Revue de presse mars 2021

Le 1er avril 2021  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Le mois de mars se termine par de nouvelles mesures de confinement annoncées par Emmanuel Macron : si jamais vous en doutiez, il est bien évident que la pandémie est toujours omniprésente ! Il reste heureusement de la place pour quelques nouvelles intéressantes, belles – comme ces dessins éphémères sur le sable, qui sont Ian’s Prod – et même parfois drôles.

Recherche

La rubrique est assez limitée ce mois-ci. « Israël a un nouveau mathématicien intelligent » ! C’est avec cette accroche insolente qu’IsraelValley nous présente un petit génie… la Ramanujan machine, dont nous vous avions parlé le mois dernier. L’article original a été publié dans le Times of Israel.

L’Est Républicain republie tel quel un article de The Conversation d’avril 2020, qui nous emmène faire une balade mathématique en forêt. Les arbres qui peuplent une forêt sont-ils liés aux caractéristiques du milieu ou là par hasard ? Les modèles mathématiques permettent d’intégrer ces deux hypothèses antagonistes, pour essayer de comprendre comment évolue la diversité au sein des forêts.

Pourquoi docteur ? raconte sommairement la création d’un « outil permettant de déchiffrer le langage utilisé par les cellules humaines pour communiquer entre-elles ! » Un travail vraiment pluridisciplinaires car il fallait « être en mesure d’écouter ce qu’elles se disent et [développer] les outils mathématiques et d’apprentissage automatique permettent la traduction de ces messages ». Un peu sur le même thème, mettons ici ce billet d’Hervé Lehning sur Futura sciences à propos des messages chiffrés du tueur du Zodiaque.

Vie de la recherche

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Thierry Coulhon

À l’occasion d’un entretien avec Thierry Coulhon, le président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), et Frédérique Sachwald, la directrice de l’Observatoire des sciences et techniques (OST), on se réjouit d’apprendre que « la France consacre une importante quantité de ses ressources aux dépenses de recherche et de développement » (même si « ce n’est pas qu’une question financière »), que les réorganisations ont « probablement eu un effet positif », que « la France est l’un des pays qui copublie le plus avec des partenaires étrangers »… mais la recherche n’est pas dans une « situation favorable », parce que sa part de publications et l’impact de ses publications baissent.

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Frédérique Sachwald

Mais qu’en est-il de l’objectif de dépenses correspondant à 3 % du PIB ? Et de la baisse du nombre de postes d’enseignants et de chercheurs ? De cela il n’est pas question, on parle ici uniquement de publications. Quand la journaliste les questionne sur la pertinence de ces indicateurs, Thierry Coulhon du Hcéres a beau préciser que « l’évaluation de la recherche […] ce n’est pas ce que nous faisons dans ce rapport. Ici il s’agit d’établir une photographie de l’état de la recherche au niveau mondial », on a du mal à saisir la nuance.
Pour finir, alors que la compétition s’intensifie entre universités à l’aune de la nouvelle loi de programmation pour la recherche, est-il acceptable que soit ensuite reprochée la « cohésion des acteurs de recherche qui pourrait être plus grande » ?
L’entretien est à lire dans Marianne, et le rapport dont il est question est disponible sur le site du Hcéres.

Dans sa carte blanche au Monde ce 3 mars, Étienne Ghys rend hommage à Isadore Singer, et revient sur sa collaboration avec Michael Atiyah. Il illustre par une métaphore alpine leur travail qui aboutit sur la démonstration du théorème de l’indice : « ils ont attendu de disposer de trois démonstrations différentes, un peu comme un sommet qu’on atteint par plusieurs voies, chacune apportant une nouvelle perspective ». Atiyah est décédé en 2019, Singer en février dernier.

Isadore Singer en 1977 {PNG}
Michael Atiyah en 1977

On passe en mode ascension de l’Annapurna par Ueli Steck pour revenir sur la conjecture ABC, plusieurs fois évoquée dans la revue de presse [1], dont le mathématicien japonais Shinichi Mochizuki affirme détenir une démonstration depuis bientôt dix ans. Une dépêche d’ETX Studio (dont on peut lire le manifeste étonnant ici) reprise par plusieurs journaux dont L’Indépendant, La Dépêche et la RTBF raconte que ce mathématicien japonais réclame avoir résolu la conjecture ABC énoncée en 1985, et vient d’avoir son article publié dans un journal… dont il est éditeur en chef. Même s’il s’est retiré du processus d’évaluation par des experts et qu’il n’y a pas eu de violation des règles éditoriales, le doute persiste. On trouvera plus de détails dans cet article de Nature (en) d’avril 2020, lorsque la publication a été acceptée.

Azat Miftakhov {PNG} Tuna Altinel {JPEG} Laila Soueif {PNG}

« On ne cédera pas »

À l’occasion de la journée internationale des Mathématiques le 14 mars dernier dont le thème était « Mathematics for a better world » (des mathématiques pour un monde meilleur »), un collectif nous a rappelé que la permutation « A better world for mathematicians » (un monde meilleur pour les mathématiciens) tenait aussi. Azat Miftakhov en Russie, Tuna Altınel en Turquie, Laila Soueif en Égypte. Trois mathématicien·nes privés de leur liberté.

Le cas du logicien Tuna Altınel est d’ailleurs évoqué dans Charlie Hebdo. Tuna Altınel, acquitté après des accusations ineptes de propagande terroriste, bien que libéré de toute charge judiciaire, est toujours retenu en Turquie car son passeport ne lui a pas été rendu. Il ne peut donc pas revenir à Lyon où il est maître de conférences. Pour essayer de faire avancer les choses, une rencontre numérique entre Michel Broué et Tuna Altınel, deux mathématiciens engagés pour la défense des droits de l’homme, a été diffusée en direct sur YouTube. Il est toujours possible de revoir la vidéo intitulée « On ne cédera pas ».

Tout à la fin du mois, une rencontre avec un journaliste de l’AFP donne lieu à des articles dans Courrier International, Le Télégramme et Euronews : « Je suis l’otage de l’État turc », proclame Tuna Altınel. « Le mathématicien y voit la “logique implacable” d’une “machine administrative qui cherche à noyer, écraser les gens avec la bureaucratie”. “Le mot kafkaïen revient souvent quand j’en parle avec mes amis”, dit-il. »

Parité

Il n’est pas facile de « trouver sa place comme femme dans les disciplines “dures” », lit-on dans La Presse. Trois femmes scientifiques de grand renom témoignent de ces « difficultés particulières » dans L’Humanité. Or « la science a besoin de plus de femmes », comme le disent la généticienne Aude Bernheim et l’économiste Elyès Jouini dans Sciences et Avenir.

Plusieurs initiatives apparaissent dans la presse. La Dépêche annonçait « une semaine sur les femmes scientifiques » à partir du 8 mars. La journée internationale des droits des femmes est l’occasion pour Carenews d’interroger « la directrice internationale des programmes L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science », qui soutient depuis 2019 la Maison Poincaré. Le Petit Journal propose « sept idées ». Plus concrètement, « Québec investit 8 millions pour augmenter la présence des femmes dans le milieu des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques », indique La Presse. « L’école vaudoise » va nommer des « “ambassadrices” pour inciter les filles à davantage se tourner vers [les mathématiques] », relate La Cote.

