Revue de presse septembre 2014

Le 1er septembre 2014  - Ecrit par  L’équipe Actualités Voir les commentaires (1)

Cet été, il a été beaucoup question dans la presse de médailles (Fields) et de leur revers (la crise que l’enseignement des mathématiques continue de traverser). Plongez avec nous dans les nombreux portraits de mathématicien-ne-s, médaillés ou non, constatez la crise sans défaitisme, puis venez fêter les initiatives qui à chaque point du globe rendent les mathématiques plus vivantes que jamais. Bonne rentrée à tous !

Congrès international des mathématiciens

Comme tous les quatre ans, les journaux se sont enflammés lors de l’ouverture du Congrès International des Mathématiciens qui avait lieu cette année à Séoul en Corée. L’événement transparaît essentiellement à travers l’attribution des médailles Fields. Comme le rappelle le journal Métro, « la médaille et un prix de 13 700 $ US sont remis tous les quatre ans à des mathématiciens âgés de 40 ans ou moins. » La presse s’intéresse à l’origine de cette récompense destinée à compenser l’absence de prix Nobel en mathématiques. Le magazine Sciences et Avenir le rappelle, « l’absence de prix Nobel en mathématiques est surtout due à la conception utilitaire et pratique des découvertes qui prédominait à l’époque de Nobel » et la légende persistante d’une jalousie de Nobel envers le mathématicien Mittag-Leffler avec lequel sa femme aurait eu une aventure n’a pas grand-chose à voir.

Cette année, les heureux bénéficiaires ont pour nom Artur Avila, Manjul Bhargava, Martin Hairer et Maryam Mirzakhani, « un choix très éclectique » comme le déclare Olivier Gérard dans un entretien à Sciences et Avenir. L’ancien responsable du magazine Quadrature souligne tout de même des points de rencontre entre les lauréats : « ils ont tous eu dans leur entourage des parents mathématiciens ou scientifiques... Originaires des quatre coins du monde (Autriche, Iran, Canada/Inde, Brésil) ils ont un ou plusieurs pays d’adoption et de formation (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne…). »

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Maryam Mirzakhani, première femme lauréate de la médaille Fields

Mais la presse francophone balance en fait essentiellement entre deux informations. D’abord, pour la première fois une femme est récompensée. « Maryam Mirzakhani, étudiante de l’Université Sharif de Téhéran, la plus prestigieuse en Iran, titulaire d’un doctorat de Harvard (Massachussetts) et aujourd’hui professeur à Stanford, en Californie, représente à elle seule un progrès considérable d’autant plus spectaculaire qu’elle est iranienne et le pur produit d’une société peu soucieuse de la parité » écrit Philippe Douroux dans Libération. Plusieurs journaux font remarquer que l’événement n’est pas anodin. Comme l’écrit La Voix du Nord, « alors que les femmes sont parvenues à parité avec les hommes dans de nombreuses disciplines académiques, les mathématiques restent largement dominées par les hommes, qui obtiennent environ 70% des doctorats en mathématiques aux États-Unis ». Le Figaro rapporte que la jeune lauréate a accueilli ce « grand honneur » avec une pensée pour ses consœurs : « Je serai contente si cela encourage de jeunes scientifiques et mathématiciens femmes », a-t-elle déclaré. « Je suis sûre qu’il y aura de nombreuses autres femmes qui remporteront ce genre de récompense dans les années à venir. »

