Revue de presse février 2012

Le 1er mars 2012  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Calendrier oblige, il est question d’amour et d’élections dans cette revue de presse.
Des mathématiciens au grand cœur et/ou protestataires y côtoient des psychologues, des grandes figures du passé et aussi des jeunes, encore nombreux à s’intéresser aux mathématiques en dépit de réformes dévastatrices. Le ton n’est cependant pas aussi grave qu’il en a l’air, laissez vous porter par l’enthousiasme entre les lignes…

Les grands esprits se rencontrent, nous rappelle Fabula à l’occasion de la parution de la Traversée des langages d’Armand Gatti.
Le dramaturge y célèbre notamment la rencontre entre Jean Cavaillès et Emmy Noether, qui « devait donner lieu à l’écriture d’un livre sur la théorie des groupes ». Un livre « jamais écrit » et pour cause.

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Emmy Noether

La mathématicienne dut fuir l’Allemagne nazie et « mourut en exil aux États-Unis en 1935 ». L’homme « qui-en-temps-de-paix-maniait-les-équations-et-les-concepts-et-qui-en-temps-de-guerre-contre-le-plus-abject-des-ennemis-jonglait-avec-la-dynamite » fut « arrêté par la Gestapo [et] assassiné au fort d’Arras en 1944 ».
De son côté, le blog La Science au XXI Siècle de Courrier international revient sur la polémique concernant la paternité de la théorie de la relativité et la question de savoir dans quel esprit, celui d’Einstein ou de Poincaré, cette théorie aurait germé en premier. Quelques siècles en arrière,
le grand Léonard de Vinci « aurait commis une erreur […] dans la table de multiplication par ’deux’ » rapporte le site belge
7 sur 7. « Le mathématicien gantois Dirk Huylebrouck » a déniché ladite erreur (sans doute pas aussi féconde que celle(s) de Poincaré)
« dans le cahier personnel du célèbre ingénieur » et exclut donc qu’elle soit due à un copiste.

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La fin du monde selon Newton

Nous vous parlions le mois dernier d’Isaac Newton, qui avait prophétisé la fin du Monde pour 2060. Gageons qu’il s’agit également d’une erreur. Un scientifique contemporain, John Gottman (co-auteur d’un livre sur les mathématiques du mariage !)
prétend quant à lui se tromper assez peu sur l’avenir des couples. Surnommé le Dr Love, il « élucide par le calcul les mystères de la répulsion conjugale ». À l’occasion du webdocumentaire Amour 2.0 diffusé sur francetv.fr, Le Monde décrit le Love Lab où le fameux docteur prédit, paraît-il avec peu d’erreurs, la date de séparation des couples. Bonne Saint-Valentin !

Quand les têtes d’aujourd’hui se consacrent à la finance ou à l’industrie, grandeur ou décadence peuvent être au tournant. L’argus de l’assurance brosse un portrait élogieux de Martine Vuillerme, « mathématicienne et ingénieure » passée par un laboratoire de recherche de Stanford et devenue directrice des risques de Veolia environnement après plusieurs « virage[s] à 180 degrés ». Le Monde, lui,
compatit sur le sort de David Eihorn, « prodige en mathématiques, féru de données comptables en tout cas »,
condamné pour « délit d’initié » à « une amende de [...] 8,68 millions d’euros ».
Dans cette galerie de portraits, signalons celui de Khelifa Zizi, « le mathématicien qui ne fait pas de calculs » et dont le nom est attaché à celui de Laurent Schwartz à travers une série d’ouvrages d’enseignement. El Watan parle des deux versants du personnage,
sa participation « de 1956 à 1959 à la révolution algérienne au sein de l’ALN »
aussi bien que ses travaux « sur la théorie de diffusion pour une classe d’opérateurs de Schrödinger avec des potentiels asymptotiquement coulombiens », et souligne l’enthousiasme du septuagénaire concernant l’enseignement et la recherche algériens actuels.

