mathc2+ à Strasbourg

Le 13 juin 2012  - Ecrit par  Christine Huyghe Voir les commentaires (5)

mathc2+, c’est quoi ?

D’abord, le sigle .... je confesse ne pas savoir ce que le c2+ signifie précisément. Le c2 se référerait à la formule $E=mc^2$.
Ensuite, concrètement, il s’agit de stages de mathématiques, à l’Université, proposés par l’association Animath, s’adressant
à des élèves motivés et volontaires des classes de la 4e à la 1ère. Ces stages sont placés sous l’égide du
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (dans le cadre du plan
sciences). A Strasbourg, les
élèves étaient en classe de seconde, issus de différents lycées d’Alsace, le plus éloigné
situé à Saint-Louis près de Mulhouse. Le label mathc2+ est attribué par un comité
scientifique, et donne lieu à un financement de Animath et
d’autres institutions.

L’idée générale est de promouvoir les mathématiques auprès des élèves qui ne bénéficient
pas d’un environnement favorable pour se lancer dans des études scientifiques.

A Strasbourg, le rectorat a soutenu cette initiative, ainsi que l’IREM [1], et bien sûr l’UFR de mathématique et informatique de l’Université de Strasbourg.

Petit aperçu du stage strasbourgeois

Les activités proposées par des intervenants tous chercheurs,
universitaires, ou au CNRS, furent diverses : Marc Wambst a expliqué le lien entre spirales végétales et
approximation rationnelle, Nicolas Poulin, ce qu’étaient les estimations
statistiques et les intervalles de confiance, Loïc Teyssier comment un
« théorème vieux de 400 ans » s’avère très efficace dans la cryptographie actuelle.

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Des lycéens studieux

Marcela Szopos a expliqué comment on pouvait proposer un modèle mathématique de la
circulation sanguine (« du cœur à l’ordinateur »), Gaël Collinet a donné un exposé sur les
cristaux (« le conte de mathécristaux »), et enfin, il y fut question de nombres
$p$-adiques
,
malicieusement rebaptisés $s$-adiques par les élèves [2]. La forme elle-même
des exposés fut assez diversifiée (au tableau,
via des activités proposées aux élèves, ou sur ordinateur). En particulier, certains exposés furent
très joliment illustrés, par exemple celui sur les cristaux.

Gaël Collinet en pleine explication

Et comme il fallait bien que les élèves travaillent aussi, ils ont réfléchi à des
problèmes, proposés en début de semaine par Tatiana Beliaeva et dont ils ont présenté des
solutions au tableau en fin de semaine.

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Dernière séance de problèmes avec Tatiana Beliaeva

Et alors, ça vous a plu ?

Voici la question qui fut posée aux élèves à la fin du stage. Et ils se sont exprimés très
librement à ce sujet. Commençons par les critiques : la semaine était trop chargée,
certaines interventions trop difficiles, parfois trop magistrales, certaines notions introduites par les conférenciers, trop
peu motivées. La plus grande critique concerne l’organisation, les élèves ont eu peu de temps pour organiser leur transport et leur hébergement à Strasbourg.

Cependant, les comptes-rendus des élèves sont plutôt positifs. D’une part, ils sont satisfaits d’avoir entrevu un peu de la vie
universitaire. D’autre part, les élèves
sont aussi contents qu’on leur ait présenté
un point de vue moins scolaire sur les mathématiques que ce qu’ils connaissent. La meilleure preuve est que la plupart seraient prêts à renouveler l’expérience l’année prochaine.

Et qu’en disent les conférenciers ?

Ils sont d’accord avec les élèves que l’organisation fut un peu tardive : il aura fallu tout le zèle de certains
collègues strasbourgeois, des enseignants et des lycéens pour que tout se passe bien.

Mais le jeu en valait la chandelle : les intervenants, eux aussi, expriment leur satisfaction.
Les élèves étaient vraiment motivés, posaient
des questions, n’hésitaient pas à intervenir, ce qui rendait les exposés très vivants
et très agréables, et compensait le fait qu’il n’est pas si facile de s’adresser à un
élève de seconde. Tenter de communiquer sa passion aux autres est de toute façon toujours enrichissant. Et c’est un grand avantage que d’avoir des retours en direct sur ce qu’on raconte.

Conclusion

Une expérience à renouveler !

Post-scriptum :

Les commentaires (et critiques) sur le forum sont bienvenus.

Notes

[1IREM : Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques.

[2J’espère qu’il ne faut voir dans cette facétie aucune appréciation négative sur cet exposé, que je donnai ...

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Pour citer cet article :

Christine Huyghe — «mathc2+ à Strasbourg» — Images des Mathématiques, CNRS, 2012

Commentaire sur l'article

  • mathc2+ à Strasbourg

    le 13 juin 2012 à 09:11, par Marc Monticelli

    Je profite de cet article pour annoncer le stage C2+ au laboratoire de mathématiques de Nice :
    http://www.espace-turing.fr/Stage-MATHC2-dans-l-Academie-de.html

    Et les photos du stage de 2011 :

    Répondre à ce message
  • mathc2+ à Strasbourg

    le 14 juin 2012 à 18:24, par projetmbc

    Intéressant comme initiative !

    Aura-t-on accès à des documents en ligne ?

    Répondre à ce message
  • mathc2+ à Strasbourg

    le 14 juin 2012 à 21:20, par Christine Huyghe

    La mise en ligne de documents n’est pas prévue.

    Répondre à ce message
  • MathC2+ à Strasbourg

    le 3 juillet 2012 à 13:59, par Christine Huyghe

    Quelques précisions à propos du choix du sigle m’ont été données par Charles Torossian, que je remercie pour sa réponse :

    • les majuscules du sigle donnent effectivement MC2, le plus signifiant qu’il faut aller encore plus loin que la célèbre formule d’Einstein,
    • C2+ est une référence au langage C++
    • MathC2+ c’est aussi math c’est 2 fois plus, bref, c’est trop bien ...
    Répondre à ce message

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