Revue de presse janvier 2015

1er janvier 2015  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

La réforme de l’enseignement des mathématiques annoncée par Mme Vallaud-Belkacem sera-t-elle une réponse efficace à la crise que celui-ci traverse ? Nous vous en dressons le panorama, ainsi que des nombreuses initiatives déjà à l’œuvre.

Réforme de l’enseignement des mathématiques à l’école et au collège

Dans un long entretien au quotidien 20 minutes, la ministre de l’Éducation détaille la réforme qui a pour but de « donner le goût des maths aux élèves ». Car « 45% des élèves ont des compétences fragiles en maths à la fin du collège » et, comme le rappelle le quotidien, « la France se situe au 25e rang du classement de l’OCDE réalisé sur 65 pays concernant les acquis de ses élèves en maths ». Selon Francetv info reprenant un reportage de France 2, « 40 000 élèves seraient (…) touchés par l’innumérisme » chaque année.
C’est paradoxal pour l’Express puisque dans le même temps « l’université française forme certains des meilleurs mathématiciens au monde, comme en attestent les 13 médailles Fields décrochées par des mathématiciens français »

La stratégie de redressement de Mme Vallaud-Belkacem s’appuiera sur trois axes : de nouveaux programmes à l’école et au collège, une meilleure formation des enseignants et un travail sur l’image de la discipline. Parmi les nouveautés, l’introduction de l’algorithmique pour « mieux former les élèves au raisonnement déductif », le renforcement du calcul mental et l’étude de problèmes « davantage ancrés dans le réel ». Les propos de la ministre sont très largement relayés dans la presse. Le Monde souligne sa volonté de lutter contre les stéréotypes sexués et l’autocensure chez les filles, sous-représentées dans les études et les carrières scientifiques. Le Figaro cite « la dimension ludique » des mathématiques et le numérique, qui « seront développés » pour « motiver davantage les élèves et encourager leur autonomie ». L’importance des enseignants n’est pas oubliée : la ministre s’engage à maintenir à un niveau élevé le nombre de postes ouverts aux concours. Toutefois le Figaro relève dans un autre article que « seuls 82% des postes ont été pourvus en 2013 au CAPES de mathématiques ». Les Échos s’interrogent sur l’efficacité d’un des remèdes envisagés pour lutter contre cette désaffection : créer une option « informatique » au CAPES de maths. La situation reste préoccupante, comme le montre ce nouvel exemple du « non-remplacement d’un professeur de mathématiques » dans Sud-Ouest ou cette solution draconienne au Sénégal : selon Dakaractu, par « manque de professeurs en Philosophie comme en Mathématiques, l’État du Sénégal a décidé d’observer une pause dans la construction des lycées ».

La formation des enseignants est aussi concernée par le plan de la ministre qui déclare, reprise par les Échos, qu’un « effort particulier sera fait sur la formation des formateurs en mathématiques ». Car comme le souligne le journal, « les professeurs des écoles sont bien souvent issus de formations littéraires ou en sciences humaines ».

Cédric Villani a joué un rôle dans cette réforme ministérielle. Il en témoigne dans La Dépêche et il promeut la réforme à la télévision, cf. le Grand Journal sur Canal+ ou « la Voix est libre » sur France 3 Rhône-Alpes, pointé par un article des Échos titré « les Français boss des maths ».

On trouvera aussi sur le site de France Inter un reportage sur la réforme, un lien vers les résultats de l’enquête PISA 2012 et une phrase mise en exergue de Mme Vallaud-Belkacem : « plus de jeu, de calcul mental et des programmes en phase avec leur temps »

Sur Europe 1, Mme Vallaud-Belkacem demande aux profs de varier les supports pédagogiques et les exercices. Les initiatives sont pourtant déjà nombreuses. Dans le Vaucluse, selon France Bleu, les « maths 3.0 » existent déjà. Le Monde mentionne le travail en groupe dans une classe du « collège Eugénie-Cotton d’Argenteuil (Val-d’Oise) », où tableau et stylo interactifs sont de mise. Approche similaire au lycée Jean-Baptiste Say, dans l’Ouest parisien, selon La Croix.
Le camion France 3 en excès de vitesse ? C’est la question posée à des élèves du collège Jean Rostand à Orléans qui disposent d’une petite vidéo de 30 secondes pour résoudre ce mystère, explique Francetv Info. Étant lié « à des situations concrètes [le problème] passionne ». On peut aussi apprendre les maths en s’amusant, c’est important !
À Orléans, La Nouvelle République explique que « la Maison pour la science Centre Val de Loire » fait opérer la magie des maths en décryptant des tours aux élèves.
Ou selon TF1, « l’une des solutions miracles pourrait bien être l’apprentissage du bridge [qui] permettrait de redonner goût aux mathématiques ».
Les élèves de 4è du collège Charles Baudelaire de Clermont-Ferrand ont participé à « un atelier origami-mathématiques » décrit le site d’actualité La Montagne.
Dans Midi Libre, il s’agit de « faire découvrir les sciences à travers des activités concrètes », comme les élèves du collège Romain-Rolland à Avignon qui ont du « résoudre un crime ».
La Croix enfin, a recueilli les propos d’« Anne Siety, psychologue clinicienne et psychopédagogue » qui offre quelques conseils pour les « parents qui souhaitent aider leur enfant dans cette matière ».