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Philibert Nang

Une bonne dose de fierté aussi dans Gabon Libre, qui consacre un article à Philibert Nang : ce Gabonais en poste à Libreville vient en effet de recevoir le prix Ramanujan 2011 de l’Académie norvégienne des sciences et des lettres pour « sa contribution “exceptionnelle” à la “théorie des D-modules algébriques” », une récompense également saluée par l’IHES.
En Afrique sub-saharienne encore, nous retrouvons un habitué de la revue de presse sous un jour surprenant.
Si l’on en croit Walf Fadjri « le sujet de prédilection [des] recherches » de Cédric Villani, ce sont les mathématiques… de la chauve souris ! Pour la petite histoire, il s’agit d’un raccourci un peu rapide après une conférence donnée à Dakar (préalablement annoncée sur le site au-senegal.com).

Arts et techniques

Le Monde nous propose de plonger au cœur du web : « Et si les secrets de la réussite des géants du Web, les Google, Facebook, Twitter ou autres
Amazon trouvaient leur origine au XVIIIe siècle à Königsberg, en Allemagne
 ? A cette époque un mathématicien, Leonhard Euler, donna en effet
naissance à une discipline devenue pilier de ces sites Internet : la
théorie des graphes ». L’étude du « graphe du web » est en train de devenir
une discipline mathématiques à part entière, et les enjeux en sont énormes.
« Le succès le plus évident de l’application de la théorie des graphes au
Web est à chercher du côté du moteur de recherche Google : c’est donc la
structure même du réseau qui sert à son classement ». L’algorithme
PageRank, clé du succès de Google, exploite au maximum la structure de
graphe.

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Le web à ses débuts

Un concurrent de Google ? Le mathématicien italien Massimo Marchiori, inventeur de l’algorithme HyperSearch (précurseur de PageRank), vient de lancer son moteur Volunia à grand renfort de communication (nous vous en parlions il y a quelques mois). C’est annoncé par France Info et TF1.

Les mathématiciens se mettent parfois aussi au service de la police. Un reportage d’Euronews raconte que les policiers de Santa Cruz (Californie) utilisent
désormais un logiciel mis au point par un mathématicien pour déterminer
les zones dans lesquelles patrouiller. Et ça marche : « après 3 mois, le
premier bilan est prometteur : une baisse de 20% de la délinquance dans
les quartiers sensibles ».

Que dire alors quand un mathématicien se prend pour Harry Potter ? Le site d’information européen Cordis évoque la possibilité de recouvrir les
bâtiments d’une « cape d’invisibilité » pour les « protéger des séismes », et d’après William Cornell, ce n’est pas de la science-fiction. Ce mathématicien de l’université
de Manchester explique que « les dispositifs d’invisibilité
fonctionnent en couvrant des composants de structure d’un plastique
pressurisé » et que « en théorie, [les] ondes
sismiques contourneraient la structure, ce qui éviterait une destruction
grave ».

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La tour Montparnasse et sa cape d’invisibilité

Voir ou ne pas voir, entendre ou non.
Le Devoir donne la parole au mathématicien québecois Frédéric Rochon
qui « traduit le monde en équations ». Celui-ci explique ses domaines de recherche
(géométrie et topologie des variétés) en mettant en avant un problème
aussi célèbre qu’intrigant : « peut-on entendre la forme d’un tambour ? ».

