25 juin 2013

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  • Un vers alexandrin n’apparaît jamais seul.

    le 25 juin 2013 à 09:54, par Antoine Chambert-Loir

    En voilà un pourtant, échappé du corpus...

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  • En voilà un pourtant, échappé du corpus...

    le 25 juin 2013 à 10:12, par Michèle Audin

    Le corpus dont il s’agit est celui du vers classique. Sans parler des vers blancs, il y a bien des alexandrins isolés dans la littérature, et même de très beaux, du

    Et l’unique cordeau des trompettes marines

    (Chantre, Apollinaire)

    au

    J’acquis un timbre Proust au carré Marigny

    (Monostique, Queneau)

    et bien sûr le tien, Antoine, à qui je répondrais volontiers

    Les lectrices d’ailleurs se fient à mon discours :
    Nourri(e) dans le sérail, j’en connais les détours...

    Merci pour ta lecture (et pour ta chasse au vers blanc).

    Michèle

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  • Je demeurai longtemps errant dans Césarée

    le 25 juin 2013 à 12:28, par Giangi

    Le « et bien sûr le tien, Antoine » de Michèle fait-il référence à :

    Un vers alexandrin n’apparaît jamais seul

    ou à :

    En voilà un pourtant, échappé du corpus...

    Y a-t-il eu à l’époque des démonstrations mathématiques en vers ?

    Giangi

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  • Je demeurai longtemps errant dans Césarée

    le 26 juin 2013 à 07:13, par Michèle Audin

    Un vers alexandrin n’apparaît jamais seul est un alexandrin contenu dans l’article (et dans ce que dit Valérie Beaudouin).

    En voilà un pourtant, échappé du corpus... est un alexandrin dû (autant que je le sache) à Antoine Chambert-Loir.

    C’est donc bien à celui-là qu’il était fait référence.

    Y a-t-il eu à l’époque des démonstrations mathématiques en vers ?

    Je ne sais pas.

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    • Une démonstration en alexandrins

      le 30 juin 2013 à 09:31, par a.leblanc

      On trouve dans le livre Rationnel mon Q une démonstration en alexandrins. Cette démonstration n’est pas une démonstration d’époque. On trouve par ailleurs dans ce livre d’autres démonstrations « à contraintes ».

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  • Une conversation mathématique en vers

    le 4 juillet 2013 à 09:41, par Antoine Chambert-Loir

    Tamas Szamuely a mis en ligne un échange mathématique en vers que nous avons eu début janvier 2013. Tous ces vers ne sont pas fameux, mais on s’amuse comme on peut...

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  • Je demeurai longtemps errant dans Césarée

    le 4 juillet 2013 à 10:07, par Michèle Audin

    Tous ces vers ne sont pas fameux

    Je me garderai de porter un jugement de valeur. Il est certain que ces vers ont peu à voir avec les alexandrins classiques dont il est question dans l’article. Ce n’est toujours pas un jugement de valeur, mais la constatation que, pour Racine, dernière ne rime pas avec vers, pas plus que cortex ne rime avec connexe ni génial avec étale.

    Après ça, l’alternance des rimes...

    Bref. Un alexandrin classique n’est pas qu’un vers de douze syllabes (ou à peu près : revê-teu-ment/attentiv’ment). Et toutes les transgressions de ces règles ne sont pas du Rimbaud.

    Allez, je craque, en voilà, du Rimbaud, avec les beaux alexandrins malmenés que je n’ai pas cités dans l’article (mais mon Rimbaud est à côté de mon Racine...) :

    Un poème d’Arthur Rimbaud, 1871-72

    Qu’est-ce pour nous, mon cœur, que les nappes de sang
    Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris
    De rage, sanglots de tout enfer renversant
    Tout ordre ; et l’Aquilon encor sur les débris

    Et toute vengeance ? Rien !... — Mais si, toute encor,
    Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,
    Périssez ! puissance, justice, histoire, à bas !
    Ça nous est dû. Le sang ! le sang ! la flamme d’or !

    Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur,
    Mon Esprit ! Tournons dans la Morsure : Ah ! passez,
    Républiques de ce monde ! Des empereurs,
    Des régiments, des colons, des peuples, assez !

    Qui remuerait les tourbillons de feu furieux,
    Que nous et ceux que nous nous imaginons frères ?
    À nous ! Romanesques amis : ça va nous plaire.
    Jamais nous ne travaillerons, ô flots de feux !

    Europe, Asie, Amérique, disparaissez.
    Notre marche vengeresse a tout occupé,
    Cités et campagnes ! — Nous serons écrasés !
    Les volcans sauteront ! et l’océan frappé...

    Oh ! mes amis ! — mon cœur, c’est sûr, ils sont des frères ;
    Noirs inconnus, si nous allions ! allons ! allons !
    Ô malheur ! je me sens frémir, la vieille terre,
    Sur moi de plus en plus à vous ! la terre fond,

    Ce n’est rien ! j’y suis ! j’y suis toujours.

