Vie et mort d’un enseignement : la cosmographie (1830-1968)

Piste verte 14 janvier 2016  - Rédigé par  Colette Le Lay Voir les commentaires (2)

Arrivé sur la scène de l’enseignement secondaire dans la foulée de la Révolution, l’enseignement de l’astronomie puis de la cosmographie, confié aux professeurs de mathématiques jusqu’en 1968, moment où il disparaît, a eu une histoire marquée par les différentes réformes de l’enseignement et les transformations de la discipline au cours des 19e et 20e siècles.

Les savants post-révolutionnaires ont ainsi tenté de mettre en place, dans le cadre des mathématiques, un enseignement secondaire d’astronomie en prise avec la science en marche. Mais la réalité du terrain a contraint à y substituer, à partir de 1830, des leçons de cosmographie aux objectifs plus modestes. Pour poursuivre un tel dessein, le choix du vocable « cosmographie » est paradoxal : de la science ancienne au vaste contenu – description de l’univers sous ses aspects géographique, astronomique et géologique – on ne retient ici qu’une présentation simplifiée des phénomènes célestes essentiels. Pourtant, ces leçons se sont heurtées aux résistances d’un corps professoral peu formé et ont subi les soubresauts des réformes successives. Les mutations de la science astronomique – l’astrophysique côtoyant la mécanique céleste au 20e siècle – ne facilitent pas la tâche des professeurs de mathématiques plus enclins au dessin géométrique qu’à l’analyse spectroscopique. La cosmographie parvient néanmoins à perdurer dans l’enseignement masculin et à s’installer dans l’enseignement féminin (qui n’est créé que dans les années 1880) jusqu’à l’irruption des mathématiques modernes. C’est donc en 1968 qu’elle disparaît définitivement de l’enseignement des mathématiques. Dans les lignes qui suivent, nous tentons de donner les étapes essentielles de cette histoire sur le temps long [1] en nous appuyant notamment sur les textes officiels, les rapports commandés par les ministres et les manuels scolaires [2].

Genèse, de l’astronomie à la cosmographie

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Cosmographie des gens du monde (1856)

Après la Révolution, lorsqu’il s’agit de poser les jalons d’un nouveau système éducatif secondaire plus empreint de sciences se substituant aux humanités d’Ancien Régime, la nécessité d’un programme officiel n’apparaît pas et les Pierre-Simon Laplace, Gaspard Monge et Sylvestre-François Lacroix, se bornent à dresser la liste des livres de mathématiques à utiliser [3]. Ainsi, tout naturellement, Laplace, l’auteur de l’Exposition du système du monde (1796), préconise d’enseigner « les éléments de l’astronomie » en s’appuyant sur le Traité élémentaire d’astronomie physique (1805) de son disciple Jean-Baptiste Biot. Quelques années plus tard, une alternative est offerte avec l’Abrégé d’astronomie (1813) de Jean-Baptiste Delambre. Les deux auteurs sont des savants renommés et leurs ouvrages sont tout sauf élémentaires. Les professeurs de mathématiques doivent puiser dans les livres prescrits la substantifique moelle de leur cours, tâche insurmontable pour la plupart d’entre eux.

Avec la Restauration, à partir de 1815, les partisans des humanités [4] ont de nouveau le vent en poupe et les coups de boutoir contre l’enseignement des mathématiques en général, et celui d’astronomie en particulier, ne manquent pas. En 1829, une inspection menée par Charles-Louis Dinet [5] suggère que l’astronomie soit présentée comme application de la trigonométrie sphérique et repoussée à la dernière année du cursus dite 2e année de philosophie avec tout l’enseignement scientifique. À partir de 1830, à l’avènement de la Monarchie de Juillet, le mot « astronomie » disparaît des programmes au profit de la cosmographie, enseignée en classe de rhétorique [6]. Le changement de dénomination marque une réorientation profonde car, tandis que l’astronomie pouvait aller jusqu’à une initiation à la mécanique céleste, la cosmographie s’appuie sur l’observation et doit rester purement descriptive.

