Revue de presse décembre 2020

Le 1er janvier 2021  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Saviez-vous que la saison est propice à l’observation d’étoiles filantes ? Les Géminides en décembre (image ci-dessus) et les Quadrantides en janvier sont des pluies annuelles de météores.

Cela nous fait penser un moment à autre chose qu’à l’actualité du monde, dont La Nouvelle République livre un singulier condensé à travers sa présentation du morceau The Game of Life par The Jazlab Project. En effet, le morceau est dédié à John Conway, mathématicien prolifique inventeur du « jeu de la vie », décédé en avril 2020 des suites de la Covid.

Certes, l’actualité ne se résume pas à la pandémie, que ce soit dans les mathématiques ou au-delà, mais elle en est profondément marquée, ce mois-ci comme toute l’année. Qu’on en juge !

Vie de la recherche

Anniversaire franco-chilien
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Il y a 10 ans, la goélette Tara est allée à la recherche du plancton. Maintenant, les membres de l’expédition souhaitent comprendre « comment la vie s’est-elle diversifiée et complexifiée au niveau des écosystèmes ? »

Le CNRS célèbre les 20 ans du laboratoire Centro de Modelamiento Matemático de Santiago. Ce laboratoire « tient une place spéciale dans le cœur du CNRS » d’après Antoine Petit, puisqu’il est devenu la première unité mixte internationale en Amérique du Sud en 2004, et fut le premier laboratoire de recherche international, une structure de collaboration internationale du CNRS.

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Une image du radar Sentinel-1A (1er satellite du programme Copernicus) permet d’estimer les déplacements causés par le tremblement de terre du 16 septembre 2015 au Chili.

On trouve aussi dans les actualités de l’INSMI une présentation de ce laboratoire par son directeur, qui évoque le développement d’outils de sécurité pour les exploitations minières, la participation au projet Tara Océan sur l’étude de la biodiversité océanique face au changement climatique, la coordination au Chili du programme Copernicus sur les questions de politique spatiale, ou encore la mise en place de programmes pour l’enseignement mathématique avec le ministère de l’Éducation chilien.

Autour de la loi de programmation de la recherche

Alors que la loi de programmation a été votée le 17 novembre dernier, Libération revient sur la lettre que la ministre a adressée le 1er décembre à la communauté et qui selon le journal « [accentue] l’impression d’un dialogue de sourds ». À ce propos, on trouve aussi dans Libération une interview par le même auteur du président de l’université Clermont Auvergne intitulée « La déconsidération des universités par le milieu politique est un élément structurel ». Dans la lettre de la ministre, deux « points de crispation » sont relevés par l’auteur : la prétendue mobilisation du gouvernement pour soutenir la recherche publique alors que le nombre de postes de chargés de recherche ouverts au CNRS en 2021 vient d’être publié, et qu’il est passé de 293 en 2018 à 242 en 2021 ; et les changements liés aux procédures de qualification. À propos du premier point, même un dossier sur la loi publié dans la rubrique info du CNRS précise que ce qui est en cause est « cette trajectoire budgétaire qui court sur deux mandats au-delà de l’actuel et concentre l’effort sur les dernières années ». À propos du second point, un professeur de Paris 1 dit craindre « en certains lieux des recrutements de haut niveau scientifique et, en d’autres, des recrutements locaux d’inféodés » dans une tribune de La Croix. Nous reviendrons sur cette lettre.

Enfin, alors qu’Édouard Philippe introduisait les enjeux de la loi lors des 80 ans du CNRS en février 2019, il posait la question : « Comment rester compétitifs à l’échelle internationale ? » L’ambiance est à l’alignement sur les standards internationaux, et l’université de Nantes (maintenant Nantes Université) a publié ce 14 décembre un encart sur la création de nouvelles structures conformes à ces standards internationaux : « Outre les 4 Graduate Schools et les 10 Graduate Programmes, la gouvernance en charge des Graduate Studies vise à amplifier la dynamique et à créer de nouveaux Graduate Schools et Graduate Programmes, en particulier dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales ». Tout un programme !

Questions de genres

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La fâcheuse (quasi-non)évolution de la répartition des postes de MdC en section 25

Alors que l’égalité entre les femmes et les hommes dans la recherche « n’a pas été au cœur des préoccupations en amont » d’après le dossier du CNRS, on trouve dans News Abidjan un article sur le 18e sommet sur le genre. Ces évènements sont coordonnés par Portia, une organisation à but non lucratif et créée par un groupe de femmes scientifiques de l’Imperial College. La 18e édition a été organisée par l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS) dans le sillage du Next Einstein Forum et avait pour ligne directrice l’agriculture à travers le prisme du genre.

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La présidente directrice générale (PDG) de l’institut africain de sciences mathématiques

Et alors qu’un des prochains sommets sera organisé par l’alliance des organisations de sciences en Allemagne en 2021 sur le thème « Gender Equality, Diversity, Inclusion post-Corona : Quo vadis ? », L’Avenir relaie une dépêche de l’AFP sur une étude de Dauphine menée par des chercheu·se·rs affilié·es à la chaire Femmes et Science de Paris-Dauphine-PSL. Iels se sont penché·es sur le paradoxe de l’égalité des sexes : le fait que dans les pays les plus progressistes en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, on observe un plus grand déséquilibre parmi les étudiant·es en sciences. Et contrairement à une étude de 2018 avançant que cela s’expliquait par des préférences « innées » selon le genre, puisque dans les pays « développés » les jeunes jouissent d’une plus grande liberté qui leur permet d’exprimer ces préférences, les auteur·es de cette nouvelle étude se sont penché·es sur les stéréotypes. Selon eux, « [le développement économique et une plus grande égalité des sexes] vont de pair avec un remodelage, plutôt qu’une suppression, des normes de genres ». Ils ont ensuite mené leur étude en mesurant l’ancrage des deux stéréotypes « les filles ne peuvent pas réussir en maths » et « les métiers à forte composante mathématique ne sont pas pour les filles ». Et, surprise ! « Ce paradoxe peut s’expliquer par des différences entre pays en termes de stéréotypes relatifs à de supposées différences d’aptitudes entre les genres ou à des choix professionnels plus appropriés selon le genre ».

Soutien à Tuna Altınel à l’occasion de la Journée internationale des droits humains

C’est un triste sujet qui revient presque tous les mois dans cette revue de presse. Ce mois-ci, c’est dans Le Progrès : bien que le mathématicien Tuna Altınel, accusé de propagande terroriste, ait été définitivement acquitté en septembre, les autorités turques refusent toujours de lui rendre son passeport. Le maire de Villeurbanne, ville où se trouve le campus de La Doua où il enseigne, et le comité de soutien à Tuna Altınel ont saisi la date du 10 décembre pour lancer une action sur Twitter réclamant la remise de son passeport en cette Journée internationale des droits de l’homme.

Applications

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En moyenne, ce sont des cubes !

Il y a une beauté toute particulière dans l’adéquation entre des prédictions réalisées à l’aide des mathématiques et des observations expérimentales ; et ce d’autant plus que les résultats mathématiques en question semblent au premier abord excessivement « abstraits » ou « fondamentaux ». Dans un long article (en anglais) fort agréable à lire, Quanta Magazine fait le récit de l’une de ces étonnantes applications. On y suit la collaboration entre un géologue et un mathématicien autour du problème suivant : si l’on casse un morceau de roche en beaucoup de petits morceaux, quelles formes prendront les cailloux obtenus « en moyenne » ? Les mesures sont aussi catégoriques que les théorèmes : dans l’immense majorité des cas, ce sont des cubes. L’occasion d’une promenade scientifique réjouissante entre géométrie et géologie.