Le Monde rappelle qu’en France, « seuls 18 % des maîtres de conférence en mathématiques fondamentales étaient des femmes en 2012, contre parfois plus de 50 % en biologie. » « Le nombre de mathématiciennes est très faible, cela contribue à véhiculer l’idée fausse selon laquelle les mathématiques ne seraient pas une activité adaptée aux filles », regrette Laurence Broze, présidente de l’association « Femmes et mathématiques » dans le quotidien. « Nous sommes évidemment ravies lorsqu’une femme obtient une distinction importante, car elle devient un modèle à suivre, condition essentielle pour que les jeunes filles envisagent certaines orientations. » Le journal tente aussi une description accessible des travaux de la jeune femme : « Celle-ci est spécialiste de géométrie et de la dynamique de surfaces un peu bizarres, comme les surfaces hyperboliques, en forme de selle de cheval. Un de ses résultats majeurs porte sur les déformations des surfaces avec des “anses” (un peu comme des bretzels mous) et sur le décompte des boucles que l’on peut fermer sur ces espaces. Pour le moins abstraits, ces objets correspondent pourtant à des situations réelles en physique dans les théories contemporaines essayant de décrire l’infiniment petit en réunissant la gravitation et la mécanique quantique. »

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Artur Avila

L’autre information capitale, est qu’Artur Avila est français. Le JDD avait d’ailleurs devancé l’appel en consacrant un article dès le dimanche 10 août au jeune homme et plus généralement aux chances françaises pour ajouter un treizième nom à la longue liste qui fait de notre pays le « pays le plus titré avec les États-Unis » comme l’indique Le Monde. Pour France Inter « la médaille Fields des mathématiques [est] pour le Français Artur Avila ». Le Huffington Post relève enfin que François Hollande et Manuel Valls dans leurs félicitations se sont partagés les rôles, le premier soulignant « l’attractivité de la France dans le domaine de la recherche », le second, « l’excellence de la recherche mathématique française ». Certes Artur Avila est membre du CNRS depuis 2003, actuellement attaché à l’Université Paris-Diderot et il a été naturalisé français l’année dernière. Mais comme l’indique aussi Le Monde, il « doit beaucoup à une spécificité brésilienne qu’est l’Institut national de mathématiques pures et appliquées (IMPA), basé à Rio depuis 1956. Grâce à l’IMPA et contrairement à ses voisins, le pays a pu conserver une école de mathématiques importante. » Artur Avila n’oublie pas le Brésil d’où il vient. « Même si je ne suis pas très fort pour faire des choses pratiques, je peux aider. En plus, en 2018, le prochain congrès international aura lieu dans mon pays », explique-t-il au Monde.

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Martin Hairer

Difficile de ne pas avoir l’impression que les deux autres lauréats, le Canadien Manjul Bhargava et l’Autrichien Martin Hairer sont un peu délaissés. La Tribune de Genève annonce toutefois l’événement en une : « un Genevois lauréat de la médaille Fields, le Nobel des mathématiques ». Le magazine La Recherche publie une entrevue avec le mathématicien spécialiste « des équations aux dérivées partielles stochastiques, c’est-à-dire qui contiennent un terme aléatoire ». Fils d’un mathématicien de l’université de Genève, Martin Hairer reconnaît qu’il « baigne dans le milieu » depuis toujours et que « s’il ne [l]’a jamais poussé à devenir mathématicien, [son père] était toujours présent lorsque [il] avait une question ou une interrogation. »

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Manjul Bhargava

Il faut un peu plus chercher pour trouver des informations sur Manjul Bhargava. Le journal Métro rapporte que « M. Bhargava, dont les parents ont immigré au Canada en provenance de l’Inde avant de s’installer aux États-Unis, est devenu professeur de mathématiques à l’université de Princeton en 2003, après avoir reçu son doctorat du même établissement en 2001. Selon le professeur de mathématiques de l’Université de Montréal Andrew Granville, qui a conçu un cours d’été s’appuyant sur les travaux de M. Bhargava, ce dernier a accompli plusieurs percées dans la théorie des nombres. »

Retrouvez les portraits des lauréats sur notre site : Artur Avila, Manjul Bhargava, Martin Hairer et Maryam Mirzakhani .