La cosmographie, sous la Monarchie de Juillet, un enseignement « accessoire » ou non

Pendant la Monarchie de Juillet (1830-1848), un jeu de balancier se met en place, dépendant du titulaire du portefeuille de l’Instruction publique, tantôt partisan intransigeant des seules humanités classiques, tantôt plus ouvert aux sciences. C’est sous le ministère de François Guizot qu’apparaissent les premiers programmes officiels de sciences. En cosmographie, sur les trente-deux leçons, les trois quarts décrivent la Terre, le Soleil et la Lune. Seules les trois dernières explorent les autres planètes, les comètes et les étoiles. L’évaluation au baccalauréat s’effectue à l’oral sous forme d’une question de mathématiques et d’une question de physique. En voici un exemple : « Quelle est la cause des éclipses du Soleil et de la Lune ? Pourquoi les premières sont-elles moins fréquentes que les secondes ? Et comment se fait-il qu’elles n’ont pas lieu chaque mois [7] ? »

Lorsqu’il accède au fauteuil de l’Instruction publique en 1840, Victor Cousin veut restaurer le primat des études classiques. Il reporte en classe de philosophie (c’est à dire la dernière classe du cursus) « les cours accessoires d’histoire naturelle, d’arithmétique, de géométrie, et de cosmographie » qui « ne produisent aucun bon résultat » et nuisent « considérablement aux études classiques […] si bien appelées humanités, parce qu’elles forment l’homme, et cultivent à la fois la mémoire, l’imagination, l’esprit et le cœur [8]. » Ce report en classe de philosophie est complètement marginalisant pour une discipline car bien des élèves quittent le collège en fin de rhétorique.

En 1845, Salvandy, nouveau ministre de l’Instruction publique, commande au mathématicien Louis Poinsot un rapport sur les leçons de mathématiques dans lequel ce dernier contredit point par point les arguments de Cousin : « le principe qui domine tout ce travail est que ces premières notions d’arithmétique, de géométrie et de cosmographie qui entrent dans toute éducation libérale, doivent être annexées aux cours réguliers des lettres et former ainsi une partie non accessoire mais intégrante de chaque classe. Que données suivant cette méthode et dans cet esprit qu’on a déjà si particulièrement recommandés, elles vont naturellement à l’intelligence des élèves et que loin d’être nuisibles, elles sont favorables au progrès même des bonnes études littéraires [9]. » Poinsot constate de plus que la cosmographie n’est plus enseignée, les professeurs de mathématiques et de physique se renvoyant la balle. Il demande donc la restauration de la cosmographie en classe de rhétorique.

À compter de 1830 paraissent de nouveaux ouvrages. Des Cours de cosmographie fleurissent, rédigés par des auteurs aux parcours très divers : militaires à la retraite, membres de sociétés savantes, enseignants. Ils cherchent souvent à attirer un public étendu allant jusqu’aux « gens du monde » et ne se soucient pas toujours du respect du programme officiel. La frontière est mince entre manuel scolaire et livre de vulgarisation en cette période tout à la fois d’hésitation sur la place à donner aux sciences dans l’enseignement secondaire et de développement de la littérature de vulgarisation. Pour un éditeur, un livre pouvant satisfaire le grand public autant que les lycéens aura une durée de vie plus longue et garantira un meilleur profit [10].

Un courant singulier prend son essor à cette époque et mérite qu’on s’y arrête : celui de la « science catholique » dont un représentant emblématique est Léon Desdouits qui publie en 1844 des Leçons élémentaires d’astronomie, dans la collection « Bibliothèque de la jeunesse chrétienne [11] ». L’auteur, professeur au Collège Stanislas, puise dans les versets de la Genèse l’explication de l’aplatissement de la Terre, rejette l’hypothèse de la nébuleuse de Laplace comme contraire au bon sens, décrit l’assignation à résidence de Galilée comme un « magnifique et délicieux séjour [12] » et rassure son lectorat : tant qu’il continuera à respecter la loi divine, aucune comète ne s’avisera de heurter notre planète. L’éditeur Mame étant le fournisseur quasi-exclusif des écoles catholiques, l’ouvrage de Desdouits remporte un succès considérable et sera réédité jusqu’en 1875.

La réforme de la bifurcation

Jusqu’en 1852, tout candidat au baccalauréat ès sciences devait auparavant avoir parcouru le cursus littéraire complet et être titulaire du baccalauréat ès lettres. La préoccupation pour la formation d’élites scientifiques et industrielles dans un pays aux prises avec la première révolution industrielle grandit dans la société et pousse le ministre Hippolyte Fortoul à mettre en place au lycée deux filières séparées à partir de la classe de troisième, l’une littéraire et l’autre scientifique, dirigée vers les applications. L’astronome Urbain Le Verrier, découvreur de Neptune, fait partie de la commission chargée d’élaborer les programmes de cosmographie qui entrent en vigueur à la rentrée 1852 à la suite de cette réforme dite de la bifurcation [13].

