Revue de presse mai 2012

Le 1er juin 2012  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (1)

Mais que vient faire là cet Amazone à joues vertes ? Vous le découvrirez vite, et vous verrez qu’il n’est pas le seul animal de cette revue de presse, dans laquelle vous trouverez également quelques célébrités et toutes sortes de génies, qu’ils soient en herbe, confirmés ou contestés. Il y est aussi question d’inné et d’acquis, de probabilités très concrètes, d’humour et de rallyes… mathématiques bien sûr.

Percées

Ce n’est « pas une révolution », mais tout de même, il s’agit d’un progrès sur la conjecture de Goldbach dont Le Monde se fait l’écho. Autrement connue sous le nom de « théorème du perroquet » d’après le titre d’un roman de Denis Guedj, cette conjecture résiste aux plus grands mathématiciens, que ce soit sous sa « forme forte » – tout nombre entier pair s’écrirait comme la somme de deux nombres premiers – ou sa « forme faible » – tout nombre entier impair s’écrirait comme la somme de trois nombres premiers.

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Visualisation de la conjecture de Goldbach

Terence Tao, médaille Fields 2006, est parvenu il y a quelques mois à démontrer que tout nombre impair est la somme de cinq nombres premiers, battant ainsi le précédent record détenu par Olivier Ramaré. Ce dernier, « il y a presque vingt ans, avait établi que tout nombre pair se décompose en six nombres premiers ». Interrogé par Le Monde, il avertit cependant : « Avec la méthode que j’avais utilisée et que Terence Tao poursuit, nous savons que nous ne pourrons pas aller jusqu’à la démonstration finale. […] Peut-être qu’on ne verra pas la démonstration avant mille ans ! » Renversant... Cependant, notre petit doigt nous a dit que Terence Tao avait de la concurrence sur le sujet.

Autre spécialiste des entiers, le hongrois Endre Szemerédi reçoit ce mois-ci le prix Abel et se trouve ainsi « sacré roi des maths » selon Atlantico. Dans son article, Jean-Paul Truc prend la peine d’expliquer « le théorème de Szemerédi » sur les « progressions arithmétiques ». Après lecture, l’énoncé qu’il donne ne devrait plus avoir de secret pour vous : « un ensemble [d’entiers] de densité supérieure positive contient des progressions arithmétiques aussi longues que l’on veut ».

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Pile ou face

En plus concret, peut-être, une percée dans le domaine de la statistique est mise en avant par Patrick Fischer
dans le webzine Siliconwadi. Elle concerne la question du « taux de faux rejets […] lors de tests multiples ». Si les applications citées concernent surtout la pharmacologie, la métaphore de la pièce truquée permet d’appréhender le problème. « Le test pour confirmer » qu’une pièce est truquée « pourrait être [...] : on lance 10 fois la pièce, et si elle tombe au moins 9 fois sur pile ou au moins 9 fois sur face, alors [...] on conclut que la pièce est truquée. [...] La probabilité qu’une pièce non truquée obtienne un tel résultat est d’environ 0,02 ». Le problème des tests multiples est que si on applique ce test à 10 pièces non truquées, la probabilité qu’au moins une pièce, « sans se soucier de savoir laquelle », soit déclarée truquée (à tort) « est alors d’environ 0,18 ». On doit à « Yoav Benjamini du Département de Statistiques et Recherche Opérationnelle de l’Université de Tel-Aviv en collaboration avec Yosef Hochberg » d’avoir proposé en 1995
« une nouvelle approche pour contrôler les faux rejets », qui « a changé pour toujours la façon dont les scientifiques à travers le monde utilisent les statistiques pour analyser les résultats de leurs recherches ». Elle vaut aujourd’hui à Yoav Benjamini l’attribution du prix Israël 2012, qui a motivé l’article cité.

