Revue de presse mars 2009

Le 26 mars 2009  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Actualités mathématiques

Maths et crise financière.
Dans Cyberpresse, un article intitulé « Les secrets scientifiques de la bourse » plonge dans les mathématiques de la finance et évoque la fameuse équation de Black-Scholes ainsi que les fractales de Mandelbrot.

Dans Cyberpress toujours, Jean-François Cliche du quotidien québécois Le Soleil revient sur la crise économique en consacrant un article à « l’homme dont l’équation a mis Wall Street à genoux ». L’article se conclut sur les paroles suivantes : « Ce n’est pas à cause d’une formule mathématique que les gens se sont mis à faire des subprimes [...] Ça ne leur a donné qu’un prétexte pour faire ce qu’ils voulaient faire de toute façon. »

Découverte du 272ème facteur de Fermat.
A l’occasion de la découverte du 272ème facteur de Fermat, le Portail de L’Alliance Francophone des projets BOINC propose un article grand public sur les nombres de Fermat et l’historique de leur détermination par le calcul intensif. De retour en France, plus précisément à Beaumont-de-Lomagne (Tarn et Garonne), la patrie natale du célèbre mathématicien du XVIIe siècle, se tient la sixième édition de la « Fête à Fermat » les 28 et 29 mars 2009. La Dépêche mentionne cet événement.

Mathématiques contre pandémies.
Le Conseil National de Recherches Canada (CNRC) met à l’honneur un groupe de chercheurs de l’Institut du BioDiagnostic du CNRC de Winnipeg. Celui-ci utilise des modèles mathématiques pour comprendre les modes de propagation des virus et les interactions entre individus lors d’une épidémie. Ces recherches ont pour objectif d’aider les autorités à prendre les bonnes décisions en cas d’épidémie ou de pandémies. La modélisation mathématique en épidémiologie (propagation des maladies) est une branche très importante et développée des mathématiques appliquées, liée de près aux problèmes de santé publique.

Parutions

Le numéro de mars de La Recherche consacre un article au mathématicien allemand Georg Cantor « l’homme qui a inventé les infinis ». Un encart de Patrick Dehornoy résume l’impact de travaux qui ont profondément marqué les mathématiques depuis plus d’un siècle : « Avant lui l’infini existait, mais pas comme objet de théorie ; il était matière à réflexion, mais pas sujet de démonstration ».

Le dernier numéro des Dossiers de la Recherche intitulé L’intelligence propose un article sur le sens des nombres. Des récents travaux en imagerie par résonance magnétique permettent en effet de comprendre de mieux en mieux comment se construisent les concepts de nombre et les premières opérations dans le cerveau de très jeunes enfants.

L’éditorial du numéro d’avril de Pour la science est consacré au Jeu de la vie.
Dans ce numéro, un article de Jean Paul Delahaye, « Le royaume du Jeu de la vie », explique que « l’univers plan du Jeu de la vie est l’exemple même d’un système simple susceptible d’engendrer de la complexité, du calcul et ... certaines formes de beauté ». On trouvera dans ce même numéro deux autres articles impliquant les mathématiques : « Dispute sur la parallaxe de la Lune » explique comment une simple erreur de signe commise dans un calcul publié en 1751 par Euler a conduit à une brouille durable entre les astronomes Jérôme Lalande et Pierre-Charles Le Monnier ; « Vers le haut ou vers le bas ? » montre comment un peu de géométrie permet de résoudre un paradoxe sur la partie éclairée de la Lune.

Fil rouge sur les réformes

Positions générales.
Dans la Nouvelle République, on trouve une interview de Michel Lussault, Président du Pôle Recherche et Enseignement Supérieur de Lyon, qui soutient l’action de Valérie Pécresse. Selon lui, la cause du mouvement est triple : maladresse du gouvernement, « psychologie des foules », et une certaine forme d’illettrisme partagée par les enseignants-chercheurs : « Quand les collègues prendront le temps de lire ce projet de réforme, ils s’apercevront que ce décret est fait pour les protéger [...]. Mais aujourd’hui plus personne ne lit ! Plus personne n’est sur des positions rationnelles et sensées. On est dans la psychologie des masses et des foules qui réagissent à la moindre rumeur sans aucune réflexion de fond. »

Sur le blog scientifique Sciences2 de Libération, le 16 mars 2009, « Les directeurs de laboratoire menacent de démissionner ». On y trouve une liste assez longue et précise les motifs de contestation.
Sous le titre « Scandale à la Conférence des Présidents d’Université ? », toujours sur le blog science de Libération, un article relate l’affaire du communiqué de presse de la Conférence des Présidents d’Université qui ne correspondait pas à la position adoptée par l’assemblée, et dénoncé par une partie des présidents d’université.

Formation des enseignants.
L’Humanité se fait l’écho dans une tribune libre d’une lettre ouverte à X. Darcos du 12 mars signée par la Société Mathématique de France, mais aussi par un florilège d’associations et de sociétés savantes représentant de nombreuses disciplines : biologie, histoire, informatique, lettres, langues anciennes, langues étrangères, mathématique, mécanique, physique, statistique. Le 13 mars, X. Darcos et V. Pécresse ont publié un communiqué de presse.

Les chaires université/organisme, dites « d’excellence ».
Dans « C’est classe », un blog de Libération, un article est consacré au problème des chaires université/organismes : « Les normaliens ont la chaire sensible ». Ces chaires université-organisme permettront à de jeunes enseignants-chercheurs d’obtenir une décharge d’enseignement et des moyens supplémentaires pendant cinq années suivant leur recrutement (voir le discours de Valérie Pecresse du 20 octobre 2008). L’article du blog met en garde sur les problèmes que ces chaires peuvent susciter. Voir aussi la brève d’Images des Mathématiques du 3 février 2009.

Le problème de l’évaluation et de la bibliométrie.
Sur Rue89, un article intitulé « Un chercheur sachant publier est-il un bon chercheur ? » traite de ce problème : « Les critères bibliométriques doivent être utilisés avec mesure. Ils peuvent jouer un rôle –sous le contrôle d’experts scientifiquement compétents– pour les évaluations collectives, mais sont inadaptés aux évaluations individuelles. Ils donnent des indications utiles, mais ne sont pas un reflet exact de la performance ou du niveau de créativité de la recherche française. »

Sur le site La République des Lettres, une courte biographie du biologiste Frederick Griffith décrit le parcours d’un scientifique brillant qui n’aurait convenu à aucun des critères d’évaluation que proposent les réformes actuelles. On y trouve la conclusion suivante : « Dans une période qui énonce comme »de bon sens« le fait d’évaluer les chercheurs selon le nombre de leurs publications et les résultats obtenus, [...] le parcours de Frederick Griffith résonne comme un avertissement. L’excellence ne se confond pas avec un prix Nobel ni avec la programmation d’expériences parfaitement cohérentes avec la cible visée, se succédant dans un plan logique imparable. Les chercheurs se doivent [...] de prendre des chemins de traverse, de toujours prendre le temps de douter pour, peut-être, trouver — encore faut-il qu’on leur en laisse le temps, la latitude. »

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse mars 2009» — Images des Mathématiques, CNRS, 2009

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