honneur) : l’auteur de ce texte souligne l’élégance de ses mathématiques, ainsi que la modestie du personnage.

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Sylvia Serfaty

Le Monde Informatique nous parle quant à lui de l’attribution des trois principaux prix d’INRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique) à Olivier Gascuel, Mazyar Mirrahimi et Anne-Marie Kermarrec, dont les travaux « portent [respectivement] sur la bio-informatique, l’ingénierie quantique et les usages et applications des systèmes distribués. »
Enfin, le site du CNRS continue sa série de portraits de mathématiciens français conférenciers au Congrès International des Mathématiciens 2018 à Rio de Janeiro.
On lira un entretien avec Sylvia Serfaty, spécialisée dans « les équations aux dérivées partielles et le calcul des variations ». Elle évoque notamment son attachement à « la liberté, celle de pouvoir travailler sur ce qu’on veut, avec qui on veut, où on veut et à l’heure qu’on veut ! »
Ce même site présente ensuite un entretien vraiment hors piste avec Laurent Fargues... réservé aux spécialistes de géométrie arithmétique.

Diffusion

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Paul Erdős

Du côté des événements, relayons de nombreuses annonces et quelques comptes-rendus. À vos calendriers : La Société Mathématique de France (SMF) annonce une conférence le 7 décembre à Nancy intitulée « Paul Erdös et l’anatomie des nombres entiers ». La suite du programme des conférences en 2018 est disponible sur le site de la BNF. Sur des sujets plus appliqués, on consultera le site de la SMAI pour un cycle d’évènements organisés en commun avec le Musée des Arts et Métiers sur le thème « une invention, des mathématiques ». Mentionnons aussi le Forum Emploi Maths, organisé à la Villette le 13 décembre.
Et dès à présent, rendez-vous à la MMI pour assister à un cycle de contes animé par Marie Lhuissier, (bien connue des lecteurs d’Images des Mathématiques), pour « une histoire poétique et un bel objet à créer et à ramener chez soi » (à partir de 7 ans). Sur le site du CNRS, vous trouverez tout sur les événements relatifs au centenaire du décès du mathématicien Gaston Darboux.
Parmi les événements qui se déroulaient le mois dernier, Le quotidien régional La Dépêche du Midi fait (comme d’habitude pour les diverses activités mathématiques...) un excellent travail de terrain en parlant de l’association « Les maths en scène ». Celle-ci vise à « faire découvrir les mathématiques dans des domaines et des lieux inattendus » en travaillant également avec leurs homologues belges (de la maison des maths de Quaregnon) ou marocains. Il y avait aussi une conférence sur les preuves en mathématiques et leur statut, dont fait mention le site de l’Université de Franche-Comté, un Villani sur scène à Cournon (63) dont parle l’antenne régionale de France 3, les interventions du blogueur Pham Minh Hoang (et accessoirement professeur de maths) franco-vietnamien exilé politique, remarquées par Ouest France et la journée de travail sur l’écriture scientifique mentionnée par le site du CNRS. De nouveaux exemples que les mathématiques dialoguent avec des domaines aussi variés que la philosophie, les arts de scène, la politique, l’écriture... et tellement d’autres choses.

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Un exemple d’usage de la réalitée augmentée dans la salle de classe

La presse rapportait encore ce mois-ci de nombreuses initiatives autour de l’école. Selon le JDD, « après l’apprentissage du jeu [de bridge], les profs utilisent les bases du bridge pour enseigner les statistiques, la probabilité » : idée ludique intéressante, mais on aimerait en savoir plus sur la finalité pédagogique, notamment sur l’intérêt particulier du bridge plutôt que d’un autre jeu de cartes. De son côté, France Inter met en avant le potentiel pédagogique de la réalité augmentée dans l’enseignement de la géométrie dans l’espace. Dans RFI, avec un panel d’invités, on s’interroge sur la phobie des maths et son origine scolaire. Nous retrouvons par ailleurs Eddie Neba Ibrahim Polneau, un des membres du panel qui était intervenu sur RFI, dans une brève du site L’Infodrome mentionnant que « le ministre d’État, ministre de la Défense [de la Côte d’Ivoire] a reçu les médaillés d’or et d’argent des Olympiades Panafricaines de Mathématiques » (mais où était le ministre de l’Éducation nationale ?). De l’armée au rap : Vousnousils nous parle du prof de maths qui rappe sur le théorème de Pythagore. Exercice intéressant, mais délicat : comme Radouane Abassi l’avoue lui-même, garder la bonne distance tout en utilisant des méthodes particulières « de proximité » est un vrai numéro d’équilibriste.
Du côté de la Belgique, RTBF nous fait part des difficultés financières de la maison des maths à Quaregnon qui « accueille chaque jour des élèves de toute la Fédération Wallonie Bruxelles pour des ateliers ludiques sur le thème des mathématiques ». Espérons qu’ils trouvent vite des financements pour continuer leurs missions !
Vant Bef Info nous rapporte la création d’un concours de mathématiques et de philosophie à Haïti.
Sur notre site, vous trouverez l’annonce de la 7ème édition du concours de BDs mathématiques « Bulles au carré ». Cette année, le thème est « Maths et Polar » et la date butoir est fixée au 29 janvier.
Sur Agora Vox, un texte poétique sur le rêve d’une éducation scientifique esthétique : l’auteur part du constat que « dans le dossier de « Sciences et Avenir » [consacré aux mathématiques] il trouvait uniquement une promotion des mathématiques comme atout pour l’emploi » et y oppose sa propre vision, consistant à faire un « éloge pour la curiosité, le mystère, l’attrait de la connaissance ».
Finissons par le plus insolite : le Courrier International parle du concours international « Danse ta thèse » (comme le titre l’indique, il s’agit de « chercheurs du monde entier [qui] vous expliquent leurs travaux en dansant »). De façon surprenante, la gagnante Nancy Scherich fait... de la théorie des représentations, pas le sujet à priori le plus « choréographiable », ce qui fait que son prix est d’autant plus remarquable !