Nos lecteurs amateurs d’art mathématique sont gâtés ces temps-ci. Les couleurs du géomètre, voilà un titre alléchant.
C’est en l’occurrence au peintre suisse Claude Loewer
qu’est consacrée cette exposition au musée des beaux-arts de
La-Chaux-de-Fonds. Toujours en Suisse, la Télévision suisse romande
consacre un reportage dans son journal du soir à l’exposition Les jeux
sont faits
. Cette exposition gratuite, au musée de sciences de Genève,
a déjà été évoquée ici.
Au Québec, c’est La Géométrie Variable que vous pourrez admirer. Le
site Canoé nous apprend que cette œuvre d’art « habitera le hall d’entrée du siège social de Quebecor, situé au centre-ville de Montréal ».
De retour en France, le site Paris tribune.fr annonce le vernissage de
l’exposition Mathématiques et Arts à la Mairie du Ve arrondissement
de Paris. « Sans crainte de la mauvaise note » ! C’est ainsi que Le Télégramme
incite ses lecteurs à se rendre à la Cité des Télécoms, à Pleumeur-Bodou
(Côtes-d’Armor), pour « se réconcilier avec les fonctions et la
géométrie... »

Ça gronde

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Manifestation pour la régularisation de sans papiers

La revue de presse du premier février faisait état des protestations de scientifiques contre les circulaires Guéant durcissant les conditions d’accueil des étudiants étrangers. Libération a rendu publique, fin janvier, une lettre du mathématicien Michel Broué au Premier ministre, dans laquelle il « dénonce le scandale que constitue le refus de titre de séjour à un jeune chercheur biélorusse particulièrement brillant » : l’expiration de son titre de séjour quelques jours après la soutenance de sa thèse le contraint de quitter la France, alors que « dans tous les pays civilisés et scientifiquement actifs », il pourrait « se porter candidat post-doctorant dans diverses institutions, en France ou ailleurs », ce qui demande de « continuer quelques mois encore à travailler dans l’équipe où il a été formé ».

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Abu Abudllah Muhammad bin Musa al-Khwarizmi

Encore lui : pour ses déclarations sur les inégalités entre civilisations, Claude Guéant s’attire une « réponse civilisatrice » de la part de marillion sur son blog de MediaPart. On y trouve notamment une liste de grands penseurs musulmans médiévaux, du VIIIe au XVe siècle, dans laquelle figurent les mathématiciens al-Khârezmi, Abû Kâmil, Abû al-Wafâ’ al-Bûzadjânî (voir aussi ici), Ibn al-Haytham al-Hazîn, ‘Umar Khayyâm (voir aussi ici). Et cet extrait nous rappelle que le terme algorithme « honore le mathématicien astronome Muhammad ibn Mûsâ al-Khârezmi, latinisé en alghoarismi. Le premier à avoir écrit un traité d’arithmétique illustrant la numérotation décimale créée par les Indiens, avec usage du zéro appelé sifr qui signifie vide, et donnera naissance au mot chiffre. Une numérotation à la magique simplicité, qui sera prolongée plus tard vers 1423 par l’introduction des fractions à décimales de Jamshîd ibn Mas‘ûd al-Kâshî, et que tous nos écoliers utilisent encore de nos jours, après qu’elle eût été introduite en Occident vers l’an 970 par Gerbert d’Aurillac (938-1003), le futur Pape Sylvestre II. »

L’éducation est, sans conteste, une question de civilisation. Or « l’innumérisme “menace notre pays à brève échéance” », alerte l’académicien Jean-Pierre Demailly dans VousNousIls. Ce billet reprend un entretien donné dans Le Figaro : « Il s’agit d’une carence très grave qui résulte de la non maîtrise de la numération, des opérations arithmétiques élémentaires et de leurs relations avec le monde. Il n’a pas seulement des conséquences sur les mathématiques, mais aussi sur la formation de tous les citoyens –futurs professeurs, techniciens, ingénieurs en particulier. » Au bilan, « l’innumérisme est aussi handicapant que l’illettrisme ». Principale accusée, « la formation des enseignants est sinistrée, et la réforme de la masterisation [de 2009] n’a fait qu’aggraver le problème ».