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    • Rime du e muet

      le 11 juillet 2013 à 19:25, par Antoine Chambert-Loir

      Bonjour Michèle ;

      On s’éloigne du contenu habituel d’Images des maths mais qu’est-ce qui pour Racine empêche connexe de rimer avec cortex, ou étale avec génial ?

      Bon été, pour ma part accompagné des vers d’Homère dans la nouvelle traduction de l’Iliade que Jean-Louis Backès a publiée au début de l’année (avec un commentaire intéressant sur la versification d’Homère).

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      • Rime du e muet

        le 11 juillet 2013 à 22:44, par Jean-Paul Allouche

        Bonsoir,

        La réponse est qu’on ne fait pas rimer en versification classique des rimes féminines avec des rimes masculines, les premières étant celles qui finissent par un e muet. Voir par exemple l’article de Wikipédia. Bonne (re)lecture de l’Iliade.

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      • Rimes féminines/masculines

        le 11 juillet 2013 à 22:47, par Michèle Audin

        On s’éloigne du contenu habituel

        La rubrique s’appelle « ailleurs »... donc on peut. C’est même fait pour ça.

        qu’est-ce qui pour Racine empêche connexe de rimer avec cortex

        connexe est une rime féminine, il rime avec simplexe ou complexe, même avec sexe

        alors que cortex est une rime masculine, il rime avec vélosolex.

        voilà voilà. J’espère que ces exemples te donnent envie d’écrie des alexandrins classiques !

        Bon Homère (qui ne rime pas avec vers)... et quand tu auras fini l’Iliade, cette ennuyeuse histoire de guerre, n’hésite pas à en lire une suite dans Andromaque, une histoire d’amour(s).

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  • Je demeurai longtemps errant dans Césarée

    le 22 juillet 2013 à 16:28, par Pierre de la Harpe

    Effectivement, il n’existe pas autant que je sache de démonstration en alexandrins - c’est trop bête.
    Mais il y a un joli problème ainsi formulé, concernant l’âge de la mort de Diophante.
    On le trouve sur le site Récréomath,
    qui indique sa source :
    un livre d’Emile Fourrey, Récréations arithmétiques, publié par Vuibert en 1947, page 153 ;
    première édition datant de 1899.
    Voir http://www.recreomath.qc.ca/dict_di....

    Passant, sous ce tombeau repose Diophante.

    Ces quelques vers tracés par une main savante

    Vont te faire connaître à quel âge il est mort.

    Des jours assez nombreux que lui compta le sort,

    Le sixième marqua le temps de son enfance ;

    Le douzième fut pris par son adolescence.

    Des sept parts de sa vie, une encore s’écoula,

    Puis s’étant marié, sa femme lui donna

    Cinq ans après un fils qui, du destin sévère

    Reçut de jours hélas ! deux fois moins que son père.

    De quatre ans, dans les pleurs, celui-ci survécut.

    Dis, si tu sais compter, à quel âge il mourut.

    Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Diopha...
    donne aussi, hélas en prose, l’équation

    x/6 + x/12 + x/7 + 5 + x/2 + 4 = x

    dont la solution x = 84 donne l’âge de la mort de Diophante.

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    • Je demeurai longtemps errant dans Césarée

      le 23 juillet 2013 à 15:51, par Christine Huyghe

      « il n’existe pas autant que je sache de démonstration en alexandrins ». Certes, mais certains poètes se sont inspirés de mathématiques. Parmi eux Michel Butor dans
      la quadrature du cercle à Parmes que je trouve à la fois très beau et en même temps plutôt rafraîchissant.

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  • Un pied de trop

    le 5 mars 2014 à 14:46, par Giangi

    Je ne conteste pas l’indice permettant de retrouver « voix » au lieu de « vie » ; simplement, le décompte est erroné :

    « à-ve-nir-pro-di-guer-sa-vi-eu-su-run-thé-â-treu »

    compte non pas 13 mais 14 pieds, à cause du « théâtreu » erroné.
    Le « e » muet final ne se prononce pas, et on a donc :

    « à-ve-nir-pro-di-guer-sa-vi-eu-su-run-thé-â-tr’ »
    qui a bien 13 pieds et donc :

    « à-ve-nir-pro-di-guer-sa-voix-su-run-thé-â-tr’ »
    qui en a 12, et est donc correct.

    Article passionnant, merci !
    Giangi

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    • Un pied de trop

      le 5 mars 2014 à 15:03, par Michèle Audin

      Oui, bien sûr, vous avez raison, je n’aurais pas dû écrire le « treu ». Merci pour votre vigilance !

      Évidemment, je pourrais tout simplement corriger dans l’article, mais je préfère garder votre commentaire, merci encore !

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