Revue de presse février 2018

Le 1er février 2018  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (3)

Les nombreuses réformes en cours et à venir dans l’enseignement des mathématiques (neurosciences et pédagogie, bac, parcoursup) ont retenu l’attention des médias ce mois-ci. Mais il est aussi question de belles applications médicales, de big data, de bitcoins...et de poésie.

Enseignement

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Honneur aux sciences ou aux neurosciences ? Ces dernières se taillent la part du lion dans l’actualité de ce mois. La désignation des membres du nouveau Conseil scientifique de l’Éducation nationale, présidé par Stanislas Dehaene, professeur au collège de France, est diversement appréciée. Le site guadeloupe.fr, qui en donne la composition, estime que la diversité de ce conseil « pluridisciplinaire » est « habilement dosée », soulignant que « seul un tiers des vingt et un membres sont issus des sciences cognitives ».
Pour Le Monde, qui voit dans la politique du ministre de l’éducation nationale « une inspiration macronienne », Jean-Michel Blanquer « favorise un mode de gouvernance qui valorise les experts. »
Dans un entretien à France Inter, Stanislas Dehaene indique que « ce ne sont pas les neurosciences qui sont au cœur du débat mais les sciences cognitives et le fonctionnement de l’apprentissage ».
Mais ce sont bien les neurosciences qui excitent la curiosité des médias. BFM-TV se demande « à quoi servent les neurosciences à l’école ? ». Pour savoir ce « qu’apportent les neurosciences à l’éducation », La Croix a interrogé deux experts. Pour la première, pédiatre et « spécialiste en neurosciences affectives et sociales » les neurosciences « montrent que l’empathie est essentielle ». Pour le second, professeur de psychologie du développement de l’enfant, « elles aident à mieux comprendre comment l’enfant apprend ». Certains ne verront sans doute là que des lieux communs ne nécessitant pas une si grande expertise... Le Café pédagogique accueille avec scepticisme la composition du conseil scientifique. Même réaction du côté du SNUIPP, principal syndicat d’enseignants du primaire, qui avait été très critique au moment de l’annonce de la création de ce conseil, au point de lancer fin novembre un appel cosigné par 60 chercheurs, pour alerter l’opinion et le ministre. Mais la secrétaire générale se dit maintenant « un peu rassurée », comme le rapporte Libération. Dans l’Humanité, le philosophe Pierre Quiniou n’hésite pas à parler d’« imposture », estimant que traiter le problème éducatif par les neurosciences, c’est risquer de « verser dans le biologisme » et de perdre de vue l’influence des inégalités sociales et familiales sur les inégalités scolaires, dont elles sont les causes premières. Le même journal propose une table ronde sur le sujet avec Jean-Michel Blanquer, Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération syndicale unitaire (FSU) et Bertrand Geay, professeur de sciences politiques, spécialiste des questions éducatives.
De son côté, LCI tente d’expliquer en quoi consistent ces neurosciences dont on parle tant.
Si les sciences cognitives et les neurosciences sont largement représentées dans le comité scientifique, on ne peut pas en dire autant des sciences « dures », ni d’ailleurs de la plupart des disciplines enseignées à l’école, au collège et au lycée ! Les mathématiques sont une des deux seules exceptions à ce constat : un des fondateurs du site « Images des mathématiques », Étienne Ghys, directeur de recherche au CNRS (école normale supérieure de Lyon) et académicien, fait partie de l’équipe qui entoure Stanislas Dehaene. À côté de l’informaticien Gérard Berry, il siégera face à 19 représentants de sciences humaines, sociales ou économiques.

