Revue de presse septembre 2010

1er octobre 2010  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires

Médailles Fields obligent, les mathématiques françaises ont été à l’honneur ce mois-ci. Eloges par-ci, cocoricos par-là, la presse a largement célébré l’événement. Mieux ! Elle s’est prise de passion pour l’un des récipiendaires, un certain mathématicien à la silhouette insolite et romantique, arborant lavallière et broche araignée... Bonne lecture !

Maths françaises : les raisons du succès

Des explications multiples : après avoir rappelé que sur 52 lauréats de la médaille Fields, 11 sont Français, ce qui place notre pays au deuxième rang derrière les Etats-Unis, Ouest-France révèle, en donnant la parole à plusieurs mathématiciens, que les clés de cette réussite sont multiples. « Nous avons une génération de mathématiciens de 30-40 ans extrêmement brillante », estime Jean-Pierre Bourguignon, directeur de l’Institut des Hautes études scientifiques. Cédric Villani, l’un des deux français médaillés Fields cet été, embauché alors qu’il n’avait que 27 ans comme professeur à l’École normale supérieure de Lyon, abonde : « On donne leur chance aux jeunes... Personne n’aurait pris ce risque dans d’autres pays » ; un propos relayé par Guy Métivier, directeur de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions au CNRS : « Les jeunes talents sont recrutés sur des postes permanents dans les centres de recherche et les universités. Cela leur permet d’engager des recherches à long terme, sans préoccupation pécuniaire ».

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L’école normale supérieure de Paris
(Image : David Monniaux)

Le Figaro, dans un article intitulé Mathématiques, les raisons de l’excellence française, rappelle qu’il faut aussi les chercher « dans une longue tradition historique, celle des Monge, Fourier ou d’Alembert, mathématiciens du siècle des Lumières ». Toutefois, les chercheurs contactés par le journal « mettent surtout en avant l’existence du CNRS, qui permet à des jeunes thésards d’être recrutés sur des postes fixes à un jeune âge, contrairement aux pays anglo-saxons. » Un point de vue repris et développé par Télérama dans une réponse à une question faussement ingénue : « Serions-nous génétiquement mieux équipés que nos voisins pour intégrer les intégrales ? Il faut se résoudre à repousser l’hypothèse...[...] Le secret de fabrication des matheux français se cacherait davantage dans un système : trois institutions uniques au monde qui font décoller nos maths dans la stratosphère depuis un demi-siècle. Premier étage de la fusée : les classes préparatoires [...] le deuxième étage de la fusée : Polytechnique, et surtout l’Ecole normale supérieure (ENS, où se dirigent les meilleurs [...] Reste le mastodonte qui fait office de troisième étage : le CNRS. » Cédric Villani interrogé par le journal confirme : « c’est un organisme exceptionnel. Malgré ses lourdeurs, il est très efficace et capable de mettre des moyens en œuvre quand il le faut. »

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Entrée principale du siège du CNRS
(copyright : CNRS Photothèque / TIGET Nicole)

Edwin Milgrom, professeur et membre de l’Académie nationale de médecine, se propose dans un article publié par Le Monde d’expliquer ce qui fait la spécificité de la recherche mathématique ainsi que les raisons de son succès par rapport à une compétitivité moyenne de la recherche biomédicale. « Certes les crédits globaux attribués à la recherche française devraient être augmentés mais la raison principale de l’efficacité relativement moyenne de celle-ci tient à la façon dont ces crédits sont distribués ». Edwin Milgrom prône le financement de la recherche sur projets, tout en reconnaissant certaines dérives de ce système. Il conclut : « L’efficacité insuffisante du système d’affectation des moyens est une des clés du “mystère” de la différence de compétitivité française en matière de recherche mathématique d’une part et biologique ou médicale d’autre part. Comme les crédits jouent un rôle majeur en biologie et médecine, la recherche s’en trouve handicapée. En mathématiques au contraire, cette allocation de moyens joue un rôle mineur, son inefficacité relative ne freine pas l’épanouissement de la discipline. » Mais c’est un tout autre point de vue que l’on découvrira dans le journal La Tribune, qui donne la parole à Jean-Marc Schlenker de l’Institut de mathématiques de l’Université de Toulouse. L’article commence par des comparaisons saisissantes : « depuis 20 ans, 18 médailles Fields ont été attribuées dont 7 à des mathématiciens travaillant en France. Si la France avait reçu [...] la même proportion de prix Nobel scientifiques, elle en aurait obtenu 69 sur les 178 distribués (au lieu de 7). Si le même succès avait été obtenu dans les technologies innovantes, une entreprise au moins parmi Apple Google et Microsoft serait française ». L’auteur distingue ensuite trois raisons au succès des mathématiques en France : le lien fort des chercheurs avec l’enseignement via les universités, l’application stricte des règles de mobilité dans les recrutements, la forte structuration de la discipline au niveau national. Sur ce dernier point, on peut lire « Des scientifiques de haut niveau s’impliquent [...] dans les organes d’évaluation de manière désintéressée et malgré la manière cavalière, voire méprisante, dont l’administration les traite. » La conclusion tombe : « Les mathématiciens français n’ont rien inventé [...] ils se sont contentés de s’imposer collectivement depuis plus d’un demi-siècle, des règles opposées à la facilité qu’avait choisie le reste du système français de recherche : désintérêt envers l’enseignement supérieur, recrutement locaux massifs. »