En section lettres, le cours est dispensé en seconde et comporte seize leçons résumées par « coup d’œil sur l’ensemble de l’Univers ». En revanche, en section sciences, les vingt-cinq leçons, délivrées en classe de rhétorique, marquent une rupture avec la cosmographie d’avant la bifurcation par l’ajout d’une perspective historique (mesure des degrés de méridien au Pérou et en Laponie), la place laissée aux découvertes récentes (petites planètes, comètes [14]) et l’importance accordée à l’astronomie stellaire (étoiles doubles, colorées). Mais la cosmographie continue d’être évaluée de manière très modeste (un coefficient ½ sur 10, pour le baccalauréat ès sciences). Soucieux de voir sa réforme aboutir, Fortoul accompagne les programmes d’instructions rédigées en 1854. L’initiation aux « merveilles sans nombre que renferment les cieux » se substitue à la description des instruments et aux calculs.

Côté manuels scolaires, une révolution silencieuse est en marche. Ce sont désormais des enseignants ou des astronomes qui les rédigent et ils respectent les directives officielles. D’où un saut qualitatif remarquable, et une standardisation de la forme et des contenus [15]. Parmi les auteurs, nous notons deux astronomes réputés Hervé Faye et Charles-Eugène Delaunay, et trois enseignants de prestigieux établissements parisiens : Charles Briot à Saint-Louis, Adrien Guilmin à Condorcet et Henri Garcet [16] à Henri IV.

Un retour progressif au statu quo ante

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Cours de cosmographie d’Henri Fabre (1879)

Sous le Second Empire (1852-1870) puis la Troisième République (1870-1940), trois textes jalonnent le retour progressif à la situation antérieure. En 1863, le nouveau ministre Victor Duruy recule en classe de seconde la séparation instaurée par la bifurcation avant d’abandonner la réforme en 1864 ; le programme introduit en 1853 est alors condensé. À partir de 1874, le cours de cosmographie est réparti sur les deux années de rhétorique et philosophie. La perspective historique et les découvertes récentes disparaissent. Enfin, en 1880, la cosmographie réintègre la classe de rhétorique mais retrouve un programme proche de celui de 1833, en plus succinct.

En cet âge d’or de la vulgarisation scientifique [17], Hachette demande à l’un de ses auteurs phares, Amédée Guillemin, de s’atteler à des Eléments de cosmographie (1867), destinés à l’enseignement spécial [18] comme au grand public. Il vient de triompher avec son magnifique ouvrage Le Ciel (1864), au cartonnage somptueux et aux superbes illustrations, que plus d’un garçon reçoit en livre d’étrennes. Il ne sera détrôné que par l’Astronomie populaire de Camille Flammarion en 1880. Hachette se garde de mentionner qu’Amédée Guillemin fut professeur de mathématiques avant de faire carrière dans le journalisme et l’édition scientifique. Signalons qu’Amédée Guillemin militait pour une extension de l’enseignement de la cosmographie à l’enseignement populaire - primaire, élémentaire comme supérieur - en raison de son utilité, du lien à la géographie et à la météorologie, mais aussi d’un point de vue de culture générale [19]. Nous ne traitons ici que de l’enseignement secondaire des élites mais il y aurait là un chantier intéressant à mener.

La réforme des lycées de 1902 [20], autre moment de remise en question de la formation des élites provoqué cette fois par la seconde révolution industrielle [21], correspond à un développement et une transformation importants des enseignements scientifiques. Pour la cosmographie, cependant, le changement est peu visible. Notons toutefois que dans une conférence où il promeut Les exercices pratiques de mathématiques pour l’enseignement secondaire, Emile Borel l’évoque : « Dans l’enseignement de la Cosmographie, il y aura, bien entendu, avantage à montrer le plus possible le ciel aux élèves en leur apprenant à le voir [22]. » Borel devine les « difficultés administratives » qui ne peuvent manquer de surgir car les conditions idéales d’observation ne correspondent pas nécessairement à un emploi du temps scolaire. Il ajoute avec une bonne dose d’humour : « Il pourra être utile de déplacer une heure de latin pour observer une éclipse. » Qu’aurait pensé Borel de la décision prise par de nombreuses inspections académiques lors de l’éclipse partielle du 20 mars 2015 : confiner les élèves dans les classes, rideaux fermés, et suspendre les récréations ?

Dans chacune des sections, l’enseignement de cosmographie est reporté à la classe terminale. Une seule trace de l’évolution de la science des astres y est perceptible : l’astrophysique naissante fait son apparition avec une ligne consacrée à la « constitution physique du Soleil ».