Les mathématiques fournissent de précieux outils pour modéliser et mieux comprendre la croissance des tumeurs cancéreuses. Un article de The Conversation, relayé par 20 Minutes, décrit les principes de base sur lesquels reposent ces modèles : le phénomène de diffusion, qui donne naissance à des équations dites paraboliques, et l’introduction de termes pour rendre compte des asymétries dans la forme des tumeurs.

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Vue d’artiste des « autoroutes interplanétaires »

Faisons un zoom arrière pour passer de l’échelle cellulaire à celle de notre système solaire : Sciences et Avenir consacre un article à de nouvelles découvertes concernant les « autoroutes interplanétaires », des zones tubulaires dans l’espace où les forces de gravité exercées par les corps voisins interagissent de sorte à accélérer considérablement le mouvement des objets qui s’y trouvent. L’existence de ces tubes gravitationnels est connue depuis les années 1970, mais la nouvelle étude dont parle l’article de S&A démontre de surcroît qu’ils seraient tous reliés entre eux, tel un réseau routier. Ces découvertes ouvrent des perspectives prometteuses dans le domaine de l’exploration spatiale.

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Le code secret du tueur du Zodiaque déchiffré

Plus insolite, toujours dans Sciences et Avenir : un mathématicien australien et deux informaticiens sont parvenus, après quinze ans de recherche, à déchiffrer un message codé envoyé il y a plus de cinquante ans par le Zodiaque, un énigmatique tueur en série américain dont l’identité reste inconnue à ce jour. Le message ne renfermait malheureusement pas d’information permettant de faire avancer l’enquête, mais la prouesse reste de taille.

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Carte du monde « codiforme »

Autres exemples d’applications des mathématiques glanés sur le Web ce mois-ci : en cartographie sur le blog Géographies en mouvement, qui poste un billet sur les cartes du monde en forme de cœur conçues par le mathématicien Oronce Fine au XVIe siècle ; en automobile sur Motors Actu, qui énumère quelques formules issues de la physique et des maths et applicables au cas d’une voiture (distance de freinage, résistance aérodynamique, intégrales de vitesse) ; en finance sur Cryptonews qui s’enthousiasme pour la nouvelle compétition qui oppose les universités britanniques d’Oxford et Cambridge, non pas à la rame mais à coups de commerce de cryptomonnaies.

Le site All News met d’ailleurs en garde contre l’utilisation abusive de modèles mathématiques pour analyser les fluctuations à court terme des marchés financiers et décider des investissements à réaliser. L’article accuse les modèles classiques de reposer sur des hypothèses fausses et recommande de privilégier une réflexion sur les capacités de croissance de l’entreprise dans laquelle investir plutôt que de s’en remettre à ces analyses incertaines.

Pour finir, la Société de calcul mathématique SA publie sur YouTube un débat organisé entre son PDG Bernard Beauzamy et le député-mathématicien Cédric Villani, autour de la question du rôle des mathématiques dans l’aide à la prise de décisions.

Intelligence artificielle

L’excellente émission La Méthode scientifique consacre un épisode au rapport entre cerveau et intelligence artificielle. Si le concept même d’intelligence artificielle consiste à imiter les capacités de l’esprit humain, et qu’on ne jure plus que par les « réseaux de neurones », il subsiste encore de nombreuses différences entre le fonctionnement des IA et celui du cerveau : consommation d’énergie, transmission des informations...

Le site gouvernemental Vie-publique propose deux articles de fond sur l’intelligence artificielle. Le premier brosse un tableau des orientations stratégiques de la France en matière d’IA : investissements, structures, réflexion sur les risques et les questions d’éthique, esquisse d’un droit de la robotique. Justement, le deuxième fait le point sur l’apparition graduelle de l’IA dans le monde judiciaire, notamment via l’aide à la prise de décision par le traitement des données de jurisprudence, tout en précisant les risques éthiques à ne pas perdre de vue.

Enfin, La Tribune relaie un article de The Conversation qui aborde le rôle de l’IA dans le développement durable, en particulier celui des pays émergents, citant de nombreux exemples : détection automatique de la malnutrition, prédiction des inondations, traitement d’images satellite pour identifier l’état des routes... tout en nuançant ce tableau flatteur par quelques défis bien connus : éthique, respect de la vie privée et risque de disparition d’emplois peu qualifiés. Cameroon Tribune publie un court article sur le même sujet à l’occasion d’un forum organisé à l’université de Dschang sur l’apport des nouvelles technologies et de l’IA sur le développement de l’Afrique.

Modélisation de la Covid

Vaccins...

La mise au point du vaccin Pfitzer et les déboires universitaires de Katalin Kariko, décrits dans Le Monde sont une critique in vivo des aspects fortement négatifs de la récente loi sur la recherche et confirme la nécessité de moyens et de structures afin d’assurer la liberté des chercheurs. PNG Un long article du même journal (accès restreint) expose en détail la saga des vaccins à ARN messager, avec les abandons de la recherche française.

Marianne compare les communications des entreprises Pfitzer et Moderna avec celle d’AstraZeneca, mettant en avance le manque de transparence de cette dernière. Il est d’ailleurs difficile de comprendre que l’erreur de la demi-dose qui donnait les meilleurs résultats amène à reprendre l’étude avec uniquement deux doses… La Question du jour, sur France Culture, fait le point sur les publications scientifiques sur les vaccins.

et vaccinations

France TV Info décrit les procédures et le travail en temps réel des commissions de l’Union européenne pour évaluer les quatre premiers vaccins ayant demandé l’autorisation de commercialisation. PNG France Inter présente « Monsieur Vaccin », choisi après quelque flottement pour conduire la campagne de vaccination en France. Mais cette campagne ne s’avère pas de tout repos : les inquiétudes, les réticences et les refus sont actuellement nombreux. France Info propose douze réponses aux inquiétudes : comment fonctionnent les vaccins, et les vaccins à ARN, le seuil à atteindre, le danger éventuel des produits adjuvants, les risques d’autisme, le pourquoi de la défiance, les raisons de l’obligation pour certains vaccins, le Big Pharma, quels vaccins contre le coronavirus, quelle stratégie de vaccination, quelle protection et pendant combien de temps. Les craintes exprimées par plusieurs praticiens sur les vaccins à ARN sont loin d’être partagées par les spécialistes, comme en témoignent France Inter, France TV Info et encore France Inter .

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Déreconfinement et rereconfinement

Si le 7 décembre les sentiments des autorités sanitaires et du gouvernement étaient mitigés, voir Le Point et France Inter, et le déconfinement du 15 décembre partiel, la crainte d’une troisième vague est venue désormais au premier plan. Dès le 27 octobre, France Culture évoquait cette possibilité, en évaluant les diverses prévisions venues des modèles et des délais de vaccination. Le 16 décembre, la question est reprise dans La Conversation scientifique sur France Culture et y est développée en un peu plus pessimiste. On y évoque la plateforme MODCOVI9 de l’INSMI CNRS.