Le marché mondial de la matière grise : un éditorial du Monde vient tempérer l’atmosphère de quasi euphorie autour de l’excellence française en mathématique en rappelant que « début août, le « classement de Shanghaï » [ ne retenait que sept universités ou grandes écoles tricolores parmi les 200 meilleures mondiales. [...] seules l’Ecole polytechnique, l’Ecole normale supérieure de Paris, ainsi que celle de Lyon, et l’université parisienne Pierre-et-Marie-Curie figurent au palmarès [...] Au plan mondial, ce classement confirme l’écrasante suprématie occidentale dans la compétition internationale acharnée pour attirer et s’attacher les meilleurs cerveaux [...]. Mais il témoigne aussi que les ambitions de l’Asie commencent sérieusement à émerger sur le « marché » mondial de la matière grise ».

Un avenir incertain ? Le Monde n’est pas seul à modérer l’enthousiasme général. Dans l’article de Ouest-France cité ci-dessus, Martin Andler, mathématicien et professeur à l’université de Versailles Saint-Quentin, rappelle que « les mathématiques ont beaucoup perdu au profit des sciences expérimentales. Et la réforme du lycée ne va pas y remédier ». Jean-Pierre Bourguignon, interrogé par Télérama ne déborde pas non plus d’optimisme : « Il est moins tentant de se lancer dans la recherche quand on sait qu’il faut compter une dizaine d’années d’études après sa thèse avant de décrocher un poste payé 1 700 ou 1 800 € par mois. C’est un scandale absolu. » Moins alarmiste, Le Figaro nuance : « Si le niveau moyen a baissé, du fait que davantage de jeunes accèdent aux études supérieures, tel n’est pas le cas de celui de l’élite qui se porte mieux que jamais. » De plus, selon Pierre-Yves Chemin les mathématiques ne s’en sortent pas si mal par rapport à la désaffection générale pour les sciences dans l’enseignement supérieur « Ce n’est pas bon mais pas dramatique. Nous sommes mieux lotis que les autres pays industrialisés, qui connaissent tous cette crise. » Dans Télérama, Guy Métivier pense que les mathématiques françaises peuvent rester attractives mais qu’elles doivent s’adapter : « Les maths du XXIe siècle ne seront pas les mêmes que celles du XXe siècle. Il faudra inventer de nouveaux sujets liés aux autres disciplines, en fonction de leurs besoins, reconnecter les maths au monde réel, tout en continuant les maths pures. »

Un mathématicien coqueluche des médias

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Cédric Villani
(Image : Oberwolfach)