Toujours dans le webzine de l’innovation israélienne Siliconwadi, nous retrouvons les pavages du plan au détour d’un article sur le prix Nobel Dan Shechtman, découvreur des quasi-cristaux.
Symétries et matériaux, c’est aussi l’objet de l’article de Techno-science.net qui nous présente un candidat pour remplacer « le graphène, ce fameux cristal monoplan de carbone qui fait tant parler de lui ces dernières décennies », à savoir « le bore bidimensionnel, bien qu’encore difficile à manipuler », aux arrangements triangulaires ou hexagonaux, mais « toujours métalliques ». Ceci n’est pas sans rappeler le problème de l’empilement des oranges dont nous vous parlons plus loin.

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Papou du « Mount Hagen show »

« On peut avoir conscience des nombres sans réussir à se les représenter dans l’espace », explique
Futura-Sciences : « le dogme » selon lequel le « concept des nombres en ligne » est inné « s’effondre complètement » avec les travaux de « Paul Nùñez et ses collègues de l’université de Californie, à San Diego ». Ils ont en effet « pu montrer que la tribu Yupno, perdue au milieu de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ne disposait pas de cette notion de nombres en ligne ». Il s’avère que les individus jamais scolarisés placent tout nombre à une des deux extrémités de la ligne selon qu’il est « grand » ou « petit ». Le site Vousnousils s’intéresse aussi à l’acquis en relatant l’étude du
« psy­cho­logue amé­ri­cain Elliot M. Tucker-Drob [qui] a mis en évidence les bien­faits de la mater­nelle, en com­pa­rant les progrès de 1200 jumeaux dont seule la moi­tié est allée à l’école dès 4 ans ». Au final,
« les enfants passés par la maternelle avaient de meilleures compétences en lecture et en mathématiques, une différence d’autant plus nette s’ils étaient issus de foyers défavorisés ou si les parents s’occupaient peu d’eux à la maison. La préscolarisation a moins d’impact sur les enfants issus de milieux aisés, avec des parents plus disponibles ». Certainement pas un scoop, mais une expérience d’ampleur étonnante.

Génie et beauté

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Bébé calcule le volume de sa bassine

Vous avez été un génie en maths ! C’est en effet le cas de tous les
bébés, laisse entendre l’Express.
Elizabeth Spelke, professeur de psychologie cognitive à Harvard, a notamment démontré
en observant leur regard que les nourrissons
connaissent le concept des proportions : « devant une boite remplie à 80%
de balles de ping-pong blanches et à 20% de rouges, ils montrent un
grand étonnement si, en plongeant la main dans la boîte, un adulte en
sort plus de rouges que de blanches ». De même, ils peuvent « utiliser des
indices géométriques et percevoir les limites ».

Si vous regrettez avec nostalgie le temps où vous étiez un génie en
couches-culottes, rien n’est perdu ! L’aventure insolite de Jason
Padgett peut vous redonner espoir.
Gentside
nous raconte qu’après avoir
été agressé d’un coup sur la tête, ce vendeur de meubles s’est mis à
développer un talent pour le dessin de figures fractales, puis une
passion pour les mathématiques. « Je vois des morceaux du théorème de
Pythagore partout. Chaque petite courbe, chaque spirale, chaque arbre
font partie de cette équation ». Ses capacités extraordinaires ont été constatées par
Berit Brogaard, professeur de philosophie à l’université du Missouri, et depuis
Jason Padgett « a annoncé qu’il souhaitait abandonner son job de vendeur pour
enseigner les mathématiques ! »