Pour Les Échos, qui publie une interview d’infectiologue le 9 décembre, « une troisième vague est certaine ».

IA et imagerie

Les défauts et qualités de différents modèles épidémiologiques sont exposés dans The Conversation, en relation avec la venue d’une troisième vague.
L’IA est utilisée pour rechercher des traitements efficaces contre le coronavirus, en repérant des séquences génétiques de virus voisins et en les couplant avec les médicaments ayant montré une certaine efficacité pour traiter les affections causées par ces virus. Ces médicaments peuvent être testés pour le coronavirus.

Deux Marocains, anciens centraliens travaillant au MIT, viennent d’obtenir le prix Pierskalla pour leurs travaux en modélisation sur la propagation du virus, loue Le Courrier de l’Atlas.
La Recherche propose une série d’images de cellules infectées montrant les bouleversements en trois dimensions subis par ces cellules.

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L’Institut panafricain des sciences mathématiques (AIMS) a accueilli la toute première édition virtuelle du Next Einstein Forum Global Gathering (NEF-GG), le plus grand rassemblement scientifique d’Afrique, en visioconférence. Plusieurs séances et ateliers ont été consacrés aux recherches et applications de l’IA à l’épidémiologie, aux modèles et à l’imagerie médicale, comme l’indiquent Social Net Link et AIP.

Varia

Dépistage

La Tribune met en cause le manque de transparence dans la gestion de l’application Tous Anti-Covid, après l’échec de la précédente : manque de l’étude d’impact demandée par la CNIL, aucun chiffre sur le suivi…

France TV Info décrit la mise en place du dépistage massif dans trois villes : raisons des choix, comparaisons internationales ; l’objectif est de « préciser les modalités de diffusion de l’épidémie dans certaines populations ».

Intox et détox

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a créé un site consacré à dénoncer les fake news en donnant la « parole à la science ». Rien que le premier item de la FAQ est « Le virus SARS-CoV-2 se transmet-il par les ondes de rayonnement de la 5G ? », ce qui laisse rêveur sur les rumeurs qui peuvent circuler et montre l’ampleur de la tâche.

« Comment guérit-on du Covid-19 ? », « Pourquoi le savon détruit-il le virus ? » Ce sont deux des quinze questions, posées par des enfants de 6 à 10 ans, pour lesquelles le site de la Cité des sciences et de l’industrie propose des réponses précises et illustrées. « Informer et rassurer les plus jeunes » sur l’épidémie de Covid 19 : tel est le but visé. À la dernière question, les concepteurs n’hésitent pas à répondre que chercheurs et médecins n’ont pas encore d’explication. Nul doute que les professeurs des Écoles utiliseront avec profit la ressource mise ainsi à leur disposition.

L’académie de Lille a mis à la disposition des professeurs des écoles un grand nombre de ressources sous forme de vidéos pour faciliter l’apprentissage dans toutes les classes et toutes les disciplines. Le site vous nous ils détaille un peu cette initiative.

Wikipédia reçoit les félicitations sur France Inter pour être un océan de rationalité dans l’information sur la pandémie, grâce à un contrôle horizontal coopératif. Conspiracy Watch en publie une étude fouillée.

Questions de société

Une enquête menée par le CNRS, commencée en mars 2020 et toujours en cours, s’intéresse au vécu psychologique de la population : représentations, comportement à risques, addictions. Les premiers résultats sont expliqués dans un podcast. On note une importante montée d’épisodes dépressifs ; on observe aussi que les fake news impactent 20 % du panel, en corrélation forte avec la consultation des réseaux sociaux. Sur les lieux de contamination, l’Institut Pasteur présente les résultats d’une étude réalisée avec la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM), Santé publique France et l’IFOP. On peut télécharger l’étude complète sur le site de l’Institut. Sans surprise, parmi les facteurs aggravant le risque : avoir participé à une réunion publique ou privée, les bars, restaurants, salles de sport. Facteurs minorants : le télétravail, le bus ou le tramway (par rapport au covoiturage), et, par exemple pour les professions, être enseignant à l’école ou à l’université (de 7 à 77 ans ?).

Malgré la manifestation du 15 décembre, les interventions de la ministre de la Culture, des musées de Lyon, le monde de la culture est, après le tourisme le grand sacrifié, comme le note The Conversation, offrant un boulevard à Netflix et autres services de streaming.

Si les librairies ont pu rouvrir comme les commerces classiques, le spectacle vivant et les théâtres restent fermés (de même que les musées, qui pourtant comme celui du Louvre ou autres musées de la ville de Paris à des périodes avec ou sans réservation obligatoire de créneaux se sont retrouvés quasi vides, les touristes étant absents).

Et encore

Voa Afrique annonce une nouvelle variante du coronavirus, proche du nouveau coronavirus britannique. À première vue, elle ne semble ni plus dangereuse ni plus contagieuse, mais est en cours d’étude. Il est signalé au passage que l’épidémiologie de la maladie en Afrique semble différer de celle qui touche les autres continents.

Marseille News qui nous avait habitué les mois précédents à des annonces étonnantes (un modèle épidémique donnant aussi l’extinction de l’humanité dans 200 000 ans, puis une détection des malades de la Covid par étude de la voix au téléphone) nous parle d’un mathématicien de Leicester ayant prédit l’évolution de la pandémie jusqu’ici et qui, continuant ses calculs pense qu’un confinement de douze mois est nécessaire.

Histoire

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Une machine Enigma au fond de la Baltique

Le magazine en ligne Contrepoints revient sur les précurseurs de l’informatique au travers des parcours de Charles Babbage et Ada Lovelace. Si le premier a conçu un calculateur, la seconde a véritablement tracé la voie pour les langages de programmation. La machine évoquée par Le Monde, Le Figaro ou le Huffington Post était plus spécialisée : un exemplaire d’Enigma, qui servait aux échanges cryptés de l’armée du IIIe Reich, a été retrouvé au fond de la Baltique par une expédition du WWF. Il s’agit d’une découverte rare. Toujours dans la veine guerrière, David Aubin revient dans le magazine Pour la Science sur le sacrifice des jeunes mathématiciens pendant la Première Guerre mondiale, qui a probablement aussi changé la face des mathématiques par la disparition précoce d’une génération entière. Comme l’écrivait André Weil, ils auraient dû être les guides de la génération Bourbaki. Sur le modèle de Nicolas Bourbaki ou Lewis Carroll, Joseph Malkevitch se demande pour l’AMS (en) pourquoi il y a des pseudonymes pour la publication d’articles de recherche en mathématiques. S’il passe rapidement sur les deux pseudonymes précédents, il développe plus longuement des pseudonymes plus ou moins contemporains de Bourbaki, à savoir Blanche Descartes et G. W. Peck (en).

Pour une invention plus récente et presque aussi fondamentale que les précédentes, on lira dans 45 Secondes, magazine en ligne consacré à l’actualité numérique, une brève histoire d’un des jeux les plus célèbres : Tetris. Ce jeu est né à la fin de l’empire soviétique au Centre de calcul Dorodnitsyn de l’Académie des sciences de Moscou, dans lequel travaillait le mathématicien Alexei Pajitnov.

