1er février 2013

0 commentaire — commenter cet article

Revue de presse janvier 2013

L’équipe Actualités

Les membres de l'équipe :

Voyons, 2013... quoi de spécial ? Arithmétiquement parlant, pas grand-chose.
En revanche, pour les mathématiques, l’année promet d’être bien remplie.
Même les stars du cinéma et la presse à sensation s’y mettent !
Alors, laissez vous guider : un zeste de buzz, deux ou trois polémiques, des personnages engagés, des bonnes causes, de brillants esprits et tout plein de sujets étonnants vous attendent.

Panier garni

JPEG - 287.8 ko
Siège du FMI

Commençons par quelques polémiques. « Oups, le FMI s’est trompé sur l’austérité », titre Libération à la suite de la publication du premier rapport de 2013 du FMI.
Il s’avère que cet organisme assoit ses recommandations politiques aux gouvernements sur des modélisations mathématiques de l’économie. Des équations censées décrire la réalité, donc, dépendant de paramètres qui ne sont pas mesurés, mais estimés.
En substance, « l’utilisation d’un mauvais coefficient de calcul a débouché sur une sous-estimation des effets négatifs de l’austérité en Europe. » Cela met Hubert Huertas en rage sur France Culture. Pour lui c’est sans appel : « l’austérité est une erreur mathématique ! » Dans Le Monde, Gabriel Colletis précise que les auteurs, « Olivier Blanchard et Daniel Leigh admettent, non pas une erreur de calcul au sens strict, mais une difficile et sans doute mauvaise estimation du “multiplicateur budgétaire”. » Un mois avant la publication du rapport, cette dépêche AFP dans Le Figaro en donnait en fait un avant-goût. Comme disait Pierre Dac : « La prévision est un art difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir. »

Une polémique récurrente est celle du comptage des manifestants. Le Monde est allé interroger un mystérieux « mathématicien du CNRS » à propos
de la « “théorie” des flux » utilisée par les organisateurs de la « manifestation du 13 janvier contre le “mariage pour tous” » : calculs à l’appui, le million affiché semble bel et bien surestimé.

JPEG - 75.8 ko
Le mariage interrompu

À propos de mariage, reprenant un article du New York Times, Atlantico s’intéresse à « l’équation qui permet de savoir si un couple va durer ou pas ». Le lecteur est invité à découvrir en quoi consiste l’équation en question... (du point de vue strictement mathématique, elle est accessible aux élèves de CE1). Plus intéressante est la critique qui en est faite : « Plusieurs chercheurs l’ont d’ailleurs remise en question expliquant qu’une corrélation n’est pas la même chose qu’un phénomène de cause à effet. » Critique renforcée par un entretien avec un sociologue, pour « qui il n’y a pas de critères universels du mariage et de son bon fonctionnement » et qui, en somme, « pense qu’il y a bien des gens qui perdent du temps à calculer n’importe quoi »... Exercice d’application : repéré par le coyote, un article de Sur la toile cite la BBC et affirme que « les artistes qui chantent en solo et qui ont du succès sont deux fois plus susceptibles de mourir de manière prématurée par rapport à ceux qui font partie d’un groupe. »

Mais les mathématiques engendrent plus souvent des progrès que des débats. RT Flash (Recherche et technologie) présente « une avancée mathématique pourrait rendre la téléportation plus efficace ». Il ne s’agit pas de portail inter-galactique mais d’« un protocole réduisant les erreurs de transmission » pour la « téléportation de l’information quantique », dont les applications en vue sont les « télécommunications quantiques à longue distance, en théorie inviolables » et, à l’horizon, « la fabrication d’un ordinateur quantique ».

JPEG - 172.1 ko
Andromède : « Et pourtant, elles tournent. »

« Qui est le petit génie qui fait la “une” du magazine Nature à 15 ans ? » demande Le Monde, tout en s’inquiétant de le voir envisager de partir à l’étranger. Lycéen en première S, grâce à ses cours de mathématiques sur les vecteurs et avec l’aide de son père astronome, il a « “observé que les galaxies naines étaient bien en rotation autour d’Andromède.” Et c’est là la découverte ! » Son père explique au Figaro : « “cela remettait en cause les théories existantes sur la matière noire et la formation des galaxies. J’espérais que nos mesures allaient permettre de démontrer qu’ils [des astronomes] avaient tort.” [...] Cette avancée est suffisamment déconcertante pour faire la Une de Nature. » Le Point offre des explications plus détaillées sur la découverte et ses conséquences, et l’adolescent a les honneurs de LCI, Planet, rfi et d’autres.