C’est par ailleurs la raison principale de la « démission des jurés de l’agrégation de mathématiques ». Ceux-ci ont en effet voulu « protester contre “la destruction” du système de formation et de recrutement des enseignants, » rapporte Le Figaro. La Recherche en rappelle une conséquence, la baisse drastique du nombre de candidats, si importante que tous les postes ne sont pas pourvus (574 admis pour 950 postes) : « En 2011, ils étaient 53 % de moins qu’en 2010 pour le seul CAPES de mathématiques (ce chiffre a toutefois rebondi de 8 % en 2012). » Sacré rebond, dont Luc Chatel se félicitait en juillet 2011 dans Le Monde de l’éducation ! Rue89, LCI.fr et EducPros se font l’écho de cette démission collective. Le Monde aussi, en massacrant quelque peu l’information –confusion entre agrégation et CAPES, noms propres écorchés... Les jurés démissionnaires reçoivent le soutien d’Éric Barbazo, président de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) dans une tribune de Marianne 2, qui dit notamment : « je comprends que le métier de prof. ne fasse pas envie. »

La problématique de la formation des enseignants, en mathématiques comme dans d’autres disciplines, n’est pas spécifiquement française. L’agence Reuters prévoit que « le président Barack Obama proposera dans le projet de budget 2013 le déblocage de 80 millions de dollars supplémentaires en faveur de l’enseignement des sciences et des mathématiques dans les écoles américaines. » D’autre part, « la pénurie d’enseignants qui frappe la Belgique devrait encore empirer » annonce la RTBF.

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L’hiver de la connaissance

Même quand ils restent dans leur domaine, les mathématiciens grondent. Pour la science retrace « la fronde des chercheurs contre l’éditeur Elsevier » lancée par « le mathématicien britannique Timothy Gowers (médaille Fields en 1998) ». Cruciale pour la validation et la diffusion des résultats, l’édition scientifique voit les coûts de production diminuer : « le travail de saisie des articles est passé des éditeurs aux auteurs. Et [...] le travail du comité éditorial, consistant notamment à choisir les rapporteurs et à assurer l’interface avec les auteurs, est assuré par des scientifiques bénévoles, tout comme l’est le travail des rapporteurs. » Pourtant, « les laboratoires doivent faire face à d’importantes hausses des tarifs d’abonnements pour la plupart des revues. »
« Au-delà du ressentiment et du cas particulier de Elsevier, c’est tout le problème du modèle économique de la publication scientifique et de l’accès au savoir qui est posé [...]. Cela dépasse même le seul problème du modèle économique de la publication, certains considérant que c’est, plus généralement, la mercantilisation de la science qui est en jeu. » La nouvelle est reprise dans Actualitte et Le Figaro.

Ça ronronne aussi, parfois, chez les mathématiciens. Comme en témoigne une tribune de Bruno Chaudret dans L’Humanité, la politique de recherche actuelle, caractérisée par le qualificatif « d’excellence » accolé au moindre dispositif, ne fait pas l’unanimité dans le milieu scientifique. Néanmoins, la recherche par projets progresse. Une deuxième vague de labels laboratoires d’excellence (le joli mot !) a été attribuée par le ministère, dont un certain nombre de laboratoires de mathématiques, ce qui donne lieu à plusieurs articles : Ouest-France vante celui de Rennes, celui de Cergy-Pontoise est signalé par VOnews et on parle de Saclay sur infodsi.com et cfo-news.com.

Pour en finir avec les questions politiques, signalons quelques batailles de chiffres. Le temps de parole des politiques pendant la campagne présidentielle inquiète Europe 1 : exiger l’égalité pour tous les candidats pourrait aboutir à leur accorder des temps de parole insignifiants, voire à “déprogrammer” les émissions politiques. Du côté des sondages, le site Sondages en France semble indiquer systématiquement une marge d’erreur de l’ordre de 3%. Comme quoi il faut rester prudent en commentant des variations de 1%.
En Russie, c’est une première : plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de manifestants se sont réunis plusieurs fois à Moscou. RIA Novosti s’interroge sur « l’arithmétique des foules ». Alors que les autorités parlent de 34 à 36.000 personnes pour la manifestation du 4 février, « l’opposition a, comme à l’accoutumée, réfuté les données officielles, évoquant la venue de 120.000 participants, avant de pousser plus tard le chiffre à 208.000 manifestants. » « Cette “bataille de chiffres” traduit le flou croissant qui règne en Russie depuis les élections législatives du 4 décembre 2011, une atmosphère de méfiance généralisée empêchant d’évaluer de façon précise les phénomènes en cours. »

Allez les jeunes !