Pour finir ce petit voyage historique, vous ne manquerez pas de lire l’article que consacre la BBC à Léonard de Pise et à la bibliothèque islamique fondée par le calife Hâroun ar-Rashîd. Hervé Lehning, dans son blog sur Futura revient sur la corde à nœuds attribuée aux Égyptiens, dans laquelle on peut voir les prémisses du théorème de Pythagore.

À l’honneur

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Maurice et Josette Audin

Le prix Maurice Audin 2020, attribué tous les deux ans, a été remis exceptionnellement à quatre mathématiciens cette année, comme nous l’apprennent l’INSMI et L’Expression qui met naturellement à l’honneur les deux mathématiciens algériens lauréats de cette édition. Les primés de ce cru sont ainsi Anne-Laure Dalibard, spécialiste des EDP, François Delarue spécialiste d’analyse stochastique, Mohammed Hichem Mortad, spécialiste d’analyse fonctionnelle et de théorie des opérateurs, et Ali Moussaoui, spécialiste de modélisation du vivant et de dynamique des populations.

Un tout autre concours, beaucoup plus bref, a récompensé dans sa version canadienne Florence Véronneau-Veilleux pour sa prestation confinée de « Ma thèse en 180 secondes » à propos de modélisation mathématique du système dopaminergique des ganglions de la base dans le cadre de la maladie de Parkinson et de sa médication.

Une jeune fille a les honneurs du magazine Time, qui lui remet la première distinction d’« Enfant de l’année ». Libération nous apprend que Gitanjali Rao, agée de quinze ans, ne manque pas d’idées pour mettre au point des outils technologiques sophistiqués dans des domaines variés.

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Polyèdres de Conway

La Montagne félicite Simon Riche, professeur à l’université Blaise Pascal et lauréat de l’ERC Consolidator Grant pour son projet RedLang dont le but est d’une part d’approfondir la théorie des représentations des groupes algébriques en caractéristique non nulle et d’autre part établir de nouveaux ponts avec la théorie des groupes p-adiques et le programme de Langlands.

La fin de l’année est aussi l’occasion pour la presse de revenir sur les personnalités qui ont marqué d’une façon ou d’une autre l’année 2020. On retrouve hélas bon nombre d’entre eux dans des chroniques nécrologiques, comme celle de Futura qui revient sur les disparitions de Louis Nirenberg, Katherine Johnson rendue célèbre par le film Les Figures de l’ombre, ou Frances Allen, première femme lauréate du prix Turing en 2006. Le Monde revient brièvement sur la disparition des suites de la COVID du prolifique mathématicien John Conway. À propos de ce dernier, il faut noter le morceau The Game of Life du Jazzlab Project présenté par La Nouvelle République, qui lui est dédié, et une présentation du jeu de la vie dans News24.

Enseignement

La Covid, toujours la Covid...

Les effets de la crise sanitaire dans le milieu éducatif sont perceptibles, à tous les niveaux, en France comme ailleurs. L’université Laval (à Québec) a offert des bourses aux étudiants que la pandémie a mis en situation précaire. Radio-Canada précise que ce sont des dons de la population, s’élevant à plus de 1,2 million de dollars canadiens, qui ont permis cette action. L’article ajoute que l’université envisage de pérenniser l’enseignement à distance et le télétravail au-delà de la crise actuelle. Toujours au Canada, le média francophone La Presse rapporte que l’université de Montréal a renoncé à donner des notes aux examens, les étudiants se voyant simplement attribuer une mention « succès » ou « échec ». Il est précisé que cette mesure avait déjà été adoptée auparavant par plusieurs autres universités. Le même site a recueilli plusieurs témoignages de professeurs qui affirment que les examens virtuels favorisent la tricherie. On y apprend aussi que le taux d’échec des élèves du secondaire serait de 30 à 50 % supérieur à celui d’il y a un an. De son côté, Le Journal du Québec fait état de demandes insistantes des enseignants de la province pour une modification des examens de fin d’année. Après ceux d’histoire, ce sont les professeurs de science et de mathématiques qui alertent sur les difficultés exceptionnelles et le stress que connaissent les élèves avec la pandémie. Ils jugent « aberrant » de maintenir l’organisation habituelle avec une épreuve unique.

Le Monde a assisté à une séance de sensibilisation au problème du coronavirus dans une école maternelle de Douala (Cameroun). Les élèves avaient entre les mains « Fight Covid Cameroon, le livret de coloriage des superhéros contre le covid-19 ». Les auteures de ce cahier de vingt-quatre pages veulent qu’en coloriant « le Monstre », en s’appropriant les images du « vilain microbe », les enfants « deviennent acteurs » de la lutte contre la pandémie. On notera que cela se passe dans un groupe scolaire primaire privé bilingue.

Dans une opinion de La Libre Belgique, un professeur de mathématiques se prononce contre une institutionnalisation de l’enseignement hybride. Il estime nécessaire un retour des élèves dans les classes et considère que l’enseignement « à distance ou hybride » renforce des inégalités déjà importantes.

Et cela nous ramène en France où le débat sur cette question, déjà évoqué ici le mois dernier, est toujours vif. Les partisans de l’enseignement à distance pourraient invoquer à l’appui de leur thèse un article de Slate intitulé « Le port du masque a modifié le rapport profs-élèves » où sont passés en revue les inconvénients du respect en classe du premier des gestes barrières. Mais ceux qui dénoncent l’enseignement à travers les écrans semblent vraiment les plus nombreux. Signée par une centaine d’étudiants et d’enseignants des universités de Bordeaux, une tribune de Libération appelle à « la reprise, sans plus attendre, des cours sur les campus », et condamne fermement la politique menée par le gouvernement depuis le début de la crise. Les signataires évoquent un niveau de détresse psychologique inquiétant chez les étudiants, la rupture des liens de socialisation, un décrochage à tous les niveaux. Ils estiment que, depuis le 17 mars, l’université a été « humiliée », « abandonnée », « essorée comme l’hôpital par une gestion austéritaire et à flux tendu ». La réouverture immédiate des universités, c’est aussi ce que demandait fin novembre la mathématicienne Barbara Schapira (université de Rennes 1) dans une lettre ouverte publiée par Ouest-France. Elle s’adressait au président de la République, au gouvernement, aux parlementaires, aux préfets, aux recteurs et aux présidents d’université. Non loin de là, une professeure de mathématiques de Saint-Herblain (Loire Atlantique) déclarait à Ouest France (accès restreint) : « À distance, mon métier a moins de sens. » Au même moment, Le Figaro faisait état d’une tribune des présidents des dix « grandes universités de recherche » regroupés dans l’association Udice, où ils estimaient que la situation actuelle constitue une « véritable bombe à retardement sociale et humaine ». Les journalistes du Monde (accès restreint), eux, ont observé « la solitude et la frustration des enseignants-chercheurs », après des semaines de cours à distance. Le président de l’université Clermont Auvergne, Mathias Bernard, a confié à La Montagne ses craintes de voir une crise étudiante succéder à la crise sanitaire.

