Revue de presse mars 2013

1er avril 2013  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Voici pour ce premier avril des nombres en pagaille, des en or, des premiers et pas forcément les plus compliqués, et puis de la logique à tous les étages avec des jeux non-transitifs, des mathématiciens non-fous, un non-événement médiatique. En cherchant bien, vous trouverez même un scoop qui s’apparente à un délit d’initié...

C’est le printemps !

Le journal Le Monde nous invite à un printemps très mathématique, en lançant la publication d’une collection de livres intitulée « Le monde est mathématique ». Ces quarante ouvrages, rédigés par des mathématiciens espagnols, ont déjà été diffusés en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni. La nouvelle édition proposée par Le Monde et l’éditeur espagnol RBA, est parrainée par le « vulgarisateur intarissable » Cédric Villani et coordonnée par
l’Institut Henri Poincaré, avec le concours de … l’équipe d’Image des maths ! On peut lire sur notre site un extrait du premier tome consacré au nombre d’or. France Inter s’associe également à l’opération. On a pu écouter Cédric Villani le 21 mars dans l’émission La tête au carré de Matthieu Vidard. On peut aussi le lire dans Le Monde. Il explique « son souci de susciter des vocations scientifiques, mais aussi de contribuer à élargir la “culture de l’honnête homme”. » Il assure que le métier de mathématicien est « un métier dans lequel subsiste une grande part d’aventure. » « Il est très important qu’un nombre suffisant de jeunes embrasse cette carrière. Pour cela, il faut leur apporter un éclair de rêve, afin de les inciter à se lancer dans des études qui peuvent sembler longues et pénibles, mais qui le sont moins qu’il n’y paraît, et se révèlent souvent très gratifiantes. » Selon lui, il est aussi « important et enrichissant pour tout le monde de comprendre ce qui a été réalisé avec la mathématique ». « En outre, les scientifiques ont aussi besoin de reconnaissance, de se sentir appréciés, et non d’être désignés comme des bêtes curieuses qui font quelque chose de peu productif, d’incompréhensible. » « On sait bien que la recherche française est de qualité ! On sait bien aussi qu’il est normal qu’un chercheur échoue dans ses recherches. La plupart du temps cela ne marche pas, et c’est normal ! »
Le 21 mars toujours, dans Le Monde encore, a été lancé le premier d’une série de défis mathématiques en vidéo ! Le premier défi était proposé par… Cédric Villani et il portait sur les palindromes. Si vous séchez … voici la réponse.

PNG - 77 ko
Poème palindromique de Su Hui

Comme à contre-courant, Le Monde publiait le même jour un article intitulé « La logique, antichambre de la folie ? » Les mythes ont la vie dure... Il y est question de savants fous, ou plus précisément de mathématiciens fous. Ces derniers seraient plutôt des « personnes en retrait de la société ou ayant de vrais problèmes mentaux » que des Docteur Frankenstein. Quelques exemples cités pêle-mêle : Grigori Perelman ou Alexander Grothendieck ont tous deux décidé de se retirer de la vie scientifique (et de la vie sociale) après avoir obtenu des résultats majeurs ; Georg Cantor, père de la théorie des ensembles, mourut en hôpital psychiatrique ; Kurt Gödel, logicien célèbre, « mourut amaigri, ayant refusé de s’alimenter par peur d’un empoisonnement. »
Il semblerait que cette « épidémie » touche plus les chercheurs en logique, discipline « aux frontières de la science et de la philosophie. » « Tous ces savants, en jetant au début du XXe siècle les bases d’une logique nouvelle, ont aussi plongé dans les tréfonds de leur matière et de la raison. » Mais Cédric Villani nous rassure en conclusion de l’article : « Il n’y a guère plus de fous en maths qu’il n’y en a en musique ou en peinture. Les cas célèbres sont un peu les héros de notre mythologie. Ce n’est pas quand on est fou qu’on est le plus productif. Car il faut pour cela des facultés de raisonnement logique. »