Dans la série des génies,
Le Dauphiné a rencontré « Seginus Mowlavi, un petit génie des maths ».
« Deux dimanches par mois, il se rend à Lyon, dans un club de mathématiques » (animé par « le chercheur allemand Bodo Lass [qui] l’avait repéré » dès la sixième) où
« durant près de 6 heures, il résout des problèmes et encore des problèmes ».
Encouragé par sa professeure de mathématiques, le jeune talent se prépare ainsi aux Olympiades internationales où il se rendra en juillet. En attendant son « intégration à l’École normale supérieure (ENS) et une place dans la recherche », il pose dans le journal aux côtés de … Cédric Villani ! Mais ne nous emballons pas, les jeunes suscitent parfois un peu vite l’enthousiasme de la presse. C’est le cas de Shouryya Ray, « présenté comme un »génie« par les médias allemands » selon la chaîne en ligne
7 sur 7 pour avoir résolu « une colle posée il y a plus de 300 ans par le physicien et mathématicien anglais Isaac Newton ». En fait, il a reçu un prix pour des calculs qui, s’ils sont stupéfiants pour son âge (seize ans), semblent laisser de marbre les physiciens modernes (voir par exemple l’article en anglais d’Alan Boyle
sur cosmiclog.msnbc.com).

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Barbara Hendricks

Et Barbara Hendricks, qu’en dit-elle ? Génie dévoyée ? Dans
un entretien en plusieurs volets au Huffington Post, elle déclare que les mathématiques
étaient « son premier amour », et qu’ils l’ont passionnée avant la
musique. Et de conclure sur une phrase étrange : « il y a beaucoup de
choses qui ne sont pas exactes dans les mathématiques ».

Si les bébés humains sont des génies en maths, certains animaux ne sont pas en reste.
Le cas de Wattana, femelle orang-outan au
Jardin des Plantes et spécialiste de la théorie de noeuds est
évoqué par
Libération, dans une critique du livre « Bêtes et Hommes » de Vinciane Despret.
La philosophe y explore les liens complexes,
ressemblances et dissemblances cognitives entre hommes et animaux. Notre
guenon « noue et renoue, fait des boucles, les repasse les unes autour
des autres, fabrique des colliers à deux rangées, attache des fils de
couleur à des supports fixes et avec eux trace des formes d’un point à
l’autre de l’espace ».

Bébés, chanteuses, animaux, tout ce qui vit sur Terre pourrait donc être
qualifié de génie en maths ? Que nenni ! Il en est qui sont contestés. Selon La Dépêche
les frères Bogdanov se font même « atomiser ».
Dans une pétition lancée jeudi 24
mai, 300 chercheurs revendiquent haut et fort « le devoir de blâme » et
la liberté pour la communauté scientifique de juger les travaux de ses
membres « sans pression médiatique, policière ou judiciaire. » Et plus
loin : « Les plus radicaux parmi les scientifiques disent qu’ils ne
possèdent même pas les outils de base d’un bon étudiant de maîtrise ».
Et quand les Bogdanov accusent les signataires de ne pas avoir lu la
pétition, c’est le mathématicien Bertrand Monthubert qui leur répond,
toujours dans La Dépêche : « J’ai été très choqué par l’accusation
portée par Igor Bogdanov, car je connais les scientifiques. Et ils
savent qu’une pétition de cet ordre ne se signe pas à la légère ».

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Captchas

En matière d’intelligence, le problème de
distinguer les hommes des robots ne relève désormais plus de la science-fiction.
Les administrateurs de sites web y sont confrontés pour protéger les formulaires et bases de données
des attaques massives sévissant sur la toile.Un mot a même été inventé pour désigner l’arme de défense : captcha, acronyme anglais pour completely automated public Turing test to tell computers and humans apart (test entièrement automatisé pour séparer les ordinateurs des humains).
Les captchas consistent souvent à faire recopier aux humains derrière leurs claviers des suites de caractères difficilement lisibles. Le
site PCImpact nous apprend qu’un nouveau type de captcha devrait faire son apparition sur vos écrans : une start-up américaine a développé « un système plus efficace et qui soit surtout plus simple » — et plus amusant !

Question plus difficile à trancher : comment distinguer le beau du laid ? Et si la beauté était une
affaire de maths ?
Le Dauphiné et
Le Monde,
reviennent sur un concours de beauté, où l’esthétique des visages était
évaluée uniquement sur des critères « scientifiques » : « symétrie,
rapports entre les proportions des distances entre yeux, bouches, nez et
joues ». Pour déterminer les proportions idéales, « on a présenté des
photos de femmes ou d’hommes à des sujets qui les ont classées selon
leur attirance. Ensuite on a mesuré les visages et on a analysé quelles
mesures suscitaient de l’attirance ». Selon ces critères, qui est la plus
belle fille du monde ? C’est une jeune Anglaise, Florence Colgate. A
vous de juger !

