Revue de presse juillet 2012

Le 1er août 2012  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Surprise ! De tournoi estival (ci-contre à Mar del Plata) en découverte attendue, laissez-vous flotter au gré des hommages vibrants, des frondes de mathématiciens et des capacités remarquables de différences espèces animales en matière de calcul ou de stratégie.

Boson, vous avez dit boson ?

Le 4 juillet dernier, l’annonce dans une conférence de presse du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) de la découverte probable du boson de Higgs a constitué un événement de grande ampleur, que la presse a largement commenté. Faute de pouvoir recenser les articles très nombreux parus sur le sujet, en voici juste une petite sélection.

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Bison de Higgs
une image exclusive

Le communiqué officiel du CERN précise que « les expériences ATLAS et CMS ont présenté leurs derniers résultats préliminaires concernant la recherche du boson de Higgs » en déclarant : « Nous observons dans nos données des indices clairs d’une nouvelle particule, au niveau de 5 sigmas [1], dans la gamme de masses autour de 126 GeV », soit environ « 133 fois plus qu’un proton, constituant élémentaire des noyaux atomiques » nous précise
Le Monde. Ce même article rappelle l’historique de cette découverte, remontant à des travaux parus indépendamment en 1964, le premier par les Belges François Englert et Robert Brout (en août) et le second par l’écossais Peter Higgs (en septembre). Dans le cadre de ce que l’on appelle le modèle standard de la physique des particules et par des arguments mathématiques (« brisures de symétrie »), ils avaient prédit l’existence d’une particule spéciale, que l’histoire a retenue sous le nom de boson de Higgs.
Le journal Libération rapporte les propos du physicien Steven Weinberg, prix Nobel de physique 1979, qui déclare être en partie responsable de ce nom : « elle est due à une erreur dans ma lecture des dates de ces trois premiers papiers : j’ai cru que le plus ancien était celui de Peter Higgs ». Ce dernier, aujourd’hui âgé de 83 ans et présent à la conférence de presse, aurait déclaré : « c’est très agréable d’avoir parfois raison », selon une dépêche de l’Agence France Presse.

Le boson de Higgs étant attendu depuis longtemps [2], il suscite l’enthousiasme général. Le Figaro reprend « la métaphore du cocktail pour expliquer en quoi ces bosons seraient à l’origine de la notion de masse » : « une particule très pesante serait l’équivalent d’une rock star arrivant dans une soirée » et les fans s’agglutinant autour seraient les bosons de Higgs. Le site slate.fr fait même un recueil de toutes les analogies utilisées pour décrire le boson (ou champ) de Higgs : cela va des plus gluantes (style mélasse) aux plus poétiques, comme celle qui le présente comme « tout aussi invisible et indétectable que l’air pour un enfant, ou que l’eau pour un poisson ».

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Comme un petit poisson dans l’eau

Mais sa découverte est juste un commencement : « la moindre anomalie, la moindre différence avec le boson standard, celui qui a été défini par la théorie, au lieu d’être un problème, serait même très excitante », selon
Guido Tonelli, l’ancien porte-parole du détecteur de particules CMS [3] interrogé par Le Monde.
Sur le blog Sciences², on trouve un long entretien avec Michel Spiro, président du conseil du CERN, où l’on parle aussi de l’avenir du LHC [4], et notamment de l’espoir d’y voir apparaître des « particules supersymétriques ».

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Télémark

La presse scientifique n’est évidemment pas en reste sur le boson de Higgs. Dans Pour la Science, on trouve un historique de la découverte des particules nouvelles dans les accélérateurs. Et l’histoire n’est pas finie, car « la supersymétrie ne prévoit pas un seul boson de Higgs, mais au moins cinq ». La Recherche nous informe qu’il reste à « confirmer qu’il s’agit bien du boson de Higgs, tel qu’il est prévu dans le cadre du Modèle standard », tandis que Sciences et Avenir nous offre une description détaillée de la journée historique du 4 juillet. Pourtant, avant cette date le boson de Higgs était loin de faire l’unanimité : le site reviewer.fr nous apprend que le célèbre physicien Stephen Hawking « reconnaît que la découverte du Boson de Higgs est une très grosse surprise. D’ailleurs, il avait parié cent dollars que ça n’arriverait pas ! »

Le boson de Higgs a même fait le buzz à la télévision et à la radio avec, par exemple, un court entretien avec Michel Spiro sur France Info, sur France Inter les explications de Sophie Bécherel et une allusion à « la chasse au bison de Higgs », et dans les Matins de France Culture une longue émission avec Étienne Klein, nous proposant une autre métaphore : les particules sont comme des skis plus ou moins bien fartés glissant sur de la poudreuse, alias le champ de Higgs.