« Bernard Egger, président de l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) », s’est exprimé à la fois dans une émission RTL aux côtés du « directeur général d’Acadomia » Philippe Coléon et dans un entretien à La Croix. Même si « l’étude Pisa est une moyenne [qui] cache des disparités importantes », le plus inquiétant reste « l’accentuation de la baisse du niveau chez les élèves les plus faibles ». Bernard Egger rappelle que « l’existence même d’Acadomia prouve les limites du système ».

« La parité se fait attendre » titrait un article de La Recherche le 1er décembre. Pour le Figaro, « les filières scientifiques attirent toujours plus d’élèves et d’étudiants ». Cependant, ces élèves seraient souvent issus « de catégories sociales favorisées » et surtout « majoritairement de sexe masculin ». Le Monde évoque une étude sur la notation, menée par deux chercheurs de l’École d’économie de Paris, Thomas Breda et Son Thierry Ly : « les filles [seraient] avantagées dans les disciplines traditionnellement dominées par les hommes, comme les mathématiques, et au contraire « les garçons [le seraient] dans les disciplines plus féminisées, comme les langues ou la littérature ». Consciemment ou pas, mais sans concertation, les examinateurs [des oraux] tenteraient (…) de corriger les inégalités en aidant le sexe qu’ils imaginent « minoritaire » dans leur discipline ».
L’encre noire et Star Africa rapportent les propos de la présidente de la Commission de l’Union africaine, Dr. Nkosazana Dlamini Zuma à l’occasion d’un somment de la francophonie : « le développement de l’Afrique ne pourra se faire au rythme et avec l’envergure nécessaires sans que les filles, les jeunes et les femmes ne deviennent plus autonomes, notamment dans les domaines STIM [science, technologie, ingénierie et mathématiques] ». Enfin, une journée « Filles et mathématiques : une équation lumineuse ! » organisée à l’École normale supérieure de Rennes le 11 décembre est évoquée par Ouest France.

Figures d’hier et d’aujourd’hui

Reprenant le refrain de Jean-Claude Ameisen, tenons-nous sur les épaules de géants et grâce à ces illustres anciens essayons de voir plus loin, de voir plus de choses qu’eux.

Se tenir sur les épaules d’Euler et écouter le récit de sa vie mis en ondes sur France Culture. Il s’agit d’une reprise d’une émission de l’ORTF réalisée en 1961 dans laquelle Euler et les personnes de son entourage sont incarnés par des acteurs de l’époque. Ils racontent les péripéties du savant suisse de Bâle à Saint-Petersburg en passant par Berlin et ses découvertes tout au long de ses 76 années de vie.

Se tenir sur les épaules d’Alexander Grothendieck que nous évoquions déjà le mois dernier. Dans le journal du CNRS, on trouve ce billet de Luc Illusie. La notice nécrologique (en anglais) écrite par David Mumford et John Tate aurait dû paraître dans Nature, mais elle a été considérée comme trop technique par les éditeurs de la revue... Se tenir sur les épaules d’Alexandre Grothedieck, donc, et écouter une conférence intitulée « Une vie digne d’être vécue » donnée au CERN en 1972. Au cours de deux heures trente d’échanges avec le public, Grothendieck critique la pratique de la recherche scientifique et le productivisme. Il parle peu de recherche mathématique, mais, sur certains points, sa parole reste encore d’actualité. Et pour les gens qui ne l’ont pas connu, entendre sa voix est très émouvant.

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Le théorème de Grothendieck–Riemann–Roch

Se tenir sur les épaules d’Henri Poincaré, en compagnie de Cédric Villani et écouter une conférence de ce dernier de 2012 mise en ligne par France Culture en décembre 2014. Lors d’un entretien paru le 15 décembre dans le Parisien, Villani évoque le musée des mathématiques qui devrait ouvrir en 2018 en face de l’Institut Henri Poincaré, à Paris. Ce mois-ci, sa trajectoire médiatique passe par les Échos, LCI et même Dublin, comme le relève le Ministère des Affaires Étrangères dans sa veille technologique.

