Revue de presse juin 2013

Le 1er juillet 2013  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (2)

Peut-être sur la route des vacances, retrouvez qui vous savez, des histoires de gros sous et une pelleté de paradoxes, recherches et œuvres étonnantes. Vous aurez également de quoi méditer d’éternelles questions : quelle est la meilleure façon de transmettre les mathématiques ? quelle est la nature même de cette discipline, dont on ne sait pas bien si l’on invente ou si ou la découvre ? pourquoi si peu de mathématiciennes ?

Omniprésent

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Don d’ubiquité

Vous l’avez encore lu, entendu ou vu récemment ? C’est le contraire qui serait étonnant. Le très médiatique mathématicien Cédric Villani, médaillé Fields 2010, le dit à vousnousils : « Une médaille sert à encou­ra­ger, et à per­mettre de parler au nom de la com­mu­nauté scien­ti­fique, de deve­nir son porte-parole. Concrètement, je me suis mis à écrire dans Le Monde, à don­ner des inter­views, à publier des tri­bunes, à être invité sur les pla­teaux de télé­vi­sion ou à la radio, et à par­ti­ci­per à de nom­breux débats et confé­rences. Ce qui me prend beau­coup de temps... »

Il oublie de nous dire qu’il parraine aussi des prix. La Tribune
relate la journée de remise du « prix de l’Esprit d’entreprendre (septième édition), organisé par Acteurs de l’économie et le CJD, sous la présidence du mathématicien lauréat de la médaille Fields Cédric Villani ». Mais point de mathématicien récompensé : parmi les lauréats, on trouve pour le « prix de l’exemple à l’international [...] Laurence Ruffin, PDG d’Alma, société grenobloise d’édition de logiciels » ou pour le « prix spécial [...] la capitaine Sonia Bompastor et [les] joueuses de l’équipe de football de l’OL ».

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Vraiment partout !

Côté interviews, on peut lire ce mois-ci dans
Le Nouvel Observateur sa contribution au débat sur l’article de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche concernant la possibilité de donner des cours en anglais dans les universités françaises. Le titre de l’article résume sa position : « Cédric Villani : “L’anglais à l’université est une nécessité” ». Parmi ses arguments, on peut retenir celui-ci :
« Quand je lis un article mathématique écrit par un chercheur chinois, quand je donne un séminaire dans un laboratoire hongrois, quand je publie avec des collaborateurs allemands, italiens ou suédois, c’est toujours en anglais. Il faut que nos étudiants soient complètement à l’aise avec cette langue, pour qu’ils puissent échanger avec leurs confrères du monde entier, sans être gênés par la forme. » Et Cédric Villani nous l’assure : « Le “paysage mental” français peut parfaitement cheminer avec l’anglais sans s’appauvrir, ni se soumettre. »

On le retrouve s’exprimant sur des sujets moins universitaires, toujours dans vousnousils :
« Les liens entre mathé­ma­tiques et poé­sie sont très impor­tants. Dans les deux cas, l’importance accor­dée à la forme est capi­tale. Le poète délivre un vers et le mathé­ma­ti­cien une for­mule. Ils font le même tra­vail de recréer le monde, au sens étymo­lo­gique de “poiein”. Le mathé­ma­ti­cien tra­vaille sur le reflet d’un sys­tème phy­sique, et à tra­vers une équa­tion ou deux, il recrée les carac­té­ris­tiques de ce système ». À la radio, il était l’un des nombreux invités de la longue émission « Alice 2013 » animée par Stéphane Paoli sur France Inter (plus de trois heures de discussions). Cette émission fait partie d’une programmation de la Fondation Cartier pour l’art contemporain intitulée les « Nuits de l’Incertitude ». Il s’agit de réunir des artistes, des scientifiques, des intellectuels, qui s’entretiennent en public sur un thème en résonance avec l’exposition en cours.