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« La bosse des maths existe-t-elle ? » demande France Info : dans L’acquisition du nombre (Que sais-je), Michel Fayol fait le point sur 20 ans de recherches sur l’apprentissage des mathématiques. L’ouvrage est présenté ainsi :
« Près d’un enfant sur cinq manifeste à l’égard des mathématiques un sentiment qui va d’une légère anxiété à la phobie. Désamorcer ces craintes passe par une meilleure compréhension de la façon dont chacun apprend à manier les nombres et acquiert des raisonnements mathématiques. »

Face aux blocages créés par les mathématiques, Le Figaro publie un entretien avec Anne Siety, « psychologue clinicienne », auteur de Qui a peur des mathématiques ?, qui affirme : « On peut s’exprimer avec des chiffres. »

Des manières ludiques de vaincre la peur des mathématiques ?
On peut essayer la nouvelle exposition permanente de mathématiques à la Villette décrite en ces termes sur viaFrance.net : « Des manipulations, des films et des animations pédagogiques vous plongent dans le monde des mathématiques, où règne en maître le nombre d’or [...] Les mathématiques sont avant tout un outil universel pour comprendre le monde qui vous entoure. »

Du nord au sud de la France, la presse régionale se fait l’écho de nombreuses initiatives d’apprentissage ludique des mathématiques qui ont fleuri pendant le mois de février. Ce sont parfois des animations grand public comme à Villeneuve d’Ascq (La voix du Nord), où l’association Ludimaths invitait les jeunes participants à une animation mathématique « autour de constructions géométriques ayant pour point commun le cœur », ou à Boé où la médiathèque proposait un « atelier pour les jeunes scientifiques » (La dépêche du Midi) :« Casse-têtes, énigmes... » avec pour « seul élément à disposition : l’allumette ».

Au niveau scolaire, nombreux sont les rallyes ou autres concours dont « l’objectif est de susciter l’intérêt, le goût des jeunes pour les mathématiques et la recherche en mathématiques ». Des élèves de lycée professsionnel de Bruay La Buissière ont été « immergé[e]s dans le rallye mathématique » (La voix du Nord), des lycéens chalonnais ont participé au rallye mathématique des lycées de Bourgogne (Le journal de Saône et Loire), des collégiens de Douai ont concouru à « Drôles de Maths » (La voix du Nord). Drôles de maths, et solidaires en plus (La dépêche du Midi) : un concours mathématique organisé par l’association Action Scoli’daire (avec frais d’inscription) permettra de donner « un accès à l’eau potable à des milliers d’enfants haïtiens ».
Enfin, à Cholet (Ouest France), Montauban de Bretagne (Ouest France) ou Auneuil (Le parisien), c’est le challenge Rubik qui passionne les collégiens. Les participants doivent ranger 50 Rubik’s cubes (célèbre casse-tête inventé en 1974 ) en 10 minutes : « 43 milliards de milliards de positions et une seule bonne à trouver ! » Le concours verra s’affronter 167 établissements de tout l’Hexagone.

Parutions

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Cogitations électorales

Jeux mathématiques - spécial élections : Après Jeux mathématiques et énigmes policières, Jeux mathématiques, jeux de cartes, poker, magie, le magazine Tangente coédite avec La Recherche un superbe numéro hors série en lien avec une actualité de plus en plus brûlante. Associant culture et divertissement, il nous propose une partie « Spécial élections » et une partie « Mathématiques électorales » qui alternent chacune articles de fond et activités ludiques. Au total dix-sept articles, très accessibles, balayent largement le sujet et expliquent comment les mathématiques interviennent dans le monde politique. Paradoxes, sondages, stratégies de votes, découpage électoral … le lecteur découvre au fil de ce numéro comment « décrypter les rouages d’un scrutin » tout en s’amusant.