COVID

Un anthropologue du CNRS et une vétérinaire épidémiologiste de Maison-Alfort reviennent sur les origines de la pandémie dans un intéressant podcast de France Culture. Si les chauves-souris chinoises semblent bien être à l’origine de la pandémie comme porteuses de nombreux virus voisins de nos covids, il n’y a actuellement pas de résultats sérieux sur le passage à l’homme. Le pauvre pangolin semble innocent, les recherches continuent. On y évoque aussi les mythes qui s’attachent à ces mammifères aériens, ainsi que leur physiologie. Les espèces de nos régions, beaucoup plus petites, sont des animaux utiles comme grandes mangeuses d’insectes, et trop chargées d’images négatives. Frédéric Keck est aussi le coauteur d’un ouvrage sur Les chauves-souris qui vient de paraître aux éditions du CNRS.

Fin février et début mars, les prévisions d’évolution étaient hésitantes : l’Institut Pasteur prévoyait un rebond dû aux variants (une baisse des infections par la première forme, mais une plus forte montée de variants plus contagieux) selon le Nouvel Obs. Le 4 mars, Le Figaro constate que l’épidémie progresse mais ne s’emballe pas, et que le gouvernement dit espérer un retour à une vie plus normale peut-être dès la mi-avril.

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Jean-Stéphane Dhersin

Mais dans cet article, Jean-Stéphane Dhersin (INSMI) est plus pessimiste et signale que les nouveaux variants, avec des taux différents conduisent à traiter plusieurs épidémies en parallèle, et Mircea Sofonea que le taux de reproduction reste au-dessus de $1$. On sait ce qu’il en est à ce jour de l’espoir d’une vie plus normale mi-avril.

Variants

Le 3 mars, deux virologues (Anne Goffard du CHU de Lille et Étienne Simon Laurière de l’Institut Pasteur) font le point sur les variants sur France Culture. L’actuel virus initial européen est assez éloigné du virus chinois, et a pu apparaître dans des régions sans séquençage, ou bien (phénomène qui peut aussi expliquer l’apparition d’autres variants) chez des patients très immuno-dépressifs où la maladie est longue (4 à 6 semaines), phénomène remarqué dans les cas de VIH et d’hépatite C. Les variants anglais, sud africains et brésiliens ont une des mutations principales en commun. Les phénomènes de délétion pourraient invalider des tests trop spécifiques, mais les tests actuels sont « multiplex ».

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Étienne Simon-Lorière

Actuellement, quels que soient les variants, les vaccins utilisés en Europe semblent diminuer très fortement les formes graves. L’exemple d’Israël semble montrer que les vaccinés ne sont plus transmetteurs. L’efficacité des vaccins dans le temps est à l’étude.

La France a aussi « son » variant, dit breton. Apparus lors d’un cluster à Lannion, les malades présentent les symptômes classiques et des tests négatifs. Des tests sérologiques et des prélèvements dans les voies respiratoires basses confirment la présence du virus comme l’indiquent France Culture et L’Express.

Géodes (Géodonnées en santé publique) publie de nouveaux indicateurs pour suivre l’évolution des variants, portant à 123 le nombre total de ses indicateurs de suivi de l’épidémie, destinés à la recherche en laboratoire. Ils sont détaillés sur le site de Santé publique France. Le groupe pharmaceutique Roche propose par ailleurs un nouveau test pour détecter les variants, rapporte Le Figaro.

Vaccins, tests et stratégies

Les cas de thrombose survenus chez des sujets vaccinés avec le vaccin Astra Zeneca (au 24 mars, 7 cas sévères de thrombose et 18 cas cérébraux de gravité moindre) ont engendré l’inquiétude, amenant plusieurs pays à en suspendre l’administration. Cependant, disent Les Échos, après étude, l’autorité européenne de santé donnait son accord pour son utilisation dans un communiqué un peu ambigu (pas de lien avéré, mais on ne peut exclure…). La France lui emboîtait le pas, en le réservant aux plus de 55 ans, petite contradiction avec sa position initiale (interdiction pour les plus de 65 ans).

Dans la foulée, le premier ministre se faisait médiatiquement vacciner. Sur le rôle et les enjeux de la pharmacovigilance, on peut écouter cette émission de France Culture.

Accusée par l’Autriche et cinq pays de l’Union européenne de répartition non égalitaire des vaccins, la Commission a rappelé la grille au prorata de la population et des données épidémiologiques, comme le précise La Tribune.

Sciences et Avenir revient sur l’avenir des vaccins face aux mutants en reprécisant son choix des vaccins à ARN.

Les tests salivaires rapides sont autorisés en France, avec des avantages et des inconvénients (très simples à mettre en œuvre, non intrusifs, faciles à répéter versus moindre fiabilité – mais la formule de Bayes relativise la chose). C’est ce que révèlent Le JDD et The Conversation.
Le Monde rapporte la décision de la Haute Autorité de santé d’autoriser la vente en pharmacie (et peut-être bientôt en supermarché) d’autotests par prélèvement nasal à faible profondeur, qui donnent un résultat en 20 à 30 minutes et déjà utilisés dans plusieurs pays.

Autour des modèles

Une petite histoire des modèles (en physique, climatologie, épidémiologie) est décrite dans L’actualité. Y sont évoquées les caractéristiques et les difficultés des modèles épidémiologiques, ainsi que ce que l’on peut en attendre. L’article est suivi d’un renvoi curieux à un autre article à consulter : « L’expérimentation fait partie du quotidien des politiciens. Pourquoi ne pas appliquer la même règle à la science ? ». On pourrait plutôt inverser science et politique…

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Vittoria Colizza

Vittoria Colizza et une collègue Yvonne Mburu du Kenya (RFI oblige) reviennent sur les difficultés de la modélisation sur RFI, notamment les facteurs sociaux (par exemple, les contacts sont différents dans les sociétés à familles nucléaires et familles souches ou élargies). La présentation par RFI est un peu curieuse : à l’écrit et à l’oral, on trouve la phrase suivante « les modèles sont basés sur l’étude des fonctions exponentielles et des échelles algorithmiques »...

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Yvonne Mburu

Lors d’une question, Étienne Ghys déplore les incompréhensions et mythologies médiatiques autour de l’exponentielle, mais les réponses ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.

« Invitée des matins » de France Culture, Catherine Hill se livre à une critique sévère des stratégies qui ont amené, selon elle, à une perte totale de contrôle de l’épidémie. Dans une seconde partie, Pascal Crépey intervient sur la modélisation : un modèle épidémiologique doit rassembler les pièces d’un vaste puzzle, tenir compte des biais des données, se méfier d’hypothèses non adaptées, contrôler et tester l’effet des paramètres.

À lire sur Libération (accès restreint) : dans un retour d’expérience, on peut constater que la dynamique globale a bien été saisie par les modèles des institutions scientifiques, compte tenu des données. Les avis du conseil scientifique n’ont pas été assez suivis.

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Le graphique met en regard la projection pour le 22 septembre 2020 et la réalité de la dynamique épidémique.

Facteurs sociaux et environnementaux

Bernard Maury fait le tour des questions de contamination dans les lieux culturels et de spectacles sportifs sur France TV Info.

Pour les lieux clos, outre le port du masque et la distanciation, le problème principal est celui des aérosols, dont on ne peut mesurer facilement de manière directe la concentration, mais qui est bien corrélée à la concentration de CO2, facile à mesurer à faible coût. Le second problème est celui d’une aération efficace, réglé dans nombre de grandes salles de spectacle modernes. La hauteur sous plafond est aussi un facteur favorable, les aérosols étant entraînés par la convection vers le haut. Pour les lieux en plein air (stades, festivals…) une attention particulière est nécessaire aux entrées et caisses.