Autres mathématicien-ne-s à l’honneur

« Cédric Villani, chouchou des médias ? » titre Aurélien Alvarez,
enseignant chercheur en mathématiques, dans la gazette des
mathématiciens
(SMF)
.
L’auteur revient donc sur « la présence médiatique époustouflante » de
celui qui « comme nul autre avant lui » a endossé « le rôle
d’ambassadeur des mathématiques […] auprès des médias ». Il s’interroge
donc sur les « leçons et réflexions […] tirées de […] l’expérience » de
« la Lady Gaga des maths » comme l’avait décrit Télérama en 2011.
Si Cédric Villani a vite répondu aux fortes sollicitations des
médias, ce n’est pas le cas de tous. Dans le journal du
CNRS
, Jean-Christophe Yoccoz « lauréat (pour la médaille Fields) en 1994 » « raconte comment il a vécu cette expérience hors du commun ». Il reconnait que ce prix a
engendré des événements « humainement parlant, […] très
enrichissants ». Même si au premier abord, il s’est dit « que tout
cela allait lui faire perdre un temps précieux qu’il aurait pu
consacrer à ses recherches », il « ne garde que de très bons souvenirs
de cette expérience ».

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Laure Saint-Raymond

Laure Saint-Raymond, dont on a évoqué le nom pour la médaille Fields
cette année, a été décrite dans plusieurs articles. L’édition d’été 2014
du CNRS International Magazine, offre une
description élogieuse de la « la benjamine de l’Académie des sciences »
qui avait été comparée à Martine dans un article de
Libération.
Le
Monde

consacre également un article à cette « mathématicienne brillante et
discrète ». Elle y explique qu’elle « n’a choisi que tardivement la voie
des maths ». « Discrète et peu attirée par les feux de la rampe » ,
Laure Saint-Raymond a tout de même « un caractère bien trempé ». « Elle
ne mâche (en effet) pas ses critiques devant certaines mesures prises
pour favoriser l’accès des femmes aux mathématiques » et reconnait avoir
« un peu de mal à ne pas dire ce qu’elle pense ». Mais, comme l’écrit
Stéphane Foucart, journaliste au Monde, « après tout, ce petit travers
est aussi une qualité ». N’oublions pas qu’à « 39 ans, (elle est)
reconnue par ses pairs comme une des mathématiciennes les plus
brillantes de sa génération ».

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Philippe Cinquin

Le Monde
dresse le portrait de Philippe Cinquin, un « hybride à la croisée de
nombreuses compétences ». A « 58 ans, (ce) docteur en mathématiques
appliquées et en médecine, est (un) amateur invétéré de nouveaux défis
scientifiques ». « Ses derniers travaux lui ont valu d’être nominé au
prix de l’Inventeur européen 2014, le 17 juin dernier à Berlin ». Avec
une équipe qu’il a dirigée, il « a mis au point et breveté une biopile
miniature implantable, capable de fonctionner au sein d’un animal vivant
(qui) sera testée dans les semaines à venir chez la vache ». Mais ce « 
médecin-inventeur » ne compte pas s’en tenir à cette biopile, il voit
déjà plus loin et « rêve […] (de) la création d’un « réacteur
miniature implantable » capable d’éliminer du glucose » « pour les
patients souffrant de diabète et d’obésité ».

Danica McKellar, actrice, productrice, réalisatrice et scénariste
américaine en 1993, « quitte Hollywood (à la fin de
l’adolescence et de la série Les années coup de cœur) pour se consacrer
à ses études ». Le
coyote
précise
que passionnée de mathématiques « elle devient tutrice à l’université et
obtient un Bachelor of Science (équivalent d’une licence) ». Suite à
quoi, « ses recherches, en compagnie d’une camarade et d’un professeur,
sont publiées et référencées avec un théorème qui porte aujourd’hui son
nom ». Danica a depuis écrit plusieurs ouvrages tous dans le but de
« montrer aux filles que cette matière est accessible, pertinente et
peut même être glamour ». Elle a une vie bien remplie et très atypique
avec « des rôles principaux » variés dans téléfilms et séries, « une
apparition remarquée dans le vidéoclip d’Avril Lavigne », elle a
« chanté le nombre Pi », « animé une web-émission sur les mathématiques
et a été candidate à la dernière édition de Danse avec les stars. Elle
est donc bien déterminée à prouver que « la gent féminine peut à la fois
être sexy et intelligente ».