L’organisation des examens et partiels, prévus principalement en décembre et janvier, a continué de préoccuper le monde universitaire. Tout en maintenant l’interdiction des cours en présentiel, le gouvernement avait laissé aux universités le choix d’organiser les examens en présentiel ou à distance. Résultat : les modalités d’examen les plus diverses ont pu être constatées. Le Monde (accès restreint) évoque des « examens de fin de semestre à géométrie variable » et France Info précise que, pour le ministère, les examens en présentiel sont « même souhaitables si les locaux le permettent ». Mais les responsables universitaires ne satisfont pas tous à ce souhait. Ainsi, Cergy-Pontoise fera du tout présentiel, l’expérience des examens entièrement à distance n’ayant pas été concluante au printemps (fortes présomptions de tricherie). Même attitude à Perpignan où, nous dit France 3 Occitanie, Yvan Auguet, président fraîchement élu de l’université Via Domitia, a choisi le tout présentiel. Cette décision divise les étudiants, dont certains ont lancé une pétition contre la tenue des examens sur le campus. En revanche, à Lyon 2, on fera uniquement des examens à distance avec contrôle continu.

Et puisque nous parlons d’examens, notons au passage, dans Le Café pédagogique, un compte rendu d’une entrevue entre le ministre de l’Éducation nationale et des représentants de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP). Le ministre n’a pas répondu au souhait de l’APMEP de voir reporter au mois de juin l’épreuve de mathématiques de spécialité du bac. Il s’est seulement engagé à ce que les sujets soient adaptés pour assurer l’équité entre les candidats.

Les demandes insistantes et maintes fois réitérées de faire revenir les étudiants sur les campus ne semblent pas devoir être satisfaites avant... un certain temps.
Fin novembre, Le Figaro expliquait déjà « pourquoi la réouverture des universités n’est pas à l’ordre du jour ». Les protestations ont tout de même incité les pouvoirs publics à renoncer à leur première intention qui était de ne pas rouvrir les campus avant le mois de février. Le 4 décembre, dans un entretien au média en ligne Brut, le président de la République a déclaré : « On va essayer de commencer plus tôt » et a envisagé la possibilité de « TD en présentiel » et de « cours en demi-amphi » dès janvier, comme l’indique Le Figaro. La ministre de l’Enseignement supérieur a aussitôt été chargée, selon Le Monde (accès restreint), de travailler à « un scénario de reprise progressive des enseignements en janvier, si la situation sanitaire le permet ».

Soixante-dix-sept enseignants-chercheurs avaient auparavant saisi le Conseil d’État en référé pour la réouverture des universités. Libération explique que la haute juridiction a rejeté ce recours en s’appuyant notamment sur cette perspective de réouverture partielle dès janvier évoquée par Emmanuel Macron. Ouest-France annonce aussi la décision du Conseil d’État, et précise que le Premier ministre « a reconnu que certains étudiants étaient actuellement dans une situation psychologique très difficile ». L’information est également donnée par Le Monde (accès restreint). Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé par ailleurs la décision de Jean Castex de doubler les aides d’urgence pour tous les étudiants et de créer 20 000 emplois temporaires supplémentaires pour des étudiants qui assureront une mission de tutorat pendant quatre mois.

En attendant une hypothétique réouverture de leurs campus, étudiantes et étudiants essayent de faire face aux difficultés de la situation. La solidarité avec les plus démunis s’organise ici ou là. Ainsi, le site angers.villactu.fr signale une initiative de l’université d’Angers et de la fondation dont elle s’est dotée en 2018. Il s’agissait de participer le 1er décembre au Giving Tuesday (mardi du don), journée de charité et d’engagement qui veut être, depuis 2012, le pendant du trop célèbre Black Friday. Des « ambassadeurs » de l’université ont pu collecter, pendant les trois heures autorisées par le nouveau confinement, des produits de première nécessité au profit du Secours populaire et de deux autres associations caritatives.

Les actions de solidarité ne se limitent pas à l’enseignement supérieur. Ouest-France en a noté une au collège Volney à Craon (Mayenne). Les élèves de cinquième ont pu combiner générosité et travail scolaire. Avec leur professeur de mathématiques, initiateur de ce projet, ils ont utilisé un tableur pour tenir le registre des quatre-vingt-dix kilos de nourriture qu’ils ont collectés cinq jours durant et qu’ils ont remis aux restos du cœur.

En maths, ce n’est pas brillant

Et la Covid n’y est pour rien : ça fait longtemps que ça dure. Les enquêtes internationales sur les performances en mathématiques placent les écoliers, collégiens et lycéens français à un niveau de moins en moins reluisant. La dernière en date, TIMSS 2019, parue le 8 décembre, ciblait les élèves de CM1 et ceux de quatrième. Parmi les pays d’Europe, la France se situe à l’avant-dernière place pour les collégiens et à la dernière pour les écoliers. Comme toujours, la presse fait ses choux gras de ces résultats. Le Monde (accès restreint) alerte sur « la place inquiétante de la France, “significativement” en dessous des moyennes internationales de pays comparables ». Le Figaro partage cette inquiétude. Mais Les Échos sont optimistes : ils dévoilent « le plan de Blanquer pour “remonter la pente” ». Cela dit, les spécialistes en tout genre se précipitent pour donner des explications à cette situation et proposer des recettes pour en sortir.

Pourtant, « Être bon en maths, ça s’apprend !... et ce n’est pas si compliqué », si l’on en croit le titre d’un livre écrit par une mathématicienne qui a enseigné pendant dix ans et à qui Le Figaro (accès restreint) ouvre ses colonnes. Jean-Louis Durpaire, ancien professeur de mathématiques et inspecteur honoraire, livre son analyse dans Le Café pédagogique. Il l’avait déjà fait, au même endroit, pour commenter les résultats de la précédente enquête TIMSS, tout aussi décevante, il y a quatre ans. Il reconnaît aujourd’hui que ses préconisations d’alors sont insuffisantes et déclare avec lucidité : « Constats et analyses posés, tout continue comme avant jusqu’à la prochaine évaluation-sanction avec l’espoir qu’un “miracle” se produira. » Et il pose ensuite ses « constats et analyses ».

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Cédric Villani

Cédric Villani, qui « ne [s]’attendai[t] pas à des miracles », livre son analyse à La Dépêche (accès restreint). Le diagnostic est sans appel : le niveau d’un élève de quatrième aujourd’hui est celui qu’avait un élève de cinquième en 1995. Mais Villani ajoute que, si l’étude TIMSS est « un indicateur fiable du niveau des élèves », « elle ne révèle pas le gros du travail qui a été fait en France ». Allusion bien sûr à la tentative en cours de mise en œuvre de certaines des mesures qu’il avait recommandées dans le rapport écrit avec Charles Torossian. Mais cette mise en œuvre se heurte de toute évidence à de sérieux obstacles... Villani est aussi intervenu sur le même sujet dans Le Parisien (accès restreint) et sur France 5, dans l’émission C-à-dire. La veille, il avait été invité sur France Info pour commenter toute l’actualité.

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Martin Andler

Un autre expert de l’enseignement des maths, Martin Andler, fondateur d’Animath, est intervenu dans les médias suite à cette enquête. D’abord sur BFM TV, où il a opportunément souligné le grave problème de l’inégalité qui se creuse entre garçons et filles, ces dernières étant toujours plus défavorisées. Puis dans une tribune du Monde (accès restreint), écrite avec la sociologue Vanessa Wisnia-Weill, et dans laquelle il défend une idée qui lui est chère : il faut non seulement relever le niveau des « mauvais », mais aussi accroître massivement le nombre des « bons ».