Le rapport d’étape (au premier mars) de l’étude ComCor incluant plus de 75.000 participants a été publié récemment par l’Institut Pasteur. Il contient un grand nombre de statistiques sur les lieux et modes de contamination, isolements, catégories professionnelles… Il se termine par une liste de recommandations, tout en soulignant que l’avenir devrait tenir compte de la montée des variants.

Le lien entre pollutions atmosphériques et les formes létales est traité de manière détaillée, avec de nombreuses études à l’appui, dans Reporterre : « une étude de l’école de santé publique étasunienne de Harvard, réputée pour être la meilleure du monde, a établi une corrélation épidémiologique forte entre l’exposition chronique aux particules très fines (dites PM 2,5, pour “Particulate Matter” au diamètre inférieur à 2,5 micromètres [µm]) et la mortalité au Covid aux États-Unis. Nous avons constaté qu’une augmentation d’un microgramme par mètre cube d’air (1 µg/m³) dans la moyenne de long terme de l’exposition aux PM 2,5 se traduisait par une augmentation du taux de mortalité statistiquement significative de 11 %. » Les mécanismes commencent à être bien compris.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a publié le 18 mars les premières conclusions de son « équipe spéciale » chargée d’étudier l’influence des facteurs météorologiques (et de qualité de l’air) sur la pandémie. En particulier, l’étude de la saisonnalité des maladies respiratoires virales laisse penser que le covid pourrait devenir saisonnier, indique le Huffington Post.

Historiques du passé et du futur

Les Bolus sont des vidéos d’informations sur les médicaments... par une équipe de pharmaciens hospitaliers du CHU Grenoble Alpes. Ils reviennent sur l’histoire et la technologie des vaccins à ARN dans une vidéo sur Youtube pour le grand public.

Antoine Flahault, de la faculté de médecine de Genève, donne son sentiment sur la pandémie et son traitement depuis ses origines.

En particulier, il distingue trois stratégies possibles :

  • « vivre avec » : son objectif est de ne pas mettre en rupture le système de santé, c’est la stratégie principale de l’Occident ;
  • la suppression : son objectif est la circulation basse et contrôlée du virus (Corée, Japon) ;
  • l’éradication : agir immédiatement par traçage et isolement à chaque cas repéré (Nouvelle-Zélande).

La France a manqué le passage de la première à la deuxième au moment du plateau bas de 1000 cas par jour, explique-t-il sur France Culture.

Au passage, il met en évidence une contradiction des autorités françaises : fermeture des écoles à un moment où les élèves étaient considérés épargnés par l’infection, et fermeture maintenant que l’on sait qu’ils sont porteurs.

Anne Goffard dans The Conversation donne comme découvertes à venir la caractérisation des enzymes virales (polymérase et protéases), essentielle pour mettre au point des médicaments antiviraux.

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Anne Goffard

Muriel Le Roux, chargée de recherche CNRS en histoire des sciences, des techniques et de l’innovation et Nathalie Coutinet, maîtresse de conférences, économiste à l’université Paris 13 Nord et chercheuse au Centre d’économie de l’université Paris Nord, décortiquent en détail sur France Culture l’échec sur les vaccins de la recherche française, ainsi que les pratiques des grandes firmes pharmaceutiques.

Le 10 mars, une série de six graphiques dans le Huffington Post explique l’apparent paradoxe entre les évolutions de l’hospitalisation et de la réanimation, en décomposant par tranche d’âge : la part des plus de 70 ans diminue dans les hospitalisations et celle des moins de 70 ans augmente (et pas seulement en pourcentage). Il y a peut-être aussi un effet des variants, plus contagieux et pouvant donner des formes plus graves.

Varia

Une comparaison des mortalités dues au covid et à la (les) grippe(s) peut être visualisée sur le site du Museum d’histoire naturelle : un graphique compare les grippes depuis 2014 au covid, puis un second par tranche d’âge.

Le masque Cidaltex, conçu avec l’université de Lille, est non seulement filtrant, mais neutralise en plus le coronavirus d’après Actu.fr.

Les propriétés découvertes par un médecin d’une herbe de la Guadeloupe, l’herbe à pic, susceptibles de renforcer les défenses face au coronavirus, vont faire l’objet d’études de validation, nous signale France TV Info.

Enfin, MOCOV19 lance un appel à volontaires pour rédiger des résumés de prépublications, des synthèses d’articles sur la modélisation de la pandémie pour sa veille bibliographique à la disposition de tous les chercheurs.

Honneurs

En cette mi-mars, c’est la remise du prix Abel qui tenu le devant de l’actualité mathématique. Ce prix, remis par l’Académie norvégienne des sciences et des lettres, est, avec la médaille Fields, l’un des deux prix les plus prestigieux en mathématiques et peut être considéré comme un prix Nobel puisque celui-ci n’existe pas en mathématiques. Contrairement à la médaille Fields, destinée à des mathématiciennes et mathématiciens de moins de 40 ans, il n’y a pas de limite d’âge pour l’obtenir et ainsi, il récompense toute une carrière scientifique.
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Les lauréats du Prix Abel 2021 László Lovász et Avi Wigderson

Ces dernières années, il est devenu courant de le remettre simultanément à deux lauréats travaillant sur des sujets proches. Cette année, ce sont László Lovász et Avi Wigderson qui se partagent le prix de 6 millions de couronnes suédoises. Ils reçoivent ce prix « pour leurs contributions fondamentales à l’informatique théorique et aux mathématiques discrètes, et leur rôle dominant pour en faire des thèmes centraux des mathématiques modernes ». C’est la deuxième fois que ces disciplines sont citées, après Endre Szemerédi en 2012.

La presse s’en est largement fait l’écho. Sciences et Avenir, La Croix et Pour la science donnent quelques détails sur les travaux des lauréats. Les anglophones pourront revoir l’année en vidéo avec des explications et un article de Quanta Magazine en dira un peu plus sur leur parcours.

Chaque année le CNRS remet ses médailles aux plus méritants de ses chercheuses et chercheurs. Cette année deux médailles de bronze pour les mathématiques sont remises à Rémi Boutonnet (dont vous pourrez lire un entretien dans le Journal de Millau) et Eleonora Di Nezza pour leurs travaux en algèbres d’opérateurs et en géométrie complexe.

La médaille d’argent, plus prestigieuse, est attribuée à Patricia Reynaud-Bouret pour ses travaux en statistiques appliquées aux neurosciences et à la génomique.

La médaille de cristal récompense, elle, des personnels d’appui à la recherche. Jean-Philippe Domergue, responsable administratif au laboratoire Analyse, géométrie et applications de l’université Sorbonne Paris-Nord est distingué pour ses contributions à Étamine Missions au niveau du CNRS.

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Enrica Floris

Dans un bel entretien pour L’Actualité de Nouvelle-Aquitaine, la maîtresse de conférences Enrica Floris, spécialiste de géométrie algébrique, raconte son parcours de mathématicienne. Elle raconte comment un problème peut complètement occuper son esprit et lui prendre toute son énergie. La question de la faible présence des femmes en mathématiques est évidemment soulevée et Enrica Floris est plutôt optimiste. Pour elle, il faut plus de femmes professeures à l’université pour montrer la voie.