Société

C’est la période des élections, et c’est l’occasion pour
PodcastScience.fm
de parler assez longuement des situations paradoxales qui peuvent se
produire, pour différentes manières de voter, en citant notamment le
mathématicien Charles Lutwidge Dogson (plus connu sous le nom de
Lewis Carroll) qui « a écrit un pamphlet sur les systèmes
d’élections ». Sur le sujet très polémique des sondages, ABC Maths se demande « qu’est-ce qu’une marge d’erreur ? » et démonte sans pitié les arguments souvent avancés pour justifier de s’en passer.

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Bertrand Monthubert

Ce printemps a aussi été le théâtre d’élections plus discrètes : celles des présidents d’université. La Dépêche et La Recherche reparlent de Bertrand Monthubert, déjà évoqué plus haut (élu président de l’université Paul-Sabatier à Toulouse comme nous vous le disions le mois dernier). La République des Pyrénées nous apprend qu’un autre mathématicien est élu président de l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Par ailleurs, le mathématicien Gilles Halbout est candidat à Montpellier dans une situation compliquée,
décrite par 20 minutes, Le Midi Libre et La Marseillaise : trois tours de scrutin n’ont toujours pas permis de le départager de son concurrent !

Autre actualité brûlante, la crise financière. Le rôle des mathématiques dans cette crise est le sujet d’un article mordant de Christian Walter dans Libération, pour qui « en réalité, les modèles mathématiques ne décrivent pas la finance professionnelle, ils la créent ». On serait en face d’une « dérive créative des mathématiques en finance » et d’un « pouvoir démiurgique des mathématiques financières ». Sur un air plus optimiste, le journal économique L’AGEFI parle de la recherche en mathématiques financières, où « la crise a fait évoluer la nature des sujets de recherche : auparavant excessivement orientée sur les marchés, elle s’ouvre aujourd’hui à d’autres horizons comme la gestion des risques, l’investissement responsable, les enjeux démographiques, le changement climatique ».

Il souffle toujours comme un vent de révolte au sein de la communauté scientifique. Dans son blog L’Esprit libre, Thierry Noisette souligne que plus de 11000 personnes ont désormais signé le manifeste initié par le mathématicien Tim Gowers contre les pratiques de l’éditeur Elsevier. Par cette pétition, ils protestent contre une pétition contre les prix, jugés exorbitants, des abonnements aux journaux pris séparément, et contre leur pratique de la vente liée qui oblige souvent les bibliothèques universitaires à prendre aussi des journaux qu’elles ne veulent pas. Reprenant un article de PCImpact il relève en outre que le gouvernement britannique « adhère aux principes de l’accès public pour les résultats de la recherche sur fonds public », et qu’il a sollicité Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, pour le conseiller. Et les réclamations de ladite communauté scientifique se propagent à la « société civile » outre-Atlantique, comme en témoigne cette vidéo (à regarder seulement si vous n’avez pas séché les cours d’anglais au lycée).

Au Sénégal, AfriqueJet et Le Soleil rendent compte d’une réunion du CIMPA (Centre international de mathématiques pures et appliquées) qui a réuni des mathématiciens africains et européens. Le mathématicien rwandais Augustin Banyaga a déclaré à cette occasion que « les mathématiques sont une science noble » et « se portent de mieux en mieux dans le continent africain ».

Au Québec, le site EnBeauce.com annonce un rassemblement des « responsables de mathématiques du secondaire » en Beauce-Appalaches, et se félicite du fait que « grâce à la qualité de l’enseignement qui y est offert, le Québec arrive au sixième rang des pays de l’OCDE et au premier rang au Canada pour les résultats de ses élèves en mathématiques ».