L’après Seconde Guerre : suite et fin de l’enseignement de la cosmographie

Celle-ci subsiste dans la dernière réforme, celle de 1948 qui crée une nouvelle filière « sciences expérimentales ». Les célèbres auteurs de manuels de mathématiques Roland Maillard et Albert Millet se demandent comment aborder, avec les élèves de philosophie et de sciences expérimentales, cette constitution physique du Soleil « en ignorant tout du spectre solaire [23] » . L’enseignement de la cosmographie rejoue ici à petite échelle le grand remue-ménage disciplinaire provoqué dans l’astronomie par l’irruption de l’astrophysique. Jusqu’aux années 1860, la science astronomique peut être rattachée sans peine aux mathématiques puisque son domaine d’expertise essentiel est la mécanique céleste, c’est-à-dire la description du mouvement des astres. Du reste, tous les grands astronomes sont alors polytechniciens de formation et mathématiciens de haut niveau. Lorsque l’astronomie commence à s’intéresser à la nature du Soleil puis des étoiles, la donne change : le géomètre dans son cabinet fait place au physicien ou au chimiste dans son laboratoire.

Faute de sources, il est difficile de se faire une idée de la situation concrète dans les lycées de la première moitié du 20e siècle. La cosmographie fait toujours partie des mathématiques mais rares sont les professeurs de mathématiques qui se battent pour l’enseigner. Lorsqu’un professeur de physique ou de géographie se propose de s’en charger, le collègue de mathématiques est souvent soulagé. Sinon, faisons le pari que la cosmographie vient en tête des chapitres que la longueur du programme contraint à ne pas traiter, par manque de temps…

Au tournant des années 1970, lorsque la réforme dite « des mathématiques modernes » produit de nouveaux programmes, la cosmographie est rayée des programmes de terminale scientifique au même titre que la statique et la dynamique. Mais ces deux dernières trouvent alors naturellement place dans l’enseignement de la physique. Ce qui n’est pas le cas de la cosmographie qui tombe ainsi dans les oubliettes de l’histoire : personne ne s’en soucie puisque cette disparition n’est qu’un dommage collatéral d’une réforme aux enjeux autrement plus importants.

Et les filles ?

L’essentiel de ce que nous avons écrit jusque-là ne concerne que les garçons dans la mesure où il n’est d’enseignement secondaire que masculin jusqu’à la Troisième République. C’est en 1867, avec ce que l’on appelle communément les « cours Duruy », que les filles font irruption dans notre histoire [24]. Environ deux mille jeunes filles bénéficient des conférences payantes données à Paris et dans quarante-quatre villes de province. Selon Françoise Mayeur [25] qui a étudié vingt-neuf de ces cours, treize proposent des leçons de cosmographie tandis que deux seulement dispensent un enseignement de géométrie [26]. Mais l’hostilité de l’Église est telle que Victor Duruy doit bientôt abandonner cette première tentative [27].

Problèmes de cosmographie pour jeunes filles (1869)
Problèmes de cosmographie pour jeunes filles (1869)

Il faut donc attendre la Troisième République et la loi Camille Sée en 1880 pour qu’un enseignement secondaire pour les filles voie le jour. La plupart des protagonistes, y compris Camille Sée, partagent le sentiment que la place des mathématiques doit y être modeste. Mais un débat existe néanmoins. En revanche, la cosmographie ne fait l’objet d’aucune contestation et semble posséder une légitimité héritée de l’histoire ainsi que l’écrit le philosophe Paul Janet (1823-1899) dans la Revue des deux mondes en 1883 : « La cosmographie en particulier est une science qui, au moins dans ses éléments, convient très bien aux femmes [28] ». Et d’évoquer à l’appui de cette thèse les Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle (1686), destinés aux dames.

Dès le début du 20e siècle des Leçons de cosmographie à l’usage de l’enseignement scientifique de jeunes filles voient le jour, sous la plume d’A. Grignon ou de P. Barrieu [29], le second ayant déjà publié un Cours de cosmographie pour les lycées de garçons. Ces ouvrages connaîtront plusieurs rééditions même après l’uniformisation des programmes garçons/filles de 1924.

En guise de conclusion et d’ouverture de chantier [30]

Plusieurs enjeux sont apparus en filigrane dans le récit de cette « vie et mort » de l’enseignement de la cosmographie.