Le prix Maurice Audin 2020, a été attribué à la fin de l’année dernière à deux mathématiciens algériens et français. Deux lauréats, Anne-Laure Dalibard et Mohammed Hicham Mortad sont invités « Autour de la question » par Caroline Lachowsky sur RFI. L’émission peut-être écoutée de nouveau et répond à la question « Peut-on compter sur le prix Maurice Audin ? ».

Histoire

La machine d’Anticythère, baptisée du nom de l’île grecque où elle a été retrouvée, serait le premier mécanisme analogique pour calculer des positions astronomiques. D’après Futura sciences, un article récent de Nature par une équipe du University College de Londres en dévoilerait le secret. Pour Sciences et Avenir, la prudence reste de mise : c’est « un travail audacieux, mais qui n’en reste pas moins “hautement spéculatif” ».

La presse se penche sur quelques concepts si familiers qu’on n’y prête plus trop attention. France Culture explique « pourquoi nos chiffres ont la forme qu’ils ont », démontant quelques fake news bien fantaisistes. L’Humanité revient, nettement plus tard, sur « l’adoption révolutionnaire du mètre ». France Culture, à nouveau, balaie quelques siècles « à l’origine des graphiques » pour expliquer « comment on a mis les statistiques en images » : « des cartes géographiques aux premiers graphiques », puis l’invention du (diagramme en) camembert par William Playfair, pour aller vers Charles Minard et Florence Nightingale, inaugurant « l’âge d’or du graphique » au milieu du XIXe siècle, qui « résonne encore avec le nôtre ».

Vous venez de lire XIX, sans doute sans sourciller. Les musées du Louvre et Carnavalet ont décidé de les remplacer par des chiffres arabes sur certains cartels. C’est l’occasion d’une belle empoignade ! Cela semble partir de la presse italienne qui s’en mêle, comme le relèvent Courrier International et L’Obs. Valeurs actuelles y voit « une synthèse parfaite du naufrage culturel en cours ». Natacha Polony s’emporte dans Marianne : « Faire disparaître les chiffres romains ne démocratisera pas la culture ». Le Monde liste arguments et contre-arguments sur un ton plus tranquille et ce « débat qui angoisse les Français » donne lieu à une joyeuse chronique d’Alex Vizorek sur France Inter.

Enseignement

Enseignement et Covid

La décision du président de la République de durcir considérablement les mesures sanitaires en vigueur, en fermant notamment écoles, collèges, lycées et universités pendant au moins trois semaines, arrive comme un point d’orgue à ce mois de mars, marqué par une dégradation importante de la situation sanitaire sur tout le territoire. Cette dégradation a affecté en particulier les établissements scolaires, où les fermetures de classes se multipliaient et les personnels avaient de plus en plus de mal à gérer la crise, comme le constataient, entre autres, France Info, Le Parisien, Le JDD, France Bleu Auvergne-Rhône-Alpes et Paris-Normandie.

L’exercice du droit de retrait et le recours à la grève ont été de plus en plus fréquents. L’inquiétude des personnels est pointée par Mediapart (« On est dans le mur et le ministre dans le déni ») et par Le Monde (accès restreint) (« Le bateau prend l’eau, et nous, on écope à la petite cuillère ! »). Cependant, les syndicats de l’éducation nationale ne réclamaient pas la fermeture totale des établissements scolaires. S’ils déploraient les conditions d’accueil des élèves, ils prenaient en compte le risque de détresse psychologique si l’enseignement devait se faire exclusivement à distance. Voir à ce sujet les interventions de Ghislaine David, co-secrétaire générale du SNIPP-FSU sur LCI, l’avis du SGEN-CFDT, celui de la FSU et l’article de Libération qui étudie quatre scénarios pour faire face à la crise. Par ailleurs, 20 minutes annonçait que la maire de Paris venait de réclamer la fermeture totale des écoles de la capitale.

Jusqu’ici, le gouvernement restait sur ses positions : « Fermer les écoles sera “le dernier recours” » écrit La Dépêche. Mais pour BFMTV, la fermeture des écoles serait la « piste désormais privilégiée par l’exécutif ».

Lucien Marbeuf, professeur des écoles, pense que « la fermeture des écoles est inéluctable ». Il s’en explique sur son blog de France Info, sous le titre « Blanquer, capitaine du Titanic ».

Fermer les cantines et multiplier les petits-déjeuners pour lutter contre la propagation du virus dans les écoles, c’est l’idée confiée le 14 mars par Jean-Michel Blanquer au Parisien (accès restreint) et dont Le Café pédagogique se fait l’écho. Le ministre enfonce le clou deux jours après en annonçant sur LCI « le retour élargi du petit-déjeuner gratuit ».

Arnaud Fontanet, épidémiologiste, membre du Conseil scientifique, a déclaré dans un entretien au JDD que laisser les écoles ouvertes revenait à prendre un risque : « Dans l’étude ComCor que nous avons menée à l’Institut Pasteur, avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30 % le risque d’être infecté. » Cela n’a pas du tout plu à Jean-Michel Blanquer qui a répliqué sur LCI : « Assumer ce risque de +30 % quand on est parent d’un collégien ou d’un lycéen me paraît peu de chose à côté de l’importance qu’un enfant ne se déscolarise pas ».

Un an s’est écoulé depuis le premier confinement. Retour en arrière pour trois profs qui ont raconté à Marianne l’émotion qu’ils ont ressentie lors des retrouvailles avec leurs élèves et l’impossibilité de « tout faire avec l’informatique ».

Plus terre à terre, mais pas insignifiant : les enseignants sont contraints de payer le « reste à charge », soit un euro symbolique, pour chacun de leurs tests salivaires. Une enseignante le regrette sur France Info : « Ce n’est pas pour la somme, mais c’est pour ce que cela renvoie comme image de la relation avec notre employeur ».

Le Réseau Inter-agences pour l’Éducation en Situations d’Urgence (INEE) propose un catalogue en ligne qui donne accès à une panoplie de « ressources coronavirus (COVID-19) » dans le but de « soutenir l’offre en éducation dans les lieux touchés par COVID-19 ». Nous ne l’avons parcouru que rapidement et, si certaines choses peuvent sans doute être utiles, d’autres laissent davantage circonspect. Par exemple, attirés et intrigués par son libellé, nous avons cliqué sur le lien « Éléments de preuve » mais le résultat n’a pas été à la hauteur de nos attentes !

À l’université, on se préoccupe surtout de la détresse psychologique et matérielle des étudiants et des avantages et inconvénients de l’enseignement à distance (lequel, en dépit de quelques assouplissements depuis janvier, reste prédominant).

Tristesse, anxiété, isolement : ce sont les sentiments qu’expriment les trois quarts des jeunes de 18-25 ans interrogés dans un sondage IPSOS réalisé pour France Télévisions.
Le mal-être des étudiants, que la pandémie aggrave, fait aussi l’objet d’une analyse de The Conversation.

De nombreuses initiatives fleurissent pour atténuer ce mal-être. Ainsi, France Info a suivi Asia, une infirmière des quartiers nord de Marseille, qui, avec l’aide de l’association La Maison de l’infirmière, propose aux étudiants les plus précaires une « journée bien-être » 100 % solidaire, sur le campus d’Aix-Marseille Université. Elle leur distribue des colis et leur offre toute une série de « soins qui contribuent à l’estime de soi » (cours de gym, maquillage, coiffure, massage, kiné...).