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Changement d’échelle
(« A Girl » par Ron Mueck)

Cette fois-ci il s’agissait du « changement d’échelle », à l’occasion de l’exposition Ron Mueck, sculpteur australien vivant à Londres dont les sculptures étonnantes voyagent jusqu’en Nouvelle-Zélande. Comme on peut le lire dans Télérama :
« Une scène étrange vous accueille à la Fondation Cartier. Sur le sol de béton se tient un couple de retraités. Lui, peau pâle, en short de toile avachi et la bedaine au repos ; elle, assise, en maillot de bain bleu, penchée avec douceur sous un parasol. On se croirait à Paris Plages... Elle le regarde, il lui tient l’avant-bras, petits gestes de complicité sous le soleil. Le hic : le couple, sculpté, mesure plus de trois fois une honnête taille humaine et chacun de ses détails dénote un incroyable réalisme, carnation presque morbide de la peau, fines veines apparentes, rides du visage jusqu’aux cils et aux cheveux. » Cédric Villani était invité aux côtés, entre autres, de l’anthropologue Philippe Descola. Les deux savants s’accordent sur le fait que représenter le monde (via les mathématiques ou un autre biais) c’est n’en garder que certaines propriétés et en éliminer d’autres. Cédric Villani ajoute que « si on change d’échelle, on change de monde ». Pour l’anecdote, on peut citer la phrase de l’astrophysicien Michel Cassé qui dit à Raymond Depardon (autres invités de l’émission) qu’il est « cosmologiquement petit et atomiquement grand ».

Mais il n’y a pas que lui !

Pour ses recherches dans un domaine proche de celui de Cédric Villani, la physique statistique, Julien Barré, maître de conférence à l’Université Nice Sophia Antipolis et membre du laboratoire de mathématiques Jean-Alexandre Dieudonné, a reçu le Prix Langevin de l’Académie des sciences.

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Julien Barré

Nice Matin nous précise que ce « prix prestigieux, créé par Paul Langevin, est décerné chaque année [...] en hommage aux savants français assassinés par les nazis en 40-45. »

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Lâcher de carbone 14

Dans un domaine tout autre, celui de la neurologie, on peut lire dans Le Figaro que les « essais nucléaires aident la connaissance du cerveau ».
Une équipe de chercheurs internationale menée par le biologiste suédois Jonas Frisen et dont faisait partie Samuel Bernard, bio-mathématicien à l’Institut Camille Jordan de l’université Lyon 1, a prouvé que le cerveau humain continuait à produire des neurones à l’âge adulte. « Ce type de recherche est forcément compliqué, car aucun prélèvement n’est possible sur un sujet vivant, et il faut donc travailler post-mortem. » Le point clé du travail est l’utilisation du carbone 14 comme marqueur.
« Les plusieurs centaines d‘essais nucléaires menés à l’air libre des années 1950 jusqu’à leur interdiction en 1963 ont relâché beaucoup de carbone 14 dans l’atmosphère, et depuis cette date, ce stock ne fait plus que décroître, explique Samuel Bernard, co-auteur de la publication parue le 6 juin dans la revue Cell. Ce carbone 14 se répercute ensuite par l’alimentation dans tous les organismes vivants de la planète. Et comme on connaît la vitesse à laquelle il se transforme par décroissance radioactive, on peut en déduire à quelle époque un neurone s’est formé dans le cerveau. »

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Où vais-je, où cours-je ?

En écologie cette fois, Toulouse7 a repéré les travaux de Yan Ropert Coudert (voir aussi ici), chercheur à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg, sur les manchots. Il utilise les fractales pour « analyser le comportement de pêche des manchots pygmées. » La publication scientifique (en anglais) peut être lue ici.

Les maths pour améliorer le trafic routier ? Alpha Barry pour obamaths nous l’assure : le chercheur australien Mark Wallace a la solution. « Des bus et des voitures sans conducteur, rapprochés, et respectant à la lettre les feux de signalisation, suivant un programme préétabli dans les règles de l’art mathématique. » Le logo de la revue de presse l’illustre.