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Bac 2021

Autre sujet à la une : le nouveau bac, prévu en 2021, et la réforme du lycée qui entrerait en vigueur dès la prochaine rentrée. Pierre Mathiot a remis au ministre le rapport de la mission qu’il animait, intitulé sobrement « Un nouveau baccalauréat pour construire le lycée des possibles - Un enjeu majeur pour notre jeunesse - Un défi essentiel pour préparer la société de demain ». Une présentation succincte, avec photos et vidéos de la remise du rapport, se trouve sur le site du ministère. Marianne donne la parole à l’auteur du rapport qui détaille les mesures proposées. La presse met notamment en évidence le « grand oral » du bac, nouveauté imposée à tous les candidats et empruntée à nos voisins italiens chez qui c’est une vieille tradition. Le Monde parle de « propositions-chocs pour réformer le baccalauréat ». Plusieurs sites annonçaient l’ouverture d’une période de concertation avec les partenaires, notamment les syndicats d’enseignants, après la publication du rapport et avant des arbitrages qui seraient rendus au printemps, mais cette concertation risque de n’être qu’un faux semblant, si l’on en croit Le Point ou La Voix du Nord, qui annoncent que « Blanquer a déjà tranché » en faveur d’une réduction à quatre du nombre d’épreuves du bac (contre une quinzaine actuellement). Déjà, quelques jours avant, L’Étudiant s’était demandé si « la concertation [serait] réelle ou [si] le tour [était] déjà joué ». D’une façon générale, les observateurs semblent adhérer davantage à la réforme du bac qu’à celle de l’organisation du lycée. C’est le cas de Viviane Micaud dans son blog de Médiapart. Les syndicats sont plutôt critiques. le site du SNES fait état d’une protestation de professeurs de philosophie (seule discipline, pourtant, qui conserve une épreuve obligatoire pour tous les candidats au bac). Sud-Éducation, qui fait une présentation détaillée du projet, dénonce en particulier « la course aux économies » et « l’organisation de la sélection à l’université ». De son côté, le SGEN-CFDT a mis des notes au rapport Mathiot, distribuant des + et des - sur différents points selon qu’ils vont ou non dans le sens souhaité par le syndicat, et conclut prudemment par un +- ?, en disant que « la balle est dans le camp du ministre ». Pour le SNALC, c’est clair : « bac plutôt oui, lycée franchement non » ! Enfin, le Café Pédagogique estime qu’« alors que P. Mathiot semblait avoir gagné la partie et que la mobilisation semblait n’avoir gagné que des militants syndicaux, l’atmosphère a radicalement changé. » Il dresse une liste imposante d’associations de spécialistes qui, après être restées silencieuses ou avoir réagi avec prudence, se montrent maintenant très critiques sur le rapport.

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Muni du bac, actuel ou futur, comment poursuivre ses études ? La procédure parcoursup, qui remplace depuis le 22 janvier la très controversée APB (Admission Post-Bac), fait grincer des dents. Le ton est donné dès le début de janvier par L’Humanité, qui revient à la charge tout récemment. Libération fait le point sur le sujet et décrit l’accueil plutôt froid qu’il rencontre dans de nombreuses universités, certaines ayant refusé de formuler les « attendus » nécessaires au fonctionnement de la nouvelle procédure et souvent interprétés comme les critères d’une sélection déguisée. On consultera aussi avec intérêt le « rapport parlementaire sur le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants ». On peut y lire ceci : « Le Gouvernement estime que le nombre de dossiers à analyser dans les formations de Licence oscillera donc entre 2 et 2,5 millions, comme c’est le cas aujourd’hui. En moyenne, il y aura donc 1 000 dossiers à analyser par formation de Licence. Ce nombre est significatif, mais peut être pris en charge par des équipes pédagogiques qui sont par hypothèse dimensionnées à la taille de la formation ». Cette estimation du coût de la mise en place de parcoursup, déjà éloquente, est considérée comme inférieure à la réalité par plusieurs universitaires, comme Yann Bisiou, ancien vice-président du conseil d’administration de l’université Paul Valéry à Montpellier, qui adresse un billet d’humeur à sa ministre. « Le ciel s’assombrit au-dessus de Parcoursup », nous dit Alternatives Économiques. Le Monde évoque une « ouverture des inscriptions sous haute tension », tandis que Le Télégramme fait état des inquiétudes que suscite la nouvelle plateforme, « y compris auprès de ses partisans ».
En tout cas, parcoursup est une aubaine pour les « coachs en orientation scolaire » qui, nous dit France Inter, voient prospérer leur commerce ! Pour une aide gratuite à l’orientation, le site reussirmavie.net suggère les sept MOOC proposés par la plateforme FUN (France Université Numérique).
On trouvera des dossiers assez complets au sujet de parcoursup sur les sites du Parisien et de Causeur.