« La valeur n’attend pas le nombre des années. » Quoique. OBAMATHS a repéré « une découverte [qui] fait le buzz » dans la revue américaine Mathematics Teacher, faite par un professeur de soixante-cinq ans grâce, dit-il, à ses étudiants. Bon, la nature de cette découverte n’est pas d’une grande limpidité, et ce n’est pas le journal local Dyersville Commercial (en anglais) qui vous éclairera davantage, mais ce M. Smith semble passionné et passionnant : il ne se prend pas pour un génie, « je suis curieux et un gros travailleur », dit-il, « c’est avant tout une question de persévérance ».

PNG - 296.6 ko
Chaos

Bien sûr, ce n’est pas d’hier que les mathématiques irriguent les sciences. Libération nous invite « à la découverte de l’âge d’or des sciences arabes » à l’occasion d’une exposition à Fès : c’est que les mathématiques sont « l’une des premières disciplines qui vient à l’esprit lorsque l’on songe à l’apport des savants arabes », à travers la numération, « l’algèbre et la trigonométrie, et [...] leurs applications pour comprendre le ciel et le monde : l’optique, l’astronomie, la cartographie céleste et terrestre. »

JPEG - 397.7 ko
Thierry Lhermitte

Autre concept mathématique qui a fait florès, en plus moderne : le chaos. David Larousserie annonce avec enthousiasme dans Le Monde la sortie de Chaos, un film d’animation « gratuit, passionnant, spectaculaire » réalisé par « Aurélien Alvarez (université d’Orléans), Étienne Ghys (CNRS-ENS Lyon) et Jos Leys (ingénieur en Belgique) », tous trois biens connus des lecteurs d’Images des mathématiques et doublé par Thierry Lhermitte, qui accomplit là un rêve d’enfant : être mathématicien. Leur exploit ? Mettre de « l’ordre dans ce qui est souvent synonyme de désordre » et montrer qu’« il existe en fait une stabilité statistique dans ces systèmes. En météo, par exemple, on peut dire que la fréquence de certains événements ne varie pas ; seul l’ordre de ces événements est imprévisible. »

Cap sur la planète Terre

L’année des mathématiques de la planète Terre, c’est maintenant ! Dans Les Echos, Étienne Ghys rappelle que « le rôle du mathématicien est d’observer le monde et d’essayer de créer des outils conceptuels permettant de le comprendre (un peu) mieux » et évoque cette initiative internationale, ainsi que l’une de ses déclinaisons françaises : le blog « Un jour, une brève », qui « propose chaque jour un éclairage mathématique sur un aspect de notre bonne vieille planète ». Pour l’occasion, le quotidien La Provence est allé rendre visite au Centre International de Rencontres Mathématiques, « pas une secte qui fonctionne à huit clos, même si les chercheurs y dorment, mangent et travaillent » : son directeur Patrick Foulon tient à ce qu’il « s’ouvre à tous ceux que les mathématiques intéressent », ce qui sera le cas cette année « au travers de dizaines de conférences et rencontres, et notamment l’opération ’Mathématiques de la Planète Terre’ », pour « montrer ce que [cette] discipline apporte au quotidien et changer son image ».

Appel aux bonnes volontés : on ne vous propose rien de moins que de venir au secours de la station spatiale internationale. La NASA lance en effet un concours à 30000 dollars visant à optimiser l’orientation de ses panneaux solaires. Comme expliqué dans Libération et sur Europe 1 (qui au passage divise la récompense par 3), les panneaux solaires « génèrent de l’ombre en trop grande quantité : lorsque les rayons du soleil tapent sur une zone précédemment ombragée, la différence de température peut tordre ou même faire éclater certaines pièces. Le défi est donc de réduire au maximum cette zone d’ombre. »

JPEG - 148.7 ko
Allez viens, arrête de bouder !

Un modèle mathématique se penche sur la question du sauvetage des rhinocéros par l’élevage et la légalisation du commerce de corne. L’idée est d’essayer de savoir si un tel élevage peut rendre non rentable le braconnage et ainsi sauver cette espèce menacée. Selon 30 millions d’amis, les mathématiciens participant au
« séminaire MISGSA (Groupe d’études en mathématiques pour l’industrie), organisé chaque année par l’université WITS de Johannesburg […]
devront répondre à une question simple : l’élevage intensif de rhinos dans des fermes et l’ouverture officielle d’un marché de la corne permettraient-ils : 1/ de faire chuter les prix suffisamment pour décourager le braconnage, 2/ de générer assez d’argent pour protéger et gérer les rhinos en liberté dans les parcs nationaux ? » Ces enjeux sont discutés par Catherine Vincent dans
Le Monde et Emmanuel Perrin dans Maxisciences.