PNG - 87.8 ko

Dans un silence assourdissant de la presse généraliste, Le café pédagogique s’enthousiasme : « Pour quelques heures, Paris est devenu la capitale mondiale des maths le 5 mars. » Après Montréal, Cambridge, San Diego et Melbourne, le siège de l’UNESCO a en effet accueilli la Journée des mathématiques de la planète terre pour le lancement officiel de MPT2013 en Europe. « Cette initiative soutenue par une centaine d’instituts de recherche et de sociétés savantes comme l’Union mathématique internationale (UMI), propose des événements et des expositions tout au long de 2013. » L’Agence Science Presse canadienne précise que c’est « une idée propulsée par la Québécoise Christiane Rousseau, du Centre de recherches mathématiques de l’Université de Montréal. » Une idée qui remonte à 2010, raconte la mathématicienne, avec « une collaboration interuniversitaire de 13 centres de recherches mathématiques du Canada et des États-Unis autour d’études sur les changements climatiques et le développement durable », élargie depuis au monde entier et à des thématiques variées, pour montrer que « faire des mathématiques, c’est aussi être connecté sur les grands problèmes de notre époque. » À Paris, la Journée MPT a été l’occasion de récompenser trois réalisations en direction du grand public :
un logiciel permettant d’explorer les différentes projections cartographiques, un autre logiciel pour calculer et visualiser la dispersion d’un nuage de cendres volcaniques, et enfin un film décrivant les travaux complémentaires des mathématiciens et des glaciologues pour déterminer l’évolution des glaciers. « Pour Charles Torossian, inspecteur général de mathématiques, le programme MPT2013 renvoie à des mathématiques “comme on souhaite les diffuser dans l’éducation nationale, dans une approche concrète qui permettra de motiver les élèves.” Il souligne aussi la dimension interdisciplinaire des projets présentés. Justement la France entrera le 18 mars dans la Semaine des maths. Pour C. Torossian elle doit être l’occasion de sortir les maths du bois. “Il faut montrer la présence concrète des maths dans les établissements. Que les gens montrent ce qu’ils ont fait avec des posters et des conférences.” Des milliers d’initiatives sont attendues. »

En préambule de cette Semaine des maths, Stéphane Paoli consacrait son émission 3D du dimanche 17 mars sur France Inter aux « mathématiques de la planète Terre, c’est-à-dire les fluides, les vagues et autres mouvements du sol, les vents et les marées, autant de phénomènes qui libèrent les mathématiques de leur isolement conceptuel. » Il y recevait Jean-Pierre Bourguignon, François Gaudel et Sylvie Benzoni-Gavage. Et c’est bien Stéphane Paoli qui a dit : « Il y a une chose qui m’a frappé [...], c’est le côté, l’aspect jubilatoire de leur discours. À chaque fois, je suis sidéré : on dirait des enfants qui s’amusent, les mathématiciens. » Puis, plus tard : « Et alors vraiment ! On en a parlé, des livres ont été publiés : je ne peux pas m’écarter de cette jouissance visible sur vos visages à tous, hommes et femmes parlant de mathématiques. Qu’est-ce qu’il y a là-dedans ? C’est à ce point jubilatoire, les mathématiques ? »

PNG - 872.6 ko
Imaginary — Christian Gayer

Pour revenir à la journée MPT du 5 mars à l’UNESCO, elle fut aussi le théâtre du lancement de la plate-forme imaginary.org. Portée par le Mathematisches Forschungsinstitut Oberwolfach dans le prolongement l’exposition Imaginary, qui a été montrée depuis 2008 dans plus de 80 villes du monde, cette plate-forme riche d’images et de ressources en libre accès (dont les logiciels et film primés) a fait l’objet d’articles retentissants dans la presse européenne. Notamment dans Der spiegel (« So spektakulär ist Mathematik ») et Le Scienze (« In mostra a Parigi la matematica da guardare »). Rien dans la presse française encore une fois.