Face à tous ces projets de réformes, une opposition tente de s’organiser. Huit jours après un « appel au retrait du projet de loi relatif à l’orientation des étudiants », une « coordination nationale de l’éducation » s’est constituée et a lancé le 27 janvier un appel qui les dénonce pêle-mêle, relayé notamment par le syndicat Sud-Éducation.

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En dehors de ces grands dossiers, voici les nouvelles qui ont retenu notre attention en ce début d’année.
Avant même la publication du rapport Mathiot, Les Échos annonçaient que l’informatique y serait une « nouvelle priorité » pour les lycéens.
L’ÉNS de Lyon propose à partir du 13 mars prochain une nouvelle édition du MOOC « Enseigner et former avec le numérique en mathématiques » (eFAN). L’équipe pédagogique, forte de seize membres et animée notamment par Gilles Aldon et Luc Trouche, a conçu cette formation à l’intention des professeurs ou futurs professeurs de mathématiques, de leurs formateurs et plus généralement de « toute personne s’intéressant aux évolutions de l’enseignement des mathématiques dans des environnements numériques. »
À Montpellier, France 3 s’est intéressée à un « centre de calcul mental » où des enfants, en s’aidant d’un boulier, pratiquent cette gymnastique « bénéfique pour le cerveau », qui permet de « développer la concentration, la confiance en soi et stimule la mémoire. »
Dans un blog du Monde, Antoine de la Taille, professeur de philosophie, nous parle des interrogations orales en classe préparatoire, les fameuses « khôlles », rendez-vous hebdomadaire qui ponctue le long chemin qui mène aux concours et aux grandes écoles. C’est à la fois un descriptif très détaillé et précis et un plaidoyer en faveur de cette véritable institution, née avec l’École polytechnique il y a plus de deux cents ans.
En Belgique, l’enseignement francophone prépare aussi sa grande réforme. Sous le titre : « Plus de maths et de français, quasi disparition du latin, de la géo et de l’histoire : voilà à quoi ressemblera l’école de demain », le site newsmonkey.be annonce le « pacte d’excellence » proposé par la ministre de l’Éducation. Le nombre d’occurrences du mot « excellence » dans le discours des responsables de l’éducation, partout dans le monde, ne cesse de croître ! On a même l’impression qu’il est d’autant plus grand que l’état du système éducatif est préoccupant...
Le Québec, lui, ne lésine pas sur les moyens pour favoriser l’égalité des chances à l’école. Selon le Courrier du Sud, Métro et le Huffington Post, le gouvernement de la Belle Province va investir 1,4 milliard de dollars canadiens d’ici 2022, en ressources humaines et matérielles, dans les services éducatifs à l’intention des enfants de 0 à 8 ans.
Toujours au Canada, l’inégalité filles/garçons face aux mathématiques est une fois de plus soulignée et commentée, dans un article de Métro. Il y est question du manque de confiance en soi, bien plus important chez les filles que chez les garçons, des stéréotypes sociaux qui ont la vie dure (« les hommes sont meilleurs en mathématiques et sciences, les femmes sont de meilleures soignantes... »), mais aussi de l’angoisse des femmes face aux mathématiques, que les enseignantes, majoritairement des femmes dans le primaire, transmettraient inconsciemment à leurs élèves filles.
En Algérie, il y a un « lycée des mathématiques ». L’article de l’agence Algérie Presse Service qui en parle ne nous renseigne guère sur les caractéristiques de ce lycée, mais nous indique que le directeur général de l’ALESCO (analogue de l’UNESCO pour les pays arabes) veut que cette « expérience pionnière » et « grandiose » serve d’exemple aux autres pays de la région, et estime que la nation arabe « a la chance d’avoir un leader de la trempe du président Bouteflika qui a su préserver son équilibre ».
L’Étudiant propose le témoignage d’une étudiante en mathématiques parisienne partie faire sa troisième année de licence à Bristol, au Royaume-Uni.
Ça devient une habitude : les mathématiques s’avérant décidément impuissantes à susciter l’intérêt des élèves, on essaye d’appâter le chaland avec des problèmes transposés dans des contextes censés correspondre à ses goûts. Ouest-France relate le scénario imaginé par une enseignante de collège pour tenter de faire passer la potion Thalès. Mbappé réussira-t-il à marquer un but malgré la présence de Payet en face de lui ? Cette collègue est une récidiviste : elle avait déjà mis en scène Paul Pogba il y a quelque temps. Comme presque toujours en pareil cas, la contextualisation s’avère vraiment peu crédible. L’art du tir des footballeurs consiste précisément à donner au ballon une trajectoire qui n’est presque jamais une ligne droite. Cette mise en scène artificielle est d’autant plus regrettable que le problème de géométrie était plutôt intéressant : pour une fois, on ne se contentait pas de demander une application directe et immédiate d’un théorème. Il fallait réfléchir un peu... Le football aura-t-il aidé à cette réflexion ? Cet exercice a également intéressé Le Figaro, L’Équipe, ainsi que France Bleu, qui y voit une application du théorème de Pythagore. En fait, les deux approches (Thalès et Pythagore) permettent de résoudre la question, mais c’est sans doute l’interprétation de France Bleu qui est la bonne, car on y apprend que l’exercice a été donné à des élèves de quatrième, qui ne connaissent pas encore le théorème de Thalès. On remarquera que, dans un commentaire posté par une élève, la partialité de l’énoncé est pointée : « Bon, visiblement ils sont plutôt pour le PSG » (ce qui indique qu’elle a correctement résolu le problème !). Enfin, on ne peut s’empêcher de se demander si un tel problème est de nature à passionner autant les filles que les garçons.
Terminons par notre chronique « cherche prof de maths, désespérément ». Désormais, l’événement, c’est un établissement qui trouve un prof de maths ! Ce fait extraordinaire vient de se produire au lycée privé Saint-Étienne à Cahors, d’après La Dépêche. Les élèves de Terminale S ont un prof, après un mois (seulement !) sans cours de maths.
Mais tous n’ont pas cette chance, et La Nouvelle République nous rapporte la situation beaucoup plus banale du lycée Claude de France à Romorantin (Loir-et-Cher), où il manque un professeur de mathématiques et un professeur de Sciences et Techniques de l’Ingénieur (STI) pour les Terminales.