En France, Sciences et Avenir publie, à l’occasion des premières journées de popularisation des mathématiques qui ont eu lieu à Orléans du 15 au 16 mai, un entretien avec Martin Andler, président de l’association Animath. Parmi ses chevaux de bataille, citons « l’erreur [qui] pourrait être un objet d’apprentissage » et le fait que « les femmes sont trop peu nombreuses à s’engager dans les mathématiques ». L’article signale aussi l’exposé paradoxal d’Etienne Ghys sur « Comment donner une mauvaise conférence de vulgarisation mathématique ? », qui a eu un grand succès.

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Le tapis des mathématiques
(Sierpiński en patchwork)

« Les chiffres ne mentent pas. En êtes-vous sûrs ? » C’est le titre d’une conférence de B. Monthubert (encore lui !) annoncée par La Dépêche du Midi. Ce même thème est abordé sur le blog Communist Computer Club, qui détaille avec acidité diverses « façons de planquer, sous le tapis des maths, les inégalités », notamment en parlant de médiane et de moyenne.

Jeu-nesse

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Rallye lyonnais

Mathématiques et jeunesse sont une fois de plus à la fête ce mois-ci, la saison des concours et
autres rallyes mathématiques n’étant pas terminée ! Ainsi, selon La Dépêche, le collège Gaston Bonheur de
Trèbes s’illustre cette année avec trois élèves se classant brillamment
au concours national de mathématiques « Les challenges », concours à
inscription libre et qui a priori « intéresse surtout ceux qui ont la
bosse des maths »... Restrictif !
Autres succès également, au groupe scolaire Langevin-Wallon de Hornaing qui, comme le relatent La Voix du Nord,
a vu deux élèves de CM2 briller au concours « Kangourou » et à l’école primaire Anatole-Le Braz de Tréguier, où d’après Ouest France, Mathis, 10 ans se classe premier du département.
Le collège
moderne 1BAD en Côte d’Ivoire n’est pas en reste, selon
fratmat.info,
en s’adjugeant les trois premières places du concours de maths des
classes de premier cycle de la région du Belier. L’idée est de
« donner le goût de l’excellence aux élèves » et d’« éveiller en eux
des talents cachés ». Tout un programme !
Revenons en France, et en
particulier à Thérouanne où ont débuté les épreuves de qualifications
au rallye mathématique national des collèges, organisé par l’IREM,
selon La Voix du Nord. Les
élèves s’amusent ainsi avec des « exercices variés et ludiques mêlant
calcul, logique et géométrie ». Dans le même esprit, « logique pure »,
« géométrie » ou encore « déduction » sont, toujours selon La Voix du Nord,
les mots d’ordre du rallye du collège de Fourmies, les élèves
s’adonnant à « décoder les énigmes posées lors d’étapes ». Les plus
grands ne sont pas en reste, avec le démarrage du rallye mathématique
des lycées de Bourgogne, toujours organisé par l’IREM et qui d’après
Le Bien Public,
vise à « faire découvrir le plaisir de la résolution de problèmes
mathématiques sous un angle attractif et ludique ».

Pour briller dans tous ces concours, autant commencer jeune ! « Des maths à
portée des jeunes pousses », voilà selon L’Action, hebdomadaire
francophone publié au voisinage de Londres et Sarnia, ce que propose le
réseau de garderies francophones « La Ribambelle ». Sont ainsi mis en
place des ateliers mathématiques fondés sur le jeu, car « faire des
maths, ça n’a jamais été drôle ». Voilà, c’est dit !
Pourtant, d’après le site compagnon-parfait.fr, l’application pour téléphone portable « MathEvolve », inventée par un
prof de math californien, connaît un franc succès outre-Atlantique alors qu’elle ne vise qu’à manipuler nos
quatre déprimantes opérations élémentaires.