Tableau d’honneur

JPEG - 73.5 ko
Pierre Deligne

Le mathématicien Pierre Deligne est le lauréat du prix Abel 2013 ! Libération n’hésite pas à le qualifier avec emphase « d’homme aux trois prix Nobel », faisant ainsi allusion aux deux autres récompenses prestigieuses qu’il a déjà obtenues : la médaille Fields et le Prix Crafoord. « Géomètre-algébriste, Pierre Deligne fait partie de cette école qui tente de rapprocher les deux disciplines en utilisant la capacité à montrer de la géométrie et la puissance de l’algèbre quand il s’agit de démontrer ». La géométrie algébrique est un sujet réputé pour sa difficulté, mais cela n’empêche pas Pour la Science d’énoncer les conjectures de Weil, et d’expliquer que Deligne a pu en terminer la résolution « en utilisant abondamment une théorie cohomologique développée par Grothendieck ». De nationalité belge, ayant étudié en France, actuellement professeur à Princeton (Etats-Unis), « Pierre Deligne souligne à lui tout seul à quel point le décompte des nationalités a quelque chose de vain quand il s’agit d’établir des palmarès des mathématiciens ». La Libre Belgique rappelle qu’« il a été fait vicomte par le roi Albert en 2006 et a déjà eu l’honneur d’avoir un timbre à son effigie », et nous invite à relire un entretien, tandis que le géomètre explique que « les maths sont un plaisir esthétique intense ».

D’autres mathématiciens ont été récompensés ce mois-ci. Ainsi, le CNRS a décerné une médaille de l’innovation à Stéphane Mallat, « un des pionniers qui ont introduit les bases orthogonales d’ondelettes et les représentations
parcimonieuses », à l’origine « des algorithmes de représentation et compression d’images par ondelettes, qui ont mené au standard international JPEG-2000 ». Une information reprise par Obamaths et même la presse économique avec l’Usine Nouvelle, qui relève que Stéphane Mallat « est à l’origine de 10 brevets internationaux » ! Au Canada, c’est Stephen Cook, mathématicien et informaticien qui a obtenu la médaille Herzberg, ainsi que le relate Marketwire. Cook a été le premier à formuler le problème P=NP, aujourd’hui la question la plus importante de l’informatique théorique.

Un prix littéraire récompense aussi les maths, par ricochet : Yannick Grannec a reçu le prix des libraires pour La déesse des petites victoires, son roman déjà évoqué ici. Pour Le Nouvel Observateur, elle « a réussi l’impossible équation, réconcilier la littérature avec les mathématiques, en racontant la vie du grand logicien autrichien Kurt Gödel ». À signaler aussi sur le site de l’AGEFI : la nomination de Pierre-Yves Geoffard, un « mathématicien-économiste » à la tête de l’École d’économie de Paris.

JPEG - 61.8 ko
Erasmus

Les mathématiciens sont aussi à l’occasion des militants. Le plus médiatique d’entre tous, Cédric Villani, cosigne une tribune dans Libération pour sauver le programme d’échange européen Erasmus. Car être « à la tête d’un institut de recherche fondamentale créé spécifiquement pour redynamiser les échanges internationaux dans un monde dévasté par la guerre » (comprenez l’Institut Henri Poincaré) lui a appris « le pouvoir de ces échanges ouverts et internationaux, qui donnent corps à l’idée de citoyenneté européenne ».

Autre tribune dans Le Monde : « Qui a peur de l’open access ? ». Des acteurs du monde de l’édition scientifique (des chercheurs — dont des mathématiciens — des éditeurs et des bibliothécaires) défendent les « publications en accès ouvert (gratuit pour le lecteur) des résultats de la recherche scientifique financée sur fonds publics ». Devant la tiédeur de certains acteurs des Sciences humaines et sociales, on insiste : « l’accès privatif bride la dissémination des idées et est inadapté aux nouveaux paradigmes offerts par le numérique [...] N’ayez pas peur de l’accès ouvert ! ». Attention quand même, la question de l’open access n’est pas si simple, comme nous en parlions ici.
Et n’oublions pas les mathématiciens engagés de jadis ! Ainsi Gaspard Monge, organisateur de la Révolution, est évoqué en détail dans l’émission Au cœur de l’histoire sur Europe 1.