Un problème que ne pouvait même pas imaginer le célèbre mathématicien Pierre de Fermat. France 3 nous invite à offrir à sa statue « un bain de jouvence ». L’association Fermat Science, dont nous vous avons souvent parlé et qui pilote la refonte de la statue, a besoin de « généreux petits ou grands donateurs ». D’abord en bronze, offerte en 1881, la statue est détruite par les forces d’occupation en 1943, puis refaite en pierre en 1954 (déjà avec un financement participatif). « Avec cette bonne action, vous pourrez même avoir votre nom inscrit dans une capsule temporelle qui sera insérée à l’intérieur de la nouvelle statue ! »

L’intellectuel et écrivain algérien Benamar Mediene rend hommage à Maurice Audin dans un long article dans Le MatinDZ, intitulé : « Un Algérien, mathématicien et patriote : Maurice Audin ». Il y conseille vivement la lecture du récent récit de sa fille, Michèle Audin, Une vie brève. Il y mentionne aussi des souvenirs de Paul Caballero qui a croisé le couple Audin, et qui disait : « Josette et Maurice étaient très, très beaux… Et Maurice, quelle intelligence ! » (De fait, une très belle photo illustre l’article). Et lui qui n’a pas connu Maurice Audin nous dit ceci : « Je fais retour sur cette idée d’appartenance de Maurice Audin à mon univers mythologique et cette idée s’emboîte dans la définition que donne Albert Camus du mythe : “les mythes n’ont pas de vie par eux-mêmes. Ils attendent que nous les incarnions.” La vie et l’action des hommes s’évanouiraient dans le néant si nul ne venait à en relever les vertus par leurs transpositions dans une œuvre, un récit, un chant, une parole. La Question, d’Henri Alleg, plus tard adaptée au cinéma par Laurent Heineman, L’affaire Audin, de Pierre Vidal-Naquet, Le Comité Maurice Audin, présidé par Laurent Schwartz, ont empêché que l’acte des hommes, bourreaux et victimes, lâches et héros, coupables et innocents, ne sombrât dans l’oubli. »

Cogitations

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Capsule temporelle

L’exploration de l’univers vous fascine ? Laurent Olivier évoque sur son blog de l’Agence Science Presse la possibilité de « voyager plus vite que la lumière ». « La plupart des gens ayant une bonne culture scientifique vous diront avec raison : “C’est impossible ! La théorie de la relativité d’Einstein l’interdit". Pourtant, la NASA étudie sérieusement la faisabilité de voyages supraluminiques ! » Tout a commencé en 1994 lorsque « Miguel Alcubierre, un physicien mexicain, inventa un modèle mathématique cohérent avec les équations d’Einstein permettant de déformer l’espace-temps autour d’un vaisseau pour le propulser ». Selon Harold White, du NASA Johnson Space Center, « un tel système de propulsion pourrait permettre à un vaisseau d’atteindre Alpha du Centaure en deux semaines malgré les 4,3 années-lumières qui nous séparent ». Si le sujet vous intéresse, nous vous invitons à lire plus de détails (en anglais) sur le site de la NASA.

Moins vertigineux à première vue, les entiers 2,3,5,7,11,13... ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. On dit qu’ils sont premiers. Ces nombres qui fascinent les mathématiciens depuis l’antiquité font l’objet d’une actualité brûlante.
La conjecture des nombres premiers jumeaux, qui aurait été énoncée par Euclide,
affirme qu’il existe une infinité de paires de nombres premiers espacés de 2, tels que 3 et 5, ou 11 et 13.
Nous vous parlions le mois dernier d’un progrès en direction de cette conjecture. Comme l’explique le magazine Science et vie, le mathématicien chinois Yitang Zhang avait en effet démontré qu’il existe une infinité de couples de nombres premiers dont la distance est inférieure à… 70 millions ! « Un résultat inattendu qui a fait grand bruit dans la communauté des théoriciens des nombres », nous dit Philippe Pajot dans Le Monde. Depuis, cette même communauté est en « effervescence » et travaille à réduire l’écart. Le projet PolyMath8 recense les avancées au fur et à mesure. Au moment où nous écrivons, le record est descendu à 12 006. Et le journaliste de souligner que ce n’est pas le premier succès de la « plate-forme collaborative Polymath, lancée en 2009 par le mathématicien britannique Tim Gowers » : la devise « L’union fait la force » est-elle en passe de devenir celle des mathématiciens ?