Applications

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Prédire la maladie d’Alzheimer

Deux articles évoquent des méthodes très prometteuses pour leurs applications médicales. Le Parisien nous parle du développement d’un « système de guidage sonore virtuel pour les malvoyants »
développé par le handisportif Stéphane Lesueur en collaboration avec une équipe de mathématiciens du CMAP de l’École Polytechnique,
et en particulier Sylvain Ferrand. Avec un beau défi à la clé pour ce système : « être opérationnel pour les Jeux Paralympiques
organisés en 2024 à Paris ». Le Devoir
se fait l’écho de son côté des avancées de la médecine prédictive à l’Université Concordia à Montréal, où Habib Benali et ses
collègues utilisent « la modélisation mathématique et la neuro-imagerie pour prédire l’apparition de maladies plusieurs années avant
qu’elles n’apparaissent ».

Dans un registre cataclysmique bien de notre époque, Science Post évoque une étude mathématique sur la corrélation entre rejets de carbone et extinction de masse dans les océans. En effet, d’après D.Rothman, professeur de géophysique au MIT, « aujourd’hui, de récentes
estimations suggèrent que notre planète pourrait bientôt connaître un épisode similaire » [aux cinq extinctions de masse qu’a déjà connues la Terre].
Toujours au sujet du climat, Les Échos nous parle d’un « algorithme qui accélère la modélisation des événements climatiques »,
qui est en fait un algorithme applicable de façon beaucoup plus générale aux phénomènes extrêmes développé par Freddy Bouchet
et ses collègues à l’ENS Lyon.

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Des océans bientôt sans vie ?

Dans des genres tout à fait différents, signalons d’abord un article des Échos au sujet des mathématiques financières
post-crise de 2008. Un autre de Science et Vie évoque un modèle mathématique ayant permis de localiser onze cités marchandes turques
de l’Âge de Bronze - dont les résultats n’ont pour l’instant pas été confirmés par des fouilles in situ. Finalement, toujours dans
Science et Vie, une brève sur le « memristor », « composant analogique qui n’adopte plus une résistance de 1 ou 0-comme les transistors traditionnels qui ne sont que des interrupteurs on/off miniatures - mais toute une série de valeurs
intermédiaires laissant passer plus ou moins le courant » et offre de nouvelles potentialités en termes de vitesse de calcul.