« Mathématiques : les filles en puissance », titre le Télégramme de Brest. Après une louange à l’école mathématique française et sa moisson de médailles Fields exclusivement masculines, l’article nous apprend que l’on « assiste depuis quelques années à un mouvement de bascule très sensible. Les filles sont en pointe [...] Elles se dérobent moins devant l’obstacle ». Un point de vue que ne partage pas le Huffington Post, pour qui au contraire, « les filles ont toujours de meilleurs résultats en lecture et les garçons en mathématiques ». D’après une étude récente, c’est un phénomène universel que l’on observe « dans tous les pays, quel que soit le niveau d’éducation ». Plutôt que d’opposer sciences et lettres, Sud-Ouest les réconcilie : on peut « aimer autant les maths que le français ».

Modèles

JPEG - 203.6 ko
Cœur numérique

Les maths ont du cœur ce mois-ci. La modélisation numérique du cœur a fait l’objet d’un communiqué de presse d’Inria. L’équipe M3DISIM d’Inria Saclay parvient à une véritable « météo du cœur ». L’idée est « d’anticiper d’éventuels accidents cardiaques, mais également d’aider le spécialiste à établir son diagnostic et ainsi, à mieux anticiper les effets de différentes stratégies thérapeutiques » (on peut consulter Interstices sur le même sujet). De la météo du cœur à celle des épidémies, il n’y a qu’un pas. Le site Science étonnante nous explique de façon très intéressante la notion de seuil épidémique avec des graphes aléatoires. On peut passer ensuite à la météo des cartes bancaires en s’intéressant aux applications de l’exploration de données (data mining) à la prévision de faillites personnelles. Pour ce faire, il faut « analyser la fréquence et le type de transactions de bons et de mauvais payeurs », selon des chercheurs de l’université de Sherbrooke. Les mathématiques n’ont quand même pas que des amis dans le monde de la finance : « certains économistes soulignent leur inefficacité voire leur nocivité en cas de nouveau tsunami financier », rapporte 20 minutes. Le problème ? « Les ingénieurs mathématiciens ont bien souvent une confiance aveugle dans leurs modèles, mais ceux-ci sont une simplification extrême de la complexité des marchés. Ils ne prennent pas en compte les “cygnes noirs”, les évènements rares qui peuvent survenir. »

JPEG - 29.5 ko
Albatros Airline

Cependant les compétences en mathématiques n’intéressent pas que les banques. David Larousserie nous relate dans Le Monde la cinquième semaine de Maths Entreprise où « de jeunes volontaires » ont pu s’atteler à « la détection sur des images des défauts dans l’acier (...) la modélisation de la production solaire » ou « l’imagerie du sous-sol ». Selon Céline Lacaux, l’une des organisatrices, « les entreprises commencent à se rendre compte de la maturité et de l’ingéniosité des docteurs » et cela se vérifie jusque dans l’industrie du dessin animé. On peut par exemple lire le compte rendu de la conférence “Maths in the movies” de Tony DeRose (actuellement à la tête du département recherche de Pixar) signalée par Tom’s guide (voir aussi cet article en anglais). Il y explique l’intervention des mathématiques dans leurs films, et en particulier dans l’animation des visages. De son côté, l’Agence Science Presse explique qu’« une équipe d’ingénieurs de l’École polytechnique de Montréal se penche actuellement sur de nouveaux modèles d’ailes aérodynamiques inspirées par le vol de l’albatros », afin d’économiser jusqu’à 10% du carburant. « Le grand défi, c’est […] de parvenir à modifier la forme des ailes en vol. » Objets en mouvement légèrement plus massifs, les planètes font un ballet guère contrôlable et encore mystérieux. Sur le fameux problème des trois corps, deux chercheurs serbes (Milovan Suvakov et Veljko Dmitrasinovic ) viennent de découvrir de nouvelles solutions périodiques, nous signale Futura Sciences.

