20 mars 2012

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  • Jean-Marie Souriau s’est éteint

    le 3 avril 2012 à 19:26, par ROUX

    Très beau texte.

    Notamment : « Le vrai physicien, c’est deux personnes en une ; l’une qui fait des expériences et l’autre qui fait des modèles ; et qui confronte. S’il ne les confronte pas, il ne lui reste que de la physique sans expérience ou des mathématiques sans rigueur ».

    Texte que je mets en parallèle avec ce texte : "La grammaire n’est pas la littérature, le solfège n’est pas la musique et la mathématique n’est pas la science.

    La grammaire est indispensable à la littérature en ce qu’elle gère les mots, le solfège est indispensable à la musique en ce qu’il gère les notes et la mathématique est indispensable à la science en ce qu’elle gère les nombres et les formes.

    Je propose de restreindre la définition de « science » à toute activité intellectuelle sur un objet tangible en vue d’en améliorer la connaissance et dont deux des modes d’expression de cette connaissance sont des nombres et des formes.

    Je ne suis pas vraiment satisfait de l’expression « objet tangible » et je ne suis pas philosophe : j’entends par objet tangible, un objet du monde réel, de ce monde réel qui existe indépendamment de l’être humain. Une galaxie est tangible, un électron est tangible, un groupe commutatif n’est pas tangible, une parabole n’est pas tangible.

    L’activité intellectuelle scientifique est en deux parties : la modélisation de l’objet tangible de manière à pouvoir appliquer les règles des mathématiques et calculer ainsi des nombres ou des formes et l’expérimentation sur l’objet de manière à obtenir des nombres ou des formes. La connaissance sur l’objet tangible est validée lorsque les nombres et les formes obtenus dans les deux parties de l’activité intellectuelle scientifique coïncident. Dans la plupart des cas, cette connaissance peut être ensuite racontée avec des mots à travers le modèle de l’objet tangible.

    Ce qui exclut la mathématique de la science est simplement le rapport à l’objet tangible : la mathématique n’a aujourd’hui plus vocation à acquérir des connaissances sur les objets tangibles. Elle est juste indispensable à l’acquisition des connaissances sur de tels objets mais elle n’a plus aucune vocation première à le faire. Il n’est plus de l’essence de la mathématique d’acquérir des connaissances sur les objets tangibles. Il n’est plus de l’essence des mathématiques d’expliquer le monde réel.

    Une telle restriction de la notion de science pourrait permettre à nos élèves de mieux cerner le rôle des mathématiques et de comprendre la raison pour laquelle on peut parler de sciences économiques mais pas de sciences historiques ou géographiques et de sciences physiques et de la vie et pas de sciences psychologiques".

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  • Votre remarque

    le 8 avril 2012 à 02:43, par Patrick Iglesias-Zemmour

    J’aimerais pouvoir « répondre » à votre message, ne serait ce que pour ne pas le laisser passer inaperçu. Je dois avouer que je ne trouve rien de pertinent à dire sur le sujet, si ce n’est répéter ce que Souriau dit dans cette entrevue : « Nous ne voulions pas faire des mathématiques comme ça, en l’air, mais construire un outil qui permettrait de comprendre la nature » ; ce qui résume à mon avis parfaitement sa relation avec les mathématiques, et la physique.

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