Dans un registre aussi varié, Le Monde
nous présente « James Harris Simons, le mathématicien philanthrope ».
« Avec une fortune estimée à 12,5 milliards de dollars, Simons est
aujourd’hui à la tête d’un empire ronronnant de passionnés de
sciences ». En effet, il est « régulièrement cité en exemple pour sa
générosité envers la recherche scientifique ou pour des programmes
visant à intéresser les enfants aux mathématiques ». « Milliardaire,
génie des mathématiques et grand investisseur », il n’est pas arrivé là
par hasard. « Sa vie a connu d’incroyables revirements », il « a
travaillé au service de cryptanalyse de l’Agence nationale de sécurité
(NSA) », « dirigé un département universitaire de mathématiques »,
« remporté un premier prix de géométrie à 37 ans , fondé Renaissance
Technologies [1] », « s’est lancé dans les œuvres caritatives ». Et
ce n’est pas tout, « cette année, il a été élu à l’Académie nationale
des sciences américaine [2] ».

Ramanujan enfin, jeune « autodidacte indien » et « prodige des
mathématiques » fait toujours parler de lui près d’un siècle après sa
mort. Un article publié sur le site Pour la science
annonce « les notes de Ramanujan, un trésor inépuisé ». Le jeune homme
« a énoncé […] des propriétés qui « semblaient à peine croyables »
(selon) son collègue britannique Godfrey Harold Hardy ». « Il s’est
instruit tout seul en utilisant un manuel anglais dépassé » et pourtant,
« ses travaux ont inspiré des domaines entièrement nouveaux des
mathématiques et des théories qui, dans plusieurs cas, ont valu à leurs
concepteurs la médaille Fields ». Son travail impressionnant, qui
suscite aujourd’hui encore l’intérêt de nombreux mathématiciens, mérite
reconnaissance. C’est ainsi que l’on lit dans
L’Express,
que « l’université de Maurice » organise cette année, « en collaboration
avec le Srinivasa Ramanujan Trust of Mauritius », un concours
mathématiques pour lui « rendre hommage ». Il s’agit du « Ramanujan
Contest 2014 ». Ainsi, « les participants auront à répondre à deux
questions et rédiger une rédaction de 800 mots sur la contribution de
Ramanujan aux mathématiques ».

Cocorico ?

On l’a vu, à l’occasion de la remise des médailles Fields, nos journaux se sont félicités de l’excellence française pour les mathématiques. Le Monde et Mediapart en interrogent les fondements. Sélection précoce impitoyable induite par les classes préparatoires, les écoles normales supérieures et Polytechnique, tissu de chercheurs dense, et le grand nombre de chercheurs en maths sont autant d’atouts qui rendent le pays attractif et lui font résister à la fuite des cerveaux qui touche les autres disciplines.

« Une excellence à préserver » pour Le Monde, qui insiste sur le formidable potentiel d’innovation que représente la recherche mathématique. Pour Yves Meyer repris par le journal, « l’avenir des mathématiques réside dans une sorte de respiration avec toutes les sciences et toutes les technologies ». Ainsi, dans le domaine des neurosciences « la compréhension du cerveau progresse (...) grâce à la modélisation mathématique, seule à même d’envisager et de structurer des mécanismes dont la description détaillée est strictement impossible ».
Au sein d’une série de trois articles consacrés à la recherche française en maths, Mediapart enfonce le clou. Si les problèmes résolus par les mathématiques semblent loin de la réalité, leurs applications sont nombreuses comme par exemple « la gestion des flux de messages sur Internet, la modélisation des échanges économiques, la création des produits financiers ou l’élaboration des modèles climatiques ».