Passons maintenant à une question cruciale : « comment ne plus renverser son café en marchant ? » Le Monde
nous explique que cette étude a fait l’objet de très nombreux articles de recherche, a permis l’attribution de deux prix Ig Nobel, et admet de
nombreuses versions (par exemple, que se passe-t-il si l’on marche à reculons ?) Dans le même état d’esprit, finissons par une brève
du Courrier International. En effet, des
physiciens polonais se sont amusés à « observer la structure d’une centaine de chefs-d’œuvre de la littérature mondiale (Joyce,
mais aussi Proust, Virginia Woolf ou encore Roberto Bolaño) pour mettre au jour d’éventuelles récurrences dans le rythme des
phrases ». Une remarque particulièrement savoureuse : « Finnegans Wake est “virtuellement impossible à distinguer d’une fractale
purement mathématique” », roman que « le propre frère de Joyce a un jour affirmé qu’il était “l’œuvre d’un
psychopathe” ».

Vie de la Recherche
De nombreux journaux se font l’écho de la probable nomination d’Antoine Petit, informaticien et
PDG d’INRIA, en tant que directeur du CNRS. Voir par exemple l’article de Sciences et avenir.
Il succèderait ainsi au chimiste Alain Fuchs, après l’intérim de la biologiste Anne Peyroche, mise en cause sur l’intégrité de ses travaux scientifiques selon Le Monde ; il lui reste cependant
à passer « l’examen des commissions permanentes de chaque assemblée »

Pour rester dans le monde des institutions, le site du CNRS nous parle de la création d’une unité mixte de
recherche franco-britannique à Londres, qui prend le nom d’Abraham de Moivre, mathématicien français protestant du XVIIIe siècle qui avait émigré au Royaume-Uni
pour raisons religieuses. Parmi les spécialités phares de ce laboratoire, « la théorie des nombres, l’analyse mathématique,
les biomathématiques et les mathématiques financières ». Finalement, sur le site du RNBM (Réseau National des Bibliothèques de
Mathématiques)
on présente le
nouveau portail Opidor, « série d’outils et services à destination de la communauté scientifique pour la gestion des données
de la recherche en France ».

Médiation-culture

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Outre sur notre site favori, la médiation mathématique est potentiellement partout.

Elle peut être dématérialisée, comme sur YouTube. Par exemple MediaInfo nous fait rapidement visiter la chaîne YouTube de médiation mathématique Science4all, qui a « atteint les 100.000 abonnés en ce début d’année ». On apprend ainsi que son fondateur, Lê Nguyên Hoang porte aussi d’autres projets : « Wandida (mini-MOOCs) et ZettaBytes (interviews de professeurs) ».

De façon moins passive est peut-être plus ludique, les jeux vidéo sont aussi une belle passerelle. Le jeu Navadra nous est présenté par Geekjunior. C’est un jeu, où, « à la manière d’un RPG [1], les combats sont au tour par tour. Mais pour porter les coups, il faut résoudre des petits exercices de mathématiques ».

Sur un autre registre, la création de la maison des mathématiques à Paris est en bonne voie, comme nous l’apprend Techno Science. « Cette maison dédiée aux mathématiques et à la physique théorique[...] prendra ses quartiers au printemps 2020 dans les anciens locaux du Laboratoire de chimie physique - matière et rayonnement »

Ce lieu sera donc adossé à l’Institut Henri Poincaré. Institut qui offre déjà des possibilités d’échanges. En effet, l’INSMI nous informe qu’a lieu le 13 mars 2018 la journée « Mathématique et Mouvement », qui a, comme on peut s’en douter, « pour objectif d’explorer ce que les mathématiques peuvent apporter à l’étude du mouvement ».

Le Parisien, La Dépêche ou encore l’Est republicain nous relatent d’autres initiatives locales où se rencontrent élèves, enseignants et mathématiciens.