Force est de constater que Cédric Villani, l’un des deux lauréats français de la médaille Fieds, est rapidement devenu la coqueluche des médias en cette période de rentrée ! La presse, qu’elle soit radiophonique (France Info), télévisée (France 2 et France 3, Le Grand Journal de Canal+ ), ou bien écrite (Paris Match, L’Express, 20 minutes, Libération, Lyon Plus, LyonenFrance, Le Progrès), n’a eu de cesse tout au long du mois de septembre d’interviewer l’heureux lauréat, plongé en quelques jours de l’anonymat de la recherche mathématique à la célébrité des médaillés... En tête des préoccupations des journalistes, le mystère bien sûr, celui qui peut pousser un individu a priori sain d’esprit à faire des mathématiques (une question qui promet de rester bien longtemps encore sans réponse...) ; mais également, voire plus diront certains, le look original de Cédric Villani, à base de lavallière et de broche araignée colorée selon l’humeur... Il est tout de même, parfois, question de science : ainsi France Info, dans l’émission Info Sciences, rappelle que les travaux de C. Villani ont apporté « les outils mathématiques permettant de quantifier la production d’entropie et le retour à l’équilibre », suite aux travaux, réalisés au XIXè siècle, de Boltzman, physicien autrichien, qui a « prouvé mathématiquement la croissance de l’entropie au cœur d’un système (comme un gaz) ».

Tout au long des différentes interviews se dessine un individu qui a choisi de faire des mathématiques, non pas par hasard mais presque et qui en aime toutes les facettes : « Les mathématiques, c’est pour moi la beauté et la surprise » cite ainsi LibéLyon. « Je suis un théoricien » dit-il dans Le Progrès, et Libération précise qu’il accomplit sa tâche de directeur de l’Institut Henri Poincaré (IHP) de façon « normale » et surtout, qu’il n’y a pas que les maths dans sa vie (tant pis pour le cliché) : « J’aime bien occuper mon cerveau en écoutant de la musique plusieurs heures par jour » (LibéLyon), « Quand j’étais élève à l’ENS, j’allais au cinéma peut-être trois fois par semaine […] J’ai aussi été amoureux de Wong Kar Waï » (LibéLyon),... Et s’enchaînent des déclarations sur son amour de la lecture, de la bande dessinée, des mangas, de la ville de Lyon (« c’est à Lyon que je suis vraiment devenu un mathématicien… Franchement, c’est ma ville préférée. », LibéLyon), des anecdotes sur sa période « rebelle », ses changements de look. Jusqu’à cette information, cruciale pour comprendre le personnage : Cédric Villani a un surnom —il en a même eu plusieurs— « Marsu » ! Nous entretiendrons le mystère sur son origine, jetez donc un œil à ce portrait sympathique réalisé par Paris Match. Il ne pourra alors plus échapper à personne que malgré son statut de mathématicien, déjà difficile à porter en public, mais en plus un mathématicien élevé au panthéon des mathématiques, Cédric Villani reste un gars normal aux passe-temps presque banals (on ne reviendra bien sûr pas sur son look...).

Au-delà du personnage qui a attiré les journalistes, « un matheux télégénique » selon Libération, on pourra retenir que la parole a été donnée à un représentant de la recherche française, lequel n’a pas manqué de préciser, à propos de la fuite des cerveaux tant décriée, que « les chercheurs n’ont pas besoin de millions, mais de respect. Ils ont besoin de sentir qu’ils font un boulot utile, comme les professeurs » (Le Progrès). Mais également, dans une digression lors d’une discussion sur la musique, qu’ « il faut oser se poser des questions simples [en sciences], travailler sur des problèmes en apparence simples. […] Apprendre à poser des questions stupides c’est très important, c’est comme ça qu’on progresse. Sans honte. » (LibéLyon). Ou encore, au sujet des mathématiques pour lesquelles l’image d’un chercheur autiste et vivant reclus est bien tenace, que « les maths sont un sport d’équipe. « Sans les autres, je ne suis rien » raconte Villani, soucieux de souligner qu’au-delà même de ses nombreux travaux en collaboration, les maths sont une activité sociale » (Libération).

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Une des fameuses broches-araignées qui ont tant fait parler d’elles

Enfin, il serait injuste de ne mentionner que Cédric Villani, car au-delà des frontières françaises, la presse s’intéresse aussi aux autres lauréats de la médaille Fields. Bref tour d’horizon.