Parmi tous ces commentaires avisés, regrettons de ne pas en avoir trouvé qui pointe un événement qui aura pourtant été déterminant dans l’évolution catastrophique de l’enseignement (et pas seulement de l’enseignement des mathématiques !) : la désastreuse réforme de la formation et du recrutement des enseignants des années 2009-2010, menée par les ministres Xavier Darcos et Luc Chatel pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Les bricolages successifs intervenus depuis pour essayer de limiter les dégâts ne pouvaient évidemment pas suffire à changer radicalement l’état misérable de notre système éducatif.

A contrario, ce n’est pas TIMSS qui a retenu l’attention de Tchad infos, mais une autre enquête internationale : PASEC 2019 (Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la Confemen). On y apprend que, par rapport à la précédente enquête (2014), le Tchad connaît une amélioration en lecture et en mathématiques pour la deuxième année d’école primaire (CP2).

Faire aimer les maths...

Le mot d’ordre reste donc de « réconcilier les enfants avec les mathématiques ». 20 minutes donne pour cela six conseils aux parents (et en profite pour « poser une colle » à Cédric Villani...). Actus.fr présente « La Grande Pêche », un jeu éducatif « pour apprendre les maths aux enfants » développé par Ludiscol, une start-up de Caen (Calvados). Et puisqu’on cherche des recettes pour faire aimer les maths, il est naturel de se tourner vers la cuisine, comme le fait The Conversation, qui célèbre la communion entre « maths, lecture et nutrition ». Dans le même ordre d’idées, Ouest-France est allé à Châtelaudren-Plouagat (Côtes-d’Armor) voir les élèves de CM1 et CM2 préparer des kits à cookies « tout en travaillant des compétences mathématiques liées aux mesures de grandeurs ». À Pornichet (Loire-Atlantique), c’est la course nautique du Vendée-Globe qui a été utilisée comme thème de travail pour toutes les disciplines avec les élèves de sixième d’un collège, pendant une semaine, et c’est encore Ouest-France qui en parle. Dans Le Café pédagogique, Claire Lommé, formatrice, décrit un dispositif pour remédier aux difficultés de numératie (en commençant par définir ce mot) qu’elle a expérimenté avec des collègiens de Fécamp (Seine Maritime) et leurs professeurs.

Le projet Adpativ’Math propose un apprentissage personnalisé des mathématiques aux élèves, du primaire au lycée. Il est mené en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, dans le cadre du #P2iA (partenariat d’innovation sur l’intelligence artificielle). Il « réunit un consortium de 10 entreprises et universités expertes en pédagogie, en IA et en interfaces utilisateurs au service de l’éducation ». Il est expérimenté dans une douzaine d’académies en France, dont celle de Grenoble. L’Essor 38 s’y est intéressé.

Et à part ça

La réforme annoncée du CAPES n’augure rien de bon pour l’enseignement. Elle est hélas dans la droite ligne de la calamiteuse réforme des années 2010 que nous évoquions plus haut. Marianne lui consacre un billet d’humeur justifié et salutaire.

Une professeure de lycée de Melle (Deux-Sèvres) avait été mutée de force après avoir perturbé, avec trois autres collègues, le déroulé d’épreuves du nouveau baccalauréat. La justice a annulé la sanction prise par le rectorat de Poitiers. Deux articles relatent cet épisode, dans La Charente Libre et dans Le Figaro.

Le Figaro décrit « les nouveautés du site Parcoursup en 2021 ». Une nouvelle voie sera proposée dès janvier 2021 aux bacheliers désirant s’orienter vers le professorat des écoles. L’Étudiant donne des détails à ce sujet.

Notons aussi dans L’Étudiant un article sur la persistance de l’utilisation des mathématiques comme principal outil de sélection pour l’accès aux écoles d’ingénieurs.

« L’école doit être un espace de désintoxication numérique » : c’est le titre d’une tribune du Monde (accès restreint) dans laquelle l’économiste Jean-Pascal Gayant cloue au pilori la tablette numérique. Il dénonce cet objet devenu incontournable depuis le début de la crise sanitaire. Il le voit comme « une trappe à inapprentissage » !

Enfin comment ne pas faire une place à lettre (de six pages !) dont s’est fendue (excusez l’expression) Frédérique Vidal à l’adresse de tous les enseignants-chercheurs de France et de Navarre ? Libération lui consacre un article. Il s’agissait pour la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Technologie d’essayer d’expliquer à une communauté qui y était très massivement hostile que la fameuse loi LPPR n’avait en réalité que des avantages. On ne fera pas le pari qu’elle a gagné le sien. Passons sur les quelques formules maladroites et incorrectes qu’un professeur de français n’aurait pas manqué de souligner en rouge, pour ne retenir qu’une chose.

Frédérique Vidal ose écrire ceci : « Dans sept ans, la revalorisation des chercheurs et des enseignants-chercheurs sera de 7000 à 8000 euros en moyenne, soit l’équivalent d’un treizième ou d’un quatorzième mois pour les plus jeunes. » Petit exercice de mathématiques : à partir des données fournies dans cette phrase : 1) donner une estimation, même grossière, du salaire mensuel d’un enseignant-chercheur ou d’un chercheur en 2027 ; 2) comparer avec le salaire mensuel actuel de ces personnels.

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Rémi Brissiaud

Hélas, nous devons terminer par une triste nouvelle : Rémi Brissiaud est décédé. C’était un mathématicien, spécialiste reconnu et respecté de l’enseignement des mathématiques à l’école primaire. Claire Lommé, dont nous parlions à l’instant, lui rend un bel hommage dans Le Café pédagogique. Et Livres Hebdo rappelle qu’il a créé la collection « J’apprends les maths » aux éditions Retz.

Diffusion

Le mois de décembre apporte son lot de calendriers de l’avent. Pour vous nourrir de mathématiques plutôt que de chocolat, l’association Les Maths en Scène en a proposé un constitué d’énigmes dont la résolution ouvrait l’accès à de petites surprises. L’avent est terminé, mais les énigmes sont toujours disponibles ! D’humeur plus littéraire, CNews poste un court article sur le célèbre poème mnémotechnique dont le nombre de lettres de chaque mot énumère les décimales de $\pi$ : « Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages [...] ».
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Quoi de mieux qu’un calendrier de l’avent mathématique ?

Les performances médiocres de la France à l’enquête TIMSS continuent à nourrir l’attention des médias. Le journal de LCI en propose une illustration fort simpliste lors d’un micro-trottoir dans lequel des passants échouent à donner le résultat d’une multiplication. La séquence est suivie par l’interview d’un historien des mathématiques qui montre que, comme Monsieur Jourdain, l’esprit humain fait pourtant des mathématiques sans le savoir, par exemple lorsqu’il lui faut garer une voiture en créneau.

Constatant que la dégradation du rapport aux maths survient le plus souvent entre le CM1 et la quatrième, The Conversation, relayé par Ouest-France, propose une liste de six pistes pour donner ou redonner le goût des maths aux enfants. Le Point en a une septième : faire produire à Netflix une série à succès sur les mathématiques pour redorer leur image auprès du grand public, à l’image du succès récent de la série sur les échecs Le Jeu de la dame (The Queen’s Gambit) qui a fait s’envoler les ventes de plateaux d’échecs. Peut-être cela réussira-t-il au point de faire décrocher à vos enfants des prix aux Olympiades académiques de mathématiques, comme ces deux lycéen·es de Troyes célébré⋅es par L’Est Éclair (accès restreint), ou encore une moisson de médailles à l’Olympiade internationale des métropoles comme les étudiant·es vietnamien·nes félicité⋅es par Vietnam+.

