16 de julio de 2012

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  • De la Mathémédiatique

    le 30 de julio de 2012 à 13:49, par Karen Brandin

    Je suis en train de parcourir péniblement les 70 pages (environ) d’un document du ministère consacré aux nouveaux thèmes abordés en terminale S à savoir : une initiation à la loi normale centrée ou à centrer) et aux méthodes d’approximation/échantillonnage et c’est en partie ce qui m’inspire une réaction.
    Comme d’autres, je vais devoir enseigner (mal car les outils ne sont pas mis en place correctement dans un programme décousu et pourtant très ambitieux) des mathématiques qui sont à l’opposé de ma sensiblité. Je n’en suis pas fière mais j’ai fait une thèse en théorie des nombres qui n’a servie à rien ; elle m’a par contre donnée l’occasion de m’enrichir et de trouver le courage sans doute aujourd’hui de faire faire en boucle des centaines de sujets d’annales aux futurs bacheliers parce que je sais qu’il existe autre chose ailleurs, autre chose de vivant et pour lequel on a envie de se battre.
    Il y a parmi les matheux (de profession ou pas d’ailleurs) des gens qui font des maths pour se souvenir et qui seront peut-être tentés par des problèmes dits «appliqués» et d’autres qui font des maths plutôt pour oublier donc il faut compter avec des sensibilités différentes.
    Néanmoins la communauté mathématique semble localement très sûre d’elle et toute disposée à s’insurgée contre cette idée «d’utilité» mais en toute honnêteté que fait-on à longueur de journée, de programme si ce n’est donner des applications des mathématiques qui viennent justifier leur nécessité ? Les maths pour quoi faire ?, j’aimerais tant qu’on n’éprouve pas le besoin de répondre à cette question mais ce n’est pas le cas. Qu’il s’agisse des magazines, des publications, de la radio, peut-être de la télévision que je n’ai pas, les maths paraissent en cours de démocratisation car elles semblent de plus en plus présentes mais ce n’est pas si simple car c’est un type de maths très particulier, très ciblé que l’on accepte d’offrir au grand public, sans doute le seul que l’on pense accessible. Les thèmes abordés sont toujours les mêmes : les statistiques, les probabilités, les maths financières, les pavages, la descritpion de certains phénomènes physiques bien sûr bref des choses «concrètes» ou facilement quantifiables. Est-ce que quelq’un oserait venir expliquer à la radio ce qu’est anneau, un schéma, un groupe de cohomologie ou un noyau ? Est-ce qu’il existe des passeurs de savoirs qui vont être prendre le temps de donner des idées intuitives d’objets abstraits, d’ objets qui d’instinct ne servent à rien juste pour l’honneur de l’esprit hiumain, juste pour savoir que çà existe ? Ce talent extraodinaire est en train de se perdre (je pense à Pierre Cartier auquel on doit tant) parce qu’il n’est pas cultivé et rarement reconnu. Il y a quelques passeurs d’Images c’est vrai et nous sommes tous sensibles à cet effort du don et de l’écoute.
    Depuis Hardy et son «Apologie d’un mathématicien» ( citation plus bas), on rencontre peu de discours qui viendraient ou qui oseraient affirmer que volià, on peut vouloir développer une théorie juste pour elle-même, pour le transmettre, pour qu’une chaîne se crée, qu’une école de pensée de développe.
    «Je n’ai jamais fait quelque chose d’utile (...). Jugée par toutes les normes pratiques, la valeur de ma vie mathématique est nulle et en dehors des mathématiques, elle est bien banale.»
    Dans son cas, dieu sait qu’il n’y avait que l’espérance qui était nulle ; reste à savoir si l’on peut en déduire que le jeu de la vie est équitable ...

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