Le courrier du Vietnam revient sur la distinction obtenue par Ngô Bao Châu, signalant qu’il est « le premier scientifique des pays en voie de développement à se voir attribuer ce prix » et mentionnant, pour l’anecdote, que « Vietnam Airlines a offert au professeur Ngô Bao Châu le statut « Bach Kim » (Platine) lui permettant de bénéficier de nombreux avantages sur les vols de cette compagnie aérienne nationale » ; dans une interview au Quotidien de la réunion et de l’océan indien, Ngo Bau Chau déclare qu’il n’avait « pas imaginé un tel impact sur le public vietnamien », certains internautes comparant sa soudaine célébrité à celle d’ « un acteur ou un chanteur ». Une célébrité qui apporte certainement une responsabilité : « je serai plus écouté » dit-il... Israel7.com et Un écho d’Israël reviennent sur la médaille obtenue par Elon Lindenstrauss, précisant qu’il ne s’agit pas de sa première récompense, mais qu’au contraire il a déjà reçu « de nombreux prix au cours de sa carrière qui ne semble que commencer » ; enfin Le Matin propose une interview fort sympathique du quatrième lauréat de la médaille Fields, Stanislav Smirnov. Il y est notamment question du sujet de recherche honoré par la médaille Fields, la « démonstration de l’invariance conforme de la percolation et du modèle d’Ising », du rapport d’un mathématicien aux mathématiques, d’ « émotions mathématiques », et du parcours scolaire de Smirnov. On y apprend que Smirnov est « assez mauvais en calcul », que les maths « ce n’est pas les calculs [...] c’est manipuler des objets et des structures », et que porter le nom d’une vodka est « complètement banal » en Russie !

Disparition

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Nigel Kalton
(Image : Renate Schmid, Oberwolfach)

La communauté mathématique est endeuillée ce mois-ci par la disparition brutale de Nigel Kalton, professeur à l’université du Missouri. Brillant analyste, spécialiste de géométrie des espaces de Banach, Nigel Kalton a succombé d’une attaque cérébrale à l’âge de 64 ans. Cette triste nouvelle est reprise par The Columbia Daily Tribune qui dresse un rapide portrait du mathématicien anglais.

Mathématiciens d’hier et d’aujourd’hui

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La statue de Blaise Pascal sous la tour saint Jacques à Paris
(image : LPLT)

Fin août Le Figaro relatait la découverte, à la Bibliothèque Nationale de France, d’un manuscrit de géométrie de Blaise Pascal « au dos d’un fragment des Pensées ». C’est Dominique Descotes, professeur de Littérature française du XVIIe siècle à l’université... Blaise Pascal naturellement,
qui a repéré cette « page de brouillon où Pascal compare des volumes engendrés par la rotation de différentes surfaces autour d’un axe ».
Le magazine Sciences et Avenir et Le Point se sont intéressés à son travail, ainsi que le journal régional La Montagne, qui explique comment les manuscrits de Pascal sont arrivés jusqu’à nous, collés par ses descendants sur les pages d’un cahier, dont certaines avec des fenêtres pour qu’on puisse lire le verso. Si le document ainsi découvert « au travers d’un de ces trous » n’a rien d’exceptionnel sur le fond, c’est une pièce unique, « seul original de Blaise Pascal qu’on connaisse en cette matière », révélateur sur la façon de travailler de l’auteur des Pensées.
Et Dominique Descotes de s’étonner que « personne n’y ait prêté attention avant nous ! Sans doute n’intéressait-elle pas les littéraires ».
Ce qui fait émettre un vœu au Nouvel Obs :
« Espérons que cette découverte contribue à réconcilier les khâgneux avec l’étude des courbes cycloïdes - et les matheux avec les Pensées. »

À l’occasion des Journées du Patrimoine, la municipalité de Saint-André-de-Sangonis et le Midi Libre ont fait honneur à Joseph Boussinesq, né dans cette commune,
qui prépara une « thèse à Gap sous la direction de Barré de Saint-Venant » (mathématicien ayant, comme Boussinesq par la suite, laissé son nom à une équation en théorie des vagues)
et obtint « en 1867 le doctorat ès-sciences devant la faculté de Paris ».