Géants

Nombreux aussi sont les hommages au « dernier grand savant universel » ce mois-ci dans les journaux à l’occasion du centenaire de sa mort : Henri Poincaré, mathématicien, physicien et philosophe, mourut le 17 juillet 1912. Le Figaro nous rappelle que sa « disparition faisait ainsi la Une du journal dans son édition du 18 juillet 1912 » qui parlait de « perte la plus sensible qu’eût à subir la science contemporaine » et rendait « un long hommage à ce personnage hors du commun qui “dans l’ordre de la pensée mathématique et philosophique”, “savait ce que les autres savent” mais aussi “ce qu’il était le seul à savoir.” »
En 2012, ce même journal a choisi de raconter, par la voix de Jean-Marc Ginoux et Christian Gerini, maîtres de conférence à l’université du Sud Toulon-Var, un aspect méconnu du personnage : Henri Poincaré, l’ingénieur des mines. « Traumatisé par un coup de grisou en 1879 », il reste longtemps préoccupé par les conditions de travail des mineurs, écrivant même des mises en garde contre les coups de grisou à destination des enfants de mineurs.

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Coup de grisou
tableau de Jean-Luc Renault

Pour le magazine Futura Sciences, « Henri Poincaré fait partie des plus grands mathématiciens de tous les temps. » Il nous décrit ainsi le grand savant : « Fondateur de la topologie algébrique, ayant révolutionné la mécanique céleste et devancé la théorie du chaos, il était déjà en possession des résultats essentiels de la théorie de la relativité lorsque Einstein puis Minkowski ont publié leurs travaux. »

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Henri Poincaré et Marie Curie en 1911

« C’est un géant, » nous dit Cédric Villani. Il nous raconte tous les vendredis de l’été sur France Info

« qui était Henri Poincaré » : nous saurons tout du « problème des trois corps », de la « conjecture de Poincaré » et de bien d’autres choses encore. On pourra aussi lire sur le site Atlantico, le long article de Jean-Paul Truc, professeur en classes préparatoires, qui nous explique avec force détails techniques certains travaux de Poincaré, par exemple « l’application premier retour », utilisée en théorie du chaos. Si vous voulez tout savoir, nous vous conseillons ce dossier multimédia CNRS/sagascience.

En attendant, nous vous laissons méditer cette d’Henri Poincaré lui-même, extraite de son ouvrage destiné au grand public La science et l’hypothèse : « Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. »

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Quel trésor se cache là ?

Un autre géant des mathématiques a fait la une des journaux ce mois-ci : Alexandre Grothendieck, ou plutôt « son trésor ». De quoi s’agit-il ? « Depuis 1991, le mathématicien Alexandre Grothendieck vit reclus dans un lieu secret » mais avant de se retirer du monde, il avait confié cinq cartons contenant 20 000 pages de notes à son élève Jean Malgoire, dont il « a interdit explicitement [la] publication ». « Mais Luc Gomel, conservateur national, responsable du patrimoine de l’université de Montpellier, qui veille dessus aujourd’hui, connaît depuis peu la marche à suivre pour assurer leur protection et permettre leur diffusion : le faire classer “trésor national”. » « Les gribouillis », selon les mots mêmes de Grothendieck, pourraient alors être rendus publics contre la volonté de leur auteur. À lire dans
Libération ou à écouter sur France Info. Pour en savoir plus sur ce grand mathématicien, on peut lire l’article du journaliste Philippe Douroux qui lui est consacré sur notre site.

Excellence, excellence...

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6ème congrès européen de mathématiques

Le magazine Le Point s’enflamme : « Cinq médailles d’or au Championnat d’Europe de maths ! »
Il s’agit en fait du sixième
« Congrès européen de mathématiques, qui vient de se tenir à Cracovie », où quatre chercheurs français (Emmanuel Breuillard, Mathieu Lewin, Grégory Miermont et Sophie Morel) âgés d’au plus 35 ans ont décroché l’un des dix prix de la société mathématique européenne (EMS), tandis qu’Emmanuel Trélat (37 ans) recevait le prix Felix Klein [5]. Le journaliste Frédéric Lewino conclut par cette phrase curieuse :
« Bien sûr, les maths sont bien moins coûteuses que la physique et la biologie, mais c’est aussi parce que le CNRS pratique les transferts fréquents d’un labo à l’autre, favorisant le brassage d’idées. »