Se tenir sur les épaules de Brahmagupta et regarder cet épisode des Petits contes mathématiques, publié par Le Monde Sciences, où l’on évoque l’invention du zéro par ce mathématicien indien du VIIème siècle. C’est aussi en Inde que les nationalistes à la tête de l’État du Gujurat tentent de remettre au programme les mathématiques védiques, « supposées plus indiennes que les autres », comme le regrette le Professeur C.K. Raju dans The Hindu, traduit par Courrier International

Se tenir sur les épaules de William Thurston pour comprendre ce qu’ont en commun ses travaux et le ballon de la dernière coupe du monde de football ! C’est le pari d’Étienne Ghys que l’on peut retrouver dans une conférence d’avril 2014 donnée à l’École Normale Supérieure et mise en ligne par France Culture.

Se tenir sur les épaules des géants dans la galerie de portraits de la très belle exposition Mathissime originaire de Bordeaux et en voyage dans toute la France. On aura une idée des tables à craies et écrans tactiles, des citations de mathématiciens et de la vingtaine de manipulations présentes dans cette exposition en regardant la visite guidée.

Pour préparer l’éclosion de nouveaux talents et de futurs géants, pourquoi ne pas inciter nos collégiens à participer au Concours Archimède qui se déroulera le 6 février 2015 ? Les vainqueurs du concours comme Ina et Lucas du collège Romain Rolland recevront des calculatrices CASIO et pour les plus chanceux partiront avec l’UCPA. Pourquoi ne pas conditionner la dégustation d’un chocolat tous les jours en attendant Noël par la résolution de la petite énigme mathématique proposée depuis trois ans par le calendrier de l’Avent du Labo des savoirs de Nantes ? Pourquoi ne pas essayer de casser le code de la quatrième partie de Kryptos, l’œuvre de Jim Sanborn ? Un indice : il y a le mot Berlin ! Enfin, pour les lecteurs nord-américains, allez voir l’exposition sur Maurits Cornelis Escher au musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa.

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Un pavage du plan hyperbolique

Applications des mathématiques

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Différence de buts cumulée du club de Tottenham entre 1992 et 2009

Commençons par le sport et regardons un grand dossier dans L’Équipe qui traite de l’utilisation grandissante des données statistiques dans le sport en général, et dans le football en particulier. Il s’agit d’une approche qui est déjà très ancrée culturellement aux États-Unis, et qui pénètre lentement le milieu du football. Il faut dire que la part du hasard y est beaucoup plus grande qu’au basket-ball ou au base-ball. Cependant, d’après un consultant auprès des clubs britanniques Chris Anderson, issu du milieu universitaire, « si les statistiques permettent d’améliorer ne serait-ce que 5 % des performances d’une équipe, c’est un bond en avant considérable dans l’univers ultra concurrentiel du sport de haut niveau »

Dans Le Monde, Étienne Ghys se penche sur l’étude des tourbillons, entre résultats abstraits et simulations, lors d’un voyage historique qui nous amène d’Euler et Frédéric le Grand jusqu’aux imprimantes 3D permettant de réaliser des tourbillons dans l’eau.

Signalons une brève sur le site Corse Net Infos au sujet d’une conférence grand public sur le cancer à Calvi, où les deux invités étaient un médecin et un mathématicien, travaillant en collaboration sur « les modélisations mathématiques en jeu dans l’étude de l’évolution de tumeurs cancéreuses et les traitements de chimiothérapie ». L’occasion d’insister qu’au-delà des retombées cliniques immédiates, les interactions entre les mathématiques et la médecine ont aussi une portée pédagogique : « [les] enfants qui ont là l’occasion de voir que les maths qu’ils étudient à l’école ont un intérêt ».

Passons maintenant à la politique. Sur Agoravox, le blogueur Sylvain Rakotoarison fait une analyse des élections récentes des dirigeants des principaux partis politiques français : il s’intéresse tout particulièrement aux chiffres de participation, si souvent négligés dans les analyses pour les élections internes aux partis.

Un algorithme simple d’utilisation pour choisir le travail idéal, élaboré par Brett Nelson, directeur du magasine économique Forbes, est donné sur Blog Emploi. Celui-ci inclut plusieurs critères, allant du plus facile à quantifier, comme le salaire, au plus subjectif comme « les interactions dans et hors l’entreprise », et consiste simplement à calculer une moyenne pondérée.