La ministre, elle, fait un (petit) geste en faveur des étudiants : Frédérique Vidal annonce en effet sur Europe 1 le gel des droits d’inscription à l’université pour l’année 2021-2022.
De leur côté, les présidents d’université misent sur une vaccination de tous les étudiants et personnels d’ici la prochaine rentrée. C’est l’objectif que s’est fixé la Conférence des présidents d’université (CPU). Une de ses vice-présidentes, Virginie Dupont, a fait part au Huffington Post de son espoir d’un retour des étudiants sur les campus en septembre, avec « une jauge de 50 %, voire de 100 % ».

Pour ce qui est de l’enseignement à distance, Le Monde (accès restreint) explique que « pour les étudiants, les cours en visioconférence demandent plus d’énergie et de concentration ». Ils provoquent la « zoom fatigue », phénomène analysé par des chercheurs de l’université Stanford (Californie). Ceux-ci y voient quatre causes principales et proposent des moyens simples pour y remédier, comme le rapportent le site BDM et Courrier International.
Mais ces cours à distance donnent lieu à une grande disparité, comme le constate Le Monde (accès restreint)

La crise sanitaire a-t-elle des répercussions sur le niveau des étudiants et leurs résultats aux examens ? La CPU veut croire que non. Elle a mené une enquête sur les résultats des étudiants au premier semestre (S1) 2020-2021. Dans la version qui était en ligne le 31 mars, les données recueillies sont arrêtées au 15 mars 2021, mais une actualisation régulière est annoncée. Ce qui frappe dans ce document, c’est qu’il se réduit à quatre graphiques dénués de tout commentaire explicatif. On croit deviner qu’ils illustrent les corrélations entre les résultats du S1 2020-2021 et ceux du S1 2019-2020, dans les différents domaines, pour les trois années de licence (L1, L2, L3) et enfin les deux années de master réunies. Les titres surmontant chacun des graphiques sont laconiques. On se perd en conjectures sur la subtile distinction qu’il faudrait faire entre « Qualité des diplômes maintenue » en L3 et « Une exigence de qualité de diplôme confirmée » en M1-M2. Et on se dit qu’il faudrait peut-être y regarder de plus près… En tout cas, à l’université de Corse, le taux de réussite en L2 a chuté de 68 % dans certaines filières, si l’on en croit Corse net info, d’après qui cela constitue « un véritable enjeu pour les équipes pédagogiques ». C’est peut-être à mettre en relation avec le titre du graphique de la L2 dans l’enquête de la CPU : « Davantage de disparité dans les résultats »… Qu’en termes galants ces choses-là sont mises !

Le Monde, lui (accès restreint), n’y va pas par quatre chemins : « Dans les universités, la “baisse de niveau” des élèves se voit de plus en plus depuis un an » !
Spécialiste des sciences de l’éducation, Bruno Devauchelle est convaincu que « le retour à une situation antérieure est désormais inenvisageable à l’identique, même pour le monde scolaire et universitaire ». Il plaide pour l’invention d’une « autre école » et l’utilisation des nouveaux outils qui se sont imposés à l’occasion de cette crise. Il s’en explique dans son blog.

Et à part la Covid ?

Les articles consacrés aux contre-performances des français en mathématiques continuent de pulluler. Les Échos (accès restreint), sous le titre racoleur « Mathématiques : une génération qui ne sait plus compter » s’inquiètent surtout pour « les entreprises et la capacité d’innovation du pays ». Valeurs actuelles (accès restreint) leur emboîte le pas : « Enseignement des mathématiques : un échec national que nous paierons au prix fort ».

Nicolas Martin, producteur de l’excellente émission La méthode scientifique sur France Culture, consacrait celle du 12 mars aux mathématiques, à deux jours du Pi-day et à l’occasion de la semaine des maths. Là aussi le titre était un peu racoleur (« La France et les maths, je t’aime moi non plus »). Et dans sa présentation, l’animateur disait : « nous produisons d’excellents mathématiciens et –ciennes de haut niveau, mais niveau scolaire, c’est la cata ! » Profitons-en pour féliciter Nicolas Martin qui vient de recevoir le prix 2021 du journaliste scientifique, décerné par l’AJSPI (Association des journalistes scientifiques de la presse d’information).

Toujours à l’occasion de la semaine des maths, le mathématicien Pierre Arnoux (Aix-Marseille Université) s’exprime dans un entretien au Monde (accès restreint) et donne des explications claires et convaincantes du faible niveau en mathématiques de nos élèves. Selon lui, « la réforme du lycée fait jouer aux maths un rôle sélectif et punitif ». Quant à l’école primaire, c’est évidemment la formation (ou plutôt l’absence de formation !) des enseignants en mathématiques qui est en cause.

Cependant, la médiocrité des élèves ne nuit pas à tout le monde. Elle offre une aubaine aux officines qui font commerce de cours privés. Un professeur de mathématiques de Castres en a créé une. Il expose son projet pour La Dépêche. Étude de marché, aide des collectivités locales, recherche d’associés, crowdfunding : cet enseignant a mis tous les atouts de son côté pour réussir la création de sa petite entreprise. Il espère mieux attirer ses clients en annonçant qu’il utilise la méthode de Singapour, « une pédagogie basée sur la confiance en soi de l’élève ». Les cours s’adressent aux élèves des lycées. Un site expérimental existe déjà pour les classes de seconde et de première. La terminale devrait suivre dans un deuxième temps. Précisons que les abonnements proposés coûtent entre 25 et 35 euros par mois, que deux semaines d’essai gratuit sont offertes et que nous n’avons pas profité de cet essai.

Des associations pédagogiques californiennes ont diffusé un document où l’on peut lire notamment : « la culture de la suprématie blanche s’immisce dans les classes de mathématiques au travers des actes quotidiens des enseignants. Joints aux croyances qui les sous-tendent, ces actes perpétuent les préjudices à l’encontre des élèves noirs, latinos et allophones, en leur refusant un plein accès au monde des mathématiques ». Le mathématicien Benoît Rittaud signe à ce propos un billet d’humeur dans Valeurs actuelles, dans lequel il réserve à ces dangereuses inepties le sort qu’elles méritent.

Le Monde (accès restreint) publie un entretien avec la sociologue Claire Minassian à l’occasion de la parution de son livre L’Enseignement professionnel, entre promotion et relégation (éditions Académia). Elle y retrace les évolutions de la voie professionnelle, qui a beaucoup perdu de l’attrait et de l’utilité qu’elle avait au milieu du XXe siècle, pour devenir aujourd’hui un « enseignement de relégation ». Elle en arrive à se demander si « l’ambition politique de faire de l’enseignement professionnel une voie d’accès vers le supérieur n’est pas révolue ».

Le Parisien Étudiant conseille les lycéens sur leurs choix de spécialités en au lycée et leur indique que « choisir les Mathématiques en Première est une stratégie gagnante ! »

Suffisamment rare pour mériter d’être signalé, un article de La Montagne prend la défense de l’université et veut en souligner les mérites et les succès. « Absorbant le plus lourd de la massification de l’enseignement supérieur », soutenant très bien la comparaison avec les grandes écoles, elle « vaut bien plus que sa caricature » !
Dans la même veine, sous le titre L’université, lieu de « miracles ordinaires », Le Monde (accès restreint) rend compte d’un ouvrage collectif, dirigé par les sociologues Stéphane Beaud et Mathias Millet, « qui veut rendre justice à une université souvent malmenée dans l’espace public ».

