22 janvier 2009

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  • Les deux idées de Sofia Kovalevskaya

    le 19 octobre 2020 à 20:07, par JP94

    dans votre question, posée il y a plus de 10 ans, on pourrait presque trouver une plaisanterie !

    la question serait plutôt e savoir pourquoi on en connaît si peu... il est impossible de faire abstraction du social.
    on pourrait aussi se demander pourquoi l’histoire des maths comporte si peu de fils d’esclaves, d’enfants de paysans et d’ouvriers...
    mais déjà l’Antiquité a connu Hypathie, la mathématicienne lapidée et tuée par des moines chrétiens, prétextant qu’elle était « païenne »...
    mais le Moyen-Âge occidental connaît peu de mathématiciens...à part Gerbert et Fibonacci, peu de noms viennent...

    En littérature, on a tout de même Marie de France ...et quel homme contemporain ?
    on connaît Jeanne d’Arc, de noble lignée... mais qui connaît Jeanne Hachette ?
    L’Histoire est celle de la lutte des classes, mais le récit et l’enseignement de cette discipline s’inscrivent eux-mêmes dan ce champ ...
    qui connaît Martha desrumeaux ? pourtant cette femme a été une des organisatrices de la fameuse grève de 100 000 mineurs initiée par des manifs de leurs femmes, face à la Wehmacht occupant le Nord pour en pilier le minerai de fer.

    passons aux scientifiques du début du 20ème : nous avons Marie Curie ... finalement, elle est aussi venue à Paris et comment a-t-elle eu son doctorat bien que femme ? parce que Pierre Curie, dont le père était un médecin communard ( au lycée Lakanal) a tout fait pour que le nom et le prénom de Marie soient mentionnés dans tous leurs travaux ( au passage, elle a passé une licence de maths et été reçue 2ème...). tel n’était pas le cas des femmes de ses collègues savants, pourtant parfois fort instruites ( la propre femme d’Einstein était mathématicienne... précisons aussi que sans Pierre Curie, le génie de Paul Langevin ( savant, militant et communiste - pour pallier la disparition de son gendre Jacques Solomon son gendre résistant communiste fusillé par les nazis et immense savant encore jeune ( comme Maurice Audin ...pour des circonstances analogues).
    notre prof de Td de licence de maths « pures » à Orsay, nous disait que la femme de Laurent Schwartz ( le grand mathématicien qui a présenté la thèse de Maurice Audin « in ausencia ») était en fait plus brillante et plus novatrice que son célèbre mari, mais qu’étant femme et étant tellement en avance sur son temps, elle n’avait pas été reconnue suivant son mérite...
    Noether a travaillé au plus niveau sur les choses les plus difficiles...
    bref ce ne sont pas les mathématiciennes qui n’existent pas, mais la reconnaissance sociale.

    j’ajouterai que j’ai de nombreuses amies russes, et il s’avère qu’elles sont toutes, ou presque ingénieurs ! et même ... avec une thèse sur les transports et les poids lourds, des femmes qui ont des doubles doctorats scientifiques ( chimie, physique économie...)

    dernier point : sur un site de maths US, j’ai été très frappé de lire tout un tas de témoignages féminins s’adressant à l’auteur ( mathématicien) du site et disant leur amertume de n’avoir pu étudier les maths comme elles en avaient rêvé, en étant empêché par toutes les barrières sociales..

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