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Dans le cas d’Eugenia Cheng, c’est à travers nos estomacs qu’elle a décidé de transmettre des mathématiques, selon Courrier International et VousNousIls. Dans son livre « Comment cuire un 9 » cette « mathématicienne à l’université de Chicago » explique des concepts mathématiques compliqués à l’aide de... recettes culinaires. Une approche originale qui montre paradoxalement que faire des maths, ce n’est précisément pas appliquer des recettes...

Revenons au monde numérique. On pourra regarder la vidéo d’Aurélien Alvarez sur Audimath, et essayer de résoudre son énigme, ou bien regarder directement la réponse en se privant du plaisir de chercher.

Afin de se détendre après tous ces échanges mathématiques, on pourra se creuser la tête sur la rubrique « Énigmes, logique et mathématiques » de La Recherche, ou plutôt faire des travaux pratiques en « construisant une pyramide sans règle ni compas » grâce à Migros Magazine.

Art et maths
Mentionnons aussi plusieurs expositions mêlant art et mathématiques. La Dépêche du Midi continue son excellent travail de terrain et nous parle d’une
série de photographies réalisé par un enseignant de mathématiques au lycée, que le journal décrit comme un « subtil mélange entre mathématiques et littérature » (!) De son côté, La Voix du Nord nous recommande une exposition lilloise
dont le thème s’intitule « Facettes de la ligne #2 ».
Pour finir, le JDD parle d’une exposition autour de l’art du numérique à Paris.

Parutions

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Vous avez dit Bit ?

Statistiques, big data, algorithmes ... Sommes-nous en train de vivre les prémisses d’une véritable révolution humaine ?
Le numéro hors-série (février-mars) de Pour la Science titré Big data, vers une révolution de l’intelligence ? nous offre une photographie à l’instant « t » d’un pan de la science qui est en train de se développer sous nos yeux à grande vitesse.
C’est un numéro qui veut « soulever le capot », donner au lecteur des « clés pour se réapproprier les données, ne plus se faire piéger par les statistiques, comprendre les algorithmes » … Dès le début un petit glossaire éclaire des termes techniques fréquemment utilisés en statistiques ou en traitement de données. Ensuite les dossiers permettent au lecteur de faire un point sur les grandes questions qui se posent en ce moment. Ils sont déclinés dans trois grandes parties : les statistiques, les défis du big data et les questions sociétales. Les articles, synthétiques, accessibles, abondamment illustrés recouvrent les champs mathématiques, informatiques ou éthiques. Pour faciliter la lecture de nombreux encarts approfondissent ou précisent les points techniques.

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Un distributeur de bitcoins

Nous apprenons dans l’article de Jean-Paul Delahaye publié dans le dernier numéro de Pour la Science, La folie électrique du bitcoin !, que les cryptomonnaies engendreraient des consommations d’électricité importantes (liée au fonctionnement de ces monnaies virtuelles) appelées à croître de manière effrayante. C’est « la volonté d’avoir un système protégé par le placement d’une quantité colossale de calculs (et donc d’électricité) dans le registre des comptes pour le rendre infalsifiable qui est à l’origine du problème ». Du coup il deviendrait impossible que le cours du bitcoin puisse augmenter jusqu’à menacer un jour ou l’autre le dollar ou l’euro. Jean-Paul Delahaye a déjà traité à différentes reprises du bitcoin (entre autres dans la revue Pour la Science et le Bulletin de la Société Informatique de France). Cet article ajoute un éclairage intéressant sur le fonctionnement des monnaies virtuelles.

Les nombres premiers gardent toujours un grand pouvoir de fascination. Probablement parce que des résultats qui s’énoncent simplement demandent énormément d’efforts et de génie pour être démontrés. Dans la chronique mathématique de La Recherche Roger Mansuy revient en février sur l’exposé d’Olivier Ramaré au séminaire Mathématic Park de novembre dernier, nombres premiers, une problématique moderne pour un public moderne. Il s’intéresse plus particulièrement à un résultat conjecturé il y a cinquante ans par Alexander O. Gelfond concernant la somme des chiffres des nombres premiers : existe-t-il un nombre infini de nombres premiers dont la somme des chiffres est paire (ou impaire) ? En 2010 Christian Mauduit et Joël Rivat avaient publié dans la prestigieuse revue Annals of Mathematics des résultats montrant qu’il y a autant de nombres premiers dont la somme des chiffres décimaux (en base 10) est paire que de nombres premiers dont la somme des chiffres décimaux est impaire (voir entre autres la revue de presse de mai 2010).