Bien sûr, ce « championnat d’Europe de maths » n’a rien à voir avec celui auquel se sont rendus les lycéens de Tours dont parle le journal La Croix. Après avoir remporté le
« Tournoi français des jeunes mathématiciens » qui s’est tenu en avril à l’École polytechnique, une équipe de six élèves de terminale S a continué à venir au lycée après le bac
« pour finir de rédiger les dix recherches en mathématique pure » qu’ils ont présentées au quatrième « Tournoi international des jeunes mathématiciens ». Celui-ci a eu lieu à Orsay début juillet et a finalement été remporté par une équipe biélorusse, l’équipe tourangelle ayant terminé 8ème sur 10,
nous apprend La Nouvelle République.
N’empêche, une belle publicité pour le lycée Descartes,
où « ces six jeunes qui visent Polytechnique » vont, « pour la plupart, poursuivre en classe préparatoire ».

Les jeunes en question se sont frottés à des « problèmes mathématiques sans solution connue, de niveau doctorat ». Il en va autrement à l’« Olympiade internationale de mathématiques » (IMO) où, pour difficiles qu’ils soient, les problèmes posés restent académiques.
Pour les résoudre, la Serbie a son champion. Teodor von Burg figure au faîte du
Temple de la renommée de l’IMO après avoir remporté la 53ème édition qui s’est déroulée à Mar del Plata en Argentine en ce mois de juillet.
Radio Serbie Internationale brosse son portrait en citant
le « directeur du Lycée de mathématiques Srdjan Ognjanovic », selon qui
« le succès de Teodor est dans le même temps le plus grand succès du Lycée », même si sa mère avoue
« qu’à côté des cours de qualité au Lycée de mathématiques, il prenait des cours supplémentaires ». Qualifié de « meilleur jeune mathématicien de tous les temps » par cette même radio, il « poursuivra son éducation au collège anglais prestigieux Oxford ».

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Médaille en chocolat

Tous ces jeunes peuvent raisonnablement « rêver à un brillant avenir » pour reprendre les termes de La Nouvelle République. Si l’on pense à
Elon Lindenstrauss, il
obtint “seulement” la « médaille de bronze aux Olympiades Internationales de Mathématiques » en 1988 et n’en fut pas moins médaillé Fields en 2010. Bon d’accord il est fils de mathématicien (Joram Lindenstrauss), ce qui doit aider. Sur le site
siliconwadi, Patrick Fischer fait son éloge tout en évoquant ses travaux en théorie ergodique, au sujet desquels on pourra également consulter l’article ici même.

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Terminus des géants

Pour revenir en France, la revue Esprit publie un excellent article d’Aline Bonami et Stéphane Jaffard intitulé : « Les mathématiques à l’épreuve de “l’excellence.” » Épinglant Valérie Pécresse lorsqu’elle mettait en avant « le poids de l’histoire » et « les vertus de continuité alors que son ministère s’est voulu celui de la rupture », les auteurs décrivent les récents bouleversements et leurs lots d’« Initiatives d’excellence », louent l’importance du CNRS et son Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions (INSMI) où les jeunes recrutés « jouissent (encore) d’une grande liberté d’initiative », expliquent la contrainte de « non-recrutement interne », progressivement imposée par le CNRS, dont les effets bénéfiques font aujourd’hui « largement consensus dans la communauté mathématique universitaire », et exposent les nombreuses inquiétudes des mathématiciens français, « très sceptiques quant aux “progrès” décrétés par les ministères » : recul de la « place des mathématiques dans le panthéon de la pensée française » face à l’évolution actuelle de l’enseignement secondaire (programmes tronqués, perdant de leur substance), politique « frileuse » en matière d’interactions avec les autres disciplines (même si la création de l’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise et la société (AMIES) est effectivement vue comme un progrès), biais et effets pervers de la bibliométrie, relations avec les éditeurs commerciaux (dont nous vous avons parlé ici et ),… Pour eux la « bonne santé et [l]a cohésion » de la communauté mathématique « résultent d’une multiplicité de réseaux, formels ou informels » qui « risquent fort de souffrir de l’esprit de compétition systématique » induit par les « financements sur projets », et ils s’interrogent : « pourra-t-on encore parler dans les mêmes termes de l’école mathématique française dans dix, vingt ou cinquante ans ? »

