16 mai 2013

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  • Penser c’est oublier

    le 16 mai 2013 à 13:02, par Claude Animo

    Le plus que l’on puisse raisonnablement soutenir dans ce domaine, c’est qu’oublier est aussi difficile qu’apprendre, peut être plus d’ailleurs ; affirmer, même littérature à l’appui, que penser c’est oublier, m’apparait alors comme une assertion très discutable.

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    • Penser c’est oublier

      le 16 mai 2013 à 18:24, par Michèle Audin

      une assertion très discutable

      elle est pourtant fort bien expliquée et argumentée dans l’article...

      pour ma part, j’avoue que ça fait assez longtemps que j’avais envie de parler de Tous les Funes et de mathématiques dans un article — la Bibliothèque de Babel que l’on cite toujours, est loin d’être la seule nouvelle de Borges qui puisse inspirer les mathématiciens — et que je suis très contente que ce soit fait et de la façon dont c’est fait dans celui-ci.

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      • Penser c’est oublier

        le 16 mai 2013 à 21:09, par Claude Animo

        La puissance de l’évocation littéraire est indéniable. On ne peut que le constater ; elle peut inspirer des mathématiciens, pourquoi pas.

        Ce que je conteste par contre, c’est le fait de présenter ce quasi oxymore, penser c’est oublier, comme une quasi vérité. S’appuyer sur la notion d’invariant et d’abstraction ne change rien à l’affaire.

        On pourrait en effet proposer que la fonction cognitive à laquelle on s’intéresse, n’implique en rien l’oubli, et son caractère forcément irréversible, sinon qu’est-ce que l’oubli, mais une occultation temporaire et réflexe de données considérées comme parasites, dans le contexte d’une réflexion précise.

        De tels cas de réminiscences archaïques sont couramment mis en évidence chez des personnes victimes d’une amputation partielle de leurs champs visuel et cependant capables de saisir un objet qui le traverse ...

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    • Penser c’est oublier

      le 17 mai 2013 à 09:08, par Christophe Boilley

      Oublions un instant le sens usuel du verbe « oublier » comme « perdre le souvenir ». Le premier mot de la phrase précédente correspond à l’acte volontaire relevé par le TLFI (« oublier », I.B), « omettre, écarter de sa pensée », plus proche peut-être de la construction étymologique du latin oblivisci « cacher à la vue ».

      C’est ainsi que je comprends le titre (certes gentiment provocateur) de l’article de Jean Vallès. Il nous rappelle très justement que le fantasme d’une conscience envahie en permanence par la totalité de ses souvenirs n’est pas la panacée. Je ne peux travailler raisonnablement si tous mes papiers sont disposés sur mon bureau. Je dois pouvoir y accéder rapidement, mais cette notion d’accès implique une distance, un placement en un autre lieu.

      À la rigueur, on peut objecter que l’oubli ne suffit pas pour faire émerger le concept de l’observation. Revoyant le même chien de face après l’avoir vu de profil, je réactive le souvenir du chien pour en extraire des caractéristiques communes.

      Finalement, on pourrait peut-être compléter le titre en « Penser, c’est oublier et se rappeler ».

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  • Penser c’est oublier

    le 23 mai 2013 à 17:48, par Jérôme Germoni

    Partant de l’idée qu’on dégage un concept en oubliant certains traits individuels pour ne garder que des caractéristiques invariantes, se pose rapidement la question de savoir à partir de quand on décide d’identifier deux objets (concrets ou mathématiques). C’est l’enjeu du café d’Étienne Ghys sur l’égalité. On y rencontre notamment la machine à concepts qu’est la notion de relation d’équivalence.

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