Les nombres premiers sont les nombres qui ne se divisent que par un et par eux-mêmes. Sciences et Avenir nous apprend que deux mathématiciens français, François Dress et Bernard Landreau, viennent de découvrir un polynôme (un objet mathématique très simple) donnant 58 nombres premiers pour 58 entiers consécutifs. Il aura fallu pour cela « près de six mois de calcul avec une quarantaine de processeurs en parallèle [...] et tester plus de 300 milliards de milliards de polynômes. » L’intérêt, outre le record, est de « trouver les techniques et théories qui permettent d’augmenter l’efficacité des calculs, et de mieux comprendre le comportement des polynômes. C’est aussi un moyen de sonder les mystères de l’ensemble des nombres premiers. »

Parutions

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Ngô Bau Chau
(Image Oberwolfach)

Dans La Recherche on trouvera une interview d’Emmanuel Candès, professeur de mathématiques à l’université de Stanford et découvreur d’une toute nouvelle méthode d’acquisition de données : l’acquisition comprimée. En visualisation, cette méthode permet désormais d’obtenir des images de bonne qualité avec un nombre très réduits de points de mesure. Cette réduction induit un gain de temps dans l’acquisition des données, un gain qui peut être crucial dans certaines situations. Exemple en médecine : jusqu’à présent une image IRM [1] en haute résolution nécessitait une immobilité totale —et problématique— du patient pendant deux minutes, ce temps peut maintenant être réduit à 40 secondes. La Recherche revient également sur les médailles Fields avec un court article sur les travaux de Ngô Bao Châu.

La une du numéro d’été-automne 2010 de la revue Accromath est consacrée à la détection des fraudes au moyen de la loi de Benford, une application classique mais spectaculaire des mathématiques. Au fil des pages on découvre d’autres sujets tout aussi passionnants : le triangle de Reuleaux, la formule de Pick, la théorie des nœuds, les mathématiques de Pythagore et un paradoxe logique.

Dans un article intitulé Mathématiques françaises : un avenir à assurer le magazine Pour la Science donne la parole à Patrick Gérard, directeur du laboratoire de mathématiques d’Orsay, et qui s’interroge sur la pérennité du dynamisme actuel. Il constate, par exemple, « un réel fossé entre la recherche fondamentale en mathématiques et les écoles d’ingénieur », fossé « qui nuit à la capacité d’innovation des entreprises et entretient l’infériorité du statut social des docteurs en mathématiques par rapport à celui des ingénieurs ». Des inquiétudes aussi émergent avec l’autonomie des Universités. Les mathématiques, qui sont moins liées à des enjeux financiers industriels ou sociaux que d’autres disciplines, risquent d’avoir plus de difficultés à défendre localement leurs intérêts. Autre question : « l’enseignement secondaire assurera-t-il un vivier de recrutement suffisant en mathématiques ? ». « La qualité de la recherche mathématique est l’une des grandes richesses française. Sachons la préserver et la cultiver » conclut l’auteur.

Dans la rubrique logique et calcul du même numéro d’octobre, Jean Paul Delahaye s’intéresse au « dictionnaire des nombres premiers futiles » qui représente pour lui « le meilleur exemple de mathématiques sans prétention, intéressantes, pratiquées pour le plaisir et l’amusement. » Les auteurs de l’ouvrage, les Américains Chris Caldwell et Garland Honaker, ont mis en place il y a quelques années un site collaboratif « Prime Currios » consacré aux nombres premiers présentant une particularité amusante. Leur dictionnaire est une sélection des meilleures pages. L’article propose des exemples variés de nombres premiers curieux à différents titres.

Pataudes mes fractales ?

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Une fractale
(Image : Evercat)

Télérama se réjouissait de voir des fractales à la télé :
« On était donc excité à l’idée d’en découvrir les secrets ». Mais Nicolas Delesalle
reproche au film de Michel Schwarz et Bill Jersey « Fractales, à la recherche de la dimension cachée »
« sa construction paresseuse », « le ton parfois agaçant du commentaire », et « la pédagogie pataude »,
et conclut sur un parallèle qui laisse perplexe : « Le documentaire reste toutefois mille fois supérieur à un cours d’une minute trente des frères Bog­danoff sur le sujet. » Pour se faire une opinion, il ne reste donc plus qu’une chose à faire, ne pas manquer la rediffusion du documentaire [2] le 9 octobre à 10h55 !

Notes

[1Imagerie par Résonance Magnétique

[2On le trouvera également ici.

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Pour citer cet article :

L’équipe Actualités — «Revue de presse septembre 2010» — Images des Mathématiques, CNRS, 2010

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