Au collège du Pays de l’Alloeu, un professeur de mathématiques a, selon
La Voix du Nord, motivé
toute une classe de sixième à « résoudre des énigmes sous forme ludique
et manipulatoire ». Attention, pas de triche possible puisque les épreuves
étaient arbitrées par...des élèves de cinquième ! Bilan : « ce défi aura
réellement motivé et passionné les élèves ».
Belle motivation aussi chez
ces enfants de CM1 et CM2 qui ont, à en croire La Voix du Nord,
passé une partie des vacances scolaires en compagnie de deux enseignantes
volontaires pour approfondir « le français et les maths de manière
ludique ». Témoignage de l’un des chérubins : « on apprend beaucoup
mieux quand on est proche de son instit » ! Sylvie le Bourdonnec l’a
vraisemblablement bien compris, elle qui
a emmené ses élèves de CM2 pour « une leçon de math grandeur nature dans
le cadre de l’étude des masses en zone portuaire », comme le relate Ouest France. Franc succès de
l’opération, car « rien ne vaut le concret avant de passer au devoir sur
table » !

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Ceci n’est pas une roulette russe

Alors, notre jeunesse veut des maths ludiques, concrètes et utiles ?
Voici dans Ouest France
(avec cet entrefilet)
le compte rendu d’une « aventure hors-du-commun » pour des lycéens
de première S « repérés par le comité international des jeux
mathématiques
pour la qualité de leur recherche sur la
géolocalisation », dans le cadre d’un projet MATh.en.JEANS. Les lycéens
de Franklin, « Sherlock Holmes de l’ère numérique », ont étudié
« comment, grâce à des solutions mathématiques, imaginer gommer ou
éviter de laisser des traces personnelles sur la toile d’internet ».
Encore plus ludique et utile peut-être, le compte-rendu dans L’Union
de cet entretien avec un joueur professionnel de poker, qui insiste sur
les efforts qu’il a dû fournir : « Mais quel est son secret ? » « Très vite,
j’ai voulu découvrir tous les aspects du poker : la psychologie, les
mathématiques... Il y a tellement de choses ! »
Et pourquoi pas tant qu’à faire apprendre comment gagner à la roulette,
en lisant ce billet du blog du coyote,
reprenant un article de Sur la Toile ? On y apprend entre autres que l’on a « pas mal de chances de
gagner...si l’on ne joue qu’une fois et qu’on s’en tient là » !

Parutions

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Énigmatique

La cryptographie visuelle. Dans le numéro de juin de Pour la Science Jean-Paul Delahaye apporte un éclairage sur un domaine spécialisé de la cryptographie introduit par les travaux que Moni Naor et Adi Shamir ont développés en 1994, la cryptographie visuelle. Ici l’ordinateur n’est pas obligatoire. C’est l’œil (et le cerveau) qui opère « le calcul qui extrait un message clair de données aléatoires, et réussit l’opération avec une surprenante efficacité ». Et à la fin de son article, l’auteur lance un défi au lecteur : trouver le message caché (le prénom d’un mathématicien) dans cette image. Le premier qui lui communiquera par mail (delahaye lifl.fr) la bonne réponse se verra offrir un an d’abonnement au journal ! Pas facile à première vue, à vous de jouer …

« Le prix Abel récompense un spécialiste des mathématiques discrètes ». La Recherche reçoit Patrice Ossona de Mendez pour un entretien sur le dernier récipiendaire du prix Abel 2012, Endre Szemerédi dont nous avons parlé au début de cette revue de presse. Les questions mettent en relief l’importance du travail qui lui a permis de recevoir cette prestigieuse distinction. En parlant du théorème de Szemerédi, Patrice Ossona de Mendez explique : « Élémentaire et d’une complexité infinie, cette démonstration est emblématique du tour de force d’Endre Szemerédi qui parvient à assembler ces briques pour aboutir à la preuve ».

