16 juillet 2012

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  • De la Mathémédiatique

    le 20 juillet 2012 à 18:19, par Jean-Paul Allouche

    Merci pour cet article ! Et pour défendre, populariser, médiatiser (même si je n’aime guère ce mot) si bien les mathématiques. Il y a cependant une chose qui ne laisse pas de m’étonner : que l’on pose ---systématiquement--- la question « à quoi servent les mathématiques ? ». Et que les mathématiciens doivent s’entraîner à y répondre. Car enfin demande-t-on à un historien à quoi sert l’Histoire ? ou à un géographe à quoi sert la géographie ? à un spécialiste du latin ou du sanscrit ancien à quoi sert l’étude d’une langue morte ? à un physicien à quoi sert la physique (ou au moins disons la théorie des cordes ou l’étude du boson de Higgs) ? ou même à un biologiste à quoi sert la biologie (ou au moins telle ou telle partie de la biologie dont les biologistes eux-mêmes diraient ---comme nous--- que cela ne sert à rien pour le moment mais que peut-être un jour...) ? Sans oublier une question de D. Nordon que je cite souvent : À quoi sert l’utilité ?.

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    • De la Mathémédiatique

      le 21 juillet 2012 à 10:17, par Olivier Courcelle

      Le blogueur El JJ avait donné en son temps une liste de 100 réponses très rigolotes à cette question de l’utilité des mathématiques...

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      • De la Mathémédiatique

        le 21 juillet 2012 à 10:34, par Jean-Paul Allouche

        Excellent, merci !

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      • De la Mathémédiatique

        le 23 juillet 2012 à 18:11, par Cédric Villani

        Jean-Paul, tu n’es pas le seul à être étonné, il nous faut en prendre acte... et réfléchir si on peut changer les choses ; cela dépend beaucoup de la culture ambiante. Pour les autres disciplines, même s’ils ont tout oublié, les gens ont apparemment gardé de leurs études le sentiment de la corrélation avec le monde réel, probablement cela leur suffit comme « utilité », sans aller chercher vraiment si c’est « utile » et à quel terme. (Quand on pousse les gens dans leurs retranchements en leur demandant qu’est-ce qui est utile et en itérant, on obtient des réponses souvent bizarres :-)

        Olivier, Merci pour le tuyau sur l’excellent post de El JJ, bon à connaître.

        Cédric

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  • De la Mathémédiatique

    le 22 juillet 2012 à 15:33, par Bernard Hanquez

    Bonjour,

    Merci pour cet article. Les scientifiques doivent toujours se justifier auprès de la presse et du grand public, par contre les artistes, les footballeurs et les hommes (et femmes) politiques n’ont jamais à se justifier, pourquoi ?

    Il faut donc que les scientifiques se jettent dans l’arène et expliquent encore et toujours que sans les mathématiques il serait impossible de départager deux équipes de football, de faire des sondages électoraux, ou bien de calculer les droits SACEM de x ou y.

    Merci à Cédric Villani de ne pas hésiter à affronter les journalistes, même s’il faut passer pour la « Lady Gaga des maths ».

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  • De la Mathémédiatique

    le 30 juillet 2012 à 13:49, par Karen Brandin

    Je suis en train de parcourir péniblement les 70 pages (environ) d’un document du ministère consacré aux nouveaux thèmes abordés en terminale S à savoir : une initiation à la loi normale centrée ou à centrer) et aux méthodes d’approximation/échantillonnage et c’est en partie ce qui m’inspire une réaction.
    Comme d’autres, je vais devoir enseigner (mal car les outils ne sont pas mis en place correctement dans un programme décousu et pourtant très ambitieux) des mathématiques qui sont à l’opposé de ma sensiblité. Je n’en suis pas fière mais j’ai fait une thèse en théorie des nombres qui n’a servie à rien ; elle m’a par contre donnée l’occasion de m’enrichir et de trouver le courage sans doute aujourd’hui de faire faire en boucle des centaines de sujets d’annales aux futurs bacheliers parce que je sais qu’il existe autre chose ailleurs, autre chose de vivant et pour lequel on a envie de se battre.
    Il y a parmi les matheux (de profession ou pas d’ailleurs) des gens qui font des maths pour se souvenir et qui seront peut-être tentés par des problèmes dits « appliqués » et d’autres qui font des maths plutôt pour oublier donc il faut compter avec des sensibilités différentes.
    Néanmoins la communauté mathématique semble localement très sûre d’elle et toute disposée à s’insurgée contre cette idée « d’utilité » mais en toute honnêteté que fait-on à longueur de journée, de programme si ce n’est donner des applications des mathématiques qui viennent justifier leur nécessité ? Les maths pour quoi faire ?, j’aimerais tant qu’on n’éprouve pas le besoin de répondre à cette question mais ce n’est pas le cas. Qu’il s’agisse des magazines, des publications, de la radio, peut-être de la télévision que je n’ai pas, les maths paraissent en cours de démocratisation car elles semblent de plus en plus présentes mais ce n’est pas si simple car c’est un type de maths très particulier, très ciblé que l’on accepte d’offrir au grand public, sans doute le seul que l’on pense accessible. Les thèmes abordés sont toujours les mêmes : les statistiques, les probabilités, les maths financières, les pavages, la descritpion de certains phénomènes physiques bien sûr bref des choses « concrètes » ou facilement quantifiables. Est-ce que quelq’un oserait venir expliquer à la radio ce qu’est anneau, un schéma, un groupe de cohomologie ou un noyau ? Est-ce qu’il existe des passeurs de savoirs qui vont être prendre le temps de donner des idées intuitives d’objets abstraits, d’ objets qui d’instinct ne servent à rien juste pour l’honneur de l’esprit hiumain, juste pour savoir que çà existe ? Ce talent extraodinaire est en train de se perdre (je pense à Pierre Cartier auquel on doit tant) parce qu’il n’est pas cultivé et rarement reconnu. Il y a quelques passeurs d’Images c’est vrai et nous sommes tous sensibles à cet effort du don et de l’écoute.
    Depuis Hardy et son « Apologie d’un mathématicien » ( citation plus bas), on rencontre peu de discours qui viendraient ou qui oseraient affirmer que volià, on peut vouloir développer une théorie juste pour elle-même, pour le transmettre, pour qu’une chaîne se crée, qu’une école de pensée de développe.
    « Je n’ai jamais fait quelque chose d’utile (...). Jugée par toutes les normes pratiques, la valeur de ma vie mathématique est nulle et en dehors des mathématiques, elle est bien banale. »
    Dans son cas, dieu sait qu’il n’y avait que l’espérance qui était nulle ; reste à savoir si l’on peut en déduire que le jeu de la vie est équitable ...