Restons dans le monde du travail et regardons du côté de la revue des anciens étudiants de l’Ecole Polytechnique, La Jaune et la Rouge. Dans celle-ci, un entretien avec Jean-Pierre Bourguignon, ancien polytechnicien et ex-directeur de l’Institut des Hautes Études Scientifiques. L’occasion de parler des interactions - qui ne sont pas toujours faciles - entre le monde de l’entreprise et le monde mathématique. il s’exprime à propos de la crise financière : d’après lui « la coexistence d’une sophistication théorique fondée sur du calcul stochastique et une pénurie de données partagées ont certainement nourri la crise ». Sur un ton plus optimiste, il pointe les nouveaux besoins des entreprises : il donne notamment l’exemple du GPS, où « il y a des corrections de relativité générale ».

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4ème Forum Emploi Maths

Sur le même sujet, Les Échos se penche sur le cas des PME intéressées par les mathématiciens, à l’occasion du Forum Emploi Maths qui s’est tenu le 2 décembre 2014 à Paris. Pour ces entreprises, il s’agit d’avoir l’occasion de « recruter ciblé », « le tout pour un investissement modeste (300 euros le stand de 10m2) ».

Paris Match s’entretient avec le mathématicien français David Bessis qui a fondé la start-up Tinyclues afin de fournir aux entreprises des outils pour prédire le comportement statistique des clients en agglomérant les données les plus diverses, allant du prénom au genre de téléphone utilisé. D’après lui, « nos clients arrivent à générer au moins 30% de revenus supplémentaires en utilisant nos outils ».

Selon Libération enfin, Facebook vient de recruter le très expérimenté mathématicien russe Vladimir Vapnik, « père de la théorie de l’apprentissage scientifique ».

Parutions

C’était écrit, le numéro 14 de Mathématiquement vôtre devait sortir de la hotte du père Noël le 25 décembre. Ce magazine mathématique du lycée français de Chicago, né en septembre 2010, représente une aventure aussi originale qu’enthousiasmante. Nous avons donc découvert le « calendrier de l’après 2014 » qui nous promet rien de moins qu’un article par jour à partir du 25 décembre ! Le premier article, « L’énigme des potions dans Harry Potter » est signé Michael Launay, un jeune vulgarisateur à qui l’on doit, par exemple, le Micmaths, des séries de vidéos ludiques ou « L’affaire Olympia », un roman pour les jeunes (et les moins jeunes). Un très bon début qui enchaine avec un article sur le livre de Cédric Villani, Théorème vivant, un autre sur l’ouvrage de Denis Guedj, le théorème du perroquet et nous promet bien d’autres friandises … A suivre !

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Melancholia (Albrecht Dürer)

Si 20 est le « nombre de Dieu » au Rubik’s Cube, au sudoku c’est 17. On le sait depuis peu, la donnée de 16 chiffres dans une grille de sudoku est insuffisante pour que la solution de cette grille soit unique. Annoncé en première de couverture du numéro de janvier de « Pour la Science » sous le titre « Le théorème du sudoku » l’article de Jean-Paul Delahaye nous éclaire sur la genèse et les difficultés du problème. « Pour le prouver, il a fallu énumérer toutes les grilles, en usant d’astuces afin de raccourcir les calculs ». L’auteur nous rappelle, en passant, que « le recours à l’ordinateur pour démontrer des résultats mathématiques est de plus en plus fréquent » et cite le théorème des quatre couleurs et le théorème Thomas Hales relatif à la conjecture de Kepler sur l’empilement des sphères. Dans le cas du théorème du sudoku, « l’ordinateur n’intervient qu’associé à des résultats purement mathématiques démontrés à la main et qui posent les bases des algorithmes confiés à la machine ».

La Recherche consacre traditionnellement son numéro de janvier aux 10 découvertes les plus importantes de l’année. On y apprend aussi qu’il existerait chez les humains une intuition universelle des probabilités. On savait qu’il existe une intuition géométrique et arithmétique qui n’est pas l’apanage seulement de l’homme. En écho à un article récent des PNAS (signalé également dans « Nature »), le mensuel nous signale qu’une « équipe italo-française de psychologues vient de montrer que des adultes sans éducation formelle, n’ayant appris ni à compter ni à lire, étaient capables d’évaluer des probabilités ». L’étude a porté sur « deux groupes ethniques vivant dans des villages reculés du Guatemala ».

Enfin, dans les parutions de novembre nous avions parlé du calendrier mathématique 2015 (qui sera, comme celui de 2014, repris chaque semaine sur notre site). Aucun doute que vous pouvez être également séduits par les très belles images d’un autre calendrier, Complex Beauties. A moins que vous n’ayez été tenté par un calendrier « dodécaédrique » comme celui proposé par Frédéric Mazoit ou Ole Arntzen (avec un choix de plus de 60 langues !) ?

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse janvier 2015» — Images des Mathématiques, CNRS, 2015

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