Mais la recherche française doit se réformer selon La Croix. Les maux sont connus : budgets et embauches en baisse, manque de lien entre la recherche et le tissu économique, absence de perspectives pour les jeunes chercheurs, gouvernance trop complexe...

Pénurie de professeurs de mathématiques, pénurie d’étudiants aussi

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La cloche a-t-elle sonné ?

Et « derrière l’excellence, l’enseignement des maths en France connaît une crise inédite » pour Mediapart, quand La Croix, Melty Campus et Le Monde titrent sur la pénurie de professeurs de mathématiques, voire le risque de leur disparition, en réaction au petit nombre d’inscrits et d’admis aux deux sessions du Capes (Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré) en 2014, le concours exceptionnel d’avril dernier et celui « ordinaire » de juillet, ainsi qu’aux concours des années précédentes.

Si « la création de 60 000 postes [est] un pari en passe d’être tenu » selon Le Monde et malgré « deux Capes (…) organisés pour relancer la machine », de nombreux postes restent non pourvus, surtout en lettres classiques et modernes selon Digischool, mais aussi en allemand et... en mathématiques. Pour donner une idée de la situation, la moitié des 1592 postes à pourvoir en mathématiques sont restés vacants à l’issue de la première session, plus du tiers après la seconde.

Comment expliquer cette pénurie, quantitative mais aussi qualitative ? Le Monde recense quelques hypothèses : « Plus que dans d’autres disciplines, le métier de professeur de mathématiques souffre de la concurrence avec d’autres professions (…) mieux rémunérées », « la désaffection des filières scientifiques à l’université », « la série S au lycée, qui a perdu toute connotation scientifique », « l’allongement de la durée des études, la pénurie de postes sous le précédent quinquennat ». Digischool retient « les départs en retraite (…) fluctuants », « la baisse du pourcentage de femmes qui a aussi diminué le nombre de candidats potentiels, la concurrence possible avec l’informatique », sans oublier « l’image de la profession (…) ternie », « la mastérisation des études pour devenir professeur », selon La Croix.
L’agrégation de mathématiques n’a pas fait davantage le plein, avec 30 % de postes non pourvus (275 admis pour 395 postes), selon Le Figaro.
Et la France n’est pas le seul pays à connaitre cette désaffection pour l’enseignement des mathématiques : dans le monde francophone, le Sénégal est un autre exemple édifiant, comme en attestent Senetoile et SudQuotidien.

Alors, quelles solutions ? Revenir aux IPES (statut d’élèves-professeurs rémunéré accordé aux étudiants qui préparent le Capes) propose Étienne Ghys dans Le Monde ? Donner la parole aux nouveaux enseignants (qui témoignent leur enthousiasme à la Réunion dans Clicanoo) ? Pour l’agrégation, il faut « donner aux agrégés les postes correspondant à leur statut », selon la présidente de la Société des agrégés Blanche Lochmann, rapporte Studyrama. « L’étudiant qui prépare le concours de l’agrégation ignore qu’il a une chance sur quatre d’enseigner au collège et une chance sur trois d’y effectuer son stage » complète la porte-parole. Elle propose la « création d’une véritable bourse d’agrégation » et la possibilité de commencer/continuer à faire de la recherche, écrit Le Figaro.

En parallèle, la désaffection des étudiants pour les filières scientifiques se poursuit.
L’agence de presse sénégalaise nous en fournit un nouvel exemple. Mais les efforts pour dynamiser la recherche et l’enseignement africains se multiplient. Tokyo soutient les voyages des enseignants sénégalais dans d’autres pays pour s’y former en mathématiques. La France, elle, lance une fondation franco-africaine, annonce L’Express. On apprend dans l’Agence de presse sénégalaise que la banque mondiale donne huit milliards de francs CFA (c’est-à-dire un peu plus de douze millions d’euros) pour que le Sénégal se dote de deux centres de recherche. L’un en santé, l’autre en mathématiques. Mieux, cette banque participera pour dix-neuf établissements de recherche au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, au Nigeria et au Togo.

