Revue de presse juin 2017

Le 1er juin 2017  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Ce mois-ci dans la presse il est bien sûr question des élections, mais aussi de parité, analysée au prisme des publications mathématiques. Si les big data nourrissent l’intelligence artificielle et nos journaux, il reste une place pour les neurosciences, qui interrogent la nôtre. C’est aussi la saison des olympiades partout dans la francophonie et des jeux mathématiques, place Saint Sulpice notamment. Bonne lecture, et rendez-vous le mois prochain pour la dernière revue de presse avant l’été.

Applications et recherche

JPEGOn vous en parlait déjà le mois dernier, un article passionnant de Pour La Science donne l’exemple d’une application des mathématiques qui mène à une découverte théorique. Les motifs du lézard ocellé semblaient ne pas obéir aux lois décrites par le modèle de réaction-diffusion de Turing, réputé pour décrire l’évolution des cellules pigmentaires animales. Michel Milinkovitch, biophysicien suisse et son équipe ont montré que les automates cellulaires de Von Neumann décrivaient très bien l’évolution de la couleur des écailles chez ce lézard. Comme au niveau microscopique, ce sont bien les équations de Turing qui gouvernent l’évolution, ces chercheurs, rejoints par Stanislas Smirnov (médaille Fields 2010) ont prouvé qu’en modifiant les paramètres de diffusion aux bords des écailles, le modèle de Turing donnait naissance à des motifs qui proviennent d’un automate cellulaire.
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Automate de Prouhet-Thue-Morse

Quel rapport entre la suite de Prouhet-Thue-Morse et les tirs au but ? Justement, aucun, mais cela aurait pu ! Le blog ecosport du Monde annonce la volonté de modifier la règle des tirs au but à l’occasion de l’Euro 2017 de football féminin. L’idée est de passer d’un ordre ABABAB.. à un schéma du type tie-break ABBAABB.. pour diminuer l’avantage psychologique de tirer en premier, même si cet avantage n’est pas clairement mis en évidence. Adopter l’ordre de la suite de Thue-Morse aurait été un peu plus compliqué à justifier !

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Nicolas Gauvrit

Vous avez plus de 25 ans ? Alors la complexité produite par votre cerveau est sur la pente descendante. Pour mettre ce phénomène en évidence, Pour la Science décrit les travaux du chercheur Nicolas Gauvrit, qui a utilisé une nouvelle manière d’estimer la complexité d’une suite, introduite par Jean-Paul Delahaye et Hector Zenil. Selon lui, la capacité à produire des suites complexes de chiffres rend compte des capacités cognitives de haut niveau du cerveau.

Et puis ce mois-ci encore, plusieurs articles traitent des Big Data et de l’intelligence artificielle (IA).
Un entretien dans Le Monde avec Serge Abitboul, chercheur à l’INRIA, confirme que le sujet est à la mode. Le profil de « data scientist » est un des plus demandés sur le marché du travail. Il demande des connaissances mathématiques, bien sûr, mais aussi empiriques à la fois sur la façon de traiter les données mais aussi sur le sujet que ces données traitent.

La disponibilité de quantités de données et de puissance de calculs toujours plus grandes entraîne l’arrivée de l’intelligence artificielle (nourrie par le deep learning) dans de nouveaux domaines. En médecine, comme le relate Le Monde, notamment pour l’aide au diagnostic ou à la prescription. Dans le monde judiciaire, selon le journal du CNRS, l’IA est déjà utilisée aussi bien pour rédiger des contrats