Toujours en théorie des nombres, voici un super théorème de Fermat à un million de dollars ! Imaginez six nombres entiers, notés $a,b,c,x,y$ et $z$, qui vérifient la relation
\[ a^x+b^y=c^z.\]
Si, si, vous en connaissez ! Prenez par exemple $x=y=z=2$ et $a=3$, $b=4$, $c=5$ : vous savez bien que $3^2+4^2=5^2$. La conjecture de Beal, aussi connue sous le nom de conjecture de Tijdeman-Zagier, affirme que si $x$, $y$, $z$ sont tous supérieurs ou égaux à 3, alors $a$, $b$ et $c$ ont forcément un diviseur premier commun.
En 1997, Andrew Beal, un banquier texan passionné de mathématiques, offrait 5 000 dollars pour toute preuve ou contre-exemple à cet énoncé. Depuis le 4 juin dernier, ce prix est revalorisé au niveau des prix alloués pour la résolution de chacun des 10 problèmes de millénaire du Clay Institute, à savoir un million de dollars US. Cela n’a pas échappé à obamaths, d’après une annonce de l’American Mathematical Society (AMS) (reprise notamment par El País en Espagne).
Si le défi vous tente, sachez que de nombreux résultats partiels sont connus. Ne vous fatiguez pas par exemple sur le cas $x=y=z\ge3$ : il correspond au théorème de Fermat, démontré en 1994 par Andrew Wiles. Et sans vouloir vous décourager, rappelez vous que si la conjecture abc est vraie, il ne peut y avoir qu’un nombre fini de contre-exemples à la conjecture de Beal. Bonne chance !

Pour rester dans l’espérance de gain, saviez-vous que l’encyclopédie libre la plus célèbre était un formidable outil pour boursicoter ? C’est Sur la toile qui rapporte une étude récente selon laquelle l’observation des chiffres de fréquentation des pages Wikipedia permet d’anticiper les mouvements de bourse. Ne vous emballez pas trop vite : ces chiffres sont bien gardés !

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J’ai gagné, c’est trop injuste !

Le dimanche 9 juin, le n°4 mondial Rafael Nadal battait le n°5 mondial David Ferrer en finale du tournoi de Roland-Garros. Du coup, les classements ont été actualisés : Nadal se retrouve n°5 et Ferrer n°4.
Vous trouvez cela surprenant, voire scandaleux ? C’est une occasion rêvée pour comprendre comment fonctionnent les classements ATP (tennis) et Elo (échecs). Vous trouverez des explications sur le blog d’eljjdx. Nous vous conseillons aussi un article ici-même de Rémi Peyre : à travers le paradoxe de Condorcet, vous verrez que les problèmes de classement ne sont ni nouveaux, ni simples, ni totalement innocents.
Dans la même veine, eljjdx traite de la difficulté de faire un partage équitable. Et là aussi, il y a des mathématiques amusantes !

La deuxième journée Parité en Mathématiques qui s’est tenue le lundi 24 juin donne l’occasion à Barbara Schapira, mathématicienne et maîtresse de conférences à Amiens, de nous livrer quelques réflexions, données chiffrées à l’appui.
Foin de nombres pairs ou impairs, c’est de la place des femmes en mathématiques dont il s’agit, et il n’y a pas de quoi pavoiser ! C’est à lire sur Mediapart. Les mathématiciennes et mathématiciens découvrent-elles ou inventent-ils les théorèmes ? Autrement dit, les énoncés mathématiques ont-ils une existence propre avant d’être écrits ? Une vidéo très dynamique (en anglais) publiée par Idea Channel (PBS) fait ressurgir des articles, sur obamaths par exemple, à propos de cette éternelle question.

Limites de l’enseignement, développement de la diffusion

Le Figaro l’annonce : « le niveau des élèves français baisse depuis dix ans et va encore baisser », ce qui inquiète en haut lieu. Tous les trois ans, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évalue les enfants de 15 ans sur la compréhension de l’écrit, les mathématiques et la culture scientifique. Or, les résultats des enfants français, qui seront rendus publics en décembre prochain mais dont on connaît déjà une partie des résultats, devraient « reculer encore un peu plus » par rapport à la place « déjà peu glorieuse » de 2009. Ce qui limite la baisse de la France, c’est « son élite qui reste “forte” et grossit légèrement alors que parallèlement le nombre de ses élèves en échec scolaire a augmenté » (ce phénomène était déjà analysé par Baudelot et Establet dans L’élitisme républicain dès 2009). Toujours dans Le Figaro, « Sylvie Bonnet, présidente de l’Union des professeurs de spéciales (UPS) » et mathématicienne de son état, s’en alarme, ainsi que de l’accent mis sur « la culture générale scientifique, au détriment de la modélisation et de la mise en équation », dans les programmes de physique-chimie au lycée ; qui plus est, les déficiences de la formation en mathématiques des professeurs des écoles ne sont pas là pour la rassurer.