L’aléatoire vrai, peut-on le fabriquer ? La question posée en première de couverture du numéro de mars 2012 de Pour la science renvoie à l’article L’impossible hasard de Jean-Paul Delahaye. « Depuis les premiers dés, il y a trois millénaires, l’homme imagine et fabrique des objets pour produire du hasard. A-t-il réussi ? » demande l’auteur qui passe ensuite en revue toutes les tentatives, dés, roulettes, loteries sans oublier les machines exploitant les procédés d’optique quantique pour générer des suites aléatoires de 0 et 1. « Il n’existe ainsi aucune méthode dont on puisse dire avec certitude qu’elle produit des suites aléatoires ».

Dans l’actualité mathématique de mars, sous le titre Promenades sur le quart de plan, le magazine La Recherche interroge Kilian Raschel. Ce mathématicien étudie les chemins sur un plan quadrillé. Pourquoi travailler dans le quart de plan ? « Cette restriction intéresse énormément de monde en raison de ses applications » par exemple « en biologie des populations lorsqu’on cherche à calculer des probabilités d’extinction ou de survie d’une population… une grosse partie de la théorie des files d’attente à 2 dimensions, primordiales pour ses applications dans le domaine des télécommunications, est directement modélisée par des chemins dans un quart de plan. »

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Morceau de tore musical
(selon Marcus du Sautoy)

Enfin, des ouvrages « grand public » sur ou autour des mathématiques sortent régulièrement en librairie. L’un des derniers a pour titre Le théorème de Kropst et il est présenté par le mathoscope. La symétrie ou les maths au clair de lune par Marcus du Sautoy (Finding Moonshine en version originale) fait l’objet de compte-rendus de lecture enthousiastes dans la presse. Selon Les Échos, « il y a beaucoup, beaucoup de choses à glaner dans le très épais, très savant et pourtant très digeste livre de Marcus du Sautoy », et Le Figaro de lancer : « Espérons que la joie de vivre jaillissant de ces pages suscitera des vocations chez les jeunes lecteurs tentés par les sciences, si souvent désorientés par les orienteurs de métier. »

Pour finir

Vous connaissez sans doute le cœur de l’exposition Imaginary. Un autre cœur mathématique est relevé par MeltyBuzz : si vous tapez « sqrt(cos(x))*cos(300x)+sqrt(abs(x))-0.7)*(4-x*x)^0.01, sqrt(6-x^2), -sqrt(6-x^2) from -4.5 to 4.5 » dans une fenêtre de recherche Google, vous obtiendrez grosso modo le logo de cette revue de presse.

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Cœur mathématique
Post-scriptum :

La planche sur les cogitations électorales est reproduite avec l’aimable autorisation de Martin Vidberg.

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse février 2012» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Crédits image :

Image à la une - Jérôme Germoni, d’après MeltyBuzz.
Manifestation pour la régularisation de sans papiers - Wikimedia Commons
La fin du monde selon Newton - Wikimedia Commons / Roberta F.
Chameau - Wikimedia Commons / EmmanuelFAIVRE
La tour Montparnasse et sa cape d’invisibilité - Wikimedia Commons / Gérard Ducher
Le web à ses débuts - Wikimedia Commons / Bogdan Giuşcă
Emmy Noether - Mathematisches Forschungsinstitut Oberwolfach
L’hiver de la connaissance - Michael Eisen
Philibert Nang - The Abel Prize/The Norwegian Academy of Science and Letters
Cœur mathématique - Imaginary exhibition
Morceau de tore musical - Mutopia Project
Cogitations électorales - Martin Vidberg

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