L’Étudiant donne des détails sur la nouvelle filière de classe préparatoire MP2I (Mathématiques, physique, informatique et ingénierie), qui « relève le défi de l’informatique ».

En Algérie, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Ouadjaout, a annoncé la création d’une « Commission nationale des Olympiades dans toutes les spécialités, notamment les mathématiques, dans le but de prendre en charge les élites scolaires » (information donnée par l’agence Algérie Presse Service).

Suite au Brexit, le Royaume-Uni s’est retiré du programme Erasmus, et crée pour le remplacer un programme nommé Turing. Cela ne va pas sans poser de sérieux problèmes, comme le constatent Le Figaro et Le Monde (accès restreint).

Terminons avec la réforme en cours des concours de recrutement des enseignants, et notamment celui des professeurs du secondaire (le CAPES). Cette réforme suscite de très vives critiques mais, comme à son habitude, le ministère de l’Éducation nationale n’en tient strictement aucun compte. Le but annoncé et parfaitement assumé est d’accentuer très nettement le volet professionnel du concours, au détriment de son contenu disciplinaire. Signe de cette tendance : l’une des deux épreuves orales du CAPES deviendra purement et simplement un entretien d’embauche comme en font toutes les entreprises privées. Pas de programme pour cette nouvelle épreuve, pas de préparation. Il sera seulement demandé au candidat de montrer ses dispositions à être un fonctionnaire zélé. France Culture consacrait son émission Être et savoir du 1er mars aux « enjeux de la réforme du CAPES et de la formation des enseignants ». Y participaient en direct un homme politique (François-Xavier Bellamy, député européen, agrégé de philosophie, membre du parti Les Républicains), un universitaire historien de l’éducation (Julien Cahon), un professeur de l’INSPE de Versailles (Patrick Garcia) et un professeur du second degré dans l’académie de Créteil, militant du SNES-FSU (Pierre Claustre). Ont été de plus diffusés des entretiens pré-enregistrés avec une spécialiste des politiques éducatives, professeure au CNAM et responsable du CNESCO (Centre national d’étude des systèmes scolaires) (Nathalie Mons) et le DGRH du ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports (Vincent Soetemont).

Ce dernier a été le seul a défendre la réforme (ou du moins à essayer de le faire !). Son intervention fut édifiante. Dans une langue de bois d’excellente facture, il a balayé les objections que lui rappelait l’animatrice (au demeurant bien complaisante à son égard). Il répétait sans cesse l’expression formation professionnalisante. Il a même osé dire combien la formation continue des enseignants est importante (alors qu’elle est en état de déliquescence totale, ce que n’ont pas manqué de souligner ensuite tous les autres intervenants, sans exception).

Diffusion

Semaine des mathématiques

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It’s the most wonderful time of the year

Pour la 10e édition de la Semaine des Mathématiques, qui s’est tenue du 15 au 21 mars dernier avec pour thème « Maths et société », de très nombreux événements — jeux, concours, rallyes, escape games, ateliers de découverte, et parfois conférences — ont été organisés dans des établissements scolaires aux quatre coins de la France, et nombre d’entre eux ont été couverts par la presse locale, friande de cette manifestation.

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L’affiche du concours Kangourou 2021

Ainsi, on suit la participation au célèbre concours Kangourou d’élèves de Plouguernével (22) et de Bourbriac (59) dans Le Télégramme (respectivement ici et ), d’Andelot (52) dans le Journal de la Haute-Marne, et de Challans (85) sur TV Vendée. On croise d’amusants noms de rallyes mathématiques avec « Mattle, le grand battle des maths » entre les écoles primaires du Gard dans le Midi Libre et le « Mathathlon » dans une école de Schœlcher en Martinique sur France Antilles.

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Ada Lovelace, mathématicienne influenceuse ?

On apprend dans Corse Net Infos que des collégien·nes de Calvi (2A) ont imaginé à quoi ressembleraient les comptes Instagram de Thalès ou d’Ada Lovelace, et dans Macommune.info que d’autres à Besançon (25) ont participé à un escape game mathématique avec le recteur de l’académie en visite pour l’occasion.

Enfin, on lit dans d’autres articles plus brefs la joie des élèves de prendre part à la Semaine des mathématiques, tout particulièrement dans le grand Ouest grâce aux nombreux reportages de la presse quotidienne régionale (PQR) : à Lancieux (22) dans Ouest-France, à La Roche-Jaudy (22) dans Ouest-France encore, à Plomeur (29) dans Le Télégramme, à Saint-Thégonnec-Loc-Eguiner (29) dans Le Télégramme encore, à Brasparts (29) dans Le Télégramme toujours, à La Châtre (36) dans La Nouvelle République, à Carentan-les-Marais (50) dans Ouest-France à nouveau, à Saint-Georges-le-Fléchard (53) dans Ouest-France derechef, à Gacé (61) dans Le Réveil normand, à L’Aigle (61) dans Ouest-France (bis, ter... repetita), et enfin à La Sauvagère (61) dans Ouest-France qui décidément aime les maths.

Prenons un peu de recul et passons de l’échelle municipale à l’échelle régionale : Puissance TV relate la participation à la Semaine des maths des établissements scolaires de l’académie de Reims, tandis que Place Gre’net se penche sur le programme dans l’académie de Grenoble et le blog Le Café pédagogique sur celui de l’académie de Nantes, avec notamment un site proposant des jeux mathématiques niveau CM2-sixième. Le même Café pédagogique se joint au blog Pierre carrée pour saluer une initiative de l’association M@ths en vie : baptisée « Mes parents, les m@ths et moi », elle consiste à faire recueillir par des enfants les témoignages de leurs parents sur leur usage des mathématiques dans leur métier, fût-il en apparence éloigné de la discipline, et d’échanger en classe sur ces témoignages, avec pour objectif d’apporter quelques éléments de réponse concrets à la question « À quoi ça sert les maths ? » pour celles et ceux qui se la posent.

Pour les retardataires ou les déjà nostalgiques de cette belle semaine mathématique, voici une petite sélection de contenus encore disponibles. Le Bien Public a mis en ligne les défis quotidiens de calcul mental « Mathador » publiés par le réseau Canopé. Vous pouvez aussi vous régaler des affiches réalisées par des élèves de primaire et collégien·nes pour le concours d’affiches de la semaine des maths organisé par l’académie de Bordeaux, ou écouter les mathématicien·nes à l’honneur dans quelques podcasts : Radouane Abbassi, le « prof de maths rappeur », sur Europe 1, l’enseignante Nadia Ben Sethan sur France Bleu pour discuter de l’utilité des mathématiques dans la vie quotidienne, et Mickaël Launay et Ivan Kiriow dans « La Méthode scientifique » sur France Culture, pour comprendre les raisons de la baisse du niveau scolaire en maths en France et apporter des éléments pour y remédier.

On retrouve également des mathématiciennes et mathématiciens dans quelques émissions régionales pour s’exprimer sur le « désamour des maths ». Il en était ainsi de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes qui a invité Olivier Druet, directeur de la Maison des mathématiques et de l’informatique et Amélie Cordier, présidente de Lyon is AI dans l’émission « Ensemble c’est mieux ! ». La même émission sur France 3 Pays de Loire avait, elle, invité Éric Paturel du LMJL. Le Point a demandé à Aurélie Jean « pourquoi il ne faut pas avoir peur des mathématiques ». Chacun a essayé de montrer que les mathématiques sont autre chose que du calcul ou des tables de multiplication mais l’exercice est difficile.