Parutions

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Statistique et basket, le couple gagnant ?

La topologie bouleverse la physique titre en première de couverture La Recherche de ce mois de décembre. L’éditorial poursuit l’annonce de ce dossier de quatre articles portant essentiellement sur des travaux récents sur les formes exotiques de la matière dans lesquelles la topologie s’invite de manière inattendue. Dans le premier article, Sylvain Guilbaud nous livre un entretien avec Jean Dalibard, spécialiste des gaz d’atomes froids, et David Carpentier. Ce dernier, spécialisé dans la physique de la matière solide, s’intéresse plus particulièrement à des phases dites « topologiques » par les physiciens. « Il s’agit d’états de la matière dont la caractérisation requiert l’utilisation de la topologie, une branche des mathématiques qui s’intéresse aux propriétés des objets qui sont indépendantes de leur déformation ». Vous pouvez voir aussi son article paru dans la revue Pour la Science, Un nouvel état de la matière.

La statistique et le basket font bon ménage depuis quelques années. Lecture des feuilles de match, analyse de l’efficacité au tir, description d’une succession de configuration de jeu par exemple, ne sont pas si triviales. L’analyse des données des matchs se fait donc de manière très poussée pour les responsables de clubs. Rebondissant sur un exposé de Rémy Mahfouf au séminaire Mathematic Park (qui existe dans plusieurs villes), Roger Mansuy fait dans sa chronique mensuelle une synthèse très claire de la position des problèmes tout en se demandant si, un jour, nous verrons des mathématiciens prendre la place des commentateurs de matchs !

Enfin, pour clôturer ce numéro de La Recherche, Pierre Berloquin propose dans la rubrique jeux, Enigmes, logique et mathématiques, deux pages d’énigmes et de casse-têtes pour petits et grands en précisant bien qu’aucune connaissance mathématique n’est nécessaire... Quoique...

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15, un point c’est tout !

Les problèmes de pavage du plan avec des polygones (voir aussi ici) sont vieux comme le monde. Parmi ceux-ci, les pavages utilisant des pentagones convexes identiques ont été ces dernières années à l’honneur à plusieurs reprises. Jean-Paul Delahaye en avait parlé dans sa rubrique logique et calcul en 2013 mais certains résultats n’étaient pas fixés. Il revient sur le sujet dans le numéro de décembre de la revue « Pour la Science » avec un article intitulé Paver le plan avec un pentagone convexe. En 2015 on connaissait 15 formes de pentagones convexes pouvant paver le plan sans pouvoir affirmer si il en existait ou non d’autres. En 2017, Michaël Rao a prouvé que l’on ne trouverait jamais d’autres formes que les 15 connues. La question est close et Jean-Paul Delahaye nous propose une agréable promenade à travers un problème en apparence assez simple mais qui n’a finalement été résolu qu’en 2017 après moult péripéties.

Dans les livres du mois, Pour la Science a retenu en mathématiques deux ouvrages : Voyage en géométrie de Jean-Louis Brahem et Objets mathématiques, ouvrage collectif publié par CNRS Editions et déjà présenté en octobre dans Libération. Notons que CNRS Editions publie tous les six mois un numéro de Carnets de science. Le dernier numéro (Automne / Hiver 2017) propose un dossier sur l’IA : Comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ?

D’autres titres peuvent vous tenter dans les librairies pour les fêtes. Toutes les mathématiques du monde d’Hervé Lehning sorti en novembre.
Mais peut-être préférerez-vous vous laisser tenter par « le coffret de DVD de Noël du député Villani », repéré par Le Parisien, qui propose huit conférences écrites et présentées par notre médiatique mathématicien.

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse décembre 2017» — Images des Mathématiques, CNRS, 2017

Crédits image :

Image à la une - Paul Klee, Musée des Beaux Arts de Berne
Passage piéton en 3D - extrait du flash de GrandLille.tv du 01/11/2017 : https://www.youtube.com/watch?v=OfF3ZGGUOGo
De l’infini à l’infini par Jiménez-Balaguer, 2011 - By Jiménez-Balaguer (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Statistique et basket, le couple gagnant ? - Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Lancer_pile_ou_face.jpg
15, un point c’est tout ! - Wikipédia
img_17772 - L’éducation collaborative © Rawpixel.com, source : https://www.consoglobe.com/education-collaborative-france-pisa-cg
Une vision en 1900 de l’école en 2000... - France in 2000 year (XXI century). Future school. France, paper card. By Jean Marc Cote (if 1901) or Villemard (if 1910) http://publicdomainreview.org/2012/06/30/france-in-the-year-2000-1899-1910/ [Public domain or Public domain], via Wikimedia Commons
Les méthodes Montessori ou Singapore Math progressent du concret vers l’abstrait. Mais le problème est-il celui de la pédagogie ? - Wikimedia Commons
Un exemple d’usage de la réalitée augmentée dans la salle de classe - Yann Bertrand, Enseignant au lycée Aristide Briand de St Nazaire
Sylvia Serfaty - LJLL
Paul Erdős - Wikimedia Commons

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