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Un ninja des technologies

Plusieurs initiatives de diffusion des sciences apparaissent ce mois-ci dans des articles en ligne. La fondation Blaise Pascal fait l’éloge de l’association Savoir apprendre, qui gère le musée Exploradôme dans le Val-de-Marne. Elle y propose notamment des « clubs de programmation », destinés à faire découvrir la programmation informatique et le codage aux enfants et qui rencontrent un franc succès. À Saint-Brieuc, Le Télégramme signale la tenue en mars prochain du festival de mathématiques « La preuve par 9 », avec spectacles et expositions à la clé. Au-delà de nos frontières, Aujourd’hui Maroc signale le lancement d’une nouvelle (énième ?) plate-forme en ligne destinée à aider les élèves ayant des difficultés en maths à diagnostiquer et combler leurs lacunes ; et Gabon Media Time salue l’action de l’ONG Acte Academy à Libreville, qui consiste en des formations en informatique et robotique pour les enfants et les enseignants, avec pour but d’en faire des « ninjas des technologies » !

Un autre moyen (efficace ?) d’apprendre les maths de façon ludique est de profiter des nombreux contenus de vulgarisation et d’enseignement disponibles sur YouTube. La presse en ligne nous offre ce mois-ci une belle sélection de chaînes. La Nouvelle République a repéré Cogito Ergo Sum, tenue par un doctorant en physique à Poitiers. L’Indépendant propose une sélection de trois chaînes : la ludique et maintes fois évoquées ici Micmaths de Mickaël Launay, la musicale Great Teacher Issaba, et ses leçons sous forme de chansons de rap, et la scolaire m@ths et tiques d’Yvan Monka, également remarquée par France 3 Grand Est, qui est complétée par un site web éponyme. On ajoute à cette liste la chaîne maths en tête, qui propose notamment des portraits de mathématiciens célèbres (la playlist « Maths C qui ? »), et, parce qu’il n’y a pas que YouTube, le portail de la Cité des sciences et de l’industrie et ses nombreuses archives de conférences scientifiques, telles que ce cycle sur Claude Shannon et la théorie de l’information.

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Michèle Audin
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Kurt Gödel
Kurt Gödel

Deux bonnes lectures pour finir. D’une part, un bref article signé par Michèle Audin, mathématicienne et oulipienne, sur le site du Palais de la Découverte, qui interroge la notion de symétrie en littérature, en proposant de jolis exemples de palindromes et autres figures de style présentant une symétrie structurelle toute mathématique. D’autre part, un récit par Science & Vie de la découverte effarante de l’indécidabilité en mathématiques au début du XXe siècle : quel que soit le système d’axiomes choisi, on trouvera des propositions dont on ne saurait prouver qu’elles sont vraies ou fausses. Près de quatre-vingt-dix ans après sa démonstration par Kurt Gödel, ce résultat donne toujours le vertige à qui l’appréhende pour la première fois, et tord le cou à l’idée tenace que tout est « noir ou blanc » en mathématiques.

Parutions

Pour la fin de 2020, ce sont des publications qui ont eu lieu plus tôt dans l’année qui occupent le devant de l’actualité. Le site Culture Math publie une recension de l’autobiographie de Pierre-Louis Lions, lauréat de la médaille Fields en 1994, dont nous avons déjà parlé le mois dernier. Cela devrait vous donner l’envie (ou pas) de lire le livre si vous êtes amateur d’anecdotes ou si vous voulez connaître le quotidien d’un mathématicien qui est aussi sorti du milieu académique pour créer des start-ups et conseiller de grands groupes industriels.

Publié à la fin du mois d’août, le Théorème d’hypocrite, écrit par Thierry Maugenest et Antoine Houlou-Garcia, fait l’objet d’une recension dans Le Monde. L’idée est d’inviter le lecteur à une prise de recul par rapport à la signification des chiffres qui sont devenus omniprésents dans notre quotidien, d’autant plus en période d’épidémie de Covid-19 !

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Calendrier mathématique 2021
Photo de couverture du calendrier mathématique 2021

Depuis 2014 Ana Rechtman, mathématicienne à l’université de Strasbourg, édite un calendrier mathématique dont le thème change chaque année. En 2021, c’est « le ciel dans tous ces états ». Pour le contenu mathématique, on pourra bien sûr penser aux équations qui régissent le système solaire et la question de l’effondrement de celui-ci mais aussi bien d’autres questions liées. Comme chaque année, vous trouverez un texte culturel superbement illustré pour chaque mois et des défis mathématiques pour chaque jour de la semaine (et leurs solutions !). Rappelons qu’un défi par semaine est aussi proposé sur le site d’Images des maths.

Pour lancer le calendrier Astigmath a proposé un nouveau quizz dont l’invitée d’honneur était une des autrices de ses textes, la mathématicienne Olga Paris-Romaskevich, cofondatrice de l’association Mathématiques vagabondes et co-réalisatrice du site Les Mathématiques du ciel.

La question de la publication de magazine scientifique est toujours d’actualité. Après la fusion récente de La Recherche avec Sciences et Avenir, un conflit oppose la rédaction de Sciences & Vie avec la direction du groupe, comme l’évoque Le Monde. Le conflit concerne principalement la ligne éditoriale et la qualité du contenu, sans oublier les suppressions de postes. Les mathématiques sont peu présentes dans ce magazine (malgré un article intitulé « Une intelligence artificielle résout l’équation de Schrödinger ») mais cela laisse cependant de grosses inquiétudes sur la qualité de la presse scientifique dans les années à venir.

Avec des questionnements proches, on pourra revoir la table ronde « Sciences et médias – interactions, subordination, collusion ? » du 3 décembre dernier, organisée par l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI).

Les processus récursifs sont au cœur d’une partie (importante) de l’activité mathématique. Le dernier numéro hors série de Tangente, Processus iteratifs, illustré par une magnifique fractale de Jos Leys, balaie largement le sujet en abordant tant les aspects numériques que les aspects géométriques. Ce numéro est bien adapté pour offrir aux lycéen⋅nes des idées originales et pertinentes pour le grand oral. Le sommaire donne le ton. Démontrer, représenter, approcher... algorithme de Héron, suite de Prouhet-Thue-Morse, fractions continues, récursivité en informatique, fractales, courbe du dragon, itérations musicales...

Le numéro de décembre de Tangente titre Mathématiques collaboratives à la une. L’objectif du numéro est de donner un aperçu du fonctionnement des mathématiques et du travail des mathématicien⋅nes. Deux dossiers principaux sont proposés : Mathématiques collaboratives et Problèmes ouverts et conjectures. Chaque dossier développe une palette d’articles pour approfondir le sujet. Comme d’habitude la revue regorge de récréations mathématiques, d’énigmes, de jeux sans oublier l’histoire avec l’article d’Hervé Lehning sur le théorème de Pythagore et la révolution euclidienne. L’actualité récente est présente aussi. La rubrique « savoirs » revient sur Vaughan Jones et la théorie des nœuds. Un interview de Fabien Durand, le nouveau président de la SMF, précise le rôle que joue la Société mathématique de France dans la vie mathématique française, ses nombreuses actions pour encourager les plus jeunes et faire aimer les mathématiques.