Baisse de niveau en mathématiques à l’école et au lycée

La crise de l’enseignement des mathématiques ne s’arrête malheureusement pas là.
Le constat est unanime, le niveau des écoliers et des lycéens en mathématique est alarmant. Ainsi, au lycée suisse de Porrentruy, 57% des futurs candidats à la maturité sont notés insuffisants dans cette matière (malgré un taux d’admissibilité à la maturité avoisinant 98,3% !) constate le coyote commentant un article paru dans le Quotidien Jurassien. Conséquence, « les hautes écoles (…) ne font plus confiance aux lycées pour former leurs futurs étudiants ». « L’ EPFL va cette année fortement durcir la première année ».
En fait, « les lacunes (…) datent souvent du primaire » rappelle RTL. Mediapart revient sur « la dernière enquête PISA consacrée aux compétences en mathématiques montrant que la France qui se situait, il y a dix ans, dans le groupe des pays “ dont la performance est supérieure à la moyenne ”, a désormais rejoint les élèves moyens de l’OCDE », résultat confirmé par une récente enquête de la DEPP constatant "un affaissement du niveau des élèves de CE2 en mathématiques entre 1999 et
2013, notamment dû à des lacunes des élèves en matière de “conscience des nombres ”". Ceci alors que la France se distingue également par sa qualité en recherche sur l’enseignement des maths. « Le problème réside dans l’écart entre ces recherches et leur prise en compte au niveau institutionnel », selon Luc Trouche repris par Mediapart.
Dans ichrono, Cédric Villani regrette que les mathématiques soient vidées de leur substance : « les évolutions les plus dommageables concernent les horaires qui ont baissé, les programmes qui se sont vidés et les exigences de démonstration qui sont moins fortes. Pourtant, l’objectif premier de cet enseignement est d’apprendre à raisonner, pas de calculer ou de faire de la géométrie.. »
A écouter les enfants interrogés par l’émission « L’actualité sort de la bouche des enfants » sur RTL., c’est aussi dès le jeune âge que s’installent les stéréotypes : « les maths c’est pour les garçons et pas pour les filles », « à quoi servent les mathématiques ? », « si tu sais pas faire du calcul mental t’es nul en maths ».

Dans ce contexte, on ne sera pas surpris que des chercheurs de l’université de Stanford se soient intéressés à l’apprentissage des mathématiques chez l’enfant. L’étude, parue dans Nature neuroscience utilise l’imagerie cérébrale. Elle aurait mis en évidence une « réorganisation cérébrale spécifique » dans l’apprentissage de l’arithmétique : « une base de comparaison précieuse pour mieux comprendre l’apparition de troubles de l’apprentissage », d’après santé log.

Et puis heureusement, les expériences se multiplient pour redonner aux mathématiques leur charme, leur popularité, leur accessibilité et leur prestige d’auparavant. Lors d’une action de formation de l’association « Maths en jeans » à Bramans en Savoie, « une quarantaine de professeurs [ont] réfléchi aux meilleures clés pédagogiques [pour] faire aimer les mathématiques, même aux plus récalcitrants, voire aux plus “mauvais” dans la matière », rapporte France3-Alpes.
Autre initiative, Mat’les vacances est « une colonie de mathématiques en Savoie, qui s’adresse à des lycéens de 1ère S motivés de situation modeste, et encadrée bénévolement par des enseignants et/ou chercheurs du supérieur ».
On vous a aussi déjà parlé, à plusieurs reprises du Rallye mathématiquesLuc Trouche repris par Montrer p;la derni> santé log.

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