JPEG - 70 ko
La baleinothérapie

D’autres spécialistes cherchent à comprendre pourquoi les gros animaux ont moins de cancers que les petits, et que les humains en particulier. Un modèle a été développé à l’Institut de recherche pour le développement pour comprendre ce paradoxe : avec plus de cellules au total, ils développent pourtant moins de cancers. En effet, « si la maladie touche un être humain sur trois, elle n’affecte par exemple que 18 % des bélugas (une baleine blanche de 6 m de long), des animaux bien plus imposants que nous. Cet excédent de masse est nécessairement dû à un nombre de cellules bien plus important. Or, si l’on considère que chaque cellule a la même probabilité de devenir tumorale, ces cétacés devraient pâtir du cancer bien plus que nous. » Les idées sous-jacentes sont expliquées dans Futura Sciences.

En voiture ! Récipiendaire d’une confortable bourse allouée par le Conseil Européen de la Recherche (ERC), la mathématicienne Paola Goatin explique dans Nice Matin ses travaux sur le trafic routier et piétonnier. Son approche est liée à la « théorie des flux » (rappelez vous, le comptage des manifestants !) : « au lieu d’observer la manière dont chaque voiture ou chaque individu se déplace, on décrit les concentrations de densité et leur évolution ». Selon le quotidien, elle espère ainsi aider « à mieux gérer le trafic routier des grandes métropoles », et en matière de piétons, « diminuer le temps d’évacuation d’un bâtiment, éviter des accidents dus à la panique, voire même configurer autrement les espaces appelés à recevoir beaucoup de monde ».
Dans un tout autre style, l’artiste Bernar Venet s’intéresse aussi aux équations et aux voitures. Enfin, pas n’importe quelle voiture. La prestigieuse marque Bugatti l’a récemment sollicité pour peindre un modèle de Veyron Grand Sport. C’est dans Paris Match : après avoir hésité, il a finalement « proposé à Bugatti de peindre la Veyron en représentant des équations mathématiques en rapport avec ses caractéristiques » et dont « émane toujours une incroyable esthétique ». Le résultat est étonnant : un cas unique de tuning mathématique !

Des femmes et des hommes

JPEG - 13 ko
Marie-Hélène Schwartz

Deux mathématiciennes. La première, Michèle Audin, rend hommage à la seconde, Marie-Hélène Schwartz, décédée le 5 janvier 2013. On peut la lire dans Libération : « On dira qu’elle était “l’épouse du grand mathématicien Laurent Schwartz”. On oubliera de dire qu’elle était mathématicienne et qu’elle a travaillé sur des problèmes vraiment difficiles. Elle a vécu presque cent ans et une trop longue vieillesse. » Commencée le 12 janvier, « La Semaine de… Michèle Audin » nous fait découvrir le quotidien d’une mathématicienne, mais pas seulement. Le samedi, Claude Sabbah et elle écrivent un court article sur les travaux de Marie-Hélène Schwartz. Le dimanche 13, jour de « manif moyenâgeuse », elle glisse ce message : « Arithmétique : deux femmes, c’est mieux qu’une mère seule, deux hommes, c’est mieux qu’un père trop occupé, absent, ou inexistant. » Le lundi 14, elle fête avec son éditeur la sortie de son dernier livre, Une vie brève, chez Gallimard (collection l’Arbalète). Lui se demande s’il « n’a pas raté une contrainte dure que [elle] aurai[t] utilisée pour l’écrire » (Michèle Audin est membre de l’Oulipo). Depuis, l’ouvrage a fait l’objet d’une critique élogieuse dans l’émission La Grande Table de Caroline Broué sur France Culture, et de plusieurs articles. Dans Le Nouvel Observateur par exemple, on pourra lire qu’elle y fait « réapparaître » son père, Maurice Audin, « mathématicien et martyr », « dans la plénitude de sa jeunesse et de son génie » : « il avait 25 ans quand il fut torturé et assassiné par les paras de Massu. » « Dates, salaires, dépenses, et même son numéro de Sécurité sociale : Michèle Audin ne laisse rien de côté — sauf la nostalgie, qu’elle exècre. C’est la plus implacable et la moins réfutable réponse qu’une fille pouvait donner aux criminels qui ont tout fait pour que son père n’ait pas existé. En couverture, Maurice a 7 ans, et on croirait qu’il sourit à celle qui, enfin, lui redonne vie. » Sur l’affaire Audin, on pourra lire ou relire deux billets d’une autre mathématicienne, Christine Huyghe.