Décembre est le mois de la remise officielle du prix Tangente 2020 qui tient une bonne place dans ce dernier numéro de l’année. C’est Manu Houdart qui a été honoré pour son livre Very Math Trip. Emmanuël Houdart n’est pas un inconnu dans la diffusion des mathématiques. Alors qu’il enseignait les mathématiques au collège d’Ath, il avait fondé une association d’aide aux élèves en difficulté (qui lui avait valu le prix de l’Innovation pédagogique des mains de la reine Paola) avant de se lancer dans la création de la Maison des Maths de Mons puis ExploraMath. De spectacles pour enfants il est passé, avec succès, au grand public. Son « one-math-show » (mis en scène par Thomas le Douarec) a séduit des milliers spectateurs et a été présenté au festival d’Avignon off en 2019. En raison de la crise sanitaire il a été déprogrammé en 2020, y compris dans les écoles. Alors il a lancé sa chaine vidéo ! Vous l’avez peut-être vu au salon virtuel des jeux mathématiques. Infatigable il est présent partout pour parler de manière ludique des mathématiques. Le prix Tangente des lycéens est attribué à BeKa et David Etien pour Champignac tome 1. Enigma, une BD sortie en janvier 2019. Par ailleurs le jury a attribué une mention à La BD Intelligences Artificielles, Miroirs de nos vies écrite par Arnold Zephir et FibreTigre et illustrée par Héloïse Chochois et parue chez Delcourt.

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Un boulier d’école maternelle

D’autre part le trimestriel Tangente Éducation, sorti lui aussi en décembre, est consacré aux situations de recherche en classe ou en club. L’article de Denise Grenier sur les « situations de recherche en classe (SIRC) », insiste sur le fait que c’est une activité de plus en plus préconisée dans l’enseignement des mathématiques. De son côté Emmanuel Beffara met en exergue les jeux combinatoires, « de bons candidats pour servir de support à des activités dans le cadre d’un enseignement d’informatique de lycée ». Grégoire Charlot nous explique qu’« une situation de recherche en classe est d’abord étudiée et testée pour déterminer ce qu’elle permet aux élèves d’acquérir en termes de savoir-faire ainsi que la meilleure manière de l’animer ». Il prend comme exemple le problème de la chasse à la bête imaginé par Éric Duchêne pendant sa thèse de mathématiques discrètes à l’institut Fourier. Au fil des pages ce numéro souligne la forte implication des chercheurs pour faire aimer les mathématiques et s’amuser en proposant des problèmes de recherche. Une démarche entamée depuis longtemps par des actions comme MATh.en.JEANS (MeJ), le Tournoi français des jeunes mathématiciennes et mathématiciens d’Animath, les différents clubs de mathématiques, rallyes (dès la maternelle !),compétitions (comme celles de la FFJM dont il est question dans Tangente).

N’oublions pas la revue Accromath qui sort deux fois par an. Bien sûr le numéro été-automne 2020 fait une large place à l’actualité liée à l’épidémie et sa modélisation. On y trouve aussi une excursion dans l’univers en haute dimension, un voyage à travers les simplexes de Pascal, une formule magique pour volumes, la rubrique des paradoxes animée par Jean-Paul Delahaye...

Pour la Science s’intéresse en janvier à Jupiter et sa tache rouge. Gilles Dowek pose par ailleurs la question : Le bit : une unité superflue ?. Didier Nordon, qui anime par ailleurs le blog Scientaisies, présente le récent livre de Grégory Chambon Histoire des nombres, le 4154e de la collection Que sais-je ?.

Dans la rubrique Logique & Calcul, Jean-Paul Delahaye propose de « changer de numération avec le système « esperluette » » et, tour à tour, de (re)découvrir le système décimal de position, l’origine du système binaire, la numération Maya, le décimal codé en binaire de nos calculettes et à découvrir des procédures qui permettent de passer facilement d’un système à l’autre parfois sans calculer. « Il est amusant de découvrir que, même en 2021, on peut encore progresser dans la mise au point de méthodes destinées à représenter et manipuler les nombres entiers. »

Art

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Spirale de galets

Ce ne sont pas les mathématiques qui en sont la source d’inspiration, pourtant les œuvres éphémères de Jon Foreman, créées à l’aide de galets sur le sable, sont pleines de géométrie et pourront même faire penser certains d’entre vous à des systèmes dynamiques. Il n’est pas nécessaire d’avoir un quelconque bagage mathématique pour apprécier la beauté de ses créations, comme on peut le voir sur Creapills.

Les amateurs d’art et de mathématiques se réjouiront d’aller visiter l’exposition « Art & Mathématiques » à la bibliothèque de l’université de Caen jusqu’au 20 février 2021 dans des conditions sanitaires strictes. L’exposition regroupe vingt-sept artistes contemporains venant du monde entier. On trouvera bien sûr des constructions géométriques mais aussi des œuvres inspirées par les nombres irrationnels, la topologie, l’algèbre ou encore l’aléa.

Avec le prix Goncourt attribué à Hervé Le Tellier, l’Ouvroir de littérature potentielle (OuLiPo), dont le lauréat est le président, est à l’honneur. La Conversation scientifique de septembre dernier sur France Culture avec Étienne Klein revient sur le devant de la scène. Les deux protagonistes se posent la question « Que veut dire “être normal” ? » et on ne peut s’empêcher de penser à la courbe de Gauss. À réécouter en podcast.

Hervé Le Tellier était aussi chroniqueur sur France Culture toute la semaine de Noël avec une chronique intitulée « Partir avec Hervé Le Tellier ». Chaque matin, il emmenait les auditeurs dans un voyage vers une ville imaginaire avec humour et philosophie. De nouveau, à réécouter en podcast.

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Ruban de Möbius par Éric RUTTEN

La Dépêche revient sur la création et les productions des oulipiens comme la célèbre Disparition de Perec, roman totalement écrit sans la lettre e.

Article édité par Jérôme Germoni

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse décembre 2020» — Images des Mathématiques, CNRS, 2021

Crédits image :

Image à la une - Source : Asim Patel sur Wikimedia Commons.
Les Géminides sont une pluie d’étoiles filantes que l’on pouvait observer au mois de décembre. Si vous l’avez raté, vous pouvez vous reporter sur les Quadrantides.
img_23392 - © Christian Sardet / Chroniques du Plancton
img_23393 - AIMS
img_23394 - Femmes&Sciences
img_23396 - G.Garitan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
img_23397 - NASA, domaine public, via Wikimedia Commons
img_23398 - Photo by Elena Mozhvilo on Unsplash
img_23399 - Photo by Nick Nice on Unsplash
img_23400 - Oronce Finé, Public domain, via Wikimedia Commons
Kurt Gödel - Unknown author, Public domain, via Wikimedia Commons
img_23402 - Katsushika Hokusaiderivative work : AMorozov, domaine public, via Wikimedia Commons
img_23403 - Domaine public
Spirale de galets - Jon Foreman
Ruban de Möbius par Éric RUTTEN - Éric RUTTEN
Un boulier d’école maternelle - Wikipédia
Polyèdres de Conway - Source : Elfnor, « Conway Polyhedron Operators in Sverchok »
Une machine Enigma au fond de la Baltique - Source : Le Figaro, etc.
Maurice et Josette Audin - Source : Association Maurice Audin

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