Pi-day et journée internationale des mathématiques

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Journée Internationale des Mathématiques

Les amateur·ices de mathématiques et lecteur·ices assidu·es de la revue de presse le savent bien : le 14 mars, ou 3/14 en notation anglo-saxonne, c’est le “Pi Day”, le jour où l’on célèbre la plus pal-$\pi$-tante constante du monde, et c’est aussi la — passablement plus prosaïque — Journée internationale des mathématiques. Le site de l’UNESCO propose un bref tour de $\pi$-ste des actions entreprises de par le monde pour cette journée, avec notamment les créations $\pi$-cturales d’un autre concours d’affiches, et le site de l’université de Montréal annonce une conférence sur les mathématiques du partage équitable, fort à propos avec le thème de cette année : « Les mathématiques pour un monde meilleur ».

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Pour célébrer le $\pi$-day, les anglophones cuisinent des $\pi$ (pies)

Pendant ce temps, on fête $\pi$ sur la chaîne YouTube du Palais de la Découverte avec une passionnante conférence en ligne par Sabrina Coudry et Robin Jamet qui nous emmènent notamment dans la célèbre salle circulaire où la suite des décimales de $\pi$ s’enroule autour du plafond, et dans Sciences et Avenir avec quelques anecdotes $\pi$-ttoresques : de comment couper une part de $\pi$-zza mesurant $\pi / 3$ radians à comment trouver son numéro de téléphone et sa date de naissance dans les décimales de $\pi$.

Justement, parlons-en, des décimales de $\pi$, et de la fascination qu’elles exercent, au point que certains utilisent de gigantesques supercalculateurs pour en déterminer toujours plus (31.400 milliards à l’heure actuelle), ou en apprennent par cœur d’immenses quantités ! On apprend ainsi dans Slate (article relayé par RTL) que l’époustouflant record actuel est détenu par l’Indien Suresh Kumar Sharma qui, en 2015, a pris une grande ins-$\pi$-ration et en a récité 70.000 en l’espace de 17 heures ! L’article se penche également sur les méthodes de mémorisation de ces fous de $\pi$ et nous apprend en guise d’é-$\pi$-logue qu’un $\pi$-toyable charlatan a même récemment prétendu, spectacles à l’appui, en connaître... 300 millions. Et vous ?

Le Pi-Day a aussi sa déclinaison africaine et @bidj n.net nous invite à visiter ce que propose la Côte-d’Ivoire et son programme pour former des mathématiciens compétents, mais aussi son projet DynExcafrica dont l’objectif est de sensibiliser et initier mille jeunes filles et femmes aux sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM), aux outils informatiques et au numérique. Les filles africaines sont aussi à l’honneur avec l’interview pour le site pourelle.info de Raïssa Malu, physicienne congolaise qui développe le thème de cette année, « Mathématiques pour un monde meilleur ».

Hors de $\pi$, y a-t-il un salut ?

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Le nombre d’or dissimulé dans un caméléon

On peut suivre l’invitation de La Voix du Nord à la Cité des géométries à Maubeuge, qui n’arrête pas ses ateliers, ou celle de La Dépêche du Midi à Beaumont-de-Lomagne où Fermat-Science développe l’art-thérapie, ou encore celle de XLandes-info pour l’expérimentation de l’association Maths en Scène avec le musée départemental de la faïence et des arts de la table pour une nouvelle approche artistique du dispositif « Regards de géomètres ».

Dauphin de $\pi$ parmi les célébrités, le nombre d’or $\bigl(1+\sqrt5\bigr)/2\simeq 1{,}618$ s’invite à nouveau dans des journaux inattendus. C’est le cas de National Geographic qui en donne un aperçu rapide.

Parutions

Revues

Le magazine Science et Vie, né le 1er avril 1913, traverse depuis son rachat par Reworld Media en juillet 2019, une crise sans précédent. L’information est tombée le 30 mars : « la quasi-totalité des rédacteurs de Sciences et Vie démissionne » annonce Le Figaro. « L’hémorragie de journalistes se poursuit à Science & Vie », écrit Le Monde. Le Point et Le HuffPost, Libération, etc., s’en font l’écho. Depuis plusieurs mois la Société des journalistes de Science & Vie tirait la sonnette d’alarme et dénonçait les méthodes de la nouvelle rédaction. Le conflit semble donc arrivé à un point de non-retour. « Le magazine sera désormais réalisé par des pigistes, tandis que le site est alimenté par des “chargés de contenus”. » L’émotion est d’autant plus forte que le nombre de titres scientifiques dans la presse francophone n’est pas énorme. Voir un titre centenaire s’effondrer ne peut qu’attrister.

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L’hypercube de Dali

Le mensuel Pour la Science d’avril est marqué par l’actualité pandémique, comme le montre la première de couverture, mais sans éclipser pour autant d’autres thèmes : astronomie, paléontologie et mathématiques avec l’article de Jean-Paul Delahaye, De l’hypercube à la sensitivité. Cet article met en lumière un jeune chercheur, Hao Huang, qui a démontré en 2019 la conjecture de la sensitivité avec un argument ingénieux, mais élémentaire de deux pages en exploitant un détour par les hypercubes. Cette conjecture qui porte sur la complexité des fonctions booléennes, importantes en informatique résistait depuis 1992. « Le résultat de Hao Huang est théorique, mais il est aussi pratique puisque la vitesse optimale de calcul de certains circuits électroniques est directement liée à ces mesures de complexité » précise l’auteur qui écrit en conclusion : « prouver est bien plus difficile que vérifier ! »

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Une image mathématique de Jos Leys.

Le dernier numéro hors série de Tangente est consacré à un vaste sujet : Mathématiques et imagerie. Définition, résolution, images matricielles ou vectorielles, les différents systèmes de couleurs, luminance ou chrominance, compression JPEG, transformation de Fourier. D’autres articles sont consacrés à l’imagerie médicale, la reconstruction tomographique, la segmentation d’images... De nombreux encarts complètent le texte ou précisent les notions mathématiques sous-jacentes (comme par exemple l’addition et la multiplication matricielle) pour rendre plus accessibles les articles aux lycéen⋅nes, la cible principale du journal. Cette publication entrouvre les portes de la « boîte noire » où sont enfermées les mathématiques de l’image.

En librairie

Le rôle des femmes en sciences a trop souvent été éclipsé, minimisé voire carrément ignoré. Annabelle Kremer-Lecointre tente de réparer cette injustice avec la sortie de Femmes de science. À la rencontre de 14 chercheuses d’hier et d’aujourd’hui à La Martinière Jeunesse. L’auteure est interrogée sur Maxi-Flash. « Dans cet ouvrage original, Annabelle Kremer-Lecointre donne la parole à des femmes de science du passé et d’aujourd’hui, sous forme d’entretiens », décrit À Fond la science. « Les entretiens avec des scientifiques d’aujourd’hui, Frédérique Pelsy généticienne, Sylvie Le Bomin ethnomusicologue et Nalini Anantharaman mathématicienne montrent le parcours, les recherches et les difficultés rencontrées en tant que femme. » Un ouvrage qui concerne non seulement les jeunes mais aussi le grand public et tous les curieux qui veulent réfléchir à la question de l’égalité femmes-hommes en sciences.