Sur ce dernier point, les membres des jurys du concours de professeur des écoles semblent d’accord, qui ont d’après Europe 1 envoyé une « pluie de zéros pointés » à l’oral de mathématiques. Le Monde fait état de la « polémique des zéros éliminatoires » opposant les jurys à certains candidats dépités d’échouer malgré un total de points qui leur permettrait d’être admis. Dans la même veine, mais outre-Méditerranée, El Watan s’inquiète de « résultats faibles en mathématiques et en anglais » au baccalauréat algérien. Incidemment, ceux du roi Albert II, révélés par Sud info ou L’essentiel, étaient assez médiocres également.

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B.a.-ba de l’abstraction

Il faut donc s’intéresser au « bon enseignement des mathématiques ». Dans une tribune des Échos publiée peu après la célébration du tricentenaire du « mathématicien-géophysicien » Alexis Clairaut, l’académicien Étienne Ghys, prône, conformément aux vœux de Clairaut, un « compromis » entre « une mathématique abstraite, souvent sèche » (excès des années 70) et « des listes de formules utiles dans la pratique et prêtes à l’emploi » (excès actuel).

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Formules à portée de la main
(cohérence non garantie)

Destinées à donner le goût des mathématiques, les compétitions continuent de fleurir bien que l’année scolaire se termine. Le Nouvelliste présente deux Valaisans qui vont participer aux prochaines Olympiades internationales de mathématiques en juillet prochain en Colombie, Libération les six membres de l’équipe marocaine. Mais il y a aussi des Olympiades pour la région Asie-Pacifique, où, comme le rapporte Vietnam plus, brillent les élèves vietnamiens ; et au Luxembourg, olympiade dont un des organisateurs obtient « à 23 ans » « le titre de meilleur étudiant en mathématiques appliquées » à Cambridge, d’après L’essentiel ; et encore en France, où le Tunisien qui a remporté la deuxième place a les honneurs de Tuniscope et où la remise des prix en Corse est l’occasion pour le recteur, interrogé par Alta Frequenza, d’exhorter les filles, mais aussi les garçons, à poursuivre des études scientifiques. Sans oublier le CIJM, les traditionnels rallyes, du sud au nord, de l’est au centre et jusqu’à Tahiti, et le Kangourou !

On relèvera également quelques opérations de diffusion non compétitives. Par exemple, le projet développé à la Pocatière (Québec) relevé par Le Placoteux et le magazine du Bas-Saint-Laurent dans le cadre de 2013, année des Mathématiques de la planète Terre. Ou bien, des stages de recherche « Math C2+ » pour 150 lycéens de l’académie de Nice : Web Time Medias indique qu’ils « vise[nt] à conquérir de nouveaux territoires dans le processus de formation de scientifiques » et s’adressent plutôt aux « filles et lycéens issus d’un milieu dans lequel la science n’est pas traditionnellement un choix d’orientation ». On a pu également écouter « des histoires pour aimer les mathématiques » annoncées par Sud Ouest ou lire le récit d’une « fête des mathématiques » dans Var matin.

Parutions

Nous avons parlé plus haut de la conjecture des nombres premiers jumeaux et de l’avancée récente dans ce domaine, due mathématicien Yitang Zhang, dont de nombreux journaux — et sites, par exemple celui de l’université du New Hampshire où travaille l’impétrant — se sont fait l’écho et dont l’article « Bounded gaps between primes » vient juste d’être publié dans la prestigieuse revue Annals of Mathematics. Sous le titre « Une infinité de couples de nombres premiers “presque jumeaux” », Philippe Pajot nous livre dans les actualités mathématiques de La Recherche une interview de Yitang Zhang (accompagnée d’une chronologie et de liens à consulter sur le web) qui éclaire et résume bien l’importance du résultat. « Mon résultat était d’ailleurs assez inattendu. J’ai eu la chance de trouver la bonne idée au bon moment. En science, la chose importante est de continuer à penser », confie Yitang Zhang.

