22 avril 2014

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  • Intervalle de confiance : pourquoi tant de défiance ?

    le 3 mai 2014 à 20:18, par Karen Brandin

    Je ne pense pas que l’on puisse décemment affirmer que la notion d’intervalle de confiance éclaire, voire motive, le cours de probabilités de TS. C’est peut-être une question d’éducation de l’oeil ou d’éducation tout court, peut-être que l’on en a une approche trop primaire, trop artificielle et je suis d’ailleurs sensible à cette volonté de Jean-Pierre Raoult de convaincre mais je reste sceptique d’autant que le temps consacré à cette partie marginale du programme est très limité (la première S ayant été vidée de toute substance ou presque, la terminale fait office de « fourre-tout » si bien que le temps presse).

    Cela se réduit à une ou deux photocopies extraites du manuel en général
    avec les sacro-sainte instructions respectant les modèles les plus répandus de calculatrices et un exemple « si le temps le permet. »

    Il faut savoir que la plupart des élèves auront d’ailleurs un programme qui leur permettra d’entrer les paramètres et d’obtenir directement la valeur des bornes de l’intervalle au seuil 95%

    « la tension qui existe toujours entre la volonté de précision (ici la faible longueur des intervalles de confiance) et le coût en termes de calculs de cette précision.
     »

    Lorsque je lis cette phrase, je pense assister à un cours de micro ou macro-économie mais pas un cours de maths ; les frontières sont poreuses mais elles existent et il faut qu’elles existent parce qu’un peu de tout, c’est beaucoup de rien. Là encore, il y a un temps pour tout : un temps pour donner une intuition, une philosophie et un temps pour comprendre, s’approprier les objets, les structures.

    Le cours de maths n’a pas vocation à édicter des règles de décision au risque 5%.

    Le retour des lois continues en revanche peut donner une seconde vie au cours d’intégration qui n’a pas toujours bonne presse, trop « abstrait paraît-il » ; hachurer inlassablement l’aire entre deux courbes ou l’aire « sous la courbe » comme on le lit souvent laissent un grand nombre d’élèves indifférents ; si cette surface est associée à une probabilité, si c’est l’occasion d’exprimer une aire en fonction d’une autre, cela peut être plus stimulant, peut-être plus parlant tout simplement.

    Forcément si l’exercice, c’est aller dans « menu », sélectionner « normalFrép », entrer les paramètres et appuyer sur « EXE », c’est d’un intérêt limité et en toute franchise, de mon côté, ça ne m’intéresse pas du tout.

    Ensuite, qui d’autre que le nouveau programme justement, a gravement compromis cette correspondance entre les disciplines scientifiques ou du moins entre les maths et la physique en éliminant d’abord en première S la notion de barycentre (l’isobarycentre d’un solide, c’est pourtant je crois le point d’application des forces en mécanique) qui est fondamentale et rend presque innaccessible celle d’ensembles de points qui posent ensuite tant de problèmes de compréhension en terminale lors du chapitre sur les nombres complexes puis en terminale S, rien de moins que les équations
    différentielles ?

    Les élèves se retrouvent du coup contraints en physique de mémoriser des équations horaires parachutées de nulle part et le bilan, c ’est qu’ils sont dégoûtés des deux matières en en ayant en plus (et c’est plus grave) une idée complètement fausse, convaincus que tout est basé sur la mémoire.

    Comment se souvenir de tout ? c’est la question à 1000 euros ...
    Et comme on ne peut pas, on met tout dans la calculatrice jusqu’à des exercices, des rédactions-type.

    Le formulaire « papier », c’est ringard bien sûr, pas écologique en plus mais ce serait plus équitable et plus profitable aussi parce que même en fac d’éco-gestion, en L1 par exemple à Bordeaux, la calculatrice est interdite lors de l’ épreuve de maths (qui est d’ailleurs distincte de l’épreuve de micro-économie et de l’épreuve de statistiques) donc les matrices 3x3, on les inverse à la main !

    Comme diraient les jeunes, « c’est abusé ».

    Les TS sont en maths et en physique des consommateurs en fin de chaîne mais ils en sont ce que nous faisons d’eux ; on teste au plus leur docilité, leur capacité à utiliser des modèles ; quelle est donc la section où on les pense ces modèles ? , je sais pas si elle existe encore mais l’un dans l’autre, j’aurais tendance à pencher pour la section technologique, trop peu connue, « STL » qui apparaît comme la plus cohérente sur bien des points.

    Bien sûr, les notions sont plus éfleurées que réellement traitées (je pense aux équations diffrentielles du second ordre) et elle n’a pas le prestige -usurpé- de la section scientifique mais on a le sentiment enfin d’une unité réconfortante même si elle est à consolider.

    Bref l’avenir est sombre. On espère toujours un éclair dans la nuit d’où qu’il vienne ... mais il faut vraiment qu’il vienne ...

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