Les média ne semblent plus vouloir lâcher le mathématicien, et écrivain lui aussi, Cédric Villani, depuis sa médaille Fields en 2010. Après la matinale de France Inter en décembre, c’est à un grand entretien qu’il s’est prêté en janvier sur les mêmes ondes. Les auditeurs ont particulièrement apprécié son choix musical, une chanson longtemps interdite : Les mutins de 1917, chantée par Jacques Debronckart. À Bordeaux, c’est l’auteur de Théorème vivant qui est allé à la rencontre de ses lecteurs. Voici ce qu’on peut lire dans Sud Ouest : « Son livre est truffé de termes incompréhensibles au commun des mortels ? Henri Poincaré procédait de même. Qu’importe, “je ne veux pas que les gens cherchent à comprendre” mais “cela transmet du sens”, c’est un document sociologique qui éclaire le lecteur sur la façon dont le mathématicien travaille. »

JPEG - 60.6 ko
Damien Gayet

Henri Poincaré ? Dans le cadre de l’Agora des savoirs à Montpellier, Damien Gayet, mathématicien, maître de conférences à l’Université Lyon 1 et auteur sur ce site, a donné une conférence intitulée « Je doute donc je construis ». Il s’agissait de dresser le portrait du savant Henri Poincaré, « mathématicien foisonnant, physicien polymorphe, philosophe audacieux ». Dans une longue interview du conférencier dans Direct Matin, ce dernier parle du caractère relatif de la science chez Poincaré. « Si vous pensez “description directe des objets” quand vous dites “objectivité”, alors non effectivement il n’y a pas d’objectivité en science selon Poincaré. Mais si vous pensez “universalité”, “expériences reproductibles”, “résultats quantitatifs”, alors il n’y a pas plus objective que la physique, puisqu’on peut prédire et décrire de façon incroyablement précise les rapports entre des choses, même si on en ignore au fond la nature réelle. Cette précision, ce caractère prédictif et universel de la physique reste une bonne raison de penser qu’elle possède une forme de vérité. »

Pour revenir à Cédric Villani, il s’inquiète dans Le Monde de la formation des enseignants. « Les enseignants sont peut-être le maillon le plus important de la société. Ils éduquent les scientifiques et les écrivains, les politiques et les artisans, les chefs d’entreprise et les employés ; en un mot, tous les citoyens. N’espérez pas avoir de bons scientifiques sans bons enseignants : tous les chercheurs peuvent évoquer tel ou tel professeur qui a su éveiller leur vocation. Mais pour que les enseignants puissent remplir leur rôle, il est indispensable de leur offrir une formation de qualité... et ce n’est pas facile ! » La suite va en témoigner.

Apprenons

« Urgent, cherche prof de maths désespérément ! » Cette petite annonce déposée sur un site spécialisé par un parent d’élève désespéré de voir son fils privé de mathématiques a été relayée par Le Parisien
et par Direct Matin. La pénurie d’enseignants est également évoquée par Dany-Jack Mercier dans Agoravox, qui prévoit que « le prix du professeur de mathématiques va monter » et lance cet appel : « Jeunes lycéens ! Faites des maths malgré tout ! Tenez le coup [...] : les places vont pleuvoir comme des hallebardes dans le public et le privé dans les années à venir ! Il faudra juste apprendre à se monnayer. » Une idée : et si l’on rappelait Miss France 1963 ? La belle Muguette était en fait prof de
maths, nous rappelle Paris Match.

JPEG - 381.6 ko
Ouagadougou : pourquoi les mathématiques ?

Une fois l’enseignant trouvé, les élèves pourront apprendre. Vous lirez sur le blog du coyote qu’« apprendre et réussir en mathématiques ne dépend pas de l’intelligence mais du travail et de la discipline ». Ceci va dans le sens de M. Smith, et a été démontré par un chercheur japonais en psychologie. Mettant à mal l’idée reçue de la « bosse des maths », son étude montre que sur le long terme, la motivation et la confiance en soi prévalent. Autre élément important : « Enseignants et parents pourraient, par exemple, davantage expliquer et faire ressentir aux élèves en quoi les mathématiques jouent un rôle important dans leur quotidien ». À ce sujet, le journal camerounais La Nouvelle Expression donne des pistes pour répondre à la sempiternelle question : « À quoi servent les maths ? »
Le 2ème Forum des Mathématiques d’Aix-en-Provence, objet d’un reportage de France 3, s’est également efforcé d’apporter des réponses et susciter des vocations.