Au 19e siècle, les débats portent essentiellement sur la pertinence d’un enseignement scientifique et sur la place à lui accorder. La cosmographie n’est qu’une branche, parfois jugée accessoire, de l’enseignement des mathématiques. Elle est enseignée dans les lycées prestigieux mais souvent délaissée ailleurs pour peu que le professeur n’ait aucun goût personnel pour la science des astres.
Avec la réforme de 1902, les mathématiques s’établissent durablement dans les cursus. La cosmographie est une part – sans doute jugée désuète – de l’héritage du siècle précédent que personne ne conteste véritablement mais à laquelle rares sont ceux qui accordent de l’importance. Aussi peut-elle disparaître à la fin des années 1960 dans l’indifférence générale.

Ce n’est que dans l’enseignement féminin que la cosmographie tire son épingle du jeu. Jugée, par les hommes, au tournant du 19e et du 20e siècle, moins dangereuse pour les « esprits fragiles » que les spéculations algébriques ou géométriques, elle convient mieux au « naturel féminin » tourné vers la contemplation de la nature. Le hasard fait que la cosmographie disparaît au moment où la mixité se généralise dans les établissements secondaires.

Post-scriptum :

Toute ma gratitude à Hélène Gispert, Laurent Rollet et Norbert Verdier qui m’ont grandement aidée à composer l’article.
Merci également aux relecteurs Philippe Colliard, Cidrolin et Bernard Valentin pour leurs conseils et leurs encouragements.

Notes

[1Pour plus de détails sur le premier demi-siècle de cette histoire, voir mon chapitre De l’astronomie à la cosmographie – Enseigner la science des astres (1802-1852), Actes du colloque Rédiscol Caen 2010, à paraître en mars 2016 aux Presses universitaires de Caen.

[2Sur la période 1833-1880, j’en ai dénombré une soixantaine et étudié en détail une vingtaine.

[3L’essentiel des informations sur les programmes officiels et les rapports aux ministres provient de Bruno Belhoste, Les sciences dans l’enseignement secondaire français, Paris, INRP, 1995.

[4Sous l’Ancien Régime et jusqu’au milieu du 19e, on dénomme ainsi les études secondaires, essentiellement organisées autour du latin, du grec, de la grammaire et de la rhétorique.

[5Celui-là même qui aurait refusé Évariste Gallois lors de sa deuxième tentative à l’École polytechnique. Mais l’épisode est controversé. Voir Caroline Ehrhardt, Évariste Galois. La fabrication d’une icône mathématique, Paris : Editions EHESS, 2011, pp. 91-95.

[6La classe de rhétorique correspond globalement à notre classe de Première, la classe de philosophie étant la classe Terminale.

[7Bruno Belhoste, op.cit., p. 159.

[8Bruno Belhoste, op. cit., pp. 161-163.

[9Bruno Belhoste, op. cit., p. 199.

[10Pour une étude plus fine de la porosité entre manuel scolaire et littérature de vulgarisation, voir l’article de Catherine Radtka.

[11Collection créée en 1836 à Tours par l’éditeur Mame. Voir Cécile Boulaire (dir.), Mame : deux siècles d’édition pour la jeunesse, Presses universitaires de Rennes, Presses universitaires François-Rabelais, 2012.

[12Léon Desdouits, Leçons élémentaires d’astronomie, Tours, Mame, 1844, p. 336.

[13À propos de cette réforme et des violentes réactions qu’elle suscite voir, par exemple, Nicole Hulin, « À propos de l’enseignement scientifique : une réforme de l’enseignement secondaire sous le Second Empire : la « bifurcation » (1852-1864) », Revue d’histoire des sciences, 1982, volume 35, pp. 217-245. Voir également Bruno Belhoste, Hélène Gispert et Nicole Hulin (dir.), Les Sciences au lycée : un siècle de réformes des mathématiques et de la physique en France et à l’étranger, Paris, Vuibert-INRP, 1996.

[14J’ai proposé une analyse du chapitre « comètes » des Leçons de cosmographie d’Hervé Faye sur le site Bibnum.

[15D’autres facteurs, sortant du cadre de notre propos et concernant les mutations du monde de l’édition, expliquent également ces profonds changements. Voir, par exemple, Alain Choppin, Les manuels scolaires : histoire et actualité, Paris, Hachette, 1994.

[16Ce dernier est le cousin germain de Jules Verne et son premier conseiller scientifique, jusqu’à sa mort en 1871. Jules Verne retranscrit une page des Leçons de cosmographie de Garcet dans son roman Aventures de trois Russes et trois Anglais en Afrique Australe (1871), dans lequel il relate une opération géodésique dans le désert du Kalahari.