Ça n’a pas grand-chose à voir mais « il aura fallu presque 150 ans de recherches pour mettre fin à cette absurdité. Trois mathématiciens du très renommé MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Cambridge ont mis fin à quasi un siècle et demi de doute en découvrant la fameuse combinaison mystère qui permet de taper la lettre “É” sur des claviers de type AZERTY. » Explication à lire sur Le Gorafi. Bon, c’est une découverte quand même bien modeste en comparaison de celle-ci : « Les courbes représentant les courants faibles mesurés dans les neurones des limaces présentent une étonnante similarité avec les fonctions L de Hasse-Weil sur la droite critique. » En clair, les courbes elliptiques joueraient un rôle dans la perception olfactive des limaces. Vous retrouverez tous les détails sur le blog MPT2013, Un jour, une brève.

Un jeu d’enfants

La semaine des mathématiques a donné lieu à de nombreuses manifestations
destinées à les présenter sous un aspect ludique. France 3 souhaite « faire des mathématiques un jeu d’enfants ! ». « Et si on jouait aux mathématiques ? » propose La Charente Libre. « Jeux mathématiques pour les doigts et les méninges », annonce La Montagne, « une énigme par jour à trouver durant la Semaine des mathématiques » relaie Sud-Ouest.

JPEG - 84.9 ko
Jeu mathématique

La Voix du Nord réserve à ses abonnés un « concours de mathématiques en famille » et rappelle que « le bridge, c’est aussi une affaire de mathématiques ». Il n’a pas échappé au Midi Libre que le thème de la semaine était les mathématiques de la planète Terre. Dans ce cadre, « les parents invités ont pu jouer, sur les conseils de leurs enfants, à l’Awalé africaine, à la Scopa italienne, à la course aux grands nombres et à des jeux géométriques. »

« Les jeux mathématiques en compétition » contés dans Ouest France nous donnent une transition rêvée vers les compétitions traditionnellement relayées dans la presse régionale : olympiades dans L’Union, olympiades internationales dans Le Nouvelliste et des rallyes dans La Nouvelle République et La Voix du Nord.

Shifumi ou pierre-feuille-ciseaux. Slate nous prévient : « avant que tout le monde ne se moque, sachez qu’il y a de la technique dans ce sport qu’est pierre-feuille-ciseaux ». On apprend que les qualités requises sont très similaires à celles des joueurs de poker. « Pierre-feuille-ciseaux est le sport non-modifié le plus vieux et le plus joué du monde. Avec un peu d’effort et d’étude de la théorie des jeux non-transitifs tripartis, vous n’aurez plus jamais à descendre les poubelles, et la dernière part de pizza sera toujours à vous. »

Côté jeux, la palme du sérieux revient à Manjul Bhargava : ce mathématicien de premier plan organise dans la très select université de Princeton un « séminaire intitulé “The Mathematics of Magic Tricks and Games” [1]. » Adaptant un communiqué de l’université de Princeton, le site Obamaths présente ce séminaire qui permet de « montrer et démontrer le côté ludique, amusant et pratique d’une matière qui passait pour celle des génies », mais aussi leur « côté vraiment “créatif” ».

Si vous n’aimez pas les jeux, Le Bien public vous vend « les mathématiques autrement » ; mais La Voix du Nord renchérit et vous fait « découvrir les mathématiques autrement » aussi. À moins que vous ne les préfériez, toujours avec La Voix du Nord, « sous un nouveau jour » ?