JPEG - 19.9 ko
Richard Borcherds, le plus africain des médaillés Fields

L’« association de mathématiciens et chercheurs libres d’Afrique » OBAMATHS, basée en Guinée-Conakry, analyse sur son blog la situation des mathématiques africaines, et déplore l’absence de
médaillés Fields. Il y a bien Richards Borcherds, lauréat en 1998 pour « un travail reliant la théorie des groupes finis à d’autres secteurs des mathématiques ». Malheureusement, « il n’a d’africain que le fait d’être né en Afrique du Sud » puisqu’à l’âge de six mois, il a émigré en Grande-Bretagne, où il a fait toutes ses études. Le même blog signale une initiative en Gambie : « les olympiades inter-gambiennes » qui serviront de qualification pour les « Olympiades panafricaines des mathématiques » qui auront lieu cette année à Abuja (Nigeria). Au Nigeria, justement, relate OBAMATHS, « le gouverneur intérimaire de l’État d’Enugu invite les dirigeants à soutenir l’enseignement des mathématiques à tous les niveaux ».

Enfin, Presse-Citron se fait l’écho d’une innovation intéressante : un moteur de recherche spécifiquement dédié aux équations
mathématiques : « Symbolab permet d’effectuer ses recherches en utilisant des symboles, des chiffres et même du texte (!). L’objectif avoué est ici de démocratiser l’accès au contenu scientifique. »

Parutions

JPEG - 73.2 ko
Fabrique de briques

Comment vibrent les espaces abstraits issus de l’arithmétique ?
L’actualité mathématique de février du mensuel La Recherche est consacrée à l’interview de Nicolas Bergeron qui, avec Laurent Clozel, a démontré fin 2012 une conjecture vieille de vingt ans sur les « fréquences propres de l’opérateur de Laplace », énoncée par Burger, Li et Sarnak
Comme d’habitude l’article est accompagné d’un encart explicatif et d’une chronologie qui commence avec Henri Poincaré. Pour aboutir dans leur entreprise, Nicolas Bergeron et Laurent Clozel se sont appuyés sur les travaux de James Arthur et Ngô Bao Châu.

Le problème de la fabrique de briques.
La rubrique mensuelle Logique et calcul de Pour la Science s’intéresse au difficile problème du nombre de croisements dans un graphe.
Le mathématicien hongrois Pál Turán avait expliqué comment, alors qu’il poussait des wagonnets chargés de briques, lui était venu à l’esprit le problème du minimum de croisements. « L’énigme du croisement des arcs d’un graphe montre que des thèmes que tout le monde peut comprendre concentrent parfois en eux toutes les difficultés possibles ».

L’éternité dans une heure, la poésie des nombres. Daniel Tammet vient de publier son troisième roman qui est une initiation à la poésie des nombres. France Inter lui consacre une émission, « La poésie des nombres », dans la « Tête au carré ». Il danse avec les nombres nous dit Le Journal du Dimanche, un livre qui nous fait aimer les mathématiques, poursuit CapCampus.
Daniel Tammet, diagnostiqué autiste Asperger à l’âge de 25 ans, a développé des rapports particuliers avec les nombres. Il s’était rendu célèbre en récitant 22 514 décimales de Pi. On lui doit déjà un best-seller autobiographique, « Je suis né un jour bleu », dans lequel il expliquait notamment ne pas effectuer mentalement les calculs, mais voir les solutions lui apparaître sous forme de paysages.

Pour finir

JPEG - 40.6 ko
Anamorphose mon œil !

Pour le plaisir des yeux, une exposition de fractales en origami et du spectacle urbain.
De la magie aussi, et puis des illusions fascinantes à découvrir. Didier Müller, alias le coyote, a en effet déniché pour vous deux vidéos. La première montre d’originales anamorphoses : un Rubik’s cube, un rouleau de Scotch et une Converse (oups, tant pis pour les marques), ça change un peu de la tête de mort. Et le chat ? Non, pas le chat ! La seconde vidéo, même si elle date un peu, vous dévoile tout sur la chute d’eau d’Escher.

Affiliation de l'auteur

Soyez le premier à déposer un commentaire

Pour citer cet article : L’équipe Actualités, « Revue de presse janvier 2013 »Images des Mathématiques, CNRS, 2013.

En ligne, URL : http://images.math.cnrs.fr/Revue-de-presse-janvier-2013.html

Si vous avez aimé cet article, voici quelques suggestions automatiques qui pourraient vous intéresser :