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Sir Timothy Gowers

Bien sûr, un mathématicien se doit de faire connaître ses travaux, comme tout scientifique. À cet égard le titre de l’article
du Monde, « Dans deux ans, la recherche publique britannique sera sur le Web » peut tendre à ravir l’internaute curieux de science. Pourtant il cache des enjeux colossaux, qui sont d’ailleurs plus ou moins expliqués dans la suite, car l’accès libre aux articles ne sera pas gratuit pour tout le monde. D’après les propos parus dans The Guardian et repris par Le Monde du ministre britannique de l’enseignement supérieur et de la science, David Willetts : « ce projet bénéficiera aux chercheurs comme aux contribuables. Les universités britanniques paient actuellement environ 200 millions de livres par an en frais d’abonnement aux éditeurs de journaux, soit 250 millions d’euros. » « Avec ce nouveau régime d’abonnement, les auteurs devront payer des frais de traitement d’environ 2 500 euros par article pour voir leurs articles édités et mis en ligne gratuitement. » Outre le fait que l’avantage économique ne soit pas clairement en faveur des universitaires, se pose évidemment le problème de la transition entre les deux modèles économiques, celui du « lecteur payeur » à celui de l’« auteur payeur ». Ce dernier relève de ce que l’on appelle désormais le « gold open access » ou libre accès par la voie en or, voulu par les éditeurs commerciaux et
le gouvernement britannique (on pourra lire à ce sujet cet
article en anglais et ses commentaires).
Pour de multiples raisons il a ses détracteurs, dont certains militent pour le « green open access » (grosso modo, accès libre et gratuit pour tous) ou le « libre open access » (qui se préoccupe des problèmes de licence, voir par exemple cet article en anglais). Timothy Gowers (mathématicien et initiateur de la pétition The Cost of Knowledge contre l’éditeur Elsevier) promeut quant à lui sur son blog un modèle d’auteur payeur à prix modéré (typiquement 700 euros au lieu de 2500) avec le lancement du « Forum of Mathematics » par Cambridge University Press.
Débat ultra-sensible pour les mathématiciens en tous cas, comme on pourra le comprendre en (re)lisant ce billet.

Bric-à-brac

Pour inaugurer cette rubrique de la revue de presse, dévolue tant aux infos farfelues qu’aux nouvelles orphelines, commençons par les mathématiques et l’épidémiologie : « un modèle mathématique [a été développé] pour étudier la malaria » annonce l’Agence Science Presse. On trouvera plus de détails sur ce site News medical (en anglais) : il s’agit tout particulièrement d’étudier l’influence des mouvements des personnes, ainsi que des moustiques, sur la persistance géographique de la maladie.

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Bateau-mouche
Celui-là ne sait pas compter

Des moustiques aux mouches il n’y a qu’un battement d’ailes, et les mouches, le savez-vous, peuvent apprendre à compter ! Nous vous laissons découvrir en détail la procédure des chercheurs de la Wilfrid Laurier University, très bien décrite sur le site Futura Santé. On y apprendra qu’au final, les mouches peuvent compter jusqu’à 4 et, chose la plus étonnante peut-être de cette démarche, ces mouches savantes n’apparaissent qu’à la quarantième génération après que le conditionnement a été entamé : l’évolution génétique intervient ici !

Compter jusqu’à trois, ce sera même tout à fait suffisant dans un premier temps pour apprécier cette analyse, « Vendredi 13, une histoire de mathématique », sur le site RTL.be. On apprend par exemple que, « par an, [dans le calendrier grégorien], il y a au minimum un vendredi 13 et au maximum 3. Il y en a 3 si et seulement si le premier jour de l’année est un jeudi pour les années non bissextiles et un dimanche pour les années bissextiles (il ne vous aura pas échappé que c’est le cas de 2012). Il a également été calculé que les intervalles de jours entre deux vendredis 13 étaient codifiés : 27, 90, 181, 244, 272, 335, 426 jours. » Et l’article de conclure en rappelant que les « superstitions liées au vendredi [13] sont finalement très culturelles puisqu’en Italie c’est le chiffre 17 qui est associé à la malchance, tandis qu’en Chine c’est le nombre 4, en Amérique Latine c’est le mardi 13 et non le vendredi… »

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Sudoku

Dénombrement toujours, à réserver aux espèces animales sachant distinguer les chiffres de 1 à 9, « le Sudoku le plus difficile au monde ». « Arto Inkala pourrait bien hanter vos jours et vos nuits. Ce mathématicien finlandais a passé pas moins de trois mois à mettre au point la grille de Sudoku ultime. Une grille si difficile qu’elle n’a qu’une et une seule solution. » L’info est dans metro. Est-ce vraiment l’unicité de la solution qui fait la difficulté ? Et puis, est-ce vraiment la grille de sudoku la plus difficile qui soit ? Des réponses à ces questions sont apportées par le site en anglais sudowiki.