[17Bruno Béguet (dir), La science pour tous (1850-1914), Bibliothèque du CNAM, 1990 et Dossiers du Musée d’Orsay, n°52, 1994.

[18Créé en 1865 par le ministre Duruy, cet enseignement secondaire, dépourvu de latin et renforcé dans les disciplines « utilitaires », est conçu pour déboucher immédiatement sur un emploi.

[20Hélène Gispert, Nicole Hulin, Marie-Claire Robic (dir.), Science et enseignement. L’exemple de la grande réforme des programmes des lycées au début du 20e siècle, Paris Lyon, Vuibert/INRP, 2007. Voir également l’article d’Hélène Gispert, « Une conférence pour une réforme », paru le 13 septembre 2013 sur le site Images des mathématiques,

[21Jean-Pierre Rioux, La révolution industrielle, 1780-1880, Editions du Seuil, collection Points, 1989.

[22Conférence donnée le 3 mars 1904 au Musée Pédagogique.

[23Maillard & Millet, Cosmographie, classes de philosophie et sciences expérimentales, Hachette, 1953.

[24Nicole Hulin, Les femmes et l’enseignement scientifique, Paris, PUF, 2002.

[25Françoise Mayeur, L’éducation des filles en France au 19e siècle, Paris, Hachette, 1979. Ouvrage réédité dans la collection de poche Tempus des éditions Perrin en 2008.

[26Dans son opuscule critique M. Duruy et l’éducation des filles (1867), Monseigneur Dupanloup, évêque d’Orléans, fait valoir que les pensionnats religieux enseignent déjà le calcul et la cosmographie. Les autres aspects des mathématiques ont toujours été reconnus impropres aux fragiles esprits féminins.

[27Pour une description détaillée, sur un cas local, lire Yves Verneuil, « Les cours secondaires pour jeunes filles à Troyes sous le Second Empire entre autorités municipales et administration bonapartiste », Revue d’Histoire du 19e siècle, n°39, 2009, pp. 95-111.

[28Paul Janet, « L’Éducation des femmes », Revue des deux mondes, tome 59, septembre-octobre 1883.

[29Nous n’avons trouvé aucune information sur ces auteurs.

[30Il est sûrement apparu dans les lignes qui précèdent que nous avons bien plus d’archives sur le 19e siècle que sur le 20e. La recherche se poursuit donc. Des témoignages de professeurs ayant enseigné la cosmographie ou d’élèves en ayant suivi les leçons seraient, en particulier, bienvenus.

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Pour citer cet article :

Colette Le Lay — «Vie et mort d’un enseignement : la cosmographie (1830-1968)» — Images des Mathématiques, CNRS, 2016

Crédits image :

Image à la une - Crédits des illustrations
1. Logo de l’article : « Tableau uranographique et cosmographique » d’Alexandre Vuillemin (1852). Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:1852_Vuillemin_Astronomical_and_Cosmographical_Chart_-_Geographicus_-_Cosmographique-vuillemin-1852.jpg
2. Seconde illustration : Gascogne, Alphonse, Cosmographie des gens du monde, ouvrage spécialement destiné aux jeunes personnes, Paris / Lyon, Périsse Frères Imprimeurs libraires, 1856.
3. Seconde illustration : Fabre Henri, Cours de cosmographie, Paris, Charles Delagrave, 1879. Source : Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k936232m.
4. Troisième illustration : Delille François, Principes de cosmographie, Paris, Librairie Jules Delalain, 1868. Texte en ligne : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nyp.33433090899828 ;view=1up ;seq=7

Commentaire sur l'article

  • Vie et mort d’un enseignement : la cosmographie (1830-1968)

    le 19 janvier à 16:25, par teddy

    La cosmographie et de manière générale tout ce qui est lié à l’astronomie m’a toujours passionné depuis mon plus jeune mais je trouve que les ressources sont assez complexes à comprendre. Je voulais d’ailleurs m’orienter vers ce type d’étude mais à cause de mon niveau en mathématiques trop faibles je me suis orienté vers une école de commerce (escca).

    Savez-vous si il existe des cursus avec cours du soir à faire après ses études ?

    Répondre à ce message
    • Vie et mort d’un enseignement : la cosmographie (1830-1968)

      le 23 janvier à 10:02, par Colette Le Lay

      L’Observatoire de Paris offre des formations à distance dont vous trouverez le détail sur son site. Bien à vous. Colette Le Lay

      Répondre à ce message

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