PNG - 327.9 ko
Les variations Goldbach

La conjecture de Goldbach est l’un de ces problèmes non résolus dont l’énoncé est à la portée d’un élève de sixième : tout nombre pair est somme de deux nombres premiers. Dans Oncle Petros et la conjecture de Goldbach [2], ce qui commence comme un jeu devient une obsession destructrice du personnage éponyme. L’objet de sa fascination a-t-il trouvé son maître ? Comme on l’a déjà évoqué dans la revue de presse, le Guinéen Sambegou Diallo (« désigné parmi les 100 Guinéens qui ont marqué l’année 2012, par le plus grand magazine du pays : Jours de Guinée », selon Obamaths) affirme avoir démontré la conjecture de Goldbach. Obamaths et le blog du coyote ont repéré que la moitié de son texte est à présent disponible sur deux serveurs de prépublications, le douteux rxiv et le plus sérieux HAL. Rumeurs d’Abidjan s’enflamme, mais attendons que les experts valident la preuve. Pour un point de vue plus scientifique, on se reportera à cet article, dont les commentaires illustrent qu’Oncle Petros n’est pas le seul aficionado.

Et en guise de jeu, nous vous proposons la lecture de billets disons, décalés, de Philippe Waeselynck sur son blog Mediapart : combinaisons mathématiques et le discret et le continu.

Parutions

Géométrie sur des ensembles de points isolés. La Recherche interviewe ce mois-ci un théoricien des nombres, Driss Essouabri. Avec Ben Lichtin (de l’université de Rochester) ils ont posé les fondements d’une nouvelle théorie pour étudier la géométrie des ensembles fractals discrets. Ils ont démontré des propriétés importantes de la « fonction zêta fractale » associée à ces ensembles, propriétés qui permettent non seulement d’obtenir des renseignements sur leur géométrie (comme leur « dimension fractale »), mais aussi de nombreuses propriétés jusque-là inaccessibles comme l’explique un communiqué du CNRS publié en début d’année.

Terre en vue. La revue canadienne Accromath semi-annuelle (produite par l’Institut des sciences mathématiques du Québec et le Centre de recherches mathématiques de Montréal) est partenaire de l’opération « Mathématiques de la planète Terre 2013 » (MPT 2013). Pour cette année, deux numéros spéciaux sont donc programmés et la revue a ajouté un logo « MPT 2013 » devant chaque article plus ancien en lien avec le sujet à commencer par le dossier GPS du premier numéro. Au menu de ce volume 8 d’hiver-printemps (sorti peu avant le lancement officiel de l’opération à l’UNESCO dont nous parlons plus haut) : Comment Inge Lehmann a découvert le noyau interne de la Terre, Les mathématiques pour éradiquer une maladie, Des prédateurs et leurs proies, Propagation et contrôle du VIH : un modèle mathématique … Une belle moisson de dossiers qui intéresseront un très large public ! Nous attendons le prochain numéro avec impatience.

Les dés affreux d’Efron.

JPEG - 22.5 ko
Dés d’Effron

Affreux car ces « dés non transitifs », inventés par Bradley Efron vers 1970, trompent l’intuition commune : le dé A gagne sur B, B sur C, C sur D et D sur A ! La rubrique « logique et calcul » du magazine Pour la science d’avril remet les jeux de dés à l’honneur en présentant le « monde à l’envers » de l’intransitivité. Jean-Paul Delahaye s’y intéresse aussi aux descendants « superparadoxaux » des dés d’Evron.

Pour finir

JPEG - 44.1 ko
Pikachu à Tunis

On dessine plutôt des poissons en cette saison, mais c’est l’équation de Pikachu que le blog eljjdx nous livre. Il y est question de séries de Fourier et d’approximations plus ou moins précises. Le pauvre Pikachu en perd ses pieds.

Post-scriptum :

L’image du cœur numérique est reproduite avec l’aimable autorisation de Nicholas Ayache.

Notes

[1Les mathématiques des tours de magie et des jeux

[2Roman d’Apóstolos Doxiádis.

Commentaire sur l'article

Laisser un commentaire

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre IDM