Le magazine Pour la Science invite ses lecteurs à une visite guidée d’objets mathématiques en tricot. « L’un des bénéfices de cette activité est que les tricots une fois achevés, constituent une très bonne aide pour l’enseignement des mathématiques » nous explique Sarah-Marie Belcastro. Bouteilles de Klein, bandes de Möbius et autres formes géométriques peuvent ainsi être manipulées facilement… dès que l’on a réussi à les réaliser. Ce qui demande une bonne compréhension des propriétés des objets. L’article, qui reprend celui publié il y a deux mois dans American Scientist, donne des idées pour faire des mathématiques avec les mains !

Dans le même numéro la rubrique Logique et calcul propose une réflexion sur « l’embarrassant paradoxe de Simpson ». « Un bon paradoxe est un paradoxe dont on ne réussit jamais à se débarrasser » nous dit Jean-Paul Delahaye. « Mais le plus élémentaire de tous est le paradoxe de Simpson dont on imagine des solutions... qui conduisent à d’autres paradoxes ! Sans cesse, des scientifiques et des utilisateurs de statistiques tombent dans les pièges qu’il tend ». Notons en passant que vous pouvez retrouver Jean-Paul Delahaye dans le nouveau blog Scilogs, inauguré il y a quelques jours par le magazine Pour la Science (complexités des mathématiques, de la logique et de l’informatique).

Dans Science et Vie, la rubrique « actus labos » se fait à son tour l’écho du travail de deux mathématiciens, James A. Sethian et Robert I. Saye, qui ont proposé une modélisation intéressante de la dynamique des bulles. Plusieurs revues et sites américains (à commencer par le News Center de Berkeley) avaient diffusé l’information début mai. Un nouveau chapitre dans l’histoire des « mathématiques savonneuses » !

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Drakkar viking de Roskilde

Toujours dans la rubrique « actus labos » du même numéro de Science et Vie, retour sur la saga des navigations viking. Il y a un peu plus d’un an la revue avait répercuté la découverte de deux physiciens bretons, Guy Ropars et Albert le Floch, qui avaient montré que l’on peut utiliser un cristal de calcite transparent pour déterminer la direction du soleil (même voilé) avec une grande précision. Récemment des chercheurs de l’université de Budapest, Balázs Bernáth, Miklós Blahó, Ádám Egri, Barta András et Gábor Horváth, se sont penchés sur l’un des quelques instruments de navigation des Vikings connu, le sol-skuggjáfjöl, dont des fragments avait été découverts au Groenland en 1948. En reproduisant un modèle en 3D de l’instrument ils se sont aperçus que les Vikings pouvaient déterminer leur position avec une précision de 11 km…

Pour finir

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Cactus symétriques

Le coyote nous donne à voir « quelques beaux cactus symétriques des serres du Jardin botanique de Porrentruy », ainsi que des tours de magie mathématiques ici et . De son côté, la chaîne réunion 1ère nous présente, Luis Raluy, « un clown blanc » de 71 ans qui a « a fait la une d’un magazine spécialisé avec sa découverte : « la formule qui permet de révéler les nombres premiers ». « Quand je suis triste, je fais des mathématiques », dit-il.

Enfin, sur Slate.fr, un méli-mélo de suggestions pour occuper vos loisirs d’été, parmi lesquelles vous retrouverez Pierre de Fermat si vous ne vous laissez pas arrêter par la première !

Commentaire sur l'article

  • Revue de presse juin 2013

    le 1er juillet 2013 à 15:26, par électron

    Un intrus s’est glissé à deux reprises dans le paragraphe sur les nombres premiers jumeaux...

    Olivier

    Répondre à ce message
    • Revue de presse juin 2013

      le 2 juillet 2013 à 06:22, par Sylvie Benzoni

      Merci pour votre vigilance. L’intrus a été supprimé !

      Répondre à ce message

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