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    • De la Mathémédiatique

      le 1er août 2012 à 17:44, par Cédric Villani

      Bonjour Karen,

      La question de l’enseignement et de la presentation de l’utilite mathematique dedans est clairement liee, mais si on commence a la traiter on va pouvoir ouvrir un forum entier !

      A titre personnel, tout en pensant que le theoreme central limite est peut-etre le theoreme le plus important dans tout le champ mathematique, je ne suis pas convaincu qu’il soit pertinent de l’aborder dans un cours de mathematique au lycee. Pour moi le but numero 1 de ce cours n’est pas d’apprendre quelque chose d’utile, ni d’apprendre quelque chose d’inutile, mais d’apprendre a bien raisonner, et de comprendre la demarche consistant a construire une theorie rigoureuse.

      Je commence souvent mes conferences publiques en parlant de geometrie du triangle, mon grand amour de jeunesse, et en expliquant comment ce domaine ne m’a servi strictement a rien, si ce n’est a developper le plus important, c’est a dire la capacite a construire une demonstration.

      Cela n’empeche qu’il faut trouver la bonne methode pour que les eleves sortant du lycee soient conscients qu’il y a un monde gigantesque dans les liens entre mathematique et applications, et que c’est un monde contemporain et toujours en evolution, impulse aussi bien par des motivations internes que par des elements externes. Et n’en deplaise a Hardy, a mon avis cela rend la theorie bien plus belle :-)

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      • De la Mathémédiatique

        le 1er août 2012 à 18:30, par Karen Brandin

        L’occasion m’a été donnée à deux reprises sur le site d’Images des Mathématiques via le courrier des lecteurs (« Résistez » puis
        « Des nouvelles du secondaire : chronique d’une agonie annoncée ») de m’insurger sur ce qu’est en train de devenir l’enseignement des mathématiques au lycée mais force est de constater que le débat progresse peu, les quelques enseignants que j’ai interrogés semblent résignés.
        Que les thèmes évoluent en terminale, pourquoi pas ? ; les maths sont sensibles, il est naturel que toutes les sensibilités soient représentées mais le problème c’est que les outils manquent au lycée où mathématiquement on est encore « petits » donc on aborde tout un peu sans aucune idée générale, aucune ligne directrice en omettant même l’histoire des objets et surtout la notion de structure. J’ai le sentiment que le programme en terminale S est simplement au service d’une épreuve appelée baccalauréat mais en aucun cas on leur donne une chance de gagner en autonomie et d’acquérir même modestement « une vue du dessus » qu’ils pourront peut-être appliquer plus tard à des contextes apparemment très différents mais qui pourrait aussi leur donner le goût de la discipline.
        La notion d’unité des mathématiques n’est pas respectée au lycée. J’ai sous les yeux les exercices conseillés relativement au chapitre consacré à une initiation à la loi normale et c’est terrible à dire mais le maître mot est « comment se servir de la calculatrice ? » . Sur ce thème ils sont intarissables ; toutes les marques sont représentées, on croule sous les captures d’écran en couleurs enfin le grand jeu ;-) . Ces nouveaux chapitres sont-ils donc un prétexte à acquérir une plus grande dextérité avec les « machines » au sens large ? C’est pour cela que l’on a supprimé la technique d’intégration par parties, la notion d’équations différentielles, la notion de composée de fonctions et celle de limite en première ? Il faut décidément du courage pour ne perdre le goût de ce que l’on enseigne. Enfin ...
        Reste que j’attends avec impatience la parution de deux ouvrages pour retrouver le moral et l’envie : « Théorème vivant » (un titre prédestiné) et « La déesse des petites victoires »
        de Yannick Grannec Le rendez-vous est pris donc pour faire passer le message aux jeunes gens qui voudront bien m’entendre.
        Je n’ai pas la télévision, pas de calculatrice non plus (quelque chose me dit qu’il va falloir que çà change ;-)) mais j’écoute France-Info depuis depuis que je suis en quatrième et je suis soulagée et touchée de l’énergie que vous consacrez à transmettre et à convaincre que çà vaut vraiment le coup d’essayer de comprendre.

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  • De la Mathémédiatique

    le 7 août 2012 à 20:37, par Karen Brandin

    Je viens de « tomber » suivant l’expression consacrée sur un petit film tout à fait intéressant disponible sur le site de la vidéothèque du CNRS intitulé « L’État des maths ».
    C’était il y a 25 ans ; çà pourrait, à bien des égards, être hier.
    Rien ne se perd, rien ne se crée ...

    http://videotheque.cnrs.fr/doc=167

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  • De la Mathémédiatique

    le 26 février à 19:46, par LASSALLE Philippe

    Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé l’échange avec Karen Brandin. :-)

    Bien à vous

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