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Pile poil

Les maths empilent les oranges. La page des sciences du Monde du 19 mai nous rappelle que la conjecture de Kepler sur l’empilement des sphères, dont une preuve faisant appel à l’informatique a été donnée par Thomas Hales en 1998, intéresse aussi des physiciens et pas seulement le marchand d’oranges ou de pommes ! Une équipe franco-allemande, impliquant notamment le Laboratoire de physique des solides (Université Paris-Sud/CNRS), vient de montrer que la structure en pyramide régulière (dite cubique à faces centrées) à base triangulaire est privilégiée pour des raisons de stabilité mécanique. Ces travaux, récemment publiés, pourraient intervenir dans la conception de matériaux poreux organisés.

L’été pointe à l’horizon. Quel livre mettre dans la valise ? « L’affinité des traces », le dernier roman de Gérald Tenenbaum qui est « mathématicien le jour, écrivain le soir » ? RTL.Be cite à son sujet Michel Mendès-France : « Il a des idées fixes, dans le sens positif du terme. Contrairement à nombre de mathématiciens, il ne reste pas caché dans son coin, il veut faire connaître ses idées ». Et JSS News nous affirme que le roman est « si captivant qu’on ne peut assurément pas le refermer » ! Autre suggestion : « Vingt ans de ma vie, simple vérité … la jeunesse d’Henri Poincaré racontée par sa sœur » ? Peut-être serez vous aussi tenté par « 60 tours magiques de mathématiques et de logique » de Souder Dominique ? Les enfants le savent, les mathématiques c’est magique !

Pour finir

L’Espace des sciences Pierres-Gilles de Gennes présente depuis le 3 mai une exposition participative « La science, une histoire d’humour ». Reçu par Marie-Odile Monchicourt sur France Info, le directeur de cet espace,
Richard-Emmanuel Eastes donne l’exemple : « Exponentielle et logarithme prennent un verre et on demande qui paie l’addition. Alors c’est Logarithme parce que logarithme népérien ». Euh ?
Autre exemple d’humour (involontaire) relevé par le coyote sur son blog avec cette séquence de probabilités appliquées. Sur France 2 le 10 mai l’animateur Nagui cuisine une candidate qui travaille dans un casino.

  • Nagui : En moyenne, on gagne tous les ?...
  • candidate : Y a pas de moyenne.
  • Nagui : Allez... Y a des probas.
  • candidate : Oui, mais...
  • Nagui : On a une chance sur combien de gagner dans ces jeux ?
  • candidate : Une chance sur deux.
  • Nagui : Une chance sur deux ? Ah oui, tu gagnes ou tu perds !
  • candidate : Voilà ! [Applaudissements.]

Pour vous remettre de cette révélation, vous pouvez toujours faire appel à
la super-héroïne « Math Girl », encore repérée par le coyote, à moins que, décidément, vous ayez séché les cours d’anglais au lycée...

Post-scriptum :

La photo du tapis de Sierpiński est reproduite avec l’aimable autorisation de son auteur Anabeth Dollins.

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse mai 2012» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Crédits image :

Image à la une - Wikimedia commons / Roger Moore Glandauer
Visualisation de la conjecture de Goldbach - Wikimedia Commons / Adam Cunningham et John Ringland
Captchas - AreYouAHuman
Papou du « Mount Hagen show » - Wikimedia Commons / Yves Picq
Le tapis des mathématiques - Anabeth Dollins
Bébé calcule le volume de sa bassine - Wikimedia Commons / Ingvar Kjøllesda
Ceci n’est pas une roulette russe - Wikimedia Commons / Quenot
Rallye lyonnais - Éric Le Roux / université Claude Bernard Lyon 1
Pile ou face - Wikimedia Commons / Jogadyl
Barbara Hendricks - flickr / Wouter Hogendorp
Énigmatique - Jean-Paul Delahaye
Pile poil - flickr / A G from Boston/Somerville, MA, USA
Bertrand Monthubert - Wikimedia Commons / David Monniaux

Commentaire sur l'article

  • Revue de presse mai 2012

    le 3 juin 2012 à 12:06, par Christine Huyghe

    Encore une revue de presse extrêmement bien documentée, avec de superbes illustrations. Bravo !

    Répondre à ce message

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