L’informatique débranchée, vous connaissez ? Il s’agit de comprendre l’informatique sans ordinateur et à travers des activités ludiques, des casse-têtes, des cartes, de la ficelle, des crayons ... L’idée, pas tout à fait nouvelle, est née à l’université de Canterbury (Nouvelle-Zélande) en 1992. Elle a été relancée en France l’an dernier par le ministère appuyé par des initiatives des maisons pour la science au service des professeurs, de l’Inria, des Irem, de la Maison des mathématiques et de l’informatique de Lyon ...

Les éditions POLE viennent de sortir en janvier dans la collection Tangente Education un numéro consacré à l’informatique débranchée qui cible certes les enseignants mais peut intéresser un plus large public curieux de mieux comprendre l’ordinateur sans entrer dans des ouvrages techniques.

Terminons avec un ouvrage poétique et scientifique, un conte pour enfants qui ne laissera personne insensible. Lune a été écrit par Marie Lhuissier,‎ et délicieusement illustré par Elis Tamula.

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La lune d’Elis Tamula

Notes

[1jeu (vidéo) de rôle

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse février 2018» — Images des Mathématiques, CNRS, 2018

Crédits image :

Image à la une - Diagonal | Tugo C.Y. Cheng
https://www.instagram.com/tcycheng/
img_17873 - Illustration de Jacques Koch, reproduite avec l’aimable permission des Cahiers Pédagogiques
img_17877 - DARPA
img_17879 - ©Elis Tamula. Avec l’aimable autorisation des auteurs
img_17880 - Wikipédia
img_17881 - David Monniaux. Wikimedia Commons
Des océans bientôt sans vie ? - Wikimedia Commons
Prédire la maladie d’Alzheimer - Wikimedia Commons

Commentaire sur l'article

  • Revue de presse février 2018

    le 1er février à 09:46, par B !gre

    Enfin, on ne peut s’empêcher de se demander si un tel problème est de nature à passionner autant les filles que les garçons.

    Je trouve que placer cette phrase tout à fait sexiste fait un peu tâche dans cette revue de presse ! À moins que ça ne soit du second degré que je n’ai pas compris...

    Répondre à ce message
    • Revue de presse février 2018

      le 2 février à 09:13, par L’équipe Actualités

      Si quelqu’un a pu penser que nous estimons que le foot, sport de garçons, ne doit intéresser que les garçons, c’est que nous nous sommes bien mal exprimés et nous en sommes désolés.

      Nous sommes partis d’un simple constat : le football intéresse davantage les garçons que les filles.
      Il y a certes des filles qui adorent le foot, et leur proportion dans la population des élèves augmente, ce qui est heureux, mais ce sport reste avant tout une passion masculine.

      Nous ne faisions que constater que le sujet de l’exercice proposé est de nature à susciter bien plus d’intérêt chez les garçons que chez les filles, et ce constat nous conduisait à penser que le choix de cette contextualisation est discutable, précisément parce qu’il peut être considéré comme un choix sexiste.

      Répondre à ce message
      • Revue de presse février 2018

        le 2 février à 09:39, par B !gre

        Je comprends votre point de vue et j’avais pour tout dire imaginé que c’était dans cet état d’esprit que vous aviez rédigé cette phrase, étant donné qu’il est difficile d’accuser l’équipe d’IdM de sexisme quand on lit les différentes publications de ce site. J’ai réagi de la sorte car j’ai, honnêtement, été assez choqué sur le moment en lisant cette phrase et que plusieurs de mes collègues à qui j’ai fait lire le paragraphe ont eu la même réaction.

        Quant à votre explication, ce que je crains est qu’une phrase comme celle que je vous reproche ne fasse qu’augmenter les stéréotypes.

        Je profite du message pour dire tout le plaisir que j’ai à lire chaque mois cette revue de presse !

        Répondre à ce message

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