Un nouveau dictionnaire de mathématiques ? La sortie d’un dictionnaire des mathématiques est assez rare. On se souvient peut-être du Dictionnaire raisonné de mathématiques d’André Warusfel et d’André Lichnerowicz sorti dans les années soixante ou du Dictionnaire des mathématiques d’Alain Bouvier, Michel George, François Le Lionnais et Irène Bros. Ellipses vient de livrer le Dictionnaire décalé des mathématiques de Bertrand Hauchecorne et Élisabeth Busser. L’ouvrage se démarque de tous ceux qui l’ont précédé et bien sûr de tout ce que l’on peut trouver en ligne. Bertrand Hauchecorne est bien connu des lecteurs de Quadrature et Tangente, dont il est rédacteur en chef depuis 2015, ainsi que des taupins d’après Cédric Villani dans la préface. Élisabeth Busser, elle, est bien connue, entre autres, des lecteurs de la rubrique des Jeux mathématiques du Monde et de ceux de Tangente. L’un et l’autre ont enseigné les mathématiques en classe prépa mais ils ont surtout beaucoup apporté à la diffusion des mathématiques. Au premier coup d’œil c’est un dictionnaire qui propose « une plongée dans les quelque 250 concepts de l’univers des mathématiques » d’après Les Échos. Mais il est émaillé d’anecdotes littéraires, de notes historiques, de citations qui en font un ouvrage de culture mathématique agréable, facile à lire et délassant. Un ouvrage qui joint l’utile à l’agréable, qui peut se lire « à plusieurs » niveaux et être mis sans problème entre toutes les mains (ou presque).

Souvent les numéros hors série de Tangente débouchent sur un titre de la bibliothèque Tangente. Ainsi Les mathématiques au cœur de l’emploi sorti en janvier 2020 a été complété par Maths et emploi le mois dernier. Un numéro bienvenu qui vient s’ajouter à des initiatives comme les brochures Zoom (Zoom sur les métiers des mathématiques de 2006, Zoom sur les métiers des mathématiques et de l’informatique plus récent ou Zoom sur les métiers de la statistique) qui se veulent des aides à l’orientation pour les élèves et pour l’information des familles et des enseignants. L’éclairage sur les métiers des mathématiques apporté par cette brochure est très différent. L’Agence pour les mathématiques en interaction avec l’entreprise (AMIES) a collaboré activement à cette brochure réalisée par un collectif Tangente. L’ouvrage souhaite plus présenter les domaines qui utilisent les mathématiques en mettant un éclairage sur les aspects les plus récents ou les plus inattendus. La diversité des applications présentée va de l’analyse de la marche pour détecter la sclérose en plaque à l’optimisation des calculs pour la production d’énergie éolienne, en passant par les cryptomonnaies, la blockchain, l’IA, la 5G... Il permet de mieux comprendre où sont présentes les mathématiques dans notre monde moderne, le rôle crucial qu’elles jouent et leur importance dans le développement des secteurs les plus récents. Et comme c’est un Tangente, il se termine par une rubrique jeux et problèmes proposée par Michel Criton.

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L’os d’Ishango

Le dernier livre d’Hervé Lehning vient tout juste de sortir. Le Livre des nombres, sous titré « Les secrets de la plus belle invention de l’humanité », comble un vide entre des ouvrages académiques sur le sujet (on pense surtout à l’Histoire universelle des chiffres de Georges Ifrah, que l’auteur cite en fin de volume dans une bibliographie de trois pages) et les nombreux essais sur le sujet. Le livre des nombres emmène le lecteur dans une agréable promenade à travers l’histoire de l’humanité de la préhistoire à 2020. Ce livre se lit comme un roman mais chaque notion abordée fait l’objet d’un encart court et précis, de dessins qui permettent au lecteur de mieux comprendre. Un glossaire complète l’ouvrage. Hervé Lehning n’hésite pas à certains moments à « interroger » le lecteur, à proposer des énigmes récréatives. Le texte est solidement documenté. Quand il subsiste des zones d’ombre les hypothèses les plus plausibles sont présentées. Bref un livre passionnant qu’il faut absolument lire. Nous en reparlerons un peu plus tard sur ce site.

Cette année la neige n’aura pas été seulement présente dans nos montagnes...
Nous avons présenté le mois dernier La Petite Histoire des flocons de neige, le dernier livre d’Étienne Ghys. Signalons que celui-ci était l’invité mi-mars de France Culture, dans l’émission La Méthode scientifique de Nicolas Martin.

Arts

Pour Nermin Salepci, maîtresse de conférence à l’université Lyon 1, la danse est avec les mathématiques parmi « ce qui permet de révéler des choses sublimes, qui sont au-delà de nous-mêmes ». Nous découvrons ses mots dans un entretien pour Sciences pour tous. La mathématicienne a diffusé une partie de son spectacle Bharani le 12 mars dernier, création éphémère mais fruit d’un très long travail en cours sur la forme avec un musicien et un dessinateur notamment.

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Victor Vasarely

Peu de Cauchois le savent mais le château d’eau des Vertus à Dieppe affiche une fresque de l’artiste franco-hongrois Victor Vasarely.
Une exposition relayée par les informations dieppoises met actuellement à l’honneur des artistes de sa génération à la galerie Orion à Hautot-sur-Mer (76).

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Sur l’autre rive de la Seine, l’université de Caen présente une exposition « Arts et mathématiques » dans sa bibliothèque universitaire. Les œuvres et leurs descriptions sont visibles en ligne.

Enfin, le magazine Architecture et Design met en valeur les jardins sculptés aux motifs géométriques du château de la Ballue, recréés dans les années 1970. Dans la même veine de l’art à l’échelle mésoscopique, on a apprécié les formes géométriques de Yann Boucher, créateur de Ian’s Prod, repéré dans Ouest-France et Le Télégramme.

Article édité par Jérôme Germoni

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse mars 2021» — Images des Mathématiques, CNRS, 2021

Crédits image :

Image à la une - Formes géométriques dessinées sur le sable breton par Yann Boucher (DR), cf. Ian’s Prod.
Images repérées dans Ouest-France, Le Télégramme, la page de La Roche-sur-Yon sur maville.com, etc.
img_24300 - Alfred Edward Chalon, Public domain, via Wikimedia Commons
img_24301 - img_24302 - International Mathematical Union
img_24303 - Michael Moses of Flickr
img_24304 - Ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports
Une image mathématique de Jos Leys. - Image par Jos Leys : www.josleys.com
Michael Atiyah en 1977 - Wikimedia Commons
L’hypercube de Dali - Wikipédia
Isadore Singer en 1977 - Wikimedia Commons
Azat Miftakhov - Comité Azat Miftakhov
Tuna Altinel - Comité de Soutien à Tuna Altinel
Laila Soueif - Wikipedia
L’os d’Ishango - Wikipédia
img_24343 - Hungarian Academy of Sciences / Institute for Advanced Study, Princeton, NJ USA
Enrica Floris - Enrica Floris
Le nombre d’or dissimulé dans un caméléon - Source : National Geographic
Thierry Coulhon - Source : Wikimedia Commons
img_24357 - Source : Ian’s Prod (droits réservés)
Frédérique Sachwald - Hceres

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