Enfin, nous recommandons cette interview de Marc Lachièze-Rey sur France Info à l’occasion des Rencontres science et humanisme, au sujet de ces « déchiffreurs » que sont les physiciens et les mathématiciens en particulier.

Parutions

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Pile ou face ?

Combiner des pertes pour gagner : La rubrique logique et calcul du mois d’août de « Pour la Science » nous entraine vers le paradoxe de Parrondo découvert en 1996 par le physicien espagnol Juan Manuel Rodriguez Parrondo dont le domaine de recherche était celui des processus stochastiques, c’est-à-dire désordonnés, dans les systèmes physiques et biophysiques. Stewart Ethier et Jiyeon Lee se sont intéressés en particulier à certaines variantes du paradoxe.
« L’idée que, en associant plusieurs jeux défavorables, on puisse en obtenir un favorable est choquante. Les exemples de telles situations sont pourtant nombreux et variés. » L’article analyse le paradoxe et une « variante plus spectaculaire » le mégaparadoxe de Parrondo. Le paradoxe de Parrondo « met le doigt sur une attente intuitive injustifiée provenant d’une analyse précipitée : ici fondée sur l’idée que les propriétés des combinaisons de jeux indépendants restent valables pour les combinaisons de jeux liés. »

Sur France-Culture, Stéphane Deligeorges nous a proposé dans ses émissions « Continent Sciences » les « Malices du cryptage » dont l’invité était Hervé Lehning qui vient de signer son dernier ouvrage L’Univers des codes secrets, de l’antiquité à l’internet.

Peut être voudrez vous voir aussi “Le mystère des nombres premiers” un documentaire de la BBC du à Marcus du Sautoy ? Ce mathématicien britannique a, par ailleurs, produit plusieurs documents vidéo et signé des ouvrages de vulgarisation comme « La Symphonie des nombres premiers » ou, plus récemment « La Symétrie ou les maths au clair de lune »

France Télévisions retient de son côté la sortie du premier roman de Yannick Grannec, « La déesse des petites victoires », célébré par de nombreux critiques, comme le roman « le plus mathématicien ». Une rencontre avec Kurt Gödel, né en 1906 et mort en 1978, vue à travers le regard de sa femme Adèle qui emmène le lecteur à la découverte de la vie hors du commun de ce mathématicien peu connu du grand public.

Enfin, pour les amateurs d’histoires des mathématiques, le bulletin vert de l’APMEP nous rappelle que la première biographie de Bezout (il ne mettra l’accent aigu à son nom qu’après l’âge de 35 ans), « Etienne Bézout (1730-1783) Mathématicien des Lumières » vient d’être publiée.

Pour finir

Voici quelques éléments (non belliqueux) de balistique. D’abord, comment « (presque) toujours gagner à la bataille navale », sur les sites slate.fr ou RTL.be. « Nick Berry, consultant en technologie et président de DataGenetics, entreprise d’exploration de données basée à Seattle a méticuleusement établi plusieurs stratégies qui permettent d’améliorer vos chances de couler les navires de votre adversaire avant qu’il ne coule les vôtres. » Il vous faudra en moyenne 66, 65, ou 44 coups pour couler la flotte adverse, selon que vous utilisez la stratégie « Chasse/Cible, Chasse/Cible avec parité et Chasse/Cible avec parité et une tentative d’approche avec la densité de probabilité » telle qu’elles sont décrites dans ces articles.

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Attention au prince des nuées

Enfin, prenons de l’altitude avec cette information de la rubrique drôles de statistiques du blog du coyote : les « oiseaux prennent davantage pour cibles les voitures rouges ». Plus précisément, « 18 % des voitures rouges se voient maculées par [les fientes d’oiseaux], 14 % des bleues, 11 % des noires, 7 % des blanches, 3 % des grises et finalement 1 % des vertes. » Conclusion manifeste : prenez les transports en commun !

Notes

[1Le mot sigma fait ici référence à un niveau de certitude statistique, exprimé en termes d’écart type.

[2Voir par exemple les explications d’Etienne Klein en 2011.

[3Compact Muon Solenoid, solénoïde compact à muons.

[4Large Hadron Collider, grand collisionneur de hadrons.

[5Pour plus de détails, voir le
site de l’